En vrac

J’ai acheté le dernier album de Julien Doré comme toute la France semble-t-il puisqu’il serait numéro 1 des ventes. La chanson « Le lac » me rappelle déjà de bons souvenirs alors qu’elle n’a que deux mois. « Sublime & silence » me transporte loin, il a vraiment du talent Julien Doré, on ne peut pas le nier (même si on a le droit de trouver le personnage à la limite du supportable). C’est un album que j’aurais encore envie d’écouter dans cinq ans, et peut-être même dans dix. En passant dans les allées du disquaire, j’ai vu un livre stupide qui parlait des « choses que l’on fait quand on est dans la trentaine » et je ne me suis retrouvée dans rien. Non, je ne me lève pas tôt le week-end pour « profiter » d’avoir du temps, le week-end ça sert à ne rien faire, c’est-à-dire rester au lit. A la rigueur, je peux, comme ce matin, mettre un réveil pour ne pas rater le marché. J’y vais à 13h, je suis dans la catégorie des parisiens aux cheveux hirsutes habillés n’importe comment qui ne savent même plus quels légumes ils veulent tellement ils sont encore dans leurs rêves… Et puis soudain ça m’a frappé comme une évidence : j’achète encore des CD en 2016.

J’ai appris qu’en Corée, lorsque vous naissez, vous avez déjà 9 mois, à cela s’ajoute une année de plus pour des histoires lunaires, ce qui fait que tous les coréens ont presque deux ans de plus que nous. Il y a quelque chose de censé et de poétique là-dedans. J’imagine que les coréennes ne sont pas du tout de mon avis…

Je n’arrive plus à lire, enfin si, je ne lis que des guides de voyage, j’achète à peu près tout ce qui se trouve sur une ville et une région et je me fais mon propre avis. C’est chronophage et passionnant. Parfois je me demande si ce n’est pas dans le tourisme que j’aurais dû faire carrière. Mais je n’aime sans doute pas assez les gens. J’ai regardé la série The Crown sur Netflix, être Reine est sans doute le pire job au monde, quel affreux destin, vraiment ! Un clochard est plus libre qu’Elisabeth II…

Depuis que je suis au chômage, je me rends compte à quel point je suis incomprise. Tout le monde voudrait que je retravaille. Une amie m’a même dit « Mais tu ne t’ennuies pas ? ». Je m’ennuyais lorsque je travaillais, je devais me lever, prendre le métro, aller dans l’un des quartiers de Paris les plus touristiques, travailler pour une boîte qui est à l’opposé de mes valeurs et de mon mode de vie, puis prendre à nouveau le métro, rentrer chez moi et me dire que j’avais passé une journée de plus à perdre mon temps. Tout ça pour un confort qui n’est qu’illusoire. Je ne m’ennuie jamais quand je suis seule la journée, c’est l’inverse, j’écoute mon corps, je n’ai plus de réveil, je fais même des siestes alors que je dors déjà neuf heures par nuit, oui je sais, c’est scandaleux mais il faut croire que deux ans et demi en CDI m’ont épuisée. Je prends du plaisir à écouter de la musique en cuisinant, parce que désormais je cuisine tous les jours. J’aime passer du temps à ne rien faire de concret, juste laisser la journée se dérouler au rythme de mes chats, des courses, des promenades dans le quartier. Je crois qu’en fait globalement les gens sont jaloux de voir à quel point je suis décontractée alors que je ne travaille pas. Je suis heureuse de ne pas faire partie de ces gens hyperactifs qui s’agitent pour avoir le sentiment d’exister. Faire partie de cette société ne me rassure pas, ça m’effraie. J’ai une copine qui a décidé de partir sur les routes avec sa communauté de hippies, loin de Paris, et objectivement je ne l’ai jamais vue aussi heureuse que la dernière fois qu’elle est passée à la maison. Je la félicite mais combien lui disent « Mais il faudra bien que tu etc ». Il faudra bien que rien du tout, nous sommes libres de faire ce qu’on veut de notre vie. Une seule et unique vie, pas de séance de rattrapage. Alors non, je ne m’ennuie pas, je revis ! Je fais enfin ce que je veux. Quand on me dit « Oui mais après ? », je ne comprends pas la question parce que je vis l’instant présent. Je ne suis pas angoissée par demain, je sais que ça ira. Et si ça ne va pas, je m’en sortirais, comme toujours. J’ai une ou deux étoiles qui me protègent.

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3 réflexions sur “En vrac

  1. Merci. J’apprends à etre libre. À suivre mon coeur, je me déconditionne de ce monde qui nous pousse à vivre comme des robots sans regardé les étoiles. Les Soirée autour d’un feu sont ma meilleure thérapie 🙂 j’ai vu la ZAD comme la ville des possibilités. La révolution du coeur est en marche.

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