Instagram, toi et moi c’est fini

Il y a quelques années, j’avais quitté Facebook et un ami américain m’avait dit que je serais bien obligée d’y revenir. Pourtant, j’ai bien quitté Facebook sans jamais y revenir, non merci, j’avais donné assez de mon temps à cet enfoiré de Mark Zuckerberg, j’avais subi assez de photos de bébés moches et de mariées affreuses et lu trop de vœux d’anniversaires de la part de faux-culs qui ne se manifestent qu’une fois par an.

Il y a plus de quatre ans, j’ai créé un Insta pour mon blog vegan, ça me semblait un bon moyen de partager avec une communauté qu’il me restait à trouver. J’ai adoré l’entretenir pour donner des nouvelles de chaque billet écrit, pour communiquer avec mes abonnés, pour partager les plats que je mange en vacances ou au quotidien, pour montrer mes chats et mes voyages, les choses que j’aime, bref, j’ai adoré ça pendant quatre ans.

Dans mes abonnés il y a pas mal de personnes que j’aie fini par rencontrer dans des soirées ou événements et on peut dire que j’ai fait quelques belles rencontres ! Mais aujourd’hui j’ai un problème avec Insta. Le premier c’est que j’ai préféré passer en privé parce que je n’ai pas envie que n’importe qui puisse voir ma tête mais forcément on partage avec un groupe de personnes restreint (je crois que j’ai près de 900 abonnés, quand on veut faire passer le message qu’être vegan c’est cool c’est pas grand chose). Pourquoi j’ai soudainement eu envie de montrer ma tête et de partager certaines choses assez intimes ? Je ne sais pas, je crois que j’ai été emballée par la puissance du like, que j’ai eu le sentiment d’être entendue alors que c’est complètement illusoire, quand tu fais une pause Insta (on peut désactiver son compte pour une période indéfinie), il n’y a personne qui se demande où tu es, Instagram c’est le monde de l’instantané, c’est comme ça ! Je suis arrivée à un moment où je postais trop de photos trop souvent, où je suis devenue ce que je déteste : tout le temps connectée, à interagir virtuellement mais peu dans « la vraie vie », la fille les yeux rivés sur son téléphone et le nombre de likes, c’était moi…

Le deuxième problème c’est que c’est compliqué d’avoir ses « vrais amis » comme abonnés. Pour une raison très simple : tu vois la vie de tes amis en direct, certains sont très actifs, tout ça donne une impression de se parler, de se connaître, d’être là ensemble. Il y a certains de mes amis avec qui je ne communique plus QUE par Insta, comme si on avait oublié le téléphone ou les bons vieux SMS. Et très honnêtement, je n’ai pas envie d’avoir une amitié qui devient elle aussi virtuelle. C’est exactement ce que je suis en train de vivre. Comme je préfère avoir des amitiés authentiques, j’ai décidé d’arrêter Instagram. Enfin… pas complètement parce que ça représente plus de quatre années de photos, de souvenirs, de moments heureux, de douleurs, aussi. Et que j’ai envie de pouvoir regarder mes mille et quelques photos de temps en temps. Alors j’ai décidé de me désabonner de tout le monde comme ça je ne vois la vie de personne. Mon Insta est devenu mon album photo perso et je trouve ça parfait !

Quand j’avais changé de numéro de téléphone, j’avais déjà remarqué que tout le monde s’en était foutu grave. Et c’est par le biais d’Insta que deux copines (que deux, imaginez) s’en sont rendu compte. Aujourd’hui un copain à moi a pété un plomb sur Insta en disant que plus il y est présent plus il se sent moche et inutile et seul au monde. Je ne me sens pas moche et inutile mais oui je me sens seule au monde quand je vois que mes amis passent leur temps à mettre des photos pour afficher leur bonheur alors qu’ils sont incapables de répondre à un SMS. Moi aussi j’ai une vie et je ne réponds pas aux messages dans la minute, mais il y a quand même des limites… Tu préfères poster une photo sur Insta à des gens que tu ne connais pas plutôt que de répondre à une amie ? Je crois qu’on ne se rend pas compte à quel point les réseaux sociaux font du mal à nos vies. On montre une idée de nous qui est souvent fausse, je l’ai fait comme tout le monde, partager mes photos de vacances alors que je passais des vacances affreuses, mais ça ne se voit pas… Poster une photo d’un gâteau que j’avais fait alors que je ne l’avais pas mangé parce que j’étais au régime (haha), tout le monde ment sur Insta. Je ne sais plus qui m’a dit récemment « Quand tu es heureux tu n’as pas besoin de le montrer ». C’est tellement vrai. Vivre l’instant présent ce n’est pas prendre son Iphone pour mettre la photo sur Insta.

L’ironie dans tout ça c’est que Instagram ne m’a rapporté que très peu de lecteurs ! C’est un réseau pour se montrer, pas pour lire un blog en cliquant le lien dans la bio, il faut le savoir…bref, au revoir Instagram, restons bons amis (ou pas).

 

 

 

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Réflexions sur le célibat et la notion de couple

Avant tout chose ce sont mes réflexions personnelles et non une vérité universelle, chacun pense ce qu’il veut. Mais comme c’est mon blog, je donne MON avis, tu ne seras peut-être pas d’accord (et ce n’est pas grave!)

Depuis que je suis célibataire (ça va faire un an cet été), j’ai le sentiment que la seule chose qui intéresse mon entourage c’est de savoir si j’ai rencontré quelqu’un. A aucun moment on ne me demande si c’est ce dont j’ai envie, de rencontrer quelqu’un. Comme si c’était parfaitement normal d’être en couple tout au long de sa vie et peu importe avec qui. Comme si un homme en remplaçait un autre jusqu’à « trouver le bon ». Ce concept de « trouver le bon » me hérisse le poils. Parce que sur les 7,5 milliards d’êtres humains je suis certaine que le bon est multiple, je pourrais sans doute être heureuse avec au moins une dizaine d’hommes ne serait-ce que dans ma ville, si ce n’est plus ! Simplement au bout d’un moment je fais un choix, celui de tenter une relation avec cet homme et pas un autre. L’amour est un choix, l’âme sœur et toutes ces conneries c’est bon pour la littérature (et c’est tant mieux!). Les petites filles sont élevées dans le culte de celui qui les complétera, celui qui fera d’elles des femmes, celui qu’il faudra épouser et avec lequel on aura des enfants parce qu’on est des femmes, on est faites pour ça, non ? (NON-ou en tout cas, pas forcément).

Aujourd’hui avec l’expérience j’en arrive à la conclusion que les hommes et les femmes ne sont pas faits pour rester ensemble toute leur vie. Aujourd’hui je sais que la prochaine fois que je vivrais une relation amoureuse, il y a des chances pour qu’elle se casse la gueule aussi. J’accepte que rien n’est jamais acquis et encore moins un autre être humain. Comme dit mon ex « C’est déjà un miracle que deux personnes aussi individualistes que nous aient réussi à rester en couple pendant presque 7 ans ! » (il a toujours raison, c’est agaçant). Ce n’est pas parce qu’on s’aime aujourd’hui qu’on s’aimera demain. L’amour évolue et parfois il disparaît. Ou l’amour reste mais l’envie fout le camp. J’ai vu mes parents rester ensemble pour nous, les enfants. C’était assez moche. Ils ne se hurlaient pas dessus, ils cohabitaient. Mes parents étaient des colocataires. Pourtant j’avais connu mes parents amoureux et complices ! Je me souviens m’être sentie exclue de leur relation. Ils s’étaient aimé et ne s’aimaient plus.

Les statistiques montrent que les vieux couples, ceux de nos grands-parents, fonctionnent pendant 50 ans. Mais ce n’est plus le cas. Et ce n’est pas forcément parce que (on entend beaucoup ça) « Plus personne ne se bat pour son couple ». C’est à mon sens parce qu’on vit si longtemps qu’on a plusieurs vies de couple avec des personnes différentes qui représentent des périodes de notre vie. Parce qu’on évolue individuellement dans un couple et qu’on ne prend pas toujours la même direction après quelques mois ou années. Parce que vivre ensemble sous le même toit au début c’est super mais au fil du temps le désir s’épuise parce que l’autre est tout le temps là, on n’a plus besoin de le séduire (ou on oublie de le séduire). On se souvient de parties de jambes en l’air mythiques mais on n’a plus envie et on ne comprend même pas pourquoi ! Pourtant quand on part en week-end on se saute dessus comme des ados morts de faim, ce qui veut dire que le désir est bien là mais c’est la routine, le quotidien qui tue le couple. Avec des enfants c’est encore pire, finies les parties de jambes en l’air sur le canapé devant Netflix, un enfant pourrait débarquer… Frustration mon amour…

Parfois ça fait des années que tu te bats pour ton couple et tu t’épuises. Il faut aussi savoir rendre les armes, voir la réalité en face. Mon cousin reste avec sa copine parce qu’il pense que jamais plu il ne plaira à une femme. Ça n’a aucun sens ! Il reste là à se faire chier avec Bidule alors qu’il pourrait vivre une relation exaltante avec une femme qui lui correspond plus. C’est le fameux « On sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on gagne ». Il faudrait abolir ce dicton une bonne fois pour toutes. Parce que si on avance dans la peur de ne rien trouver, c’est évident qu’on ne trouvera rien de bon, en fait. La fin d’une relation n’est pas un échec, c’est juste la fin d’une relation. Il y a toujours une fin à tout. Une fin n’est pas forcément malheureuse, ça peut être une libération.

J’en suis arrivée à la conclusion que vivre une relation exclusive sur le long terme était illusoire et probablement une erreur. J’ai une copine qu’on appellera Violette. Elle est en couple depuis deux ans avec un homme mais elle est bisexuelle et il le sait. Il ne souhaite pas qu’elle couche avec des femmes. Elle se sent frustrée, forcément. Il l’empêche de vivre pleinement son identité et sa sexualité et elle est d’accord avec ça alors qu’il s’agit quand même de sa vie et de son corps et que personne d’autre qu’elle ne devrait avoir de droits là-dessus. Si dès le départ elle avait choisi un homme qui accepte qu’elle ait des maîtresses, sa vie serait sans doute plus heureuse et elle serait plus épanouie (j’ai oublié de préciser qu’il est ok pour qu’elle couche avec des femmes si lui aussi participe, SMH).

La prochaine fois que je vis une relation amoureuse, eh bien j’annonce la couleur direct ; je ne t’appartiens pas et tu ne m’appartiens pas non plus, soyons fous, soyons libres ! Je crois qu’il est possible de créer son propre couple en dehors des normes établies par la société. Ça ne veut pas dire qu’on va déjouer les statistiques et rester ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare mais on ne perd rien à essayer de créer un couple dans lequel on peut s’épanouir ensemble sur le long terme. Quand ça fait deux ou trois fois que tu tentes le combo relation exclusive-vie en concubinage et que ça ne marche pas, peut-être faut-il commencer à se remettre en question ? Je ne parle pas de libertinage, chacun fait ce qu’il veut mais quand je suis en couple je n’ai pas envie de coucher avec mon mec et d’autres couples, ce n’est pas mon truc. Mais être en couple (sans forcément vivre ensemble par ailleurs) et dire à l’homme que j’aime « Si tu veux avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes, je ne t’interdis rien, c’est ton corps et il t’appartient, tu peux faire ce que tu as envie, considère ces moments en dehors de notre couple comme un cadeau précieux et rare, et protège-toi bien sûr », je crois que c’est possible à vivre, j’en suis convaincue. Je pense que c’est important de garder son jardin secret et et s’il y a quelques femmes dans ton jardin et quelques hommes dans le mien, on n’en ferait pas un drame, on sait faire la différence entre «sexe » et « amour », on n’a plus quinze ans, on refuse l’hypocrisie ambiante qui consiste à jurer ses grands dieux (et parfois devant Dieu lui-même) qu’on restera fidèle alors que c’est un mensonge.

Il faut avoir une grande confiance en l’autre pour lui laisser la possibilité de ne pas être fidèle. Ça ne veut pas dire que l’autre a le droit de vivre une double vie, le couple c’est à deux, pas à trois ou plus. C’est trop facile sinon (sauf si le couple est ouvertement libertin). Je vois plus ça comme une occasion qui se présente et qu’on ne peut pas refuser parce qu’on en a vraiment envie, comme quelque chose de l’ordre de l’exceptionnel, voire quelque chose qui peut relancer le couple dans une période difficile. Le but c’est de trouver un équilibre dans son couple, de se renouveler et se faire confiance, pas d’aller voir ailleurs. On parle de possibilité de le faire, ça ne veut pas dire qu’on le fera !

Je crois vraiment qu’on peut arriver à inventer son couple en dehors de la norme. Encore faut-il avoir envie de rencontrer quelqu’un…

Au secours, mes parents m’exaspèrent

Parfois mes parents me manquent mais parfois quand je les entends, je me rappelle pourquoi j’ai fait le choix d’être loin d’eux. Parce que tout est question de choix dans la vie (le premier qui me dit « Mais parfois on n’a pas le choix » je le bute). J’ai tendance à penser que tant qu’on n’est pas loin géographiquement de ses parents, on n’est pas vraiment adulte.

J’ai eu la chance d’avoir une mère qui travaillait dans une compagnie aérienne, tous les matins elle se levait à 5h pour aller à CDG qui est un peu ma deuxième maison. Grâce à elle, jusqu’à mes 27 ans j’ai pu voyager loin pour vraiment pas cher. C’est ma mère qui m’a donné le goût du voyage, c’est encore elle qui me faisait confiance quand je prenais mon sac à dos pour partir seule à l’autre bout du monde, elle est grande gueule et parle trop fort, elle est si bavarde que parfois au téléphone je dis « oui oui je vois ce que tu veux dire » alors que je n’écoute plus. Mais elle a un cœur d’artichaut. Ma mère m’a toujours dit qu’elle voulait une fille plus que tout, que je suis belle et qu’elle est fière de moi. C’est une vraie mère-poule, elle te fait des petits cadeaux tout le temps et quand elle vient chez toi elle paie tes courses et si tu la laissais faire elle se mettrait même aux fourneaux !

Mon père est un original, un créatif, un mélange d’artisan et d’artiste fou autodidacte, qui change de métier tous les cinq ans et qui s’en sort à chaque fois. Son credo c’est apprendre. Il est curieux, il prend la vie comme un défi et rien ne lui fait peur. Mais vraiment rien. C’est effrayant parfois de le voir foncer parce que parfois au bout il y a un mur. Mais il se relève toujours et aura passé sa vie a étonné son entourage. C’est lui qui m’a donné le goût de l’indépendance et qui m’a appris à sortir du lot, à ne surtout pas être un mouton, à ne pas douter de moi-même, à revendiquer ce que je suis quitte à en crever. Mon père est cheesy comme disent les américains, il est mielleux, il a tendance à changer les histoires selon l’interlocuteur, ce qui a tendance à m’agacer, mais il veut être aimé et il aime qu’on l’écoute et qu’on le regarde, tout l’inverse de sa fille ! Il a embelli tous les appartements dans lesquels j’ai vécu parce qu’il sait tout faire de ses dix doigts, tout l’inverse de sa fille !

Je les aime. Ils sont mon soutien et ma force. Pourtant parfois …j’ai envie de leur éclater la tête contre le mur ou d’en prendre un pour taper sur l’autre, au choix.

L’autre jour ma mère me parle du festival de Cannes, elle adore le cinéma, elle y va au moins deux fois par semaine, elle n’a pas de préférence, elle va tout voir, du film indépendant français au film syrien en passant par le blockbuster américain. Et elle me parle du mannequin Bella Hadid qui chaque année à Cannes se fait remarquer pour ses tenues sexy et extravagantes. Et elle me dit « Bella Hadid était encore à moitié à poils sur la croisette, c’est n’importe quoi, il ne faut pas venir se plaindre après si les femmes se font harceler avec des exemples comme ça, elle a besoin de se foutre à poils chaque année ? ». Forcément, ce genre de propos m’agace. Parce que pour moi il n’y a pas de différence, que tu t’appelles Bella Hadid ou Cécile Dubois ou Sofia Boubakeur ou Lin Hang ou je ne sais quoi encore, tu portes ce que tu veux, j’en ai rien à foutre. Tu peux te mettre un voile sur la tête ou une mini jupe, c’est du pareil au même. La femme est libre, personne ne devrait lui dicter ce qu’elle devrait porter. Son corps lui appartient. Au passage si elle refuse d’avoir une sexualité ou si au contraire elle aime le gang bang, je m’en fiche, elle fait ce qu’elle veut, c’est son corps, tout comme je fais ce que je veux du mien. Ma mère m’a déjà dit qu’elle pensait que le mouvement #metoo était hypocrite parce que « les actrices étaient bien contentes de coucher et d’obtenir des rôles et maintenant elles se plaignent ». Comme beaucoup de gens, elle confond tout. Bien sûr que des actrices ont couché pour obtenir des rôles, la promotion canapé ça existe dans tous les milieux, pas que dans le cinéma. Mais un viol, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas « coucher ». J’ai beau lui expliquer, ça ne rentre pas. Alors je finis par chanter « lalalalalala » dans ma tête quand elle me parle de ces sujets-là puis je change volontairement de sujet ensuite. On ne peut pas changer les gens si eux-mêmes ne veulent rien entendre.

Bella Hadid, Cannes 2017 et 2018

Bella Hadid, Cannes 2017 et 2018

Mon père donne son avis sur tout et c’est pénible. Quand je suis allée le chercher à la gare, il a dit que ma jupe était trop longue, que ce qui m’allait c’était les jupes courtes. Bon. Je ne lui ai rien demandé mais il ne peut pas s’en empêcher. Je ne savais pas quoi répondre, il m’a prise au dépourvu. Alors j’ai ajouté que je m’étais habillée rapidement et que depuis que je vivais en province je ressentais moins la pression de devoir être tout le temps au top. Ce à quoi mon père a répondu « Oui j’ai vu ça… ». J’ai eu envie d’éclater de rire. On ne s’est pas vus depuis le mois d’août dernier, je m’attendais à autre chose que ces phrases lapidaires. Mais encore une fois, j’ai l’habitude. Quand j’avais arrêté de fumer et pris dix ou douze kilos, il m’avait dit « Même tes mollets sont gros, il faut vraiment que tu fasses quelque chose ». J’avais chialé dans la salle de bain sans le dire à personne. Aujourd’hui je ne chiale plus, je ris. Je suis bien dans ma vie et dans mon corps. Je ne sais pas par quel miracle par ailleurs. Il m’a demandé si j’avais quelqu’un dans ma vie et j’ai dit que non. Même si j’avais quelqu’un, je n’en parlerais pas. Pas à lui en tout cas. Mon père a commencé à me dire que ce qu’il me fallait, c’était « un homme, un vrai ». J’ai eu envie de hurler mais j’ai repris mes esprits et j’ai dit que d’une part ça ne voulait rien dire, que c’était sexiste, et d’autre part, que c’était insultant envers mon ex compagnon. Il s’est lancé dans une explication foireuse dont je ne me souviens pas. C’est quoi « un homme, un vrai » ? Un homme qui ne pleure pas ? Un homme qui doit être fort et protéger sa pauvre femme fragile ? Un mec qui bande bien dur avec une grosse bite ? Un homme avec des poils sur le torse parce que ça fait viril ? Un homme qui regarde le foot à la télé et qui est passionné de mécanique ?

Non, vraiment, parfois (en ce moment), mes parents m’exaspèrent. Par pitié, toi qui me lis, dis-moi que tu ressens la même chose que je me sente moins seule. Parce que je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable alors que très franchement je ne suis coupable de rien. En tout cas, je ne suis pas responsable des mots qui sortent de leur bouche.

La robe de leur vie

Je l’ai déjà écrit maintes et maintes fois sur ce blog, je ne souhaite pas me marier, je n’ai jamais fantasmé sur ce jour où tu es la Reine de la journée, sans doute parce que je suis une connasse mais pas une attention whore et ce n’est pas du tout la même chose. Je déteste me montrer et faire la belle, je suis angoissée quand je dois aller à une fête parce qu’il y a plus de trois personnes, je ne vais pas au mariage de mes amis parce que c’est trop triste d’être le témoin d’un naufrage assuré et que je n’aime pas jeter l’argent par les fenêtres (parce qu’il faut payer pour le mariage mais payer ensuite pour la fête de divorce, c’est à la mode).

Le budget moyen pour un mariage en France c’est environ 8000€. Pour ce prix je préfère partir deux ou trois fois en vacances sous le soleil et en me faisant plaisir. Je ne comprends pas qu’on puisse mettre autant d’argent dans une seule journée, vraiment ça me dépasse. Mais je n’ai jamais été ni romantique ni mièvre, je ne crois absolument pas au concept d’âme sœur et de moitié et toutes ces conneries et je n’aime pas les robes longues parce que je suis petite alors j’aurais l’air un peu con dans une robe à traîne, et encore plus con dans une robe blanche parce que le blanc c’est salissant et je suis le genre à adorer manger des trucs avec les doigts…

L’autre jour je tombe sur une émission formidable qui s’appelle « La robe de ma vie ». On y voit des futures mariées choisir leur robe accompagnée d’amis et de membres de leur famille, elles sont assistées par des soi disant professionnelles (elles sont inutiles si vous voulez mon avis). Cette émission est clairement faite pour les mères au foyer encore jeunes et en surpoids probablement mal baisées qui regardent la télévision en aspirant à des jours meilleurs. Grâce à cette émission, je me trouve plus intelligente, plus belle, plus jeune et plus bonne que les candidates. J’ai passé une demi heure à me moquer et rire ouvertement, je suis tellement enfermée chez moi que j’oublie à quel point ça peut faire du bien ces programmes à la con ! Les robes choisies sont tout le temps abominables et ne vont jamais à la future mariée, comme la candidate ci-dessous (j’ai même fait une capture d’écran tellement je suis gentille) qui a une robe trop grande au niveau du buste et trop serrée au niveau des hanches.

Le pire c’est qu’elle va devoir débourser les 1400 boules pour avoir l’air tarte à son mariage. Non seulement la robe est moche mais le maquillage et la coiffure… on se croirait en 1992. Globalement je trouve que les mariées choisissent mal leur robe, même mes amies (si elles me lisent je vais me faire flinguer la gueule) auraient pu faire mieux. La dentelle c’est moche, les perles c’est atroce, les traînes de 18 mètres je dis non et les bustiers quand on a trop ou pas assez de seins c’est affreux. Quand on a des chevilles lourdes, on ne met pas d’escarpins à brides, je suis désolée. Et quand on fait du 40, on ne choisit pas des bouts pointus non plus. Ce qui manque c’est toujours la sobriété…

Et ce midi en allumant la télévision j’ai vu ça :

Meghan Markle, duchesse de Sussex, épouse radieuse dans sa robe parfaite : décolleté bateau, manches trois quarts, forme tulipe épurée, probablement en soie et organza, c’est minimaliste, c’est sobre, c’est ça, la classe (normal c’est français, c’est Givenchy). Dans trente ans quand elle regardera ses photos de mariage, elle n’aura pas honte de sa robe, elle. Elle est très peu maquillée mais une belle femme n’a pas besoin de maquillage, sa beauté lui suffit ! Une princesse métisse à Buckingham, et végétarienne de surcroît, moi qui me fous des têtes couronnées, je ne peux m’empêcher de m’en réjouir. Quand je vois autant de beauté et d’élégance, j’ai presque envie de me marier ! Je regrette qu’on ne puisse pas s’auto-épouser parce que je jure que je me suis promis de m’être toujours fidèle, dans la joie et dans la douleur, dans la santé et dans la maladie, et de m’aimer et de m’honorer tous les jours de ma vie.

C’est pas gagné

Un jour d’ennui (ça arrive rarement mais ça arrive), je me suis inscrite sur un site de rencontres. En me disant qu’il serait quand même temps d’accepter qu’aussi saugrenu soit-il, oui, je suis bien célibataire. Ce n’est pas ce que j’avais prévu, ce n’est jamais ce qu’on prévoit. On est tous assez naïfs pour penser que ce sera jusqu’à ce que la mort nous sépare (même sans se marier). Comme le dit si bien Louis C.K (je suis désolée mais il me fait toujours rire même s’il a montré sa bite à des femmes qui n’avaient rien demandé, petit aparté, à chaque fois je me dis « mais y’en a pas une qui a éclaté de rire en lui disant de ranger sa bite à la con ? », parce qu’une fois je suis tombée sur un type en imperméable qui m’a montré sa bite et j’ai éclaté de rire et il est parti). Je me suis perdue en chemin. Ah oui, Louis CK dit que dans le meilleur des cas, ce qui peut arriver de plus beau dans un couple c’est… de mourir ensemble. Ça c’est le meilleur des cas. Pas terrible en effet.

Parfois une histoire se termine simplement parce qu’on a vécu ensemble et c’était super mais pour des tas de raisons (autrement dit : la vie), on s’amuse moins, on n’a plus envie des mêmes choses ou on a pris des chemins qui ne sont plus compatibles. Et comme on s’aime encore énormément, on est assez intelligents pour se séparer, parce que nous ce qu’on veut, c’est que l’autre soit un plus dans notre vie. Si l’autre devient un moins ou pire un rien du tout, alors il vaut mieux prendre ses responsabilités et se quitter. Il faut beaucoup de courage pour ça par ailleurs. Généralement, les gens préfèrent rester ensemble. Pour vivre dans un plus grand appartement, pour payer moins d’impôts, pour avoir un plus grand pouvoir d’achat, pour les enfants (je ne vais pas vous citer toutes ces conneries, vous voyez très bien de quoi je parle). Vraiment, mon ex est un mec formidable pour lequel j’ai énormément de respect et que j’admire à bien des égards (et que je trouve très beau, de surcroît- et non il ne lit pas ce blog et je ne cherche pas à le récupérer).

Alors imaginez ma gueule quand je me suis inscrite sur un site de rencontres et que j’ai commencé par voir des photos de mecs avec des filtres dans tous le sens. Vous noterez que le mec est censé être sapeur pompier, non mais imagine ce mec est censé te sortir du feu ! Mais jamais je lui tends la main avec ses oreilles, je préfère cramer.

Les photos, c’était clairement la catastrophe. Mais il n’y a pas que le physique dans la vie alors je me suis dit que j’allais lire ce que ces hommes avaient à dire et là je me suis demandé si les hommes n ‘étaient pas devenus des adolescentes… Ce sont eux qui parlent du Grand Amour, eux qui disent manquer cruellement de tendresse (ça fait peur) et encore eux qui sont mièvres as fuck ! Je ne me remets pas de cette phrase « Alors viens, prends ma main, glisse délicatement tes doigts entre les miens (question : on est dans le film Ghost ou comment ça se passe?!), désinscrivons-nous d’ici (question : déjà?) et marchons ensemble main dans la main (note : redondant) sur le chemin du bonheur et l’aventure du Grand Amour… Je vais vomir et je reviens, bisous.

Et puis il y a les conversations que tu finis par avoir. Hier j’ai donc discuté avec je ne sais plus comment il s’appelle, 40 ans. Habituellement je ne cherche pas dans cette tranche d’âge parce que les mecs de 40 ans pour commencer ils font vieux et ils ont des rides et ils ont du bide (il faudrait peut-être que je fasse un article pour expliquer que je suis de moins en moins sapio et de plus en plus « abdos » huhu), ils se veulent rassurants et protecteurs alors que merci bien mais j’ai de la répartie et une bombe lacrymo. Et puis ils ont des enfants souvent prépubères une semaine sur deux. Or qu’y-a-t-il de pire qu’un ado prépubère ? (un enfant de 6 ans qui demande « pourquoi ? » toutes les deux phrases). Or, je ne sais plus comment il s’appelle a caché qu’il avait non pas un enfant mais deux, ce que j’ai trouvé assez cavalier. Mais j’ai tout de même discuté avec lui par charité chrétienne. Il me dit qu’il y a un an et demi il avait un chien. Alors naturellement je demande ce qui s’est passé. Et là il m’explique tranquillement qu’il s’est séparé de sa femme et que ni lui ni elle n’ont pris le chien avec eux. Un chien d’un an. Un bébé. Je demande poliment où il se trouve en ayant très peur de la réponse et il m’apprend qu’il a été placé dans une famille d’accueil. Que ses filles sont tristes de ne plus voir le chien mais que « c’est comme ça », que de toute façon « c’est ma femme qui a pris ce chien, si ça avait été moi, jamais je l’aurais laissé ». Il s’enfonce en ajoutant que le chien est mieux là où il est avec d’autres chiens alors je lui dis « Oui effectivement c’est toujours mieux que de l’attacher à un piquet près de l’autoroute hein… ». Et le mec change de sujet comme si c’était normal d’avoir parlé de ça et qu’on pouvait tranquillement parler de nos préférences sexuelles ou de sa nouvelle maison qu’il vient d’acheter et tiens-toi bien il a un JARDIN maintenant mais non non non il ne va pas récupérer le chien PARCE QUE C’EST LE CHIEN DE SA FEMME.

Bref, c’est pas gagné pour moi. On va faire une cagnotte Leetchi pour m’acheter une male doll à 5000$. On peut coucher avec sa poupée gonflable masculine alors pourquoi chercher ce qui n’existe pas sur des sites de rencontre ? Je penche pour la version surfer californien ci-dessous, on peut le personnaliser, de la longueur de sa chevelure jusqu’à la taille de sa bite. Oh fascinant monde moderne ! Je ne suis qu’à 5000$ du bonheur ! Un homme canon qui ne parle pas. Mon rêve.

Si toi aussi tu en veux un : http://www.sinthetics.com/

Si la parole est d’argent, le silence est d’or…

Lire l’actualité c’est terrible, j’essaie d’éviter. Je n’ai pas envie d’être en colère. Mais quand je lis que Polanski qualifie le mouvement #metoo d’hystérie collective, c’est moi qui deviens hystérique. J’ai juste envie de lui dire « Écoute Roman, tu peux penser ce que tu veux de tous les sujets, mais sur celui-là, vraiment, je t’en conjure, ferme ta gueule ». On se demande parfois s’il a tiré des leçons de ses actions passées, on se demande si aujourd’hui il a compris que sodomiser une fillette de treize sans son consentement et sous l’emprise de l’alcool ce n’était vraiment pas une bonne idée. Si c’était le cas, est-ce-qu’il se permettrait de faire des commentaires sur des histoires de viols ? Est-ce-qu’il a BESOIN de donner son avis sur ce sujet-là ? Est-ce-qu’il ne pourrait pas faire preuve d’un peu d’humilité et donner son avis oui mais à ses proches, pas aux médias ?

C’est comme Bertrand Cantat qui ne cesse de faire parler de lui et de whiner dans les médias parce qu’il y a des femmes (et des hommes) qui sont offensés quand il est à l’affiche de festivals. Oui, on a bien compris que tu es allé en prison pour ton crime (mais 4 ans, est-ce une peine suffisante, acceptable ?), on a bien compris que tu ne cherches qu’à faire ton métier, ça aussi on l’a bien compris. Mais veux-tu bien comprendre qu’on n’a pas envie de la voir, ta gueule ? Et que ta musique on n’a plus envie de l’écouter non plus ? Qu’on a juste envie d’oublier ton existence ? Qu’on n’a pas envie de te donner de l’argent pour aller crapahuter au Chili ou à Berlin ? Parce que tu représentes celui qui a tué de ses mains, tu représentes celui qui frappe puis laisse pour morte celle que tu « aimes », parce qu’aujourd’hui tes proches parlent et disent ce qu’on savait déjà : tu frappes les femmes, tu es un pervers narcissique, tu es ce que toutes les femmes redoutent. Le beau mec au physique protecteur qui se révèle pire fils de pute (pardon à ta maman). A ta place je resterais au Chili, c’est bien le Chili, c’est loin, j’ai pas du tout envie d’y aller, tu pourras y enregistrer des chansons en espagnol que je n’écouterais jamais parce que putain l’espagnol qu’est-ce-que c’est moche comme langue et devenir une star là-bas et nous foutre la paix. Et puis par respect pour tes enfants, ce serait pas mal que tu te casses, tu crois pas Bertrand ? Allez, arrête de croire à un comeback impossible et casse-toi au Chili.

I don’t give a fuck

Hier, j’ai reçu un courrier du pôle emploi qui me convoque à la fin du mois pour faire un point. Je suis vraiment ennuyée parce que mon conseiller est un type tout à fait charmant (sans ironie) mais je ne veux vraiment pas travailler. C’est hors de question. De toute façon ce n’est pas comme s’il y avait des emplois dans ma branche dans la région où je vis haha. Je ne suis pas complètement idiote, j’ai quitté Paris pour une région où je savais qu’on ne viendrait pas me chasser. Le salaire moyen est de 400 ou 500€ de moins ici. Quand le conseiller a vu le montant de mon chômage il a un peu halluciné, même en retrouvant un emploi je serais payée moins à tous les coups. Et de toute façon, si je devais retravailler un jour, ce serait alimentaire, je ne veux aucune responsabilité, que dalle, juste soit répondre au téléphone ou mettre des trucs dans des rayons, ce que vous voulez mais par pitié je ne veux être responsable de rien.

Je viens de me faire interrompre par un SMS me disant que l’enterrement est vendredi. Depuis que j’ai changé de numéro, je récupère tous les SMS d’un certain David qui a sans doute oublié de donner le nouveau à ses proches. C’est assez cocasse de récupérer les plans cul qui tentent de voir s’il est dispo, les collègues qui s’inquiètent de son silence et maintenant les annonces d’enterrement. Le tout bourré de fautes. J’ai vu la tête du David sur Snapchat, c’est poétique, on dirait un Trump à la française, l’argent et le toupet en moins (il assume son alopécie, lui).  J’ai son adresse parce qu’il a aussi oublié de donner son nouveau numéro à Amazon,  il vit à Nogent-le-Rotrou. Assez miraculeusement, il s’avère que je connais cette ville où je suis allée récupérer des bébés chats il y a maintenant trois ans. Je suis restée dans le Perche quelques heures à peine mais je suis un peu tombée amoureuse de la région, du peu que j’en ai vu. Déjà il y a trois ans, je fantasmais à l’idée de vivre dans une grande bâtisse avec des tonnes d’animaux. Si je ne vis pas encore à la campagne, l’idée me reste quelque part dans un coin de la tête. En revanche y vivre seule n’est pas envisageable et je ne veux plus vivre en couple. Alors sans doute réaliserais-je enfin ce rêve de vivre avec des amis et leurs animaux (mais pas leurs enfants, ma tolérance à des limites). On verra bien. C’est ce qui est fascinant avec la vie, c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer ensuite. Le pire comme le meilleur.

Il y a du soleil, mes cheveux sont propres et sentent bons les vacances, les chats sont allongés et ronflent, je vais sans doute me mettre aux fourneaux pour cuisiner un truc trop bon que pour ma gueule, mon canapé est confortable et ce nouvel ordinateur portable est une petite merveille. Et quand je ne serais plus au chômage eh bien je serais au RSA et advienne que pourra. Je ne suis pas inquiète, je sais que ça énerve tout le monde, ils sont là à s’agiter et à s’inquiéter pour moi et je reste stoïque, le sourire sur le visage, les cheveux propres, le sac à main assorti aux chaussures, je continue d’acheter des trucs au lieu de faire des économies, je suis clairement au-dessus de tout ça. Je veux dire, je suis une femme, je vais m’en sortir. C’est de famille.