I don’t give a fuck

Hier, j’ai reçu un courrier du pôle emploi qui me convoque à la fin du mois pour faire un point. Je suis vraiment ennuyée parce que mon conseiller est un type tout à fait charmant (sans ironie) mais je ne veux vraiment pas travailler. C’est hors de question. De toute façon ce n’est pas comme s’il y avait des emplois dans ma branche dans la région où je vis haha. Je ne suis pas complètement idiote, j’ai quitté Paris pour une région où je savais qu’on ne viendrait pas me chasser. Le salaire moyen est de 400 ou 500€ de moins ici. Quand le conseiller a vu le montant de mon chômage il a un peu halluciné, même en retrouvant un emploi je serais payée moins à tous les coups. Et de toute façon, si je devais retravailler un jour, ce serait alimentaire, je ne veux aucune responsabilité, que dalle, juste soit répondre au téléphone ou mettre des trucs dans des rayons, ce que vous voulez mais par pitié je ne veux être responsable de rien.

Je viens de me faire interrompre par un SMS me disant que l’enterrement est vendredi. Depuis que j’ai changé de numéro, je récupère tous les SMS d’un certain David qui a sans doute oublié de donner le nouveau à ses proches. C’est assez cocasse de récupérer les plans cul qui tentent de voir s’il est dispo, les collègues qui s’inquiètent de son silence et maintenant les annonces d’enterrement. Le tout bourré de fautes. J’ai vu la tête du David sur Snapchat, c’est poétique, on dirait un Trump à la française, l’argent et le toupet en moins (il assume son alopécie, lui).  J’ai son adresse parce qu’il a aussi oublié de donner son nouveau numéro à Amazon,  il vit à Nogent-le-Rotrou. Assez miraculeusement, il s’avère que je connais cette ville où je suis allée récupérer des bébés chats il y a maintenant trois ans. Je suis restée dans le Perche quelques heures à peine mais je suis un peu tombée amoureuse de la région, du peu que j’en ai vu. Déjà il y a trois ans, je fantasmais à l’idée de vivre dans une grande bâtisse avec des tonnes d’animaux. Si je ne vis pas encore à la campagne, l’idée me reste quelque part dans un coin de la tête. En revanche y vivre seule n’est pas envisageable et je ne veux plus vivre en couple. Alors sans doute réaliserais-je enfin ce rêve de vivre avec des amis et leurs animaux (mais pas leurs enfants, ma tolérance à des limites). On verra bien. C’est ce qui est fascinant avec la vie, c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer ensuite. Le pire comme le meilleur.

Il y a du soleil, mes cheveux sont propres et sentent bons les vacances, les chats sont allongés et ronflent, je vais sans doute me mettre aux fourneaux pour cuisiner un truc trop bon que pour ma gueule, mon canapé est confortable et ce nouvel ordinateur portable est une petite merveille. Et quand je ne serais plus au chômage eh bien je serais au RSA et advienne que pourra. Je ne suis pas inquiète, je sais que ça énerve tout le monde, ils sont là à s’agiter et à s’inquiéter pour moi et je reste stoïque, le sourire sur le visage, les cheveux propres, le sac à main assorti aux chaussures, je continue d’acheter des trucs au lieu de faire des économies, je suis clairement au-dessus de tout ça. Je veux dire, je suis une femme, je vais m’en sortir. C’est de famille.

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