Pretty good !

Ren Hang

Ren Hang

Je suis sortie de chez moi. Mais oui, ça m’arrive ! Je ne suis pas allée bien loin, il ne faut pas exagéré quand même ! Il ne faut pas trop m’en demander non plus…

La journée commençait plutôt mal avec la nouvelle de la mort de Ren Hang, ce jeune photographe chinois que j’aime particulièrement. Il s’est suicidé du haut de ses 29 ans, fatigué d’être dépressif. Le monde perd un photographe excellent, exigeant, poétique. Je me suis réveillée triste et j’irai me coucher contente de vivre.

J’ai rencontré un blogueur cet après-midi. C’était bien. J’ai déjà appris des choses avec lui en à peine plus d’une heure. Alors que je côtoie des personnes qui ne m’apprennent plus rien depuis des lustres mais que je garde dans ma vie on ne sait pas trop pourquoi. Je crois qu’avec le printemps qui arrive, je vais encore devoir faire un ménage dans ma maison mais surtout mes relations.

Je me promenais rue de Rivoli au niveau du grand Hema et une personne qui travaille pour une asso (Médecins sans frontières ?) m’apostrophe et je lui réponds que je n’ai pas le temps, en fait j’ai le temps mais je n’ai pas envie de parler à un être humain. Mais ça ne se dit pas, apparemment. J’ai donc menti. Et cette charmante personne, encore plus connasse que moi, me répond « Oui, je comprends, vous allez l’air fatiguée ». Haha. Moi fatiguée ? Mais je dors plus de dix heures par nuit, bordel ! Chose étrange : j’ai meilleure mine quand je dors six heures.

De commentaire en commentaire, je suis arrivée sur un blog que je ne connaissais pas. J’ai tout lu. Et j’ai pris peur. Cette fille c’est exactement moi il y a quelques années. La même. Très changeante, insatisfaite, obsédée par soi, un ego démesuré, entre dépressive et enjouée, une libido insatiable, un gros problème avec la nourriture, qui fait des conneries mais n’assume rien, pense être amoureuse mais se détache très vite si l’homme en face ne l’est pas, impatiente, recommence sans cesse les mêmes erreurs, boit trop d’alcool, a envie d’aider les gens mais ne sait pas comment faire, aime mais mal, se déteste, ment, trompe, s’adore, a envie de mourir etc etc

Je me suis pris le truc dans la gueule. J’ai réussi à changer. Pour personne d’autre que pour moi-même. J’ai arrêté tout ça. On ne va pas se mentir, je fais des rechutes, de temps en temps. Mais je me connais, je sais ce qu’il faut faire maintenant. J’ai pris à la lettre « Pour obtenir ce que vous voulez, commencez par quitter ce que vous ne voulez plus ». J’ai pris mon putain de courage à deux mains et j’ai tout quitté, j’ai tout recommencé. Ça s’est fait dans la douleur mais ça m’a apporté les plus grandes joies.

Aujourd’hui, j’ai pris conscience du chemin parcouru et j’ai fêté ça en mangeant une délicieuse glace. Il y a quelques années j’aurais englouti la totalité des 500ml. J’ai apprécié chaque bouchée mais je me suis servie raisonnablement et surtout j’ai arrêté quand je n’ai plus eu faim. Peut-être que ça parait anecdotique mais pour moi ça ne l’est pas.

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8 réflexions sur “Pretty good !

  1. Ouille, la description fait un peu mal quand même … Elle n’est pas tout à fait exacte, mais il y a une bonne et grosse dose de vrai.

    C’est drôle de voir arriver chez moi ce soir ton pseudo, dont j’ai entendu parler pour la première fois cette après-midi, grâce au blogueur que tu as rencontré aujourd’hui. 😉

    Sans connaître ton histoire, j’admire ce courage que tu as eu de tout changer. J’en apprendrai davantage si je me plonge dans les archives de ton blog ? Tu lui dirais quoi à ta « toi d’il y a quelques années » pour l’aider à aller mieux et à avancer + droit dans la vie ?

    • Oups…Je me doute qu’elle n’est pas tout à fait exacte. Et il y a des différences : moi je ne veux pas d’enfant (ça facilite quand même vachement les choses).

      Je lui dirais que fuir dans d’autres bras/le mensonge n’a jamais rien résolu (crois-moi j’en connais un rayon là-dessus). Je lui dirais d’arrêter de penser que comme par magie la situation va s’arranger.Quand on n’est pas heureux en couple, il faut partir, point barre. Je ne dis pas que c’est facile ! Mais…tu te vois sincèrement élever un enfant avec quelqu’un que tu n’aimes plus ? Est-ce que ce n’est pas juste reculer pour mieux sauter ?

      Les gynécos ne racontent vraiment que de la merde, c’est hallucinant, je me suis retrouvée à penser que je voulais un enfant parce qu’elle m’a dit que c’était « maintenant ou jamais », j’ai écrit un truc là-dessus ici : https://encoreuneconnasseparisienne.com/tag/nullipare/

      Écris-moi ici si tu veux continuer la discussion, ce sera moins gênant : encoreuneconnasseparisienne@gmail.com 🙂

  2. Les recruteurs de donateurs sont légions à Paris.
    A Bastille je tape un sprint pour prendre le métro, limite.
    Je vais rarement sur Paris, mais quand je m’y rends, je me fais alpaguer par une petite tête tout sourire qui va essayer de me faire culpabiliser pour que je lâche une pièce ou un billet en me vendant que la pauvreté, la faim et les maladies sont des maux qu’on peut éradiquer sur l’ensemble du globe.

    Je respecte totalement leur choix de défendre une cause qui les tient à cœur.
    Je ne respecte pas les tournures de phrases bien rodées qui te mettent mal à l’aise et t’obligent par convention sociale à te mettre un masque, juste histoire qu’on te lâche la grappe dans les 5 minutes.

    Le « je dois y aller », « j’ai un train », « j’ai pas le temps » vient instinctivement quand on ne veut pas rentrer en communication avec eux.
    Et pourtant, ce sont des êtres humains comme les autres.
    Ils veulent juste communiquer.

    Je me demande ce que ça ferait d’être franc dans ce genre de situation.

    Tiens, j’ai trouvé ton prochain défi ah ah.

    • Des êtres humains qui veulent communiquer certes mais avec des intentions derrière et c’est ce qui me gêne aussi. J’ai le droit de ne pas avoir envie de communiquer avec des inconnus dans la rue pour parler de la faim dans le monde. Cela ne m’empêche absolument de donner à diverses causes depuis de longues années.

      J’ai déjà dit à l’un d’eux que je n’avais pas envie de parler à un être humain et que c’était absolument pas contre lui mais ça ne lui a pas plu du tout. Depuis, je mens. Ou je parle anglais, ça coupe court parce qu’ils n’ont pas le droit de vendre leurs souscriptions à des étrangers (héhé).

  3. C’est très juste.
    M’enfin après même un(e) bénévole à tendance philanthrope de l’extrême (une espèce en voie d’extinction avancée sur cette planète) aura forcément une intention.
    On fait rarement quelque chose sans atteindre un objectif.
    Au pire l’objectif est flou et on cherche perpétuellement ce qu’on veut vraiment.
    Au mieux l’objectif est clairement défini et la personne cherchera à convaincre et/ou persuader.
    Dans tous les cas, qu’on partage ou non les convictions de la personne qui nous accroche on est encore dans un pays libre ou l’on a le choix de dire « non » sans avoir à se reprocher quelque chose.
    Comme tu le dis, tu donnes là où tu veux donner, car tu es plus sensible à certaines choses qu’à d’autres.

    Personne ne peut secourir toute l’humanité, aussi belle ambition soit-elle.

    C’était la minute philosophique, merci d’avoir lu.

    (parler anglais, ça marche bien quand on se débrouille bien, faut oser, cela dit c’est bien pensé)

    Tchuss 🙂

  4. Magnifique ta liste 🙂 Enfin, je ne sais pas si magnifique est l’adjectif le plus approprié mais je l’ai lu avec délectation et pour fêter ça je me suis fait une cure de Ben & Jerry’s au beurre de cacahuète avec des morceaux de pâte cacaotée. Et le pot entier en plus 🙂

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