I’m in a New York state of mind

Plus les années passent, moins je suis originale. Chaque année je vais à Londres, à Amsterdam, à Venise et à New York. Pour fêter ma liberté retrouvée, j’avais pris un billet pour Los Angeles, mon programme était exaltant, ma chambre d’hôtel donnait sur les collines d’Hollywood, la vue était à couper le souffle. Mais j’ai tout modifié à la dernière minute pour repartir à New York.

Si New York était un homme, ce serait l’amant que tu ne te résous pas à quitter parce qu’il est trop beau, trop intelligent et que, bordel, il te fait trop jouir. C’est mal mais c’est bon mais c’est mal. J’aime New York plus que certaines personnes de ma famille, de mes amis. Un barman m’a demandé quelle était ma ville préférée, quand j’ai répondu « Paris », il m’a dit « Ne me froisse pas chérie, dis New York ». Alors voilà, je le dis haut et fort : c’est New York ma ville préférée.

New York est pleine de petites attentions, elle te prend dans ses bras, parfois un peu violemment certes mais il se passe quelque chose. A Paris il ne se passe plus rien. A part le mépris, la peur, l’angoisse de sortir et de se faire buter par un fils de pute de terroriste. Je suis si heureuse de ne plus prendre la ligne 1 tous les matins. Désormais je refuse de prendre le métro. J’ai des super nouvelles baskets de course, c’est l’automne, ma saison préférée, je suis prête à arpenter la ville (et à obtenir des fesses en béton-ou presque).

A New York, je me sens forte, je me sens vivante, je me sens exister. Devant le Flatiron je fonds, j’ai envie de le grimper et de lui glisser « je t’aime » à l’oreille. Devant le One World Trade Center et les piscines qui remplacent les tours jumelles, avec tous ces noms de disparus gravés dans la pierre, j’ai retenu mes larmes pendant que des touristes prenaient des selfies sur un site qui est tout de même un cimetière…

J’ai passé mes journées à marcher, à dire à haute voix que je suis reconnaissante, je disais « merci merci merci, merci la vie, merci New York, merci ». C’est important de dire merci. J’ai beaucoup souri et on m’a rendu mes sourires, des inconnus sont spontanément venus me parler, comme cet homme qui est venu me demander si je croyais en Dieu. On a discuté pendant 8 stations et nous sommes arrivés à la conclusion que ce qu’il appelait Dieu, je l’appelais autrement mais oui, je crois en quelque chose, en fait.

J’ai beaucoup ri en regardant les publicités pour des médicaments pour bipolaires. Je trouve ça incroyable de faire de la pub pour des médicaments contre la dépression à la télé, comme s’il s’agissait de quelque chose de banal (est-ce-que les américains sont plus dépressifs que les français ? Il faut que je me renseigne). Au supermarché je suis encore tombée sur les brosses à dents géantes. J’ai beau chercher, je ne comprends pas le projet (penser à en parler à ma dentiste).

Un arc-en-ciel s’est formé devant mes yeux au Conservatory Garden dans Central Park. J’ai pris ça comme un signe de chance pour ma vie future.

J’ai bu des verres au Plaza comme si j’étais riche (25$ le verre, gloups), j’ai regardé les couples illégitimes faire semblant d’être légitimes, j’ai imaginé leurs histoires, j’ai admiré ce lieu mythique et surtout je me suis dit que je devrais aller dans les bars d’hôtels aussi à Paris (ça tombe bien, le Ritz a rouvert !)

Je me suis rendue compte que mon hôtel proposait des films porno en illimité, j’ai fait ce que toute personne saine d’esprit ferait : j’en ai regardé en rentrant de mes sessions shopping, histoire de me détendre 🙂 (un jour j’écrirai un truc sur la masturbation féminine qui semble être un tabou puisqu’à chaque fois que j’en parle, mes copines me répondent « Ah non non moi jamais »).

Si j’aime tant New York, qu’est-ce-que je fous encore à Paris ? Parce que je suis une enfoirée de flemmarde, que jamais je ne pourrais bosser comme une américaine, que je n’aime pas assez l’argent, que toute ma vie est ici et que je suis trop vieille pour tout recommencer. J’aurais pu vivre à New York quand j’avais 20 ans mais j’ai eu peur à la dernière minute, j’ai tout annulé (heureusement que je ne me marie pas, je suis le genre de fille qui serait capable de tout annuler trois heures avant). Paris est peut-être décevante, c’est la ville que je choisis pour le moment, et je suis heureuse de ce choix qui n’est pas définitif.

La première chose que j’ai faite en rentrant à Paris, c’est racheter un billet d’avion pour retourner à New York et choisir un hôtel près du Flatiron <3, quelques clics et voilà ! Je crois qu’on peut dire que je suis addict (et que, pauvres lecteurs-s’il en reste encore, vous n’avez pas fini d’entendre parler de la grosse pomme).

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10 réflexions sur “I’m in a New York state of mind

  1. Ah mais si il faut que tu en parles ! parce que j’ai la même impression quant à Paris que j’adore, mais en ce moment je n’ai plus envie. New York ne m’attire pas parce que je ne connais pas, mais si tu me dis qu’il se passe toujours quelque chose, alors ça attise ma curiosité. Donc des articles sur NY, je ne suis pas contre du tout. Et puis on aura le plaisir te relire. Tu manques, sacrée connasse.

  2. Ah les connards avec leurs perches à selfie à Ground Zero! Même pas moyen de verser ta larme tranquille, ils te regardent comme un OVNI. Une ville où tu sens l’envie de tout recommencer, tu marches en te prenant pour Hemingway ou Eston Ellis c’est selon et quand tu t’y crois trop tu te retrouves à plat ventre sur le trottoir avec une gueule de bois carabinée et un billet retour mais toujours l’envie de revenir. Bises à Brooklyn si tu vas par là 🙂

    • Je pourrais y aller tous les deux mois, ce serait un bon rythme. Financièrement c’est un gouffre, la tentation d’acheter est omniprésente.

      Je connais mal Brooklyn, j’étais allée à Bushwick en novembre dernier, il faut dire que Brooklyn c’est loin…et que je trouve déjà tout ce que je veux à Manhattan !

      • De quoi finir bien au chaud sur une bouche de métro 🙂 Un puits sans fond. C’est vrai que Brooklyn c’est loin. J’ai découvert Red Hook « par hasard » sinon je ne serais jamais allé jusque là. Mais la vue sur Manhattan est géniale depuis le bord du fleuve et maintenant le quartier se civilise et on ne risque plus une rafale d’Uzi, ça dérangerait les yuppies 🙂

      • J’aime traverser le pont de Brooklyn et voir la skyline du park c’est vrai qu’il n’y a rien de plus beau, j’avais pris une photo en novembre dernier qui était presque aussi belle que ce que j’avais vu de mes yeux (c’est si rare !).

        Voilà, j’ai déjà envie d’y retourner, le temps risque de me sembler long jusque-là…

  3. Ah le Memorial et ses deux bassins… On l’a visité par temps maussade. Je n’aime pas la pluie d’ordinaire mais bizarrement là je trouvais qu’elle tombait à point. Comme si le ciel pleurait ces morts gravés sur les bordures marbrées des piscines.

    Tu es descendue sous les fondations pour voir le musée aménagé à la mémoire de ces malheureux? C’est poignant et impressionnant à la fois. J’ai encore en tête l’image de ce camion de pompiers de la 3th Ladder et sa cabine complètement désintégrée. Tu réalises en partie l’ampleur du désastre et le calvaire qu’ils ont dû endurer, les pauvres.

    Et puis en sortant, le ciel bleu qui revient. Et ce majestueux One World Trade Center qui le reflète si bien qu’il semble ne faire qu’un avec les cieux. Il en paraîtrait presque transparent et léger.

    En tout cas, je partage tes impressions quant à cette ville (enfin Manhattan surtout, quand on est passé dans le Bronx, l’ambiance était pas la même ^^’).

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