Manifesto

Je ne m’excuse plus de faire le vide autour de moi. Parce que je suis ma priorité, c’est bien moi la personne la plus importante de ma vie, je suis responsable de ma vie, pas de celles des autres. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai mais disons que je suis avant tout responsable de ma propre vie. Je suis entourée de personnes bienveillantes qui s’intéressent à moi, à ce que je fais, à ma santé, à mes chats, ma famille et mes proches, je n’ai pas besoin d’échanger au quotidien avec celles et ceux qui sont mes amis, simplement, je sais qu’ils sont là, si besoin. Je ne pollue pas leur vie avec mes problèmes non plus, par respect pour eux, par amour pour eux. Nos échanges me font réfléchir, nos échanges me font progresser, nos échanges me font rire, m’apportent tant que je me dis que l’amitié a quelque chose de magique. Parce que l’amitié c’est pire que l’amour encore, c’est mieux, c’est trouver quelqu’un avec qui on s’entend bien, quelqu’un qui nous comprend, quelqu’un qui jamais ne nous juge, quelqu’un qui nous soutient, quelqu’un qui nous aime, et il n’y a même pas de sexe au milieu, l’amitié, la vraie, c’est désintéressé, c’est comme certains livres, ça peut sauver des vies.

Et puis un jour on est vraiment dans la merde et on voit qui est là. Parfois, on est déçus. De longues amitiés ne veulent plus rien dire, l’autre est aux abonnés absents, certains disparaissent même, de peur que notre poisse dégouline sur eux. On ne peut pas leur en vouloir, simplement, il faut prendre acte, se rappeler que rien n’est jamais acquis et garder les bons souvenirs. Tout comme on décide d’être ami avec quelqu’un, on peut décider de ne plus l’être. Parce qu’on donne beaucoup et qu’en face il n’y a rien, depuis longtemps on est seul(e) dans cette amitié qui avait du sens il y a quelques années mais qui n’en a plus. Parce que l’autre a changé, parce qu’on a nous-mêmes changé, parce qu’on cherche des choses à se dire, parce que ce qui semblait évident ne l’est plus. Ce n’est pas triste, c’est comme ça, il faut savoir l’accepter. Il y a ces amis qui vont toujours mal, qui refusent de progresser, qui ne parlent que d’eux, qui reproduisent sans cesse les mêmes schémas et les mêmes erreurs, et nous on est là à répéter les mêmes conseils sans cesse ignorés, on ne sert à rien, on est juste là comme psychologue non rémunéré, avec nos « hum hum je vois ce que tu veux dire », on perd de l’énergie à essayer de les requinquer alors que ce qu’ils veulent, eux, c’est précisément qu’on perde de l’énergie à essayer de les requinquer alors qu’ils ne veulent pas s’en sortir, non, ils veulent rester dans leur rôle de victime et nous nous transformons nous-mêmes en victimes de victimes. Je n’ai plus envie d’être amie avec des personnes qui sont dans un schéma d’autodestruction, on est un peu vieux pour continuer à faire comme si on avait 22 ans et la vie devant nous, la sagesse c’est peut-être d’accepter qu’on vieillit ? Que merde on est censés avoir appris deux ou trois trucs le long de la route… quand même. Et encore une fois, je ne suis ni psychologue ni thérapeute et surtout je n’en peux plus de ces gens qui se plaignent alors que souvent, ils ont tout ; ceux qui n’ont rien ne se plaignent pas, ils sont dans l’action, ils n’ont pas trop le choix…

Je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que j’ai arrêté de chercher des réponses à des questions qui en vérité n’existent pas. Je ne cherche plus à comprendre pourquoi un(e)tel(le) fait ceci ou cela, je me fie à ce que je ressens, si je suis mal à l’aise dans une relation, je cesse cette relation. Je sais que ça parait simple et justement, ça l’est. Il ne faut pas de courage, il faut de l’amour propre. Parce que s’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui dure toute la vie (merci Oscar Wilde). Je ne me justifie plus de rien, je fais ce qu’il me plaît dans mon intérêt avant tout et dans la bienveillance envers autrui. Il arrive que la bienveillance ressemble à un mensonge parce que tout le monde n’est pas capable de comprendre pourquoi on quitte le navire, parfois il vaut mieux ne pas heurter autrui et simplement laisser une relation se terminer doucement, dans le temps. La colère ne sert vraiment à rien, j’ai beau chercher, je ne vois pas de colères saines.

Je ne prends plus les choses comme une atteinte à ma personne, parce que non le monde ne tourne pas autour de moi. Quand je n’obtiens pas ce que je souhaitais, quand quelqu’un me blesse, quand quelqu’un m’ignore, je pense tout de suite que ce n’est pas grave parce que quelque chose de meilleur m’attend. Et c’est tout le temps le cas. On me dit « Oui mais s’aimer, c’est compliqué » et je suis désolée de répondre que non, ce n’est pas compliqué du tout, ça s’apprend, encore faut-il être curieux. Alors non, je ne vais pas te plaindre si tu ne t’aimes pas et que tu ne fais rien pour t’en sortir, si tu reproduis sans cesse les mêmes schémas en t’étonnant de ne pas aller mieux d’année en année, si tu as envie de te détruire et ceux qui sont autour de toi, fais bien ce que tu veux mais moi ça ne m’intéresse pas du tout, je ne te juge pas, tu fais ce que tu veux bien entendu, mais par pitié ne viens pas te plaindre parce que je garde mon énergie pour moi et ceux qui sont bienveillants, ils sont rares, c’est bien pour ça qu’il faut les choyer !

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8 réflexions sur “Manifesto

  1. Tu m’as bien manquée. Je suis tout à fait d’accord avec toi (désolée pour cette banalité…)
    Se protéger, c’est définir des limites dans ce qu’on peut donner aux autres en temps et en énergie. Pas la peine de se retrouver en déprime ou en burnout et se faire ramasser à la petite cuillère par quelqu’un d’autre, si on a quelqu’un d’autre…
    À plus tard j’espère !

  2. Je suis contente de te relire, tu m’avais manquée ! Ton texte me parle beaucoup, c’est quelque chose de si évident, mais je crois que je l’ai oublié récemment.. Tu arrives comme un deus ex machina pour me le rappeler, alors je suis même doublement heureuse de te relire ^^’
    A bientôt, et prends soin de toi 🙂

  3. Heureux de te lire à nouveaux..
    Tu as touché du doigt l essentiel avec cette réflexion.. on arrive à un moment de sa vie où penser à soi n est plus à considérer comme de l’égoïsme mais de l altruisme.

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