Julien

Cendrier par Ettore Sottsass

Cendrier par Ettore Sottsass

Depuis que je suis rentrée de Los Angeles, je suis à moitié déprimée. Les palmiers et l’océan me manquent terriblement. Là-bas, j’étais relax, ici à Paris, je suis stressée alors que je n’ai aucune raison de l’être. Je passe beaucoup de temps sur mon formidable canapé à regarder des films et hier j’ai décidé de revoir Alice de Woody Allen et forcément ça m’a fait penser à Julien…

Je crois que c’était il y a dix ans quand je vivais dans la ville rose, j’ai rencontré Julien via adopteunmec.com, rapidement nous nous sommes donnés rendez-vous dans ce self cheap et mythique de Toulouse, le chinois du début de la rue Bayard. Ce n’est pas pour la nourriture qui est surgelée et insipide, c’est pour le lieu, kitsch à souhait. Nous étions les seuls ou presque dans ce grand resto à se parler avec beaucoup de facilité, il était intéressant, très drôle, cultivé, curieux, je me souviens être montée à l’étage pour aller aux toilettes, sur le chemin je pensais « Ce mec est formidable ». Parce qu’en plus il avait des cheveux parfaits. C’était trop beau pour être vrai.

Julien m’a appris énormément. Avant lui, je n’avais aucune notion de design, à part Stark, je ne connaissais personne, j’étais attirée par les belles choses mais j’étais bien incapable de savoir qui était Ettore Sottsass et encore moins le couple Eames. Julien était un esthète, chez lui c’était parfaitement décoré, il avait beaucoup de goût, tout objet n’était pas là par hasard, tout était calculé.  Il collectionnait les cendriers Hermès, il pouvait passer des heures sur ebay à chercher la perle rare. Parce que Julien était un original : il s’était mis à fumer deux paquets de clopes par jour à 26 ans, contre toute attente. Au-dessus de sa cheminée une énorme affiche du film 8 et demi de Fellini était accrochée en grand format, inutile de dire que je n’avais évidemment jamais vu ce film ! Avec lui j’ai appris à aimer le cinéma, il m’a donné envie de m’y intéresser, je ne sais pas si de mon côté j’ai réussi à lui faire aimer la littérature, je n’en suis pas convaincue…

Quand on était ensemble il passait son temps à rire devant Bob l’éponge et je ne comprenais pas comment lui, l’intello esthète, pouvait se passionner pour cette stupide éponge jaune à la voix insupportable. S’il savait qu’aujourd’hui je regarde moi aussi les épisodes en ricanant comme une imbécile, il n’en reviendrait probablement pas.

Nous avons vécu des premières semaines délicieuses jusqu’à ce qu’il décide de me révéler un secret. Parce-que, disait-il, il lui fallait être tout à fait honnête avec moi. Or, je préfère toujours ne pas savoir la vérité parce que la vérité fait mal. Je ne cesse de dire à mon amoureux que si par mégarde il me trompait, merci mais non merci qu’il le garde pour lui et qu’il n’avoue jamais sinon ma nature fougueuse me ferait le quitter sur le champ et ce serait la fin de notre histoire. Tout ça pour une semi salope rencontrée en soirée, franchement ce serait crétin, non ?

Julien me lance « Voilà, avant toi j’étais bisexuel. Mais maintenant, grâce à toi, je sais que je suis exclusivement hétéro ». Mon dos s’est raidi d’un seul coup. Comment pouvait-il me dire un tel mensonge ? Il était bisexuel, un point c’est tout. Est-ce-que j’avais envie de sortir avec quelqu’un qui 6 mois auparavant enculait des mecs rencontrés sur Gayvox en levrette au milieu de son salon ? Pas trop trop. Il justifiait ses aventures homosexuelles par manque de rencontres avec des femmes, il disait que ces hommes n’étaient qu’un substitut à ses yeux et qu’il n’était pas fier de lui.

Je me souviens d’une fois où on se promenait dans Toulouse et on est tombé sur un type avec qui il avait couché, un grand blond super marié, super catho avec sa femme et la poussette du bébé. J’essayais d’être tolérante mais ça ne m’amusait pas du tout de sortir avec quelqu’un qui aimait à la fois les hommes et les femmes. Je ne trouvais pas la chose rassurante et surtout quand on faisait l’amour je ne pouvais m’empêcher de l’imaginer en train de baiser des mecs et ça me coupait toute envie. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut contrôler, le fait est que je n’étais pas si ouverte d’esprit que je le pensais. Non, je ne pouvais pas sortir avec un homme bisexuel. Pourtant je l’aimais beaucoup. Je n’ai pas rompu tout de suite, j’ai quand même essayé sans trop y croire, je le voyais aussi comme un ami et j’adorais discuter avec lui, il était passionnant, même quand il parlait d’Histoire, parce qu’il était doctorant dans ce domaine, alors que l’Histoire très franchement, je m’en fous un peu.

Il m’avait fait aimer Manhattan et Alice et initiée au cinéma de Wes Anderson et moi je lui avais brisé le cœur, j’avais dit et fait de la merde, je crois que je l’avais trompé mais je ne m’en souviens même plus aujourd’hui. Il faut dire que c’est une période où j’allais relativement très mal et où j’avais quand même fait une liste de mes amants un soir d’ennui (les prénoms les plus récurrents sont Thomas (3), Nicolas (3 aussi) et Romain (2), sur cette liste on trouve quand même des « mec à la soirée du jour de l’An chez Auré », « mec qui voulait devenir cuisinier et m’avait fait ce divin risotto » ou « mec du Gibus »).

J’ai revu Alice et je suis toujours aussi émerveillée devant ce film qui est l’un de mes préférés de Woody Allen (avec Manhattan et Hannah et ses sœurs, oui je sais, ce n’est pas très original hein). Mia Farrow qui disparait après avoir bu la potion du Dr Yang, ah… J’avais déjà dit à Julien qu’il avait énormément compté pour moi à l’époque mais il avait pouffé, ce que je peux comprendre. Dix ans plus tard, je me suis vue googler son nom et constaté qu’il vivait toujours dans la même rue dans le quartier d’Esquirol et quand j’ai vu le numéro j’ai failli appeler. Pour lui dire. Et puis je me suis sagement ravisée. Ce serait quand même dommage de lui briser le cœur une deuxième fois. D’autant qu’il pourrait un peu briser le mien s’il me raccrochait au nez…

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Milan, destination culture…et shopping !

J’avais envie de prendre quelques jours de vacances sans savoir où aller. Puis je me suis souvenue que début janvier, c’était la période des soldes d’hiver. Alors j’ai cherché une destination mode idéale, et je suis naturellement tombée sur Milan, que je ne connaissais pas.

Tout le monde m’avait dit que Milan était une ville industrielle sans charme mais j’adore Bangkok qui l’est bien plus, ça ne m’a donc pas arrêtée du tout. Milan est une ville moderne, en changement permanent, il suffit de compter le nombre de grues que j’aie vues lors de mon séjour. Les plus grands architectes se penchent sur la capitale de la Lombardie et un jour, c’est sur, elle aura ses lettres de noblesse.

Un centre historique digne d’intérêt

Si la ville peut paraître austère, avec ses larges artères et son architecture rigoureuse, le centre historique est riche de découvertes. A commencer par le Duomo, cathédrale majestueuse surnommée le « hérisson de marbre », chef d’œuvre gothique qui vaut à lui seul la visite de Milan. Lorsque le temps s’y prête, il est possible de se rendre à son sommet pour une vue imprenable sur la ville (6 € pour monter les 165 marches, 12 € pour les flemmards dont je fais partie qui prendront l’ascenseur).

Non loin se trouve la célèbre Scala, qui a vu défiler les plus grands chanteurs lyriques, dont la grande Maria Callas. Son architecture néoclassique n’a rien d’extraordinaire, ce qui l’est, c’est l’intérieur, la salle, grandiose, ses fauteuils rouges et l’atmosphère qui y règne ; il y a quelque chose de très émouvant à se retrouver dans cette salle mythique qui existe depuis le 18ème siècle. Un grand moment.

scala

La galleria Vittorio-Emmanuele II, au décor à la fois classique et baroque, relie le Duomo à la Scala. Elle abrite, sous sa gigantesque structure métallique et sa voûte de verre, des enseignes de luxe, des restaurants et des cafés. Dans ce quartier, mon guide m’avait conseillé de me rendre chez Luini Panzerotti pour une pause sur le pouce, et je n’ai pas été déçue par ces petites merveilles : des chaussons fourrés salés ou sucrés, dans l’esprit d’une mini calzone, qui sont à la fois économiques et délicieux. Je recommande vivement de s’y arrêter.

Il y a énormément de musées à Milan, il est difficile de tous les visiter en quelques jours, surtout quand on veut aussi faire du shopping…J’ai choisi de visiter le musée du design appelé La Triennale, en nocturne. Et ce fut un excellent choix, j’ai pu déambuler tranquillement dans le musée et admirer les pièces phares du design et écouter des grands designers parler de leur vision et de leurs processus de création. Alessi, bien évidemment, dont je n’avais jamais vu le visage, mais aussi Enzo Mari qui m’a beaucoup amusée.

Shopping Made In Italy !

Si les grandes artères de shopping comme le Corso Buenos Aires n’ont pas trouvé grâce à mes yeux (une longue suite d’enseignes internationales), j’ai apprécié le Corso Garibaldi et ses petites boutiques ainsi que le Corso Como et son équivalent Milanais de la boutique Colette, située au numéro 10. C’est évidemment hors de prix mais la sélection est de très bon goût, et on peut y déjeuner ou y prendre un verre sans se ruiner. Atmosphère très chic, pour ne pas dire snob, mais c’est Milan, la capitale de la mode !

Lorsqu’on aime le Made In Italy, la meilleure façon de remplir sa garde-robe à moindre coût est de se rendre dans l’un des outlets qui se trouvent en dehors de Milan. J’ai choisi celui qui s’appelle Vicolungo parce qu’il n’est qu’à une heure de bus du centre et propose 150 enseignes, ce qui me semble largement suffisant. Pour ceux qui aiment les marques de luxe, il faudra se rendre à Serravalle Outlet, à 1h30 de bus, qui ravira les fans de Prada, Gucci, Valentino et les autres.
Lors de ma visite à Vicolungo, j’ai fait de vraies affaires (paire de boots à 22,50 € au lieu de 175 €, pulls en laine à 25 € au lieu de 150 €, entre autres). Uniquement des marques italiennes peu connues en France (Tosca Blu, Baldinini, Del Mare) mais des marques de qualité avant tout ! Pour se rendre à Vicolungo, il suffit de prendre son ticket sur le site de Zani Viaggi avant de partir, cela vous coûtera 20 €. Vous aurez 5 heures pour faire votre shopping.

L’aperitivo, spécialité Milanaise

L’un des grands bonheurs d’un séjour à Milan c’est l’aperitivo, un happy hour (à partir de 18h00) qui permet de déguster un assortiment de petits plats italiens tout en sirotant un cocktail. Pour la modique somme d’un seul verre, vous pourrez profiter d’un buffet de lasagnes, salami, salade, gnocchi, olives et autres réjouissances culinaires. Des petites assiettes en plastique vous attendront dans un coin du bar et vous pourrez vous servir autant que vous le souhaitez. Tous les aperitivo ne se valent pas…je conseille vivement Tongs, un bar branché où le cocktail coûte 5 € seulement, les serveurs tatoués et barbus vous accueilleront le sourire aux lèvres, le buffet est riche et la clientèle est très bavarde, surtout si vous êtes au comptoir.

Et encore d’autres photos pour finir….

Un tramway à l'ancienne

Un tramway à l’ancienne

Galleria Vittorio Emanuele II

Galleria Vittorio Emanuele II

Galleria Vittorio Emanuele II

Galleria Vittorio Emanuele II

Sol de la Galleria

Sol de la Galleria

Castello Sforzesco

Castello Sforzesco

Détail du Castello Sforzesco

Détail du Castello Sforzesco

Le quartier des Navigli

Le quartier des Navigli

Chacun cherche son chat

Chacun cherche son chat

L'église San Marco

L’église San Marco

La Piazza Del Duomo

La Piazza Del Duomo

Au sommet du Duomo

Au sommet du Duomo

Toujours au sommet du Duomo

Toujours au sommet du Duomo

Détail du Duomo

Détail du Duomo