Miaou miaou

De l’été qui s’achève enfin j’ai décidé de retenir les abricots et les cerises, la bière bien fraîche qu’on savoure le soir quand les températures baissent (un peu) et les couchers de soleil. C’est tout, le reste est définitivement à foutre à la poubelle et j’avoue me réjouir de voir la mine déconfite des amoureux de l’été qui ne vont pas tarder à geindre jusqu’en avril prochain. Mais allez donc vivre ailleurs ! Allez donc dans le Sud, à Marseille, tiens, c’est très bien, c’est loin, jamais je n’y mettrais les pieds, ça me semble tout à fait idéal.

Une chatte miaulait à la mort devant mes fenêtres, je suis descendue à moitié à poils dans la panique, j’ai pris l’animal dans mes bras et je suis remontée sous l’œil médusé des types au bar en train de prendre un énième apéro, l’un deux a dit « Moi aussi je veux être adopté et je suis doux comme un chat », j’ai levé les yeux au ciel  et j’ai dit «Jamais, non ». Ce « jamais » l’a choqué, je crois. Les autres ont ri ouvertement et moi je montais chez moi en roulant du cul telle la princesse connasse que je suis (insérer emoji vernis à ongles). Il y aura toujours de la place pour un chat dans mon foyer mais certainement plus pour un homme. En tout cas, pas pour un vieux quadra à moitié alcoolo qui se croit viril sur sa moto de merde.

La petite chatte est désormais chez moi comme chez elle, elle se repose de son opération, elle a été stérilisée, désormais elle pourra couler des jours heureux. J’ai bien tenté de la faire adopter mais les gens sont cons, ils veulent des chatons de deux mois parce que c’est mignon. J’avais aidé à l’adoption d’un chat par une copine que j’estimais fiable, cette charmante personne (apparemment tu me lis donc je te l’écris rien que pour toi : crève) s’en est débarrassé par la suite, sans me prévenir. Personne n’est fiable, voilà le problème. Les gens s’imaginent que les animaux sont des meubles qu’on peut jeter à la benne quand ils sont trop vieux. Ils ont de la peine pour le petit veau qui finit en steak et envisagent d’arrêter de manger des bébés animaux mais s’inquiètent du sort des éleveurs, pauvres petits éleveurs qui perdraient leur travail s’il n’y avait plus d’animaux à massacrer. L’humain est supérieur, pensent-ils. C’est pourtant l’humain qui nique l’humanité, qui nique les océans, l’air, la terre entière, avec son cerveau si évolué et si intelligent.

Sinon un inconnu total m’a envoyé un message sur instagram « Hey definition of beauty », ce con m’a fait rire pendant au moins cinq longues minutes avant que je ne le bloque, j’ai appris que des femmes se masturbent un oreiller entre les cuisses et qu’apparemment c’est super (résultat j’ai prévu d’essayer même si j’avoue être addict à ce bon vieux satisfyer qui, contrairement à beaucoup d’hommes, trouve mon clitoris en moins de deux), j’ai appris qu’une femme sur cinq ne savait pas où était son clito, justement, et ça m’a fait beaucoup de peine, ce manque de curiosité par rapport à son propre corps… si je ne me masturbais pas, sans doute deviendrais-je folle. J’espère que mes lectrices se masturbent, par pitié, dites-moi que vous vous masturbez ! (il n’y aura pas de commentaire, c’est évident, mais l’espoir fait vivre).

Message du soir : GO VEGAN ET MASTURBEZ-VOUS !!!

Bref, je dois finir ma valise, moi 🙂

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour9

Aujourd’hui, j’ai remarqué que je me sens mieux entourée d’animaux que d’êtres humains. Tu me m’enfermes dans un train, je flippe totalement. Tu me mets au milieu d’oies, de chèvres, de cochons, de moutons, je me sens dans mon élément. Probablement parce que les animaux ne parlent pas, ils communiquent autrement, il suffit de les observer pour comprendre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils veulent, la communication est simple. Plus simple en tout cas qu’avec les êtres humains soi-disant plus intelligents car dotés de la parole. C’est à mon sens ce qui les rend plus bêtes. On croit que la parole simplifie les rapports humains, il n’en est rien, la parole fausse tout.

Je n’aime toujours pas Toulouse. Certes c’est une jolie ville, la brique rose a beaucoup de charme. Mais j’ai trop de mauvais souvenirs ici et aucune envie d’en créer de nouveaux. Si je viens encore à Toulouse deux à quatre fois par an, c’est pour ma famille qui a choisie d’y vivre on ne sait trop pour quelles raisons… Pour ma famille et pour aller au Petit Refuge dans la Prairie voir mes copains les animaux sauvés de l’abattoir.

Quand le soleil se couche, on s’assoit sur un banc de fortune avec la gérante du lieu, on écoute les oiseaux chanter et on regarde les chevreaux et les moutons jouer et c’est notre bonheur. De se retrouver après des mois et des mois, de partager ce moment de silence. On se sourit et ça veut tout dire. Pas besoin de paroles.

Après-midi parfaite à prendre les poules dans mes bras et leur caresser le haut du crâne, à se faire courser par une oie qui adore le goût de mon sac à main rouge, à brosser tata Blanchette la jolie chèvre, à retomber en enfance les bottes dans la gadoue, et donner des poireaux à Bella la brebis.

Qu’on arrête de me demander si je ne m’ennuie pas après 5 mois de chômage. Je ne m’ennuie pas du tout, merci. J’adore ma vie ! (si je pouvais ne plus jamais retravailler de ma vie, je signe ! Tout de suite !)

Pendant dix jours, j’écrirai mon « journal » en commençant par la phrase « Aujourd’hui, j’ai remarqué… ». C’est un exercice d’écriture proposé par l’écrivain (non je n’aime pas le mot « écrivaine ») Emily Gould que je suis sur l’application Skillshare que je trouve formidable : ce sont des cours en ligne pour apprendre des tas de trucs dans des tas de domaines. Si vous voulez participer, vous êtes les bienvenus !

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