La plainte du jeudi soir

Cette période est extrêmement difficile à vivre pour moi. Il fait chaud, il fait beau, il y a du soleil. De temps à autre, il y a de la pluie ou un orage et je me dis « Chic ! Ça va enfin se rafraîchir » et puis non. Je me réveille en sueur tous les matins, je regarde la météo, je vois qu’il va encore faire 26 degrés et je passe plusieurs heures à essayer de dédramatiser, à me dire qu’il faut que j’accepte cette situation, que c’est comme ça, qu’en octobre enfin je serai heureuse et que d’ici là eh bien il faut prendre son mal en patience.

Mais c’est vraiment vraiment difficile parce que ne pas aimer la chaleur et le beau temps est très mal considéré, tu es forcément rabat-joie, personne n’est jamais d’accord avec toi (mais genre vraiment jamais à part mon ex), tu te sens un peu seule au monde. Et au risque de me répéter, ce n’est pas que je déteste la chaleur ou le soleil, c’est juste que puisque je suis en ville et que l’océan n’est pas à deux pas de chez moi, je ne vois pas l’intérêt. Alors oui peut-être que je devrais déménager pour aller vivre à Lacanau, peut-être. Mais j’en suis à deux déménagements en six mois alors on va se calmer.

Par exemple je suis présentement en train de subir la soirée étudiante d’un voisin parce qu’il fait chaud donc logiquement ses fenêtres sont ouvertes. L’hiver ce genre de connerie n’arrive pas. Jamais. Dès qu’il y a du beau temps je subis mes voisins. Le reste de l’année j’ai le sentiment de vivre seule et j’adore ça comme sensation, il n’y a rien de mieux. Je dois probablement avoir les seuls voisins de France qui écoutent encore Tragédie par ailleurs. Ça chante « Est-ce-que tu m’entends hé ho » en chœur, ça me donne des envies de leur verser de l’acide sur la gueule à ces petits cons. Ça ferait moins le malin avec un œil en moins hein bande de connards ?

Ce qu’il me faudrait en ce moment c’est une amie avec laquelle bitcher sur les connards qui aiment la chaleur, la plage et qui mettent des bermudas (petit rappel : le bermuda c’est non), j’aimerais tellement avoir quelqu’un avec qui me plaindre de cette horrible saison, j’aimerais tellement me sentir comprise bordel de chiotte. Mais non, ici j’ai deux copines, une qui met des débardeurs bleu chelou (petit rappel : le débardeur c’est un grand non) et qui adore l’été, l’autre qui adore tout, elle est tellement positive que parfois j’ai envie de lui claquer la gueule pour voir si elle tendrait l’autre joue. Et j’ai un pote aussi. Mais il fait de la muscu alors forcément il adore l’été parce qu’il peut montrer ses gros muscles virils. Dans le doute je lui demande s’il aime l’été par sms parce que je n’en sais rien en fait. Je reviens.

Verdict« Oui j’aime bien l’été et la chaleur, pourquoi X) ».

Je suis seule au monde. Seuls les chats me comprennent. Et encore, eux aussi aime le soleil, quand il y a un rayon ils se mettent pile dessus.

Je suis seule au monde.

Snif.

Message de mon pote « Roh c’est cool le beau temps smiley qui envoie un cœur avec sa bouche »

Mangez vos morts adorateurs du soleil, je vous conchie.

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J’aime pas l’été

ihatesumer

Des quatre saisons je préfère l’automne. J’aime me promener dans Paris en veillant à ne pas glisser sur les feuilles qui tombent, j’aime l’odeur des arbres après la pluie, le ciel capricieux, le vent tumultueux. Je me sens vivante, seule parmi les éléments, protégée par mon nouveau joli manteau et ma petite écharpe en laine. C’est un spectacle, l’automne ! Les feuilles tournoient sans cesse, la ville devient orangée, on découvre de nouveaux lieux où se réfugier, pressés par la pluie qui arrive sans prévenir.. La saison est propice à la réflexion, à la douce mélancolie, aussi. Et aux premiers marrons glacés engloutis avec bonheur. Autour de moi tout tombe et je me sens libérée, prête à relever de nouveaux défis, planifier d’autres voyages, faire d’autres projets. Tout se termine, tout peut recommencer. L’automne me parle et me fascine.

Je suis née l’été, pourtant c’est la saison que j’aime le moins. Il fait chaud, le soleil omniprésent ne semble jamais vouloir se coucher, les touristes envahissent la ville en imposant à mes yeux fragiles leurs tenues inadaptées, tongs montrant d’affreux orteils aux ongles sales, shorts à cellulite. Dans le métro, je subis les odeurs corporelles de chacun, mon nez se retrouve bien malgré lui collé à des aisselles d’inconnus. Assise sur le strapontin, je ferme bien les jambes pour empêcher les hommes toujours à l’affut d’apercevoir ma culotte. Je ne te ferai pas ce plaisir, petit enfoiré !

L’été ma peau brille, mes cheveux étouffent, mes tenues laissent à désirer parce que je n’ai pas envie d’être matée comme un bout de viande alors je porte des tenues larges et longues. Je ressemble à une Mormone, l’été. Parce que je ne vais pas à la plage, je vais au taf. J’évite soigneusement de prendre mes vacances l’été, je laisse ça à ceux qui aiment les plages bondées avec des enfants qui jouent au ballon en oubliant qu’ils ne sont pas seuls au monde, à ceux qui supportent des familles entières manger des sandwichs aux rillettes en plein soleil. L’été c’est la saison des extravertis. Les kékés montrent leurs gros muscles, les pouffes se prennent pour des stars avec leurs lunettes XXL et leurs micro-jupes. Moins ils sont vêtus, plus ils sont joyeux, souriants, extatiques !

Je suis pudique. Je n’aime pas qu’on me regarde, j’aime encore moins qu’on détaille chaque centimètre de ma peau, elle est à moi ma peau, foutez-lui la paix. L’été je ne peux pas me cacher, le soleil me rattrape où que j’aille, je me sens vulnérable et  incomprise. « Viens on va se faire une petite terrasse ! » « On va se poser au Luxembourg ? » NON. Je bougonne dans un coin, le spray d’Evian à portée de sac à main, le mini-ventilateur de poche prêt à être dégainé au moindre tourment. Je refuse les piques-niques où je me bats pour ne pas ingérer un insecte au lieu de ma feuille de salade, les barbecues où je ne peux rien manger parce que les merguez et les chipolatas, non merci. Faire bronzette dans les parcs ? Aucun intérêt, je fuis le soleil parce que je tiens à mon capital santé.  Je ne sors de toute façon jamais sans ma protection indice 50, même si je reste à l’ombre.

L’été je suis insomniaque parce que je n’arrive pas à dormir, écrasée par la chaleur, réveillée sans cesse par les moustiques qui semblent tous se diriger sur ma peau. Les abeilles m’empêchent de lire sur l’herbe, les mouches sont partout, tous les insectes sortent d’on ne sait où, c’est un cauchemar. L’été je prends 4 douches par jour parce que j’ai la sensation de transpirer en permanence, je me sens moite, collante, puante et je déteste ça. A ceux qui me conseilleraient de me munir de l’air conditionné, je leur dirais que ça ne changerait rien : dehors, il continuerait de faire une chaleur torride. Ce ne serait que reculer pour mieux sauter…Je redoute l’été comme la peste. Si je pouvais aller vivre dans un pays Nordique ces mois-là je le ferais avec plaisir. Mais ce n’est pas d’actualité alors je subis la saison de ma naissance en priant pour que la température ne dépasse pas les 25 degrés.

Quand j’ai rencontré celui qui partage ma vie, il m’a dit qu’il détestait l’été et j’ai su qu’on pourrait faire un bout de chemin ensemble. C’est si rare de rencontrer quelqu’un qui déteste cette saison. J’espère vivement que nous aurons un bel été de merde. Après tout, nous n’avons pas eu d’hiver, ce ne serait que justice…

Je ne suis pas Alexa Chung mais l'été je ressemble à ça

Je ne suis pas Alexa Chung mais l’été je ressemble à ça