(Violently) Happy

Il y a eu avant 20h11 et après. Avant, je ne savais pas. J’avais un truc mais quoi ? Puis 20h11 arriva. Faisons un petit résumé de ma situation si vous le voulez bien. Je suis célibataire sans enfants (beurk) mais avec chats (youpi trop bien), je suis au chômage ce qui veut dire que j’ai perdu près de 50% de mon ancien salaire (je crois, je ne sais même pas, je vis présentement au-dessus de mes moyens), je vis dans une ville où je ne connais quasiment personne. Rien que ça, je crois que beaucoup d’êtres humains dits normaux se seraient foutus en l’air ou auraient essayé. Bouh je n’ai pas de vie sociale, bouh je ne suis pas marié(e), je n’ai pas d’enfants, je n’ai pas de travail bouuuuh. Pourtant à 20h11, alors que je regardais cette série géniale qu’est The Office (amour infini sur Ricky Gervais et Steve Carell), je me suis rendue à l’évidence : je suis heureuse. Véritablement. Sincèrement. Heureuse.

S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui durera toute une vie. Pourquoi Oscar Wilde dit toujours la vérité ? Je ne sais pas mais je m’aime donc je ne m’ennuie pas. Je vis. Je suis heureuse de vivre. On parle souvent de bonheur. Or le bonheur, je m’en bats les couilles (pardonnez-moi). Je suis heureuse. J’ai une chance folle. Inouïe.

Parce que ma vie est simple, parce que ma vie est exactement comme je le veux, parce que c’est fini les frustrations et les mensonges et les fardeaux qu’on s’impose en pensant que ça nous rend heureux (ouvrez les yeux sans déconner), ce soir j’ai envie de crier au monde entier : tu peux être heureux, c’est un putain de choix. Un choix. C’est un état d’esprit, aussi. Voir le bon côté des choses, tout le temps, férocement, sans relâche. Ne pas s’apitoyer sur son sort, être soi-même envers et contre tout, non je ne réponds pas à ton sms dans la seconde parce que j’ai une vie, non je ne réponds pas au téléphone parce que je ne sais pas où il est, oui je me cuisine dix cookies et je vais tous les manger et tu n’en auras pas et non je ne garderai pas tes enfants parce que tes enfants sont (au choix) moches/cons/impolis/sentent mauvais. Je suis libre. De faire. Tout. Ce. Que je veux. Personne ne peut me dire « non, ça tu ne peux pas ». Pourquoi ? Parce que je ne dois rien à personne et parce que je n’attends absolument rien de personne. C’est une sensation proche de l’orgasme, rien que d’y penser je mesure ma chance. Personne ne peut rien me reprocher bordel ! Allefuckingluiah ! Tout ça grâce à moi et moi seule. J’ai fait les bons choix.

Il y a quelques jours j’ai appris l’existence d’une compétition mondiale de bûcheronnage. On voit des mecs couper du bois le plus rapidement possible. J’ai adoré. Dans la rue, une dame m’a dit que mon chat est beau (le chat était dans la poussette). J’ai acheté des épices pour faire du lait d’or (meilleure boisson au monde et je pèse mes mots). J’ai fini ma valise qui fait pile 10 kilos (fierté absolue). J’ai ri avec ma mère au téléphone. J’ai pensé « La chance folle d’avoir ma mère comme modèle de femme ». Elle s’est séparée de son mec après presque 9 ans de vie commune, elle a 62 ans et l’air d’une adolescente, elle est belle comme le jour ma mère et aujourd’hui elle me dit « Je me demande à quoi va ressembler mon prochain amoureux et j’espère que ce sera le bon parce que c’est usant » (elle a eu genre 6 mecs dans sa vie LOL). Je n’ai même pas fait de sieste mais j’ai apprécié mon nouveau canapé qui est bleu roi. J’ai passé des dizaines d’années à détester la couleur « bleu » et depuis un an j’en mets partout. Je vais probablement rencontrer Sarah Andersen (hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii). Et manger des tonnes de donuts, de tacos, de trucs gras qui mettent des arcs-en-ciel dans ton cerveau. Et marcher sur le sable chaud. J’ai fini de donner mes vêtements à Emmaüs, je me sens légère, légère. J’ai embrassé fort les chats qui me regardent tous comme si j’étais fabuleuse (je le suis mais bon…). Je suis heureuse. Voilà. J’espère que vous aussi mes petits lecteurs. Si ce n’est pas le cas, bougez-vous le cul avant qu’il ne soit trop tard (ndrl : la mort, ce truc qui peut arriver on sait pas trop quand, surtout au moment où on s’y attend le moins…).

[Attention, ce blog va peut-être finir en blog de développement personnel. Oui oui je suis au courant. Mais j’assume.]

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