J’aime pas l’Euro

Je n’aime pas le football. Pourtant, mon grand-père était footballeur. Ce n’est pas comme si je n’avais pas été imprégnée de cette culture. Ma mère est une grande supportrice du PSG ainsi que toute ma famille, on a Paris dans le sang (moi aussi mais la ville, pas le club). Je n’ai pas connu mon grand-père, peut-être que si cela avait été le cas, je serais moi aussi affublée d’un maillot tricolore avec le maquillage suintant sur les joues et la perruque synthétique made in China qui va avec.

Quand j’ai entendu parler de l’ « Euro2016 », la seule chose qui m’intéressait c’était de savoir quand commençaient les festivités mais surtout quand elles finissaient. C’est bientôt, dans deux jours. Mais voilà, la France est en finale. Et ça, ça n’arrange pas mes affaires. Déjà, hier, mes voisins du dessus, trois étudiants en coloc habituellement calmes, ont décidé de chanter la Marseillaise (faux), subitement en joie d’être français, un peu comme en Novembre dernier lorsqu’ils ont sorti un drapeau tricolore devant leur fenêtre (drapeau disparu depuis, on est « fier d’être français » quand c’est à la mode puis on oublie).

Je suis sortie avec un fan de foot en plein Mondial, j’en garde un souvenir difficile : une vie sexuelle misérable en cas de défaite de la France, baise rapide en missionnaire, jouissance triste, soirées passées seules puisque Monsieur allait au bar regarder les matchs sur grand écran pour être « dans l’ambiance ». A la base, cet ex n’était déjà pas une lumière alors autant dire qu’avec le Mondial son cerveau était carrément parti en vacances à l’étranger. Je restais là à l’observer en me demandant quand il allait redevenir lui-même. Nous avions quand même trouvé quelque chose à faire ensemble à cette époque : les paris en ligne. J’avais réussi à intellectualiser le foot dans un but bassement lucratif. Et je gagnais de l’argent contrairement à lui qui jouait « avec son cœur » (on en entend des conneries…).

Hier, donc, j’étais pour l’Allemagne. Juste pour faire chier parce qu’en vrai je m’en fous. Je n’ai pas regardé le match mais tous les voisins, pas que ceux du dessus, hurlaient à chaque but ou occasion de marquer. Quand la France a gagné, ça s’est mis à hurler aux fenêtres des « Vive la France ! » (alors qu’il est de bon ton de dire que « La France n’est plus un pays d’avenir », que « Moi si ça continue je me casse, marre de payer trop d’impôts » ou le délicieux « Y’a trop d’étrangers ici, c’est plus comme avant »). On oublie toutes les rancœurs, on est « fiers d’être Français ». Fabuleuse hypocrisie. Heureusement, une voisine a hurlé « Vive le Portugal ! ». On a de l’humour dans mon immeuble.

Et ce matin, je tombe sur ce tweet de Joann Sfar :

tweetjoannsfareuro2016.jpg

Et je lis les commentaires en-dessous et je tombe des nues. Les insultes pleuvent. Dans ce pays, si on n’aime pas le foot, on est forcément snob, « bourge », rabat-joie, conservateur et j’en passe.  Il faut être un bon mouton bien docile avec son maillot bleu sur le dos et ses confettis prêts à être lancés sur la foule, il faut être prêt à se réjouir de la liesse générale, il faut subitement être fièr(e) de son pays. J’aime mon pays mais cela n’a rien à voir avec le foot !

Est-ce-que les amoureux du football se demandent comment vivent les autres, ceux qui n’aiment pas ce sport, pendant ce long mois d’Euro ? Joann Sfar dit simplement ce qu’il pense, il ajoute que « je n’ai rien contre le match je gère juste mal les cris qui suivent » et il se prend dans la gueule « si tu n’aimes pas les scènes de liesse, ta vie doit être d’une tristesse »(un rappeur aurait pu en faire un single). Moi non plus je n’aime pas le bruit (pourquoi je n’ai pas d’enfant à votre avis ?), les scènes de liesse me font peur ; je me souviens d’une fête de la musique où, emportée par la foule, je me suis retrouvée dans un autre arrondissement, j’ai perdu mon sac à main et ma dignité puisque nombreuses mains masculines en avaient profité pour me peloter les fesses. Je n’aime pas le bruit et je n’aime pas la foule et je me fous éperdument du foot. Pourtant ma vie n’est pas triste. On peut avoir d’autres passions qu’un sport dans la vie. Si, si, je le jure.

Cher Joann, sache que tu n’es pas le seul à ne plus en pouvoir de ces débordements sonores provoqués par la foule amoureuse du football, sache que nous sommes nombreux à préférer les livres au foot, sache que nous sommes nombreux à souhaiter secrètement que le Portugal gagne cet Euro 2016 pour éviter les voitures brûlées et les pétards allumés comme s’il s’agissait simplement de confettis.  Peut-être devrions-nous envisager de passer cette finale au fin fond de la Creuse, les vaches sont de bien meilleure compagnie que les effrayants supporters français. A méditer…

P.S : à bien y réfléchir, si le Portugal gagne, ce n’est pas terrible non plus, il y a quoi ? Près d’un demi million de portugais en région parisienne ? Je ne connais pas les chiffres, je demande.

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13 réflexions sur “J’aime pas l’Euro

  1. Enfin ! Dites, vous me gardez une petite place au fond de la Creuse ? Les hurlements bestiaux de mes voisins me font douter de leur hypothétique humanité, et je ne parle même pas d’une éventuelle connexion de leurs neurones…
    Et pour le rappeur en manque d’inspiration, voici une autre rime : scène de liesse, mes fesses ! Tu reviens avec les tympans en deuil (et la gorge vu que tu devais gueuler sur tes potes pour te faire entendre), dignité et dans ton cas, sac en moins, il y a tellement de monde qu’on ne s’entend plus réfléchir, ça bouscule, ça colle, ça schlingue la transpiration, tu frôles la crise cardiaque à chaque cri. Effectivement, quand je vois ça, j’estime avoir une bonne raison de ne pas aimer le foot, et ne pas aimer les Français, peuple pourtant supportable quand son ouverture d’esprit daigne dépasser la circonférence de ce rodudju de ballon rond. J’aime mon pays quand il se préoccupe d’autres chose que 22 abrutis largement trop payés qui courent après une baballe.

  2. Si tu veux vraiment mesurer à quel point un ballon peut rendre con, alors pas de doute, une seule destination sur ton road book c’est Marseille. Les drapeaux qui se mettent à fleurir partout, aux balcons des résidences chicos comme la mienne où si ta nana laisse sécher un string tu te fais rappeler au règlement de copro, chez le boucher (élégant le bleu blanc rouge qui pend au dessus de la barbak), sur le toit des bagnoles et j’en passe. Concert de klaxon à chaque but, même la sirène du ferry dans le port (il y a du avoir un add-on et la Corse ferait à nouveau partie du territoire, merde alors), les branleurs vaguement bobo-funky du dessus qui hurlent comme à leur premier orgasme (remarque pratique vu l’ambiance sonore on peut se lâcher comme des bêtes et sans avoir regardé un seul match toute la montée est persuadée qu’on se pâme devant l’autre là dont j’ai oublié le nom). A propos, c’est marrant quand même d’un seul coup c’est plus un ramassis d’étrangers pas très nets qui ne savent pas chanter l’hymne national mais sont devenus des purs produits du terroir. La palme aquatique revenant quand même à ceux qui ont barboté dans l’eau radieuse du vieux-port, autant tremper son gobelet dans la fontaine sur la place municipale de Tchernobyl, ils en seront quitte pour quelques furoncles et une bonne tourista. Encore la faute à ces salauds de portos je vous le dis!

    • Hahaha j’adore ton commentaire mais fais gaffe, les Sudistes vont t’insulter (et moi avec). On ne critique pas Marseille enfin !

      C’est marrant ça fait je ne sais combien d’années que je veux aller à Marseille (pour voir le MUCEM et rien d’autre) mais à chaque fois mon mec me dit « Tu y vas toute seule, je suis désolé, j’ai pas envie d’aller là-bas ». Tu vois, j’ai encore moins envie d’y foutre un pied suite à ton commentaire. Et courage à toi surtout ! (y’a aussi des cons qui sautent dans la Seine, à croire que certains aiment les furoncles).

      • Oui je ne vais pas relancer la polémique sur faut-il vivre dans le Sud ou pas 🙂 Le problème c’est plutôt comment vivre loin de la foule et loin des cons (la preuve prêts à embarquer pour une croisière dans le fjords, même là au nord du nord, j’ai bien peur d’en avoir identifié quelques uns!). Pour le Mucem, franchement, fais abstraction du reste. Je suis un dingue de musées, de la Tate à l’île des musées à Berlin et franchement, rien que la visite du « bâtiment » lui-même est géniale. Un bonheur qui allie à la fois le coté mégastructures et la mise en perspective d’un site par un architecte hyperdoué qui a osé aller au bout de l’idée un peu dingue qu’il en avait. Bien sûr faut bien choisir le moment parce que parfois c’est un peu une coquille vide et c’est pas en changeant les directeurs à la vitesse d’un président du conseil sous la IVème que ça va s’arranger. Mais en ce moment une superbe rétrospective Picasso avec la relecture de ses racines dans le sud et l’Espagne, et un accrochage et une scénographie vraiment dignes des très grandes expos.

  3. Ceci est mon premier commentaire sur ton blog, ça se fête (ou pas) !

    Ce qui me fascine avec le foot, c’est tout ce qu’il parvient à occulter dans une joie béate et quasi unanime (heureusement qu’il y a des gens comme Joan Sfar pour s’en démarquer un minimum). On s’offusque des salaires de nos dirigeants, mais il ne vient à l’esprit de personne de critiquer ceux des joueurs de l’équipe de France. On a vite fait de piauler que tel ou tel événement coûte trop cher au contribuable, mais personne n’est choqué par les sommes folles mises en œuvre lors d’un Euro ou d’un Mondial. Les femmes y sont sous-représentées au possible : déjà, de telles sommes d’argent ne seraient jamais engagées pour soutenir une équipe féminine, et si on se sent pousser du nationalisme par touffes quand « notre » équipe gravit les échelons vers la finale, il semble n’interpeler personne que cette équipe n’est représentative que de la moitié du pays (mais après tout, on a l’habitude). Les déplacements des supporters en masse occasionnent une hausse sensible de la prostitution, et là aussi bizarrement y a plus personne pour s’en offusquer. Mais outre tout ça, ce qui me semble le plus dramatique, c’est à quel point des gens comme vous et moi, pas sportifs ni supporters pour un rond, se laissent avoir par l’enthousiasme ambiant : ça prétend s’en foutre et pourtant ça allume sa télé, ça regarde le match en feignant un intérêt limité, ça ne peut pas s’empêcher d’être content quand « son » équipe gagne, et à aucun moment ça ne se représente tout ce qui est sacrifié sur l’autel du sacro saint football et tout ce qu’il brasse. Le foot a ce terrible effet secondaire qu’il induit une ablation du jugement.

  4. Ah le foot ! Faut-il qu’un tournoi international vienne drainer ses cohortes d’enthousiastes populos tout les deux ans pour titiller la plume de ses contradicteurs plus ou moins bien inspirés ?! J’aime le foot au delà du raisonnable donc j’aime l’Euro et la coupe du monde. J’aime le foot depuis mon plus jeune âge et ai commencé à le pratiquer en club dès l’âge de 5 ans sous la coupe de mon papa. Mes deux grands frères jouaient au foot et mon père était dirigeant dans les clubs où j’ai joué. Il s’occupait des maillots, des licences, des feuilles de matchs, bref de l’intendance quoi. De fait j’ai passé mon enfance et toute mon adolescence avec un ballon. J’avais deux entrainements par semaines et un match le samedi. Entretemps je jouais au foot seul chez moi dans la coure et le dimanche j’allais au match de l’équipe senior avec mon père où je retrouvais invariablement Laurent, le fils de l’entraineur avec qui je passais l’après midi à jouer au foot et cela partout dans la région, sous la pluie, la grêle, dans la neige ou même sous un soleil de plomb. Les conditions importaient peu. On y allait c’est tout. Je jouais aussi au foot à l’école avec les autres élèves sur le terrain de hand. C’était facile de me faire plaisir pour mon anniversaire ou pour Noël à l’époque. Un nouveau ballon de foot suffisait mon bonheur. Je trouvais ça tellement beau et parfait un ballon tout neuf que j’ai même dormi avec. La forme, la taille, l’odeur, le gonflage, tout était parfait au point que les premières marques sur son cuir semblaient autant de blessures qu’on lui infligeait. Cette passion immodérée m’a conduit à jouer une saison en championnat de France Cadet et à être sélectionné 3 fois dans l’équipe de France ado moins de 15 ans. Ironie du sort le stade où nous nous entrainions s’appelaient le stade « Saint-exupéry ». Donc pour un passionné comme moi le foot c’est avant tout le jeu en lui même. C’est la connaissance de son corps de la tête aux pieds en évitant le plus naturel, les mains. C’est le contact avec cette sphère à la fois dure et souple que, paradoxe Anglais, on « manipule » avec les pieds. Tout détracteur du foot devrait essayer de faire rouler un ballon sous son pied, de faire de simples passes ou carrément des frappes en utilisant toutes les surfaces du pied. Intérieur, extérieur, coup de pied, pointu et bien sûr la perfide talonnade ! Tu ne connais pas la jubilation d’un lob, du bruit du ballon glissant sur le filet, d’une frappe limpide comme un trait de flèche allant droit dans la lucarne. Essayes toi même. Demandes à un de tes amis ou un de tes frères ou cousins qui pratique un peu de t’accompagner (ne me dis pas que tu n’en connais aucun). Non seulement ça ne te saliras pas mais tu en ressortiras grandie car tu auras la pratique et il se peut même que tu aimes ça. Ce qui en plus t’aiderais à conjurer ton ochlophobie. Ne t’es-tu jamais demandée pourquoi tant de personnes réagissent au même stimulus. Pourquoi le football unit-il tout les peuples ? Pourquoi ces joies extatiques pour un but stupide marqué au terme d’un action collective ? Ton verdict de masse fait de ces supporters des moutons là où au contraire tu ne verrais rien de plus humain dans ces masses pour peu que tu ne cherchasses pas si désespérément à t’en distinguer. Es-tu si peu sûre de ton niveau culturel que tu ne peux envisager qu’on puisse à la fois aimer le football et la littérature ? De même que tout les deux ans ces effusions de patriotisme aviné me met mal à l’aise, tout les deux ans également ces opportunistes littéraires (ou se présentants comme tel) siègent dans la tribune d’en face et profitent de cette immanquable occasion pour coucher sur le papier de leur plume érodée le sempiternel jeu de mot « l’Euro j’en ai rien à foot » suivi deux ans plus tard avec une régularité d’orfèvre par « La coupe du monde j’en ai rien à foot ». Admires la créativité ! Plus beauf que ça tu meures ! En revanche, pour séparés que l’univers du foot et celui de la littérature puissent te sembler être, ils n’en partagent pourtant pas moins une caractéristique. Chacun son terrain et les vaches sont bien gardées. Moi je suis joueur donc je ne suis jamais en tribune. Je laisse ça à ceux dont la passion est de gueuler et tu es dans le même cas. Tu aimes la littérature mais hormis sur ce blog tu ne seras guerre plus qu’une commentatrice. Assumes ton rang. D’ailleurs il convient également de rappeler une autre similitude entre littérature et football. Il faut se démarquer des autres pour être vu.

    • Pardonne-moi mais je me fous de ta passion pour le foot, je ne vois même pas l’intérêt d’en parler en commentaire. Tu as dû mal lire ce billet : je m’en fous du foot, mais alors totalement ! Donc non je ne vais pas aller courir sur je ne sais quel terrain pour essayer de faire un passement de jambe ou je ne sais quoi, j’ai d’autres passions dans la vie, merci. Il y a sans doute des personnes qui aime à la fois les livres et le foot, ce n’est juste pas mon cas donc je n’en parle pas (parce qu’en fait il s’agit de mon blog donc je parle de moi).

      Quant à ton « Assume ton rang », j’avoue ne pas avoir compris mais j’y sens comme un certain mépris.

      Je me rends compte que tu as pris mon billet pour toi, j’en suis désolée. On a le droit de se foutre de ce sport et même de trouver insupportable les suppporters et de détester la foule et les cris aussi. Et de souhaiter que la France perde (oups).

      • La finale vient de s’achever sur une victoire du Portugal ce qui doit te ravir car je suis sûr que tu l’as regardée. Moi évidement ça me fout les boules mais je suis de ceux qui tiennent compte du chemin parcouru pour atteindre un but plus que du but en lui même et de ce point de vue là je suis pleinement satisfait même s’il manque la cerise sur le gâteau. Je n’ai pas pris ton billet personnellement autrement, en tant qu’amateur de foot, je me sentirais agressé toutes les 2 minutes. J’ai seulement voulu profiter de ton billet pour mettre en exergue d’un côté cette manière récurrente qu’ont les détracteurs du foot de se sentir agressés par une compétition mais l’art qu’ils ont d’un l’autre côté de profiter de cette évènement sportif pour se prévaloir de valeurs autrement plus intellectuelles. C’est toujours le même clivage ! Quant à ma recommandation de t’en tenir à ton rôle de commentatrice il est motivé par le fait qu’en traitant les supporters (les vivants) de moutons tu prononces un verdict à l’encontre de millions de personnes. C’est le jugement d’une population de millions de personnes qui me choque ! Le ramadan vient juste de s’achever. Prononcerais tu le même jugement à l’encontre des musulmans quand ils s’en vont par millions en pèlerinage à la Mecque ? Penses tu qu’on est un sous-homme quand on fait parti des millions de personnes qui ont vu « Titanic » ou « star wars » au moins une fois au cinéma ? De plus tu ne devrais pas dire que le foot te laisse indifférente alors que manifestement il t’irrite au plus haut point ! Tu connais même l’expression « passement de jambes » ! Comme disais Pierre Desproges, tu te trompes de colère encoreuneonnasseparisienne ! Les moutons s’assument tel qu’ils sont et eux au moins sont acteurs sur le terrain ! Toi tu es spectatrice….en tribune !

      • C’est incroyable : as-tu réellement lu mon billet ? J’ai écrit que ma famille est fan de foot donc oui je connais les termes techniques. Qui ne connait pas « passement de jambes »? Non, je n’ai pas regardé le match, quelle horreur haha

        Tu ne sembles pas comprendre que c’est mon blog et que je peux dire ce que je veux sur absolument tout puisque je ne me censure pas.J’ai déjà dit que je détestais toute religion par exemple, je ne vois pas où est le problème.

        Je ne suis pas en colère, je ne sais pas de quoi tu parles. Je ne suis spectatrice de rien si ce n’est de ta déception que l’équipe de France ne soit pas championne 🙂 (effectivement je suis ravie, il n’y a aucun bruit dans mon immeuble, je vais même pouvoir dormir comme un bébé). Oh et désormais je ne publie plus tes commentaires parce qu’on ne se comprend pas. Bonne nuit quand même 🙂

  5. Ben, moi non plus, je n’aime pas le foot (mon mari non plus). Je ne savais même pas que c’était l’euro 2016 et que la France ètait en 1/2 finale. Je me souviens d’un certain 9 juillet 2006. On s’est rendu compte 3 mois avant que c’était le jour de la finale. Trop tard pour déplacer le mariage (oui, oui). On se disait : la France perdra, perdra, perdra… Puis non. Quelques amis ses sont désistés pour suivre le foot chez eux. D’autres ont eu peur de ne pas pouvoir rentrer chez eux si la France gagnait. On a installé des télévisions pour les invités et le match passait en arrière plan dans la soirée. De temps en temps, je voyais en dansant, un bout de mur vert. Mais oui, le foot, mais la fête continue. Puis les tirs au but. Tous attablés scotchés à l’écran. Moment de silence. Consternation?. On reprend la fête et la soirée se termine comme une autre soirée de mariage. Soulagée que la France ait perdue? Je ne sais pas vraiment. Semble-t-il que l’équipe française ait vraiment bien joué cette année. Bonne chance pour la finale.

  6. Bah….il est de bon ton de ne pas aimer le foot et de railler les cris d’animaux et la bêtise crasse des supporters. On raisonne avec des images d’Épinal. Le footeux est inculte, mal dégrossi. Il fonctionne un peu comme un repoussoir. Il est tout cela et moi j’aime les livres. Marseille la sauvage amatrice de foot couverte de drapeau ….alors que là , j’ai beau regarder la moitié de ville avec la mer qui s’offre à ma vue, des drapeaux, j’en vois pas beaucoup. D’ailleurs mes étudiantes Erasmus de Hambourg en sont très surprises … »personne n’a de drapeau ou de t-shirt avec le drapeau » me font elles remarquer. Paraît que la fan zone n’a pas tant de succès que ça.
    Ce qui m’épate c’est que les gens sont plus à même de réagir pour ou contre le foot , l’Euro, la starisation des buteurs et autres gardiens de but, que contre une loi travail et toutes ces conséquences économiques et sociales.
    Finalement, cela participe du panem et circensis des Romains. Pendant que l’on devise à l’envie sur le foot (pour dire que l’on aime ou que l’on déteste) et que les médias nous amusent avec l’Euro, on en oublie les vrais problèmes ; une démocratie aux abois, les libertés attaquées, la régression sociale généralisée (présentée comme une modernisation indispensable), les inégalités qui s’accroissent, l’OTAN qui joue les gros bras contre la Russie…..la liste n’en fini plus.
    l’Euro de foot, c’est un pari gagné pour les gouvernants !
    Même le Süddeutsche Zeitung souhaite la victoire de la France ….parce que ça va tellement mal chez nous !

    Un connard marseillais, amateur de basket, de littérature, dessinateur du dimanche, diplômé du supérieur et qui va regarder le match de ce soir ….et on va bien se marrer avec les copains et les copines !!!

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