Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour8

Aujourd’hui, j’ai remarqué que je ne connais personne qui comme moi déteste les trajets en train. J’aimerais tellement m’en plaindre à quelqu’un, me sentir comprise, moins seule.

Je me suis levée beaucoup trop tôt (8h00) ce matin, j’ai pris une douche, j’ai vérifié que je n’avais rien oublié et je me suis retrouvée dans le métro avec ma valise à monter puis descendre puis redescendre puis remonter des escaliers pour enfin arriver sur le quai du métro bondé parce que forcément c’est l’heure où les gens normaux vont travailler. Je ne supporte plus les gens normaux, je ne veux tellement plus leur ressembler. On a écrasé mon coude, écrasé ma valise, un homme m’a bousculée et j’ai cru m’envoler parce qu’il était massif comparé à moi, toutes ces agitations pour rejoindre la gare Montparnasse, quelle folie ! Et je ne peux pas me plaindre parce que j’ai deux jambes et deux bras, si j’étais en fauteuil roulant, si j’étais handicapée, je ne pourrais pas me rendre à la gare Montparnasse en métro. Parce que rien n’est fait pour les personnes non valides et c’est une honte. Dans ces moments-là oui j’ai honte de vivre dans cette capitale si prétentieuse qu’elle ne se soucie que d’une partie de la population. Mais là n’est pas le sujet…

J’arrive à Montparnasse donc, je cours, je cherche le quai, c’est le numéro 3 alors j’essaie de courir mais j’ai une valise cabine et deux sacs à main, je cours un peu comme une débile, j’ai peur de perdre quelque chose en chemin. J’ai voulu faire des économies, j’ai pensé « Le train c’est moins cher » alors me voilà sur le quai numéro 3, le IDTGV qui va m’emmener à Toulouse si j’arrive à le prendre parce que dans très exactement deux minutes, les portes vont se fermer. J’arrive, je montre mon billet au Monsieur, j’entre dans le train et les portes se ferment. J’ai réussi à ne pas rater ce foutu train.

Je vais passer des heures à côté d’un type pas aimable qui met son gros coude sur le seul accoudoir, celui qu’on est censé se partager. Pour la seule prise électrique c’est pareil : il décide que c’est la sienne. Je décide de changer de place à Bordeaux, je regarde un film, un vieux type n’arrête pas de me mater, j’ai envie d’être seule, d’être riche dans mon jet privé mais je suis dans un putain d’IDTGV avec des gens normaux qui veulent, comme moi, faire des économies.

Puis tout à coup, ça y est, nous sommes à Toulouse, je sors de la gare, le ciel est bleu bleu bleu et au loin le sourire de ma mère puis celui de mon frère. Ma récompense.

Pendant dix jours, j’écrirai mon « journal » en commençant par la phrase « Aujourd’hui, j’ai remarqué… ». C’est un exercice d’écriture proposé par l’écrivain (non je n’aime pas le mot « écrivaine ») Emily Gould que je suis sur l’application Skillshare que je trouve formidable : ce sont des cours en ligne pour apprendre des tas de trucs dans des tas de domaines. Si vous voulez participer, vous êtes les bienvenus !

cielbleu

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