I love L.A

Quand on adore New York, il est impossible d’aimer Los Angeles. Les deux villes n’ont strictement rien à voir, si New York est cette vieille âme, intellectuelle, cultivée, presque européenne, L.A est trop grande, trop impersonnelle, trop jeune, remplie de provinciaux qui rêvent d’Hollywood. New York est pressée et un peu hautaine, L.A est décontractée et joyeuse. En fait New York c’est Barbie et L.A c’est sa petite sœur Skipper.

La plupart des gens ne visitent pas Los Angeles parce que c’est trop grand, on ne sait pas par quoi commencer. Et puis c’est souvent un point de départ pour un road trip, c’est une ville où les touristes ne restent pas vraiment, ils y passent, c’est tout. C’est une belle erreur ! Los Angeles c’est un peu une métaphore des Etats-Unis : c’est une multitude de villes différentes à l’intérieur de la ville, c’est les randonnées dans la vallée, c’est le shopping à Beverly Hills, c’est les studios de cinéma à Hollywood, c’est les journées à la plage de Venice, c’est toutes ces communautés qui ont leur quartier propre et qui ne se mélangent pas, il y a des arméniens par-ci, des coréens par-là, des mexicains bien sûr, des chinois… au total plus de 140 nationalités et 224 langues (merci Wikipedia !).

Le meilleur moyen de commencer à comprendre cette gigantesque ville c’est de poser ses valises dans des quartiers différents et de se promener à pied. Ce qui semble une hérésie pour un autochtone puisqu’ils ne sortent que rarement de leur quartier et qu’ils se déplacent tous en voiture, même pour un trajet de moins de cinq minutes. Le premier choc quand on se promène à pied c’est la pauvreté, c’est toutes ces tentes installées sur les trottoirs, à la base il y avait un quartier du nom de Skid Row dans Downtown LA qui regroupait ces laissés-pour-compte ; aujourd’hui ils sont partout, tels des zombies, ils avancent la bave au coin des lèvres, font des gestes désarticulés et parlent dans un langage abscons. S’ils sont tous ici c’est parce que Los Angeles c’est 320 jours d’ensoleillement par an, comme me le disait un chauffeur de VTC, « A Chicago, les sans-abris meurent de froid, chose impossible ici ».

A Los Angeles, on me parle très facilement, le fameux small talk que je déteste à Paris. Quand je fais du shopping, il n’est pas rare qu’une femme me demande ce que je pense de son futur achat, on parle de mode, de style, de la vie, puis je finis par dire que je viens de Paris et là ce n’est que shebam pow blop wiiiiz ! Les californiens ont des plages sublimes, les oiseaux qui chantent si fort qu’on se croirait dans Blanche Neige et les sept nains, les palmiers aussi hauts que la tour Montparnasse, les couchers de soleil qui te mettent la larme à l’œil, les plus belles blondes et la meilleure bouffe vegan mais ils s’extasient sur Paris. La ville de l’amour, city of luuuuuv. On n’est jamais satisfaits de ce qu’on a, c’est le propre de l’être humain favorisé. A Los Angeles, d’autres femmes me complimentent sur mes cheveux, mes chaussures, mon sac à main, ma jupe et j’en passe alors qu’à Paris jamais une femme ne me fera un compliment. Parce que la parisienne regarde avec envie ton sac à main mais elle préfèrera crever que de te demander d’où il vient. La californienne, elle s’est branle de tout ça.  Parce qu’elle est fabuleuse, alors n’a pas le temps de t’envier. Et ça, c’est rafraichissant. L’espace d’une discussion de 10 minutes, tu auras eu une meilleure amie californienne. C’est finalement tout ce que je demande en vacances.

A Los Angeles, je suis quelqu’un d’autre. Je mets ma connasse parisienne en mode off et je vois ce qui se passe. Je deviens un peu californienne :  j’aime vivre à moitié nue et porter du blanc, je secoue mes beach hair sur la plage, j’aime bronzer alors que partout ailleurs je fuis le soleil par tous les moyens, ma voix n’a pas la même intonation, elle est plus aigüe et j’ajoute volontiers des « awesome » à toutes mes phrases, je ne trempe que mes pieds dans l’eau parce que je ne suis pas là pour ça, je suis là pour profiter des joies du sable et de la plage immense qui s’étend tout autour de moi. Surtout, surtout…je marche les pieds nus dans le sable chaud et cette sensation me remplit de joie à tel point que je me mets à sourire. Là-bas je suis une personne souriante, je passe mon temps à sourire bêtement, et c’est peut-être pour ça que tout le monde me parle. Bon, par contre, la californienne ne mange pas de donuts sur la plage, moi oui. Et la californienne fait du yoga, moi pas encore (mais ça viendra).

A Los Angeles, je marche énormément parce que les rues sont grandes et qu’il n’y a pas un chat, je me sens toute petite et surtout je me sens LIBRE. Libre de faire des pas de danse en pleine rue, de chanter si le cœur m’en dit, de parler à haute voix à mon ami imaginaire. Je le répète ici mais rien ne remplace le bonheur intense que procure le voyage seul. Rien. Arrêtez d’avoir peur d’être seul, on naît seul et on meurt seul. Alors autant aimer être avec soi, non ?

Armée de mon GPS, je marche le nez au vent et souvent… je me perds. A la sortie d’un déjeuner un peu copieux, j’ai pensé que ce serait amusant de rejoindre le lac d’Echo Park à pied. Je rêve de voir ce lieu depuis une éternité, Echo Park Lake c’est simplement un grand lac avec des oiseaux, des canards et des badauds qui se promènent en famille, des amis qui refont le monde sur les pelouses, c’était exactement comme dans mes rêves. Derrière le lac, au loin les palmiers puis les buildings. J’adore.

Pour rejoindre ce lac j’ai monté et descendu des rues sous un soleil agressif (26 degrés seulement mais les degrés ne se ressentent pas pareil à L.A), j’ai essayé de trouver la suite d’une rue qui n’existait que sur mon plan, j’ai monté des escaliers, j’ai sué dans une jupe crayon trop moulante pour faire de grands pas avec (parce que chez moi le style prime toujours sur le confort), à un moment j’avais si chaud et j’avais si soif et je transpirais tant et j’étais si perdue que j’ai failli me mettre à pleurer puis je me suis mise à rire à l’idée de pleurer alors que je suis au paradis (oui, je suis folle). Puis je me suis retrouvée dans un parc rempli de chicanos en famille en train de faire des grillades avec mon t-shirt « Veganism is for lovers » en guise de provocation, là, une femme, voyant que j’étais perdue, s’est mise à me parler en espagnol sauf que non seulement je ne parle pas espagnol mais en plus je déteste cette langue que je trouve laide au possible, j’ai fui poliment. J’ai marché pendant près de 2 heures, c’est un peu comme si j’avais fait une randonnée mais…avec une tenue de ville et des sandales quoi. Quand je suis rentrée à l’hôtel, j’avais la marque de mes lunettes de soleil sur le visage. Fancy.

Et l’architecture. Parce que L.A c’est un peu la ville de Frank Gehry mais pas seulement, c’est aussi Frank Lloyd Wright et sa sublime Hollyhock House, j’aurais aimé prendre des photos de l’intérieur mais c’est interdit. Et l’extérieur c’est un parc qui offre une très belle vue sur les collines d’Hollywood. Comme j’aime parler d’architecture ou d’art ou de ce que vous voulez avec les bénévoles qui ont toujours des anecdotes savoureuses sur un artiste, un projet, une œuvre !

Los Angeles c’est les courses chez Wholefoods qui coutent un bras, le trajet en métro si agréable et si économique pour rejoindre la plage de Santa Monica, la Norton House un peu folle de Frank Gehry à Venice (voir photo), c’est l’amour des palmiers, toujours plus hauts, toujours plus beaux (pourquoi les palmiers à Nice ils font pitié et à Los Angeles non. Pourquoi ?), les couchers de soleil comme un rituel, comme un spectacle chaque soir, le street art omniprésent, comme une galerie à ciel ouvert, le Café Gratitude et la question du jour « What makes you smile? », je veux bien croire au concept de gratitude mais enfin quand une serveuse me demande ce qui me fait sourire aujourd’hui ma connasse parisienne refait surface et j’ai envie de lui dire « Bitch c’mon like you REALLY wanna know what makes me smile, you really do? Do you? Bitch ». C’est à ce moment que j’ai compris qu’il fallait que je rentre à Paris…

Je pourrais écrire encore 5000 mots sur Los Angeles, parce qu’en fait le problème c’est que j’aime New York mais j’aime aussi Los Angeles, le problème c’est que je connais la moitié des états américains et que pas un seul ne m’a déplu, le problème, c’est que malgré Trump, j’adore les Etats-Unis. Je ne veux pas vivre aux Etats-Unis parce qu’y vivre voudrait dire y travailler, et on le sait, je suis une vraie glandue, c’est donc inenvisageable. En revanche, il faut que je puisse mettre un pied sur le sol américain au moins quatre fois par an. Je pose ce souhait ici comme un appel à l’univers, wait & see!

P.S : j’ai eu l’occasion de regarder le fameux La La Land dans l’avion et très honnêtement je n’ai tenu que la moitié du film. Je ne dois définitivement pas être assez neuneu pour ce genre de film. (Aparté : c’est comme Dirty Dancing que je déteste de toute mon âme, j’ai prévu de défoncer le film dans un prochain billet). Comme par hasard il est odieux avec elle mais ils finissent par tomber amoureux. Tellement original. Soupirs.

 

 

 

Los Angeles en janvier

Il faut savoir qu’en vraie parisienne, je n’ai pas le permis de conduire. Alors quand j’ai annoncé à mon entourage que j’allais à Los Angeles, tout le monde m’a dit « Mais comment tu vas faire sans voiture ? ». Vous noterez qu’au lieu de dire « Super tu vas à LA, amuse-toi » il faut toujours qu’on tente de casser votre joie, l’être humain est vraiment une sale vermine.

Il est tout à fait possible d’aller à Los Angeles sans voiture. Vous pouvez opter pour le métro, le bus, le VTC Lyft (ou Uber si vous préférez) et vous pouvez même marcher, vous aurez la certitude d’être seul dans les rues !

Tout d’abord, il faut savoir que le réseau du métro s’est étendu jusqu’à Santa Monica (la plage) depuis l’an dernier, il existe 6 lignes de métro qui vont de l’est de Los Angeles jusqu’à Santa Monica en passant par Hollywood, Downtown jusqu’à Pasadena et la vallée de San Fernando. Certes, pour l’instant il n’est pas possible de rejoindre West Hollywood en métro mais il existe un réseau de bus très étendu (qui vous permettra en passant de discuter avec les locaux). Quand on sait qu’une carte de métro+bus coûte 26$ pour une semaine, on se dit que ça peut valoir le coup !

Je conseille vivement à toute personne souhaitant se déplacer à Los Angeles de télécharger l’app Rome2Rio qui permet d’entrer l’adresse où vous êtes puis l’adresse à laquelle vous souhaitez vous rendre, ainsi vous aurez toutes les options proposées ainsi que leurs tarifs, c’est extrêmement pratique quand on n’a aucune envie de chercher quel bus prendre, là en deux secondes c’est réglé.

Si vous ne souhaitez pas prendre le métro ni le bus, il reste l’option VTC. A Los Angeles, il semble que Lyft soit le moins cher.  En heures creuses ça vaut vraiment le coup ! On peut également choisir l’option de partager un Lyft avec quelqu’un pour réduire la facture. Ce qui est vraiment bien c’est qu’on sait à l’avance combien on va payer, ce qui est moins bien c’est que parfois le chauffeur refuse de se bouger le cul jusqu’où vous êtes exactement et vous devez vous déplacer, moins luxe qu’un taxi mais tellement pratique ! L’app est gratuite. Vous pouvez aussi télécharger Uber et voir lequel est le moins cher (pour moi ce fut toujours Lyft).

Il est très difficile (et onéreux) de se garer à LA, j’ai ressenti le fait de ne pas conduire comme une chance et un luxe ! Les vacances c’est aussi l’idée de ne se préoccuper de rien, non ?

Los Angeles est une ville gigantesque, il faut à l’avance déterminer ce que vous voulez faire/voir. Pour ma part j’ai choisi un hôtel dans Downtown à deux pas d’une station de métro pour pouvoir profiter des musées et aller facilement à Hollywood en métro puis j’ai enchaîné sur un appartement qui donnait sur la plage de Venice où je me suis déplacée quasi exclusivement à pied. C’est pas mal de finir son séjour en étant près de la plage aussi parce que c’est à moins de 20mn de route de l’aéroport. En bref, il me semble inutile d’aller à Los Angeles trois ou quatre jours, il faut au moins dix jours pour en profiter.

Pourquoi Los Angeles ? Parce que les palmiers, déjà. Je suis obsédée par les palmiers, je crois que j’ai pris 150 photos de palmiers. La perspective de se promener sous un ciel bleu sur la plage en plein mois de janvier est séduisante, on ne va pas le nier. La température est idéale, il fait entre 15 et 22 degrés, beau mais pas trop chaud, c’est pile ce que j’aime. Et l’océan pacifique…c’est quand même autre chose, c’est dépaysant, c’est majestueux, on se sent tout petit.

Je n’étais pas allée à Los Angeles depuis une éternité, j’avais détesté cette ville, j’ai toujours préféré New York, ce n’est un secret pour personne. Mais là j’avais envie d’autre chose, de changer mes habitudes, de voir si j’avais changé d’avis sur cette ville. Los Angeles n’est pas une belle ville. Ce n’est pas une ville tout court. C’est comme une multitude de villes collées les unes aux autres qui ne se ressemblent pas vraiment. Des quartiers huppés où l’on voit des starlettes de télé-réalité refaites des pieds à la tête, elles ont 22 ans mais paraissent au moins dix de plus, des quartiers entiers littéralement envahis par des SDF qui crachent leurs poumons, qui parlent tout seuls, qui semblent en train de perdre la tête. Et Hollywood, les paillettes, le walk of fame, l’industrie comme ils disent là-bas. Il n’y a qu’à Los Angeles qu’on peut déjeuner en face de l’actrice qui joue Robyn dans How I met your mother (soit en dit en passant sans maquillage elle est sublime. Ce qui prouve une fois de plus qu’une belle femme n’a pas besoin de maquillage. Un ami à moi dit toujours « Mais il n’y a que les moches qui se maquillent, tout le monde le sait »).

Je me suis demandée ce qui poussent les angelenos à passer leur vie dans leur voiture, parce que c’est le cas, le trafic est abominable, aux heures de pointe il n’y a rien de pire. Puis j’ai discuté avec de nombreux chauffeurs de Lyft dont un originaire de Chicago qui me disait qu’en gros Los Angeles c’est un printemps éternel, l’hiver n’existe pas, tu finis ta journée de travail tu peux aller faire du surf ou te détendre en te promenant à la plage. Tu peux respirer. Ce qui est ironique quand on voit la pollution engendrée par le trafic. Quand j’étais à Venice, je me suis dit que je pourrais vivre là quelques mois. Dans la nuit je suis allée écouter les vagues en regardant les étoiles. Ce n’est pas quelque chose que je pourrais faire à Paris alors oui j’en ai bien profité. Pour quelqu’un comme moi qui ne sais pas se détendre, Los Angeles a un pouvoir fabuleux. En quelques jours à peine, j’ai bien compris qu’il ne servirait à rien de marcher vite, de parler vite, de vouloir tout faire comme à Paris. Je peux dire que ce séjour en Californie m’a appris à lâcher prise. Je n’ai plus qu’à me mettre au pilates et au yoga, me teindre les cheveux en blond, sourire à chaque fois que j’ouvre la bouche, arrêter le chocolat et le gras et hop ! je suis prête à m’installer là-bas. Hum.

img_5724

img_5678

img_5629

img_5707

img_5762

img_5788

img_6001

img_5781

img_5813

img_5954

img_5959

img_5727

img_5986

img_5840

img_5844

img_5782

img_5978

Venise #3

Ce qui est formidable avec Venise, c’est qu’à chaque fois je découvre d’autres facettes de la lagune, à chaque fois je tombe encore plus sous son charme, je crois qu’il est impossible de s’en lasser. J’avais déjà écrit que je ne comprenais pas qu’on puisse ne pas adorer Venise, je réitère. En même temps il faut avouer que je ne suis jamais allée à Venise l’été, ça ne me viendrait pas à l’idée, je déteste cette période de l’année où les touristes affluent de toutes parts (mais si tu lis ce blog, tu le sais déjà).

Cette fois nous avons découvert une partie du Castello méconnu, près des jardins et de l’arsenal, il n’y avait pas un seul touriste, quel bonheur de sentir le vent dans ses cheveux, d’assister à un magnifique coucher de soleil et d’entendre les vénitiens parler. Il en faut peu pour être heureux. Les longues promenades, il n’y a que ça de vrai, ça nous a permis à ma mère et moi, de se parler de choses vraies, de choses que l’on ne dit qu’entre femmes de confiance, de nos espoirs, nos rêves et nos révoltes aussi. Venise est notre excuse annuelle pour nous retrouver, je chéris ces quatre jours avec ma mère, on passe notre temps à boire du bellini et à rire, je sais à quel point ils sont précieux. Je suis heureuse d’être la fille de cette femme qui est pleine de contradictions et dans laquelle je me retrouve bien. Les chiens ne font pas des chats…

Nous nous sommes découvert une passion pour les spaghetti à l’ail et au peperoncino, ce piment italien au goût si exquis, j’en ai rapporté des tonnes, je compte reproduire ce plat simple et délicieux aussi souvent que possible. Il n’y a qu’en Italie que j’ose commander des pâtes au restaurant : eux ne les ratent pas. En revanche, pour les pizzas, c’est toujours décevant, depuis que j’ai goûté la vraie pizza à Naples, tout me parait médiocre.

Première fois à la punta della Dogana, la pointe des douanes, qui présente des œuvres de l’homme d’affaires François Pinault. Ce ne sont pas les œuvres qui m’ont marqué, j’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’art contemporain, ce qui est intéressant c’est le bâtiment lui-même que l’architecte japonais Tadao Ando a su rénover tout en gardant son âme. L’architecture du lieu est à couper le souffle. Les expositions sont tournantes, de manière à présenter toute la collection (gigantesque) de François Pinault, c’est donc inégal, on peut tomber sur des œuvres intéressantes ou des choses qui vous laisseront de marbre (des matelas accrochés au mur avec de la pisse dessus. Mouais).

Autre vraie découverte : la petite île de Mazzorbo située au nord de la lagune qui ne compte même pas 300 habitants. Aucun touriste n’y descend. Vous êtes seuls au monde, avec le vent dans les cheveux, l’horizon comme seule perspective, et au milieu des vignes, des vignes et encore des vignes, seule activité de l’île. On a croisé un chat, un chien, des oiseaux, un papy qui faisait du jogging , j’ai pris un arbre dans mes bras, et au loin sur un bâtiment j’ai vu écrit « Fuck you very much », sans doute la rage d’un adolescent qui s’emmerde.

Au bout de l’île, le calme ne dure pas, on traverse la passerelle en bois pour rejoindre Burano, l’île aux maisons colorées, les touristes, véritables nuisibles, sont agglutinés devant les jolies maisons qu’ils ne prennent pas le temps de regarder, ils préfèrent les prendre en photo, les « menus touristiques » écrits dans toutes les langues sont affichés devant les restaurants, les asiatiques sont là avec leur selfie sticks géants et leurs sourires identiques sur chaque photo (juste après ils refont la gueule). On ne reste que le temps de rencontrer des chats qui se prélassent au soleil, loin de la foule.

La prochaine fois, peut-être irons-nous sur l’île de Torcello, je n’en sais rien, pendant ces quatre jours, nous n’avons jamais rien de prévu, nous prenons sans doute des vacances de notre relative control freakness…

img_4373

img_4478

img_4335

img_4533

img_4652

img_4517

img_4457

img_4391

img_4577

img_4536

img_4659

img_4634

img_4499

img_4578

img_4640

img_4600

 

I’m in a New York state of mind

Plus les années passent, moins je suis originale. Chaque année je vais à Londres, à Amsterdam, à Venise et à New York. Pour fêter ma liberté retrouvée, j’avais pris un billet pour Los Angeles, mon programme était exaltant, ma chambre d’hôtel donnait sur les collines d’Hollywood, la vue était à couper le souffle. Mais j’ai tout modifié à la dernière minute pour repartir à New York.

Si New York était un homme, ce serait l’amant que tu ne te résous pas à quitter parce qu’il est trop beau, trop intelligent et que, bordel, il te fait trop jouir. C’est mal mais c’est bon mais c’est mal. J’aime New York plus que certaines personnes de ma famille, de mes amis. Un barman m’a demandé quelle était ma ville préférée, quand j’ai répondu « Paris », il m’a dit « Ne me froisse pas chérie, dis New York ». Alors voilà, je le dis haut et fort : c’est New York ma ville préférée.

New York est pleine de petites attentions, elle te prend dans ses bras, parfois un peu violemment certes mais il se passe quelque chose. A Paris il ne se passe plus rien. A part le mépris, la peur, l’angoisse de sortir et de se faire buter par un fils de pute de terroriste. Je suis si heureuse de ne plus prendre la ligne 1 tous les matins. Désormais je refuse de prendre le métro. J’ai des super nouvelles baskets de course, c’est l’automne, ma saison préférée, je suis prête à arpenter la ville (et à obtenir des fesses en béton-ou presque).

A New York, je me sens forte, je me sens vivante, je me sens exister. Devant le Flatiron je fonds, j’ai envie de le grimper et de lui glisser « je t’aime » à l’oreille. Devant le One World Trade Center et les piscines qui remplacent les tours jumelles, avec tous ces noms de disparus gravés dans la pierre, j’ai retenu mes larmes pendant que des touristes prenaient des selfies sur un site qui est tout de même un cimetière…

J’ai passé mes journées à marcher, à dire à haute voix que je suis reconnaissante, je disais « merci merci merci, merci la vie, merci New York, merci ». C’est important de dire merci. J’ai beaucoup souri et on m’a rendu mes sourires, des inconnus sont spontanément venus me parler, comme cet homme qui est venu me demander si je croyais en Dieu. On a discuté pendant 8 stations et nous sommes arrivés à la conclusion que ce qu’il appelait Dieu, je l’appelais autrement mais oui, je crois en quelque chose, en fait.

J’ai beaucoup ri en regardant les publicités pour des médicaments pour bipolaires. Je trouve ça incroyable de faire de la pub pour des médicaments contre la dépression à la télé, comme s’il s’agissait de quelque chose de banal (est-ce-que les américains sont plus dépressifs que les français ? Il faut que je me renseigne). Au supermarché je suis encore tombée sur les brosses à dents géantes. J’ai beau chercher, je ne comprends pas le projet (penser à en parler à ma dentiste).

Un arc-en-ciel s’est formé devant mes yeux au Conservatory Garden dans Central Park. J’ai pris ça comme un signe de chance pour ma vie future.

J’ai bu des verres au Plaza comme si j’étais riche (25$ le verre, gloups), j’ai regardé les couples illégitimes faire semblant d’être légitimes, j’ai imaginé leurs histoires, j’ai admiré ce lieu mythique et surtout je me suis dit que je devrais aller dans les bars d’hôtels aussi à Paris (ça tombe bien, le Ritz a rouvert !)

Je me suis rendue compte que mon hôtel proposait des films porno en illimité, j’ai fait ce que toute personne saine d’esprit ferait : j’en ai regardé en rentrant de mes sessions shopping, histoire de me détendre 🙂 (un jour j’écrirai un truc sur la masturbation féminine qui semble être un tabou puisqu’à chaque fois que j’en parle, mes copines me répondent « Ah non non moi jamais »).

Si j’aime tant New York, qu’est-ce-que je fous encore à Paris ? Parce que je suis une enfoirée de flemmarde, que jamais je ne pourrais bosser comme une américaine, que je n’aime pas assez l’argent, que toute ma vie est ici et que je suis trop vieille pour tout recommencer. J’aurais pu vivre à New York quand j’avais 20 ans mais j’ai eu peur à la dernière minute, j’ai tout annulé (heureusement que je ne me marie pas, je suis le genre de fille qui serait capable de tout annuler trois heures avant). Paris est peut-être décevante, c’est la ville que je choisis pour le moment, et je suis heureuse de ce choix qui n’est pas définitif.

La première chose que j’ai faite en rentrant à Paris, c’est racheter un billet d’avion pour retourner à New York et choisir un hôtel près du Flatiron <3, quelques clics et voilà ! Je crois qu’on peut dire que je suis addict (et que, pauvres lecteurs-s’il en reste encore, vous n’avez pas fini d’entendre parler de la grosse pomme).

img_3594

img_3470

img_3500

img_3603

img_3425

img_3639

img_3439

img_3610

img_3597

img_3742

img_3663

img_3909

img_3937

img_3754

img_3921

img_3752

 

New York avec toi <3

Lorsqu’il y a quelques mois, ma copine Maryne m’a dit « Je viens avec toi à New York en septembre ! », je n’ai pu qu’acquiescer. Nous avons vécu ensemble son dépucelage New Yorkais et je rentre à la fois enchantée et dégoûtée de devoir reprendre l’affreux chemin du métro et tous ces gens qui ne mettent pas de déo sous 32 degrés (bande de dégueulasses)(j’en peux plus de cet été de merde aussi, j’attends l’automne avec encore plus d’impatience que les années précédentes mais je reviendrai là-dessus bientôt).

Nous avons fait les touristes à mort, à base de selfies dans la rue comme des pouffes de quinze ans, à base de « je fais genre je marche dans la rue et tu me prends en photo quand un taxi jaune passe, ok ? », on a pris le bateau pour voir la statue de la Liberté en vrai, on a bu des cocktails en rooftop et on a donné un pourboire quatre fois trop élevé au serveur qui était ravi, on a vu des couchers de soleil de rêve, on a regardé en l’air beaucoup, on a rêvé devant le Flatiron, eh oui, nous partageons un grand amour pour ce vieux building.

Nous avons été charmé par la gentillesse des New Yorkais, nous avons eu le sentiment d’être dans un quotidien cool, sans stress, pas comme à Paris où on a peur de tout, où les gens sont désagréables et se regardent avec méfiance/mépris, où les gens se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. On n’a pas subi de harcèlement de rue, on n’a pas eu peur de s’habiller court parce qu’on sait que tout le monde s’en fout là-bas et ça fait du bien de se sentir enfin libres ! On a eu chaud parce qu’il faisait chaud puis on a eu froid parce qu’on se retrouvait dans des métros surclimatisés, je me suis fait une entorse à la main je ne sais pas comment, Maryne a eu les pieds couverts d’ampoules mais malgré ça elle a continué à arpenter l’asphalte telle une vraie New Yorkaise que rien n’arrête jamais.

On a vu des chefs d’œuvre au Moma, on a caressé beaucoup de chiens dans la rue, on a parlé à des inconnus, on a ri aux éclats, on a dit « On a de la chance » parce que c’est vrai même si on n’a pas gagné à la loterie, on a la chance de se connaître et de partager ça ensemble. On a vu le stoop de Carrie Bradshaw et la maison de Rachel, Monica, Chandler, Ross, Joey et Phoebe comme de vraies touristes, je vous dis ! On a vu des dinosaures au musée et c’était trop cool mais on a aussi vu des lynx et des léopards et des loutres et tout un tas d’animaux malheureusement pas vraiment vivants :/

On a flâné sur la High Line, on a essayé de faire une sieste dans Central Park mais une femme étrange est venue me demander du fric (pourquoi moi ?) pour un papier qui parlait de paix dans le monde bla bla Elle ne cessait de répéter « peace, peace » puis « donation, donation » en me touchant, heureusement j’ai chaussé mes lunettes du mépris et elle est partie plumer d’autres touristes 🙂

Surtout on a mangé mangé et encore mangé, des burgers, des donuts, des cupcakes, des sandwichs, encore des donuts et des sushis et des chips au sel de l’Himalaya et même des chips aux petits-pois (non mais quel bonheur ce truc-là !), et des barres chocolatées et des salades gigantesques de chez Whole Foods et des chewings gums à la cannelle et bla et bla et bla on a grossi quoi oups (on n’a jamais été aussi heureuses de grossir, objectivement)(sinon désolées les parisiennes mais les new yorkaises sont dix fois plus bonnes)

Je ne sais pas si je partirais à nouveau en vacances entre amis, je sais que si Maryne veut encore de moi pour une prochaine destination, je suis là ! Merci Maryne pour ces vacances de rêve, si j’avais pu dessiner une amie parfaite, je n’aurais pas pu faire mieux que toi. Certes on rentre épuisées, grosses et cernées mais who cares ? 🙂

img_2810

img_2074

img_2404

img_2488

img_2205

img_2195

img_2178

img_2910

img_2953

img_2224

img_2986

img_2978

img_2840

img_2646

img_2406

Oslo, petit paradis

Quand on m’invite quelque part, en général, j’y vais. Alors quand l’hiver dernier, deux Norvégiens fraîchement rencontrés m’ont dit « Viens nous rendre visite à Oslo ! » eh bien…j’ai pris des billets et j’y suis allée début juin (parce qu’avant il fait très froid). Résultat, alors qu’il pleuvait à Paris, je me suis promenée la cuisse à l’air sous 30 degrés à la découverte de la capitale de la Norvège.

Je suis amoureuse d’Oslo. Voilà. C’est une ville qui n’est pas oppressante, c’est une ville où le vert est à portée de main. C’est une ville qui ne ressemble pas aux autres et c’est une ville en devenir, on s’y promène à pied parce que ce n’est pas si grand. Ce qui frappe, c’est cette douceur de vivre. Les familles (nombreuses) se promènent au parc Frogner alors que nous sommes en pleine semaine et qu’il est 14h. La Norvège fait partie des pays les plus riches au monde et elle arrive en tête du classement des 20 pays où la vie est plus belle. En Norvège le salaire moyen mensuel atteint plus de 7000€, quant à l’assurance chômage, elle redistribue 87% de votre dernier salaire. Cette insouciance se ressent. Mes amis Norvégiens travaillent lorsqu’ils en ont envie, ils n’ont pas de qualification mais trouvent toujours quoi faire, et voyagent tout au long de l’année. Petits chanceux !

L’architecture, ensuite. Cet Opéra qui, depuis près de huit ans maintenant, semble glisser sur l’eau, c’est « de toute beauté » comme dirait mon père. C’est surprenant de retrouver de la poésie dans un bâtiment aussi lourd, aussi imposant. C’est peut-être sa prétendue simplicité qui le rend si élégant, avec l’eau pour le sublimer. On peut se promener sur le toit du bâtiment, avec une vue à couper le souffle sur le fjord d’Oslo. On sent la volonté des architectes de faire de ce building un lieu de rencontres, au-delà de sa fonction d’Opéra. Le musée d’art contemporain Astrup Fearnley, à deux pas du port Aker Brygge, a été inauguré il y a presque 4 ans et designé par Renzo Piano (l’architecte qui a réalisé Beaubourg à Paris). C’est un bâtiment aérien, lumineux, quand on se trouve à l’intérieur on peut observer les passants deux étages plus bas, on peut, entre deux toiles, voir l’eau qui scintille au soleil. Une vraie réussite. La ville d’Oslo s’est lancée dans un renouveau architectural qui n’a pas fini de nous étonner, d’autres bâtiments sont attendus, notamment la Bibliothèque Deichman, prévue en 2018 (j’ai hâte !).

Il suffit de prendre un bateau pour une quinzaine de minutes pour se retrouver sur une île où les Osloïtes (je répète : les Osloïtes) se précipitent lorsque les beaux jours arrivent. J’ai nommé Hovedøya. C’est une toute petite île avec de jolies plages et lorsque j’y suis allée, aucun touriste ! Nous avons refait le monde en observant les animaux courir sur le sable (parce que nous avons le point commun de ne pas regarder les humains mais les animaux). Sans chapeau, j’ai pris un méchant coup de soleil sur le nez. Si on m’avait dit que je bronzerais en Norvège !

Avant d’aller à Oslo, j’ai lu tout Ibsen, dramaturge norvégien internationalement renommé très en avance sur son époque, féministe avant l’heure et un peu un gros con dans la vie (comme tous les écrivains ? Vraie question). Lorsque j’ai su qu’il était possible de visiter son musée et sa dernière demeure, je n’étais pas loin des larmes de joie. C’est ainsi que je me suis retrouvée avec un couple d’allemands à écouter les anecdotes les plus farfelues de la vie d’Ibsen, dans ses anciens appartements de plus de 300m2 en plein cœur de la ville, en face du Palais Royal et son grand parc. Ibsen avait, dans son bureau, un portrait géant de son ennemi juré, l’écrivain suédois Strindberg, pour lui rappeler qu’il devait se surpasser. Quel ego !

Oslo  offre un un grand choix de musées, on en compte plus de 50 ! Si vous vous foutez éperdument d’Ibsen, je vous conseille le Norsk Folkemuseum ou le Musée des Arts et Traditions populaires Norvégien.  C’est le musée à visiter absolument si l’on fait un tour à Oslo, mes amis Norvégiens ont eu raison d’insister ! Situé sur la péninsule de Bygdøy, il présente 150 maisons qui constituent l’habitat traditionnel des différentes régions de la Norvège, c’est un musée en plein air, ce qui rend sa visite très agréable lorsque le temps est clément.

J’ai sûrement oublié de parler de beaucoup de lieux mais c’est simple j’ai tout aimé à Oslo. C’est une ville formidable avec des habitants formidables qui vous foutent la paix, je sais que je vais y retourner avant la fin de l’année. D’autant qu’un vol aller-retour coûte moins de 150€ quand on sait s’y prendre sur Norwegian qui a été élue meilleure compagnie low-cost au monde (je confirme : Easy Jet peut se rhabiller !).

IMG_8700

IMG_8645

IMG_8658

IMG_8673

IMG_8668

IMG_8641

IMG_8615

IMG_8678

IMG_8680

IMG_8727

IMG_8746

IMG_8663

IMG_8736

IMG_8666

 

New York, New York

J’ai fui Paris pour me réfugier à New York, la seule ville au monde capable de panser mes maux. J’ai hésité à partir mais pas plus de deux secondes, après tout, quitter la ville alors que c’était le chaos, ça m’allait bien, et tant pis si je passais pour lâche…

Mon amour pour New York (on parle de véritable amour, pas d’un coup d’un soir) est puissant, contagieux et éternel. A chaque fois que j’y retourne mon amour est encore plus intense, comme si je renouvelais mes noces avec la ville. J’en sors exsangue et plus heureuse que jamais.

Je préfère New York en automne. Parfois il fait très froid mais cette année j’ai eu beaucoup de chance. Pendant qu’il pleuvait à Paris, j’étais sous le soleil et 15 degrés, la température idéale pour vagabonder de blocks en blocks. J’ai cherché l’angle parfait pour admirer le Flatiron building et je crois bien que je l’ai trouvé, j’ai levé la tête très haut pour apercevoir le sommet du Chrysler et de l’Empire, j’ai même failli me faire un torticolis. New York est gigantesque comparée à moi !

Pour la première fois je suis allée à Brooklyn et je n’ai pas été déçue, pourtant c’est loin mais j’adore marcher. J’ai presque versé une larme de joie quand je me suis retrouvée avec le pont de Brooklyn à ma gauche et le pont de Manhattan à ma droite. Il faisait gris ce jour-là, c’était parfait et aucune photo ne rendrait la beauté de ce moment ni ce que j’ai ressenti. C’est violent, New York. Et puis j’y ai des souvenirs… Traverser le pont de Brooklyn seule alors que la première fois c’était avec mon amie Delphine, c’était étrange parce que je la revoyais tout près de moi, comme au bon vieux temps. J’ai beaucoup souri bêtement. On m’a beaucoup parlé, presque trop. On a eu de la compassion pour moi, petite parisienne dont la ville a subi d’horribles attaques. Je n’ai pas aimé me faire plaindre, j’étais mal à l’aise, mais ce sont des mots qui font toujours du bien à entendre. J’ai pris le téléphérique pour aller sur Roosevelt island, encore une première fois. J’ai eu un peu peur là-haut. Mais la vue ! Worth it.

Je suis allée au New Museum, comment faire autrement ? Le travail de Jim Shaw est fou, sans doute comme lui. La peinture des aliens qui baisent en levrette me fait encore rire. Je suis aussi allée au Whitney pour la première fois, j’ai adoré le building créé par Renzo Piano et les œuvres d’Archibald Motley que je ne connaissais pas, gros coup de cœur pour le travail de Rachel Rose, une vidéo étrange qui retranscrit les sensations d’un astronaute. J’ai aimé l’art de rue, tous ces dessins sur les murs, partout, surtout le quartier de Bushwick entièrement recouvert, impression de se promener dans un musée à ciel ouvert.

Je suis tombée amoureuse d’un arbre à Central Park, faute de pouvoir le ramener à Paris, j’ai récupéré ses feuilles sur le sol, j’ai un sac entier rempli de feuilles mortes de toutes les couleurs. Je les respire et ça me rend heureuse. La drogue ne sert à rien. J’ai mes feuilles d’arbre ! J’ai voulu faire du patin à glace puis je me suis souvenue que je n’avais pas d’assurance rapatriement alors j’ai laissé tomber…J’ai ri jaune quand un sans-abri dans le métro, qui répétait toutes ses phrases deux fois, a dit : « Les femmes mentent sur leur âge. Vous savez pourquoi ? Pour mieux attirer les hommes ! Elles disent qu’elles ont quinze ans alors qu’elles en ont vingt. A vingt ans on est une grand-mère. Qui voudrait épouser une grand-mère ? ». J’ai failli lui répondre que si une femme est une grand-mère à 20 ans alors je devais être un putain de fossile. Mais je me suis abstenu. Il était fou.

Je n’ai acheté que trois paires de chaussures et aucun sac à main. Je progresse. J’ai bu des vrais cocktails à l’ancienne dont un à base de whisky (alors que je déteste le whisky). J’ai eu la tête qui tourne très vite mais avoir la tête qui tourne dans un décor des années 20 c’est assez parfait je trouve. Je suis rentrée seule sous la pluie en m’extasiant sur la beauté de la pluie qui tombe sur les buildings. Je crois que je n’aime pas aller à New York avec des gens parce que j’ai besoin d’être seule pour m’extasier à loisir. Mon cœur fait des bonds à chaque pas, quand j’aperçois le sommet du Flatiron ou quand je croise un homme pleurer dans la rue, c’est fort, ça me bouleverse, je me sens vivante.

A New York on me sourit dans le métro, on me demande comment je vais, on me regarde avec bienveillance. Un homme m’a demandé de l’aider à choisir un collier pour sa femme, c’était amusant, quelqu’un m’a dit « Pardon je croyais que vous étiez New Yorkaise » et j’ai souri devant ce qui ressemble à un compliment déguisé.
Souvent on me dit « Mais pourquoi tu ne vas pas y vivre ? Tu aimes tellement New York ! ». Justement ! J’aime trop New York pour devenir New Yorkaise. Je ne veux pas prendre le risque d’un divorce. Et puis je suis déjà une connasse parisienne et je n’ai rien de la connasse New Yorkaise qui me surpasse à bien des égards.

DSC02253
DSC02195
DSC02181
DSC02230
IMG_6663
DSC02273
DSC02229
IMG_6713
DSC02280
IMG_6691
DSC02239
DSC02218
IMG_6589
DSC02258
DSC02261
IMG_6741
DSC02234
IMG_6697