L’écriture ou la vie ?

En ce moment mon esprit n’est pas tranquille parce qu’il se passe beaucoup de choses en moi. J’ai deux ou trois obsessions, pour commencer. Beaucoup de mal à revenir à la réalité qui est mon quotidien parce que je ne me remets pas du décalage horaire, mais pas du tout. Je vais me coucher à 8h du matin et je me réveille à 13h, ce qui fait que je suis épuisée en permanence. Mon corps est encore à Los Angeles, heureusement ma tête est enfin à Paris, elle. Il y a du progrès.

Je suis obsédée par les palmiers. J’ai pris de si belles photos de palmiers, et je ne dis pas ça pour me vanter, pas du tout, c’est juste que là-bas il suffit d’attendre le coucher du soleil pour sortir son Iphone, et tu deviens photographe. C’est si beau. J’ai fait des collages de palmiers, parce que le collage, c’est mon nouveau truc, et je constate que plus j’en fait, meilleure je suis dans l’exercice. Dans quelques jours, je me fais tatouer un palmier sur l’avant-bras, un tout petit, pas quelque chose de tape-à-l’œil, ce n’est pas moi du tout. Juste un petit palmier sur ma peau pour me rappeler qu’il me suffit de le regarder pour être en vacances, un palmier comme un anti-stress, comme un rappel de merveilleux souvenirs. Et tant pis si la tatoueuse m’a dit « Le palmier est un motif très à la mode ». Pour une fois, je serai très à la mode, voilà tout !

J’ai enfin commencé à écrire. L’année dernière, j’ai écrit 50 pages d’un manuscrit que j’ai laissé tomber parce que je m’ennuyais en l’écrivant (ce qui est un bon signe pour arrêter). Je m’étais trop dispersée dans les personnages, la fin que j’avais choisie d’écrire ne me paraissait plus aussi formidable, bref, il fallait mettre ça de côté pour y revenir (ou pas) plus tard. Entre-temps j’ai arrêté de travailler (plus beau jour de ma vie !), je me suis promenée ici et là, j’ai surtout énormément glander, on ne va pas se le cacher, j’ai été égoïste, je n’ai fait que ce que je voulais, tout le temps (j’appelle ça « la vraie vie »). Ce soir, j’ai écrit mes deux cents premiers mots et si ce n’est pas beaucoup, c’est le début d’une nouvelle aventure, que je compte terminer cette fois, pour de bon. C’est le seul objectif que je me suis fixé cette année. Ah non pardon il y a aussi : avoir des abdos visibles au 31 décembre (et j’y travaille toutes les semaines avec beaucoup de joie, étrangement) (mais cette semaine j’étais tellement stressée parce qu’il fallait que je me mette à écrire, c’était urgent mais je repoussais l’échéance, que je n’ai quasiment mangé que du sucre : j’ai fait des cookies, des gâteaux, des gaufres, des tonnes de gaufres, résultat j’ai pris du bide et ça se voit, bravo. Mais comme j’ai commencé à écrire, c’est bon, je n’ai plus « faim », comprendra qui voudra…). Je profite de ce billet pour remercier S. de m’avoir dirigée vers les vidéos de Martin Winckler qui donne de précieux conseils pour écrire un manuscrit, il y en a 5, elles sont toutes disponibles ici (ça s’appelle un MOOC et c’est organisé par Draftquest).

L’écriture ou la vie, c’est un très beau roman de Jorge Semprun. C’est l’un des auteurs qui m’a passionnée quand j’étais adolescente et jeune adulte. Quand moi je parle d’écriture ou la vie ce n’est pas du tout pour les mêmes raisons. La seule fois où j’ai réussi à aller au bout d’un manuscrit (j’en parle ici), je me suis enfermée chez moi pendant deux ou trois mois, je ne sais plus, je n’avais aucune vie sociale. Je ne pensais qu’à ça, écrire, mon manuscrit. Cette fois je vais aussi essayer de vivre, même si cette fois encore, je ne pense qu’à ça puisque je note des idées à toute heure du jour et de la nuit, je fais même des rêves de ce que je vais écrire, on est dans l’obsession pure. Mais j’insiste : cette fois je vais essayer de vivre aussi. L’écriture et la vie. L’écriture dans la vie ?

C’est hors sujet mais depuis que je suis abonnée à la Lenny letter (c’est gratuit, c’est la newsletter de Lena Dunham, créatrice de la série Girls et de Jenni Konner qui travaillait aussi sur la série), je n’ai jamais été déçue par aucun article, c’est de grande qualité et je conseille à toute personne qui parle l’anglais de s’abonner (et si on souhaite progresser en anglais, ça me parait un bon moyen également).

Sinon je vais lancer un nouveau challenge pour le mois de juin, je publie le challenge le 15 mai, j’espère que vous serez nombreux à participer, plus on est de fous, plus on rit (et on est quelques fous par ici ^^).

Rien à voir non plus mais cette petite BD m’a vraiment fait rire parce que je suis cet ours vert ! (et à chaque fois que je relis la BD, ça me refait rire, c’est instantané).

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8 réflexions sur “L’écriture ou la vie ?

  1. C’est bien l’intranquillité ça conserve, avec quelques adjuvants il y a parfois des dégâts collatéraux et la ligne n’est pas le plus grave même si avec l’été qui se pointe ça devient un suspens intolérable façon Stephen King. Moi je suis plutôt l’écriture et la vie, l’écriture ou la vie j’ai donné et me sentir investi d’une mission sacrée merci bien. Après le problème c’est de surfer en permanence entre glandage, laisser venir les idées, écrire, mais pas trop et assez quand même. Apprendre à écrire un roman, une nouvelle, 15000 signes maxi interligne 1,5, des références partout. Jamais, une ligne sur le plaisir ou la souffrance d’écrire pour soi, seulement des interrogations sur le comment et jamais le pourquoi ! Suffit de lire Duras (même si ça fait intello un peu frippé) dans « Ecrire », je pense que personne n’a jamais dit mieux et en aussi peu de mots pourquoi c’était à la fois si simple et si compliqué. Et pour moi, mais là avis purement personnel pour en avoir croisé un certain nombre lors d’ateliers d’écriture, les « auteurs » sont les pires pédagogues dans leur domaine dans la plupart des cas. Les exemples se ramassent à la pelle, d’ateliers, de master class où ils veulent apprendre à écrire un roman ou une nouvelle rien que ça. Pas un mot sur construire un dialogue, une narration, un monologue, un personnage secondaire, des exercices mettant en jeu des scènes avec des contraintes pour travailler le style. Non trop emmerdant et ça risque de contrarier l’imagination qui jaillit, on y va direct pour comment écrire son roman une fois qu’on a choisi le nom des personnage et leur caractère. En voiture pour 200 000 signes. Comment ça vous flippez et vous ne prenez pas de plaisir? Manquerait plus que ça! Sérieusement pour finir le pensum, c’est sûrement pas un hasard si Raymond Carver a toute sa vie sillonné les USA pour participer à des ateliers d’écriture même quand il publiait « bien » pour travailler encore et encore avec des gens comme Gardner ou Cheever qui même s’ils publiaient enseignaient avant tout le creative writing à l’université.

    • Le MOOC de Martin Winckler est très bien parce que justement il parle des 3 ingrédients pour réussir à écrire : 1:/ le faire avec plaisir, il insiste lourdement sur ce point 2/ si ce qu’on veut écrire a déjà été écrit, personne ne l’écrira comme nous 3/ l’écriture c’est 5% d’imagination et 95% de transpiration. Après ça reste des conseils de 20 mn en 5 vidéos, ça n’a pas vocation à remplacer un atelier d’écriture (et tout le monde n’a pas forcément envie d’y participer non plus).

      Il dit autre chose que je trouve très juste : qu’il n’y a qu’en France qu’on nous fait croire que l’écrivain est un être supérieur, partout ailleurs, ça s’apprend, comme n’importe quoi d’autre. Et pour apprendre, rien ne vaut écrire, écrire et encore écrire, et comme il le dit, avoir un blog, ça aide, parce que ça demande un minimum de rigueur. Comme n’importe quelle activité, si tu te contentes de tes acquis, tu finis par ne plus rien écrire d’intéressant (je pense à Djian, c’est de pire en pire depuis 10 ans, j’ai adoré le film Elle mais son roman Oh! qui l’a inspiré m’avait ennuyée…).

  2. Moi, c’est l’écriture quand je suis vraiment inspirée et l’écriture ET la vie comme en ce moment où j’ai pas d’idée précise de roman. J’attends que les éditeurs se décident à publier les manuscrits proposés. J’ai appris et je continue à apprendre à écrire en lisant beaucoup et en glanant ci et là sur internet des conseils d’écriture

  3. Tu es entrée en écriture ! 😉 c’est bien 😉
    J’ai lu « Not that kind of girl » l’année passée et j’ai bien aimé même si ça traîne un peu en longueur. Inutile que je m’abonne à la Leny Letter puisque je ne connais pas les gens dont il est question. Je suis d’accord avec vous au sujet de Djian. Si on a lu ses premiers romans et notamment 37.2 le matin on se demande si c’est le même auteur que l’on a entre les mains lorsque l’on tente de lire l’un de ses livres publiés après les années 80. À un moment donné, j’avoue, j’étais accro à Djian.

    • Je suis dedans oui ça y est 🙂
      Je l’ai lu aussi quand il est sorti et j’ai trouvé ça relativement chiant à part deux ou trois trucs sympas au début. C’est ce que j’aime avec la Lenny letter : je ne connais pas toujours les gens dont ça parle, ça m’apprend pas mal de choses nouvelles !
      Je crois qu’il n’y a plus rien à dire sur ce pauvre Philippe si ce n’est qu’il faut arrêter de le lire…

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