Revivre

La canicule fout enfin le camp pour mon plus grand bonheur, d’autant que c’est bientôt mon anniversaire (comme cadeau j’aimerais : pluie et ciel gris). Les stigmates de ce réchauffement climatique sont pourtant bien visibles sur mes jambes devenues tricolores, c’est du plus bel effet. Je suis blanche jusqu’au dessus du genou puis couleur miel jusqu’aux pieds qui sont eux couleur caramel brûlé. Comment veux-tu être chic dans de telles conditions ?

C’est maintenant qu’il fait moins chaud qu’on me fait remarquer que c’est logique que mon ventilateur sur pied ne fasse que si peu d’air « Je crois que tu as monté les hélices à l’envers ». J’adore ce « Je crois », c’est si subtil alors qu’au fond on sait que je ne suis décidément pas douée de mes mains, pas bricoleuse pour un sou, heureusement que je fais les meilleurs cookies au monde (mégalomanie, bonjour).

Maintenant que je peux à nouveau réfléchir avec un cerveau qui n’est pas en surchauffe à cause des 32 degrés dans mon appartement, je vais pouvoir lire des livres au lieu de m’abrutir devant Netflix. J’adore vivre au dernier étage parce que je ne supporte pas de connasse qui marche avec ses talons aiguille au-dessus de ma tête, pas non plus de connard qui écoute du rap français à fond, ni d’enfants qui font du vélo, du roller, que sais-je, les enfants ont toujours des idées démoniaques, on dirait qu’ils naissent dans l’unique but de faire le plus de bruit possible. Mais il fait toujours trop chaud quand on vit au dernier étage…. Mais monter les escaliers permet d’avoir un fessier sympa…Mais, mais, mais…

Hier, je marchais dans la rue, le sourire aux lèvres. Et là le lecteur se demande si je ne serais pas en train de mentir. Quoi ? Une parisienne qui marche EN SOURIANT ? Dafuq ? Un type m’apostrophe et me dit « C’est super de vous voir sourire, vous avez l’air épanouie, quel est votre secret ? ». Je me suis demandée si ce n’était pas une approche pour me faire entrer dans une secte ou autre… Comme je n’avais pas beaucoup de temps, je lui ai répondu que je savais pourquoi mais lui, était-il prêt à entendre ce secret ? Comme il a opiné, j’ai répondu , triomphante « Parce que je viens de faire l’amour ! ». Il était ébahi, le pauvre.

Il y a une émission que j’adore sur Netflix qui s’appelle Comedians in Cars Getting Coffee, c’est présenté par Jerry Seinfeld (je ne vais quand même pas vous le présentez, vous savez forcément qui c’est). Cette saison il reçoit Dave Chappelle (qu’on ne présente pas non plus hein) et ils parlent de Paris. Seinfeld dit « Les parisiens ne sont pas accueillants mais ça ne me dérange pas, je ferais pareil si j’avais moi aussi du pain aussi bon et de telles femmes, si je m’habillais comme ça…je mépriserais tout le monde … ils ont le droit d’être condescendants ». Voilà, j’ai des courses à faire en tirant la gueule, je vous laisse…

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« Challenge un peu con mais pas trop » #5 Le ou les livres qui ont changé votre vie (et/ou musiques et/ou films)

L’auteur et non le livre qui a changé ma vie, celui qui m’a donné envie d’écrire, c’est l’écrivain Paul Auster. Je suis tombée dans son œuvre à l’adolescence et il ne m’a jamais quittée depuis. J’ai lu et relu sa trilogie New Yorkaise (qui m’a donné envie d’aller à New York par ailleurs), je ne sais même pas comment en parler parce que ça évoque tant de choses, Cité de verre, Revenants et La Chambre dérobée se complètent et racontent l’histoire d’un écrivain, d’un détective privé, d’identité, de liberté, avec la grosse pomme en toile de fond, c’est une trilogie passionnante, et bien sûr j’aime la plume de l’auteur. Il y a aussi Léviathan dans lequel Paul Auster s’inspire de l’artiste Sophie Calle que j’aime aussi, puis Moon Palace, ce chef d’œuvre qui parle de solitude. Tous les héros de Paul Auster sont un peu seuls au monde, il y a toujours une douce mélancolie à la lecture d’un roman d’Auster, une mélancolie et une recherche de quelque chose, de quelqu’un, de soi (surtout), c’est ce qui me plaît.

Au moment où j’achète Théorie du corps amoureux de Michel Onfray en livre de poche, je ne crois plus du tout à la notion de couple. Je viens de me séparer de celui que j’appelle « mon premier amour » (un vrai con si vous voulez mon avis). Je tombe sur cette théorie qui pour résumer vulgairement s’érige contre le modèle judéo-chrétien, ici on est contre la monogamie, la procréation, la fidélité et la cohabitation. Grâce à la lecture de cet essai, je « m’amuse » pendant des années et je refuse de m’installer avec quiconque, enfin, j’annonce à mon entourage que je n’aurais pas d’enfant. Merci Michel. Ce livre m’a littéralement sauvée d’une espèce de déprime corrosive suite à cette rupture. Merci (encore) Michel. C’est un livre passionnant ! J’ai souligné des tonnes de phrases dont celles-ci :

Ruiné, dans tous les sens du terme, épuisé, fatigué, brisé, fourbu, vidé, devenu l’ombre de lui-même, cadavérique, ayant frôlé la désintégration, le sujet revenu de l’amour semble un damné échappé du cercle le plus profond des Enfers.

La sexualité, dissociée des obligations familialistes, éternitaires et holistes, devient une occasion éthique de jeux divers et multiples, de combinaisons ludiques et joyeuses, d’intersubjectivités allègres et jubilatoires.

Enfin, la volonté d’éternité, ancrée dans le ventre des amateurs de famille, trahit profondément une angoisse existentielle radicale, une incapacité à admettre sa propre finitude doublée d’un désir de la conjurer dans le fantasme des générations, de la descendance, de la transmission, de l’immortalité obtenue et vécue par procuration. Laisser une trace : pitoyable raison, ridicule justification, piètre argument.

L’album qui a changé ma vie c’est Pretty Hate Machine de Nine Inch Nails. Album que Trent Reznor a écrit après une rupture. Justement je me fais larguer par un certain Thomas, non : rectification, le frère de Thomas rompt avec moi pour son frère…au téléphone, sous superskunk, hilare, il me dit « Non mais tu vois c’est l’été et Tom a envie d’explorer de nouvelles expériences, c’est l’été quoi ! On ne peut pas être en couple l’été ». Je lui ai dit d’aller se faire foutre, lui et son fils de pute de frère, et j’ai raccroché. J’ai pleuré pendant des semaines en écoutant Pretty Hate Machine. Et un jour, fatiguée par tant de larmes, j’ai décidé que plus jamais je ne me mettrais dans des états aussi merdiques pour un mec, quel qu’il soit (qui bandait mou de surcroit ! A 17 ans le mec bandait mou, au secours !).

Le film qui a changé ma vie c’est The Doom Generation de Gregg Araki. Sur le site de rencontres, j’avais écrit que c’était mon préféré. Je consulte les profils des hommes près de chez moi et je vois quelqu’un dont c’est également le film préféré. Résultat ça fait six ans qu’on est ensemble. Merci Araki ! (oui je sais, c’était l’instant mièvre, pardonnez-moi, je suis une connasse (hyper)sensible…).