Nullipare

Je ne vais pas cacher qu’écrire ce qui suit va être difficile, je n’aime pas raconter ma vie, encore moins quand il s’agit d’un épisode si intime. Mais j’en ressens le besoin parce qu’au-delà de ma petite histoire, il y a d’autres femmes qui souffrent.

Depuis toute petite j’ai toujours dit que je ne voulais pas d’enfants. Je voulais voyager, écrire des livres et créer une maison d’édition. C’était ça mon truc. Je voyais les enfants comme une entrave à la liberté, comme une responsabilité à vie, une maison pleine de bruit. Les enfants, on ne peut pas les renvoyer dans les couilles de leur père, quand ils sont là, on doit les garder (même si ce sont des petits cons qui deviendront d’énormes connards).

Quand j’ai rencontré celui qui partage ma vie il n’avait pas l’air super motivé par les enfants non plus. Mais lorsque je suis allée voir la gynécologue pour un contrôle de routine, elle m’a annoncé avec un air grave que si je voulais des enfants il valait mieux s’y mettre maintenant parce qu’à 35 ans j’étais déjà vieille (toujours agréable à entendre). En gros elle m’explique que dans deux ans ce sera déjà trop tard.

On ne veut pas vraiment d’enfant mais on s’aime depuis cinq ans et nos familles se réjouissent de la perspective d’avoir un nouveau-né à cajoler, je décide donc d’arrêter la pilule. Nous continuons à nous protéger pendant un an, je suis censée faire les tests de rubéole et de toxoplasmose et prendre de l’acide folique mais les ordonnances trainent dans un tiroir. J’essaie d’arrêter de fumer mais je reprends sans aucun complexe.

Lorsqu’enfin nous n’avons plus aucune contraception, nos rapports deviennent moins fréquents, je ne calcule pas ma période d’ovulation mais je sens que cette semaine-là comme par hasard on ne se touche pas. Chaque mois j’ai peur d’être enceinte, je fais des crises de larmes en voyant des enfants en bas-âge quand je suis indisposée, je me transforme en connasse ultime, une boule de nerfs qui chiale à tout bout de champ. Je ne veux voir personne, plus rien ne me motive, je prends l’habitude de « faire semblant » mais au fond je suis en colère. Le « sujet bébé » n’est pas évoqué, nous qui parlons de tout normalement, Monsieur fuit la discussion, quant à moi je n’ose pas le dire mais je veux redevenir moi-même et reprendre la pilule. Je ne veux pas d’enfants. Pas maintenant.

J’aime les enfants chez les autres. Un peu comme les vêtements de couleur jaune. Sur les autres c’est parfait mais surtout pas sur moi. J’ai été baby-sitter, j’aime les enfants et ils me le rendent bien, j’adore jouer avec eux, préparer des gâteaux et lire des histoires avant de se coucher. Mais je ne vois pas mon quotidien avec un enfant. Je ne trouve pas que les bébés soient particulièrement mignons, je pense même que certains sont carrément moches. J’aime le silence, je déteste être interrompue quand je lis ou quand j’écris. Je ne veux pas prendre vingt kilos non plus. Surtout, je ne me visualise pas en « maman », ni avec le ventre rond. J’ai des amies qui « essaient » et qui parle de leur futur bébé avec amour, je me sens en décalage. J’ai peur de créer un enfant qui n’aura pas été désiré. Plus que tout je redoute de mettre au monde un enfant malheureux de plus…

Un soir je décide de vider mon sac auprès de celui qui partage ma vie. Je dis tout. Notre relation qui est moins belle qu’avant malgré l’amour, le stress permanent, mes crises d’angoisse, le fait que cette histoire de bébé est en train de nous éloigner, est-ce-qu’il en est conscient ? Mon souhait de reprendre la pilule au plus vite, de redevenir moi-même, joyeuse et insouciante comme avant. Il est soulagé mais n’ose pas le dire, il m’écoute mais prend du temps à dire ce qu’il a sur le cœur. Nous finissons par avoir une conversation de plus de quatre heures où nous tombons d’accord sur tout : depuis que nous avons adopté des chatons à qui nous avons donné le biberon et que nous voyons grandir chaque jour, nous sommes comblés. Parce que si les chatons ne sont pas des bébés, ce qui fait qu’on se sent parent c’est le fait de s’occuper d’un être vivant au quotidien. Nous sommes « la famille chats ». Si nous pouvions attendre quelques années que ce désir d’enfant se manifeste, ce serait bien mais nous le savons : nous ne l’avons pas. J’ai 37 ans, l’âge où la fécondité baisse considérablement. Si nous souhaitons avoir un enfant dans quelques années il faudra avoir recours à la PMA, or nous ne sommes pas pour « forcer le destin ».

Depuis tout a changé. Nous faisons à nouveau des projets, nous communiquons à bâtons-rompus comme avant, nous sommes soulagés et encore sous le choc : il y a peu de chance que nous ayons un jour un enfant. Peut-être que nous le regretterons. Nous ne pensons pas que ce sera le cas parce que nous sommes en accord avec notre décision, elle est murement réfléchie. La vie est belle, à nouveau. Encore plus belle.

Je sais que dans quinze ans on me plaindra de ne pas avoir eu d’enfant. Régulièrement quand je dis que je n’ai pas d’enfant (parce qu’on me le demande), j’entends « Vous êtes jeune, ça viendra ! ». Dans notre société les femmes sont soumises à la pression de la maternité en permanence. Il faut que nos ventres se remplissent, il faut « donner la vie », il faut « fonder une famille ». C’est ça, être une femme. Il semble qu’il n’y ait pas d’autre modèle de femme possible. Les autres ont le cœur sec ou ne sont bonnes à rien puisqu’elles ne sont pas fertiles, les pauvres. C’est cette pression sociale qui plonge les femmes infertiles dans la dépression. On leur refuse d’être « comme tout le monde ». Il va falloir supporter l’opprobre en silence parce que la femme infertile, on ne lui demande jamais comme elle va. Trop peur de la réponse. Si la maternité n’était pas glorifiée, les femmes se sentiraient mieux dans leur corps, on arrêterait de les traiter de « salopes » quand elles avortent. On accepterait qu’il y ait des femmes différentes, pas un modèle idéal entre la maman et la putain.

Je ne demande jamais à une femme si elle a des enfants. En général quand c’est le cas on le sait rapidement, c’est le sujet de conversation numéro un entre femmes. On a le droit de ne pas vouloir fonder une famille. La famille ne se résume pas à avoir un enfant. A deux avec nos trois chats nous sommes une famille, certes moins académique, mais nous nous sentons comme tel. Je me demande combien de couples font un enfant sans véritablement l’avoir désiré ? Combien d’enfants naissent chaque année uniquement parce que leurs parents font ce qui est attendu d’eux ? On se rencontre, on se marie, on fait un enfant. C’est ce qu’il faut faire parce que la majorité le fait. Quand on regarde les chiffres on voit bien que ce modèle ne marche pas si bien que ça, combien de divorces en France, combien de familles éclatées ?

En tant que femmes nous avons le droit de rêver d’avoir un enfant. Ou plusieurs. Nous avons aussi le droit de ne pas en vouloir sans devoir s’en justifier. Le meilleur moyen d’avoir une vie épanouie c’est de la vivre en accord avec soi, je ne dis pas que c’est facile mais a-t-on vraiment un autre choix ?

Même quand on fait ce qui est attendu de nous en tant que femme, on continue encore de nous critiquer. Un enfant ? « A quand le deuxième ? » ou « Tu ne vas pas en faire un enfant unique, ils sont égoïstes, ils ne partagent pas ! ». Quand on en a plus de trois, c’est l’inverse qui se produit « Ma pauvre, je ne sais pas comment tu fais ». Quoi que nous fassions, ce n’est jamais assez bien. Nous sommes toujours jugées par rapport à cette sacro-sainte maternité.

 

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29 réflexions sur “Nullipare

  1. C’est un très beau témoignage que tu partages ici, pour ma part, je n’ai pas tellement d’avis sur la question de manière générale. La seule chose valable que l’on puisse vraiment dire, je pense, est que l’important est que tu sois heureuse et te sente être toi-même, vraiment, et même du coup, que VOUS oye heureux ensemble. Tu souris, et est bien moins angoissée, c’est le principal. So, well done 😉

  2. Bravo. C’est très juste et assez touchant la manière dont tu fait état de ta conviction et à la fois de tes doutes. Tu as raison c’est courageux d’assumer de ne pas rentrer dans le schéma traditionnel: mari/femme, pavillon, enfant, monospace et chien. Il est rare les parents qui reconnaissent (dans nos sociétés occidentales hyper consuméristes) que faire des enfants est un acte avant tout très égoïste.
    Comme le dit Romain au dessus, le plus important c’est d’assumer ces choix et d’être heureux. Tu n’as de compte à rendre à personne.

    • Tout est question d’envie je crois. Quand elle n’est pas là, on ne peut rien y faire (on ne veut pas se marier non plus, incurables haha !).

      Après qui peut dire si dans cinq ans je ne regretterais pas ? Rien. Je vis ma vie maintenant, pas dans cinq ans 🙂

      Faire un enfant est un acte égoïste je suis tout à fait d’accord. Et puis il y a quand même moins d’insouciance maintenant qu’il y a 30 ou 40 ans, ça joue aussi.

      Merci pour ton commentaire qui fait bien plaisir 🙂

  3. Non, tu n’es pas la seule à angoisser à l’idée d’avoir des enfants. Rien que la grossesse puis l’accouchement c’est déjà super flippant à y penser. Y en a qui se sentent super en forme enceinte, continuent à faire du vélo… Ben, elles ont bien de la chance. Je t’avoue que je suis allée en PMA avec une envie mitigée de bébé : est ce qu’il sera incontrôlable comme ceux qu’on voit crier dans la rue ou le bus? Comment je vais faire avec une maison tout en bordel avant d’avoir un marmot en plus dedans? Ben, finalement, je suis quand même bien contente de les avoir tous les deux (3,5 ans et 11,5 mois). Ce ne sont pas les plus sages ni les plus agités non plus. Faut de l’aide c’est sûr mais, je ne suis finalement pas plus fatiguée qu’avant, l’appart est tout en bordel comme avant, la petite farfouille dans tous les cartons, ce n’est pas pire qu’avant ???! Le grand compte dans son passeport : new york, singapour, malaisie, canada, (la corse n’est pas dans le passeport…), chicago, israël, île maurice, et la petite, seulement les 3 dernières destinations.
    La maternité, c’est comme changer de job, on sait ce que l’on quitte, on ne sait pas où l’on va atterir. Au moins, t’as déjà eu l’expérience des tes chatons et de tes baby sitting, c’est bien dans un CV pour le poste de future maman 🙂
    Si tu n’as vraiment pas envie d’enfant, ne te force pas mais si tu as le moindre doute….

    • J’ai été élevée comme tu sembles élever tes enfants : beaucoup de voyages, un joyeux bordel mais joyeux avant tout ! (nous sommes trois enfants).

      C’est humain d’avoir un doute mais quand on n’a pas envie, il ne faut pas se forcer. D’autant que comme je l’ai écrit, moi la PMA c’est même pas en rêve. Il y a des femmes qui très jeunes savent qu’elles veulent des enfants, ce que je peux comprendre, je ne partage juste pas cette envie. J’aime ma vie telle qu’elle est et je n’ai pas du tout envie d’en changer. Et puis je crois que je préfère vraiment les chats et les enfants des autres hihi

      Merci pour ton commentaire !

  4. Il est super ton article, cela a pas du être évident à partager, mais je le trouve très touchant.
    Pour ma part, pendant des années, je ne me posais pas de questions sur le fait d’avoir des enfants : pour moi c’était une évidence que j’en voulais. Et puis un jour, j’en ai discuté avec une très bonne amie qui m’a expliqué qu’elle voulait pas d’enfants et me parlait de ses raisons. Au début, je comprenais pas, je me demandais comment ça se faisait qu’elle voulait pas de marmots. Je trouvais ça bizarre. Mais cela m’a donné énormément à réfléchir. Et puis mes pensées féministes ont repris le dessus et ma réflexion sur le sujet a évolué, je me suis dit que dans le fond, j’étais dans une pensée conditionnée et qu’en tant que femme, elle pouvait faire ce choix et elle était pas obligée de rentrer dans le schéma classique du « couple, enfants etc. » pour être heureuse. Du coup, ça m’a fait repenser aux histoires d’instinct maternel, de pression foutue sur les femmes et aussi sur moi et mon désir d’enfants. Pourquoi je veux des enfants ? Cela a été très constructif. Du coup, maintenant je conscientise davantage mon envie d’avoir des enfants et je ne prends plus ça comme une évidence, mais comme un réel choix. Et lorsque dans une discussion extérieure, des gens parlent du fait qu’ils ne comprennent pas les femmes qui ne veulent pas d’enfants. J’arrive à poser ma pierre à l’édifice en disant qu’avant tout c’est un choix personnel et que chacun-e fait selon ce qui lui fait du bien.
    Merci à toi d’avoir partagé cet article, parce que cela offre un point de vue différent et intéressant sur le fait de ne pas avoir d’enfants.
    Et cela fait du bien de lire que le bien être de nos vies tient à soi et pas à ce que la raison ou à ce que les autres (parfois bienveillants dans leur démarche) veulent pour nous. Le choix, notre propre choix est hyper important pour guider nos pas sur notre route personnelle et c’est ce que je retiens de ton article. Et quand tu parles de vos chats et que tu dis : Parce que si les chatons ne sont pas des bébés, ce qui fait qu’on se sent parent c’est le fait de s’occuper d’un être vivant au quotidien. En tant que propriétaire d’un petit Mao qui est mon ti chat que j’aime d’amour (parce que c’est Subjectivement le chat le plus mignon et gentil de la terre), j’ai souvent ça en tête que m’occuper de ce petit chat, ça me fait du bien (et il est content aussi)et d’avoir une si jolie présence dans ma vie, c’est une chance.
    🙂

    • Merci beaucoup pour ton commentaire qui est vraiment intéressant. Tu sais qu’une fois on m’a quand même conseillé d’aller voir un psychiatre parce que j’expliquais que je ne voulais pas d’enfants ?

      Je suis d’accord avec toi, si tu souhaites avoir des enfants c’est un choix avant tout, tu en as conscience c’est vraiment bien, bravo.

      Je ne sais plus où j’ai lu un billet qui disait qu’avoir un chat c’était se préparer à la maternité en quelque sorte parce qu’on a une responsabilité, on doit le faire garder quand on part en vacances, quand il pleure/geint en pleine nuit on accourt etc etc C’est vrai ! 😉

  5. Forcément dès qu’on dit qu’on ne veut pas d’enfants ce genre de pression est inévitable, malheureusement. Mais je ne pensais pas que ça serait aussi fort et que ça vous boufferait à ce point, toi et ton cher et tendre. L’espace d’un instant, en parcourant ton texte et en te voyant arrêter la pilule j’ai même pris peur en me disant : « merde, elle a cédé, elle est enceinte et elle commence à regretter ». Je ne te cache pas que j’ai été soulagé à la fin. Si ça peut te consoler un peu, même les mecs ont un peu ce genre de pression. Moins forte que pour les femmes, ça je te l’accorde mais elle existe (notamment quand tu es le seul garçon de la famille, tu comprends faut préserver le nom de la lignée, pfff). Et de toute façon si jamais vous vouliez des enfants plus tard avec ton mec, il vous restera l’adoption, n’oublie pas. C’est peut-être chaud comme démarche, mais avec cet argument vous pourrez au moins clouer le bec de ceux qui vous « plaindront de ne pas avoir d’enfants ». ^^

    • Je pense que si j’étais tombée enceinte, je me serais vite fait à l’idée, parce que pas le choix, et si ça se trouve (comment savoir ?) j’aurais été comblée !

      Mon mec est le dernier de sa famille et tu vois personne ne lui met la pression du tout, préserver la lignée et toutes ces conneries, il n’a pas du tout élevé là-dedans. A la base je pense qu’on a des familles peu conventionnelles qui se foutent qu’on ait des enfants ou pas, c’est une chance.

      J’ai toujours dit que je préférais adopter un enfant que d’en faire, ça correspond plus à mes valeurs et mes idées. De là à franchir le pas, je ne sais pas, encore une fois si l’on a pas de désir d’enfant, ce serait stupide d’adopter maintenant.

      Quant à clouer le bec des autres, je m’en fous pas mal. Nous au moins on ne dira pas qu’on reste ensemble pour les enfants puisqu’on en n’aura pas !

  6. Tu fais bien d’écrire sur ce sujet parce que tu n’es pas la seule à subir cette pression sociale. Pression moins pugnace pour les filles de ta génération que la mienne. J’avais peur de perdre la raison si j’étais enceinte. Et si je changeais d’avis pendant les 9 mois, je faisais comment? C’était ça qui me taraudait. Je me suis dit que j’étais faite pour adopter d’autant que j’ai fait un petit tour à la DASS lorsque j’étais petite. Mais bon…Je ne voulais pas d’un enfant qui ne me ressemble pas. J’ai essayé une fois d’être enceinte parce que quelqu’un voulait une fille. Je me suis tombée comme une mouche en sortant du lit. Tout était dit. Je n’ai connu que deux enfants. Deux surdoués. Sinon les autres ne m’intéressent pas. Dans ma tête j’ai des enfants imaginaires. Lorsque je pense à eux, je lâche prise sur tout. Certains sont doués pour avoir des enfants et pour les élever. Ils sont doués pour créer une famille, une vraie. Un peu comme dans Fais pas ci, fais pas ça. Mais c’est très rare. En fait, si certaines femmes ne veulent pas d’enfant, c’est qu’elles ne sont pas dupes sur le programme. je connais quatre filles avec qui je m’entends bien et qui n’ont pas d’enfant. Il n’y a pas de place dans leur vie pour un enfant, parce qu’il y a les expo, l’écriture, l’engagement politique… Ces femmes sont de plus en plus nombreuses.
    Les autres, si elles avaient su, combien de femmes n’en auraient pas eu?
    Tiens au fait, à la piscine alors que j’expliquais à une dame comment nager avec un planche, très vite elle m’a demandé si j’avais des enfants. Quel rapport?
    Qui dit que tu ne pourras avoir d’enfant vers 40 ans? Ne te casse pas la tête avec des paroles de gynéco à la con. Je pourrais t’en raconter…

    • J’ai toujours pensé qu’adopter un enfant était une option plus en accord avec ce que je pense, à l’inverse de toi je me fous que l’enfant me ressemble. Mais je sais que l’adoption c’est un très long processus et surtout je ne me vois pas avec un enfant en ce moment, qu’il soit biologique ou pas…

      Certaines femmes peuvent avoir des enfants à 40 ans bien sûr, avec la PMA, sans ça reste très compliqué à moins d’être super fertile. On croit qu’il est possible et facilement d’avoir des engants passés 40 ans mais tout le monde n’est pas Monica Bellucci ou Carla Bruni (les meilleurs spécialistes coutent cher même si personne n’en parle).

      Je trouve que 40 ans c’est déjà tard pour avoir un enfant, et puis le corps ne s’en remet pas pareil non plus. IL faut admettre que le corps de la femme est fait pour avoir des enfants jeunes, même très jeunes. Aujourd’hui l’espérance de vie elevée ce qui est un progrès mais concrètement il est rare d’être prête à faire des enfants avant la trentaine bien sonnée, entre les études, trouver la bonne personne etc Nous sommes en décalage, c’est surtout ça le problème je pense.

      • Tu as 1000 fois raison. Dans un avenir peut être pas si lointain, on aura la cryoconservation des ovocytes ou de bouts d’ovaires qui permettront de garder les ovocytes de nos 20 ans pour le jour où les femmes trop occupées par leur carrière etc…. auront envie d’enfant vers 45ans.
        Pour l’instant la conservation d’ovocytes (comme la banque de spermatozoïdes) est tournée vers les personnes qui doivent subir des chimiothérapies et ont de grandes chances de rémission.
        Un jour, celles qui le pourront n’auront plus trop à se soucier de l’horloge biologique et même pourraient avoir recours à une mère porteuse pour éviter les risques liés de l’âge des artères. (Je sais qu’il y a des femmes qui adorent être enceintes et pourraient couver un bébé pour quelqu’un d’autre)…

      • Aux Etats-Unis on peut déjà conserver ses ovocytes et faire appel à une mère porteuse, nous sommes en retard ! Je suis tout à fait d’accord avec toi, il y a des femmes qui adorent être enceintes, alors pourquoi ne pas en profiter moyennant argent ? Je sais les féministes vont encore me tomber dessus…

      • ca faisait longtemps que je n’étais venue sur ton blog et je lis cet article, alors même que je suis au 36ème dessous concernant cette question de la maternité…..tu vois, je ne sais même pas comment m’exprimer tellement tout ce que tu dis résonne en moi, et combien je trouve juste tout ce que tu dis, je dis bien TOUT. à 41 ans et un « parcours » pma qui n’a abouti à rien (oui, trop tard sûrement, et pas  » prête » avant…d’ailleurs je pense que fort peu sont jamais vraiment prêtes, et puis ce décalage que tu évoques, bon sang c’est tellement ça! ), bref je me dis juste « mais quelle est notre place à nous, nullipares -par choix ou non- dans cette p**** de société? »…moi je ne trouve pas la mienne, l’impression de vivre un cauchemar, d’être un chien dans un jeu de quilles….devoir se justifier, expliquer, être confrontée sans cesse aux mêmes poncifs…marre. une planète de nullipares ça existe? je veux l’adresse!!

      • Tu n’es pas une exception, il y a de plus en plus de femmes qui n’ont pas et n’auront jamais d’enfants. Je te conseille vivement de refuser de te justifier, il n’y a rien à justifier ou expliquer, c’est de l’ordre de l’intime. Garde un week-end des enfants en bas-âge et tu seras ravie de rentrer au calme chez toi, tu peux me croire ! Il y a des tas d’autres choses à faire que d’avoir des enfants. Je te souhaite de trouver ta place et la paix intérieure 🙂

  7. C’est un très beau témoignage, qui me touche profondément parce que je m’y reconnais (et pas uniquement pour le coup des vêtements jaunes, si ça peut te faire sourire 😉 ! ) Tu as beaucoup de courage de livrer ça en tout cas par écrit en public, mais j’imagine aussi que ça a du te faire un bien fou de l’extérioriser.
    Tu sais, l’avis des autres n’a que la valeur qu’on lui donne : tu restes seule juge et actrice de ta vie, personne ne la vivra à ta place. Tu ne vas quand même pas faire des enfants uniquement pour faire plaisir aux autres !

    • Nous sommes bien d’accord chère Polina, je ne vais pas faire des enfants uniquement pour faire plaisir aux autres 🙂

      J’ai beaucoup hésité avant d’écrire sur ce sujet mais je ne le regrette pas (et puis ce n’est pas comme si on connaissait mon nom, je reste anonyme ^^)

      Merci pour ton commentaire, je savais bien que je n’étais pas la seule !

  8. Ton texte m’a émue Sweetie.

    Non seulement parce qu’ il me ressemble un peu (évidemment, pour l’instant… Ne sait-on jamais, un coup de folie? Hahaha, j’en doute), mais surtout parce que je veux te savoir heureuse et épanouie et que j’ai toujours intimement pensé que ce n’était pas « toi » ce projet de maternité. Que tu ne serais sans doute pas aussi ravie que l’on veut bien nous faire croire lorsque l’on porte, met au monde et élève un enfant. Tu es une belle femme talentueuse, inspirante, passionnée et passionnante, drôle, et indépendante.
    C. et toi vous aimez d’un amour qu’on ne voit que dans les séries et les films, vous êtes « parents » de trois chats qui vous comblent.
    Et ça, c’est l’essentiel.

    Je t’aime ❤

    • Les soirées gin-vodka ne sont effectivement pas compatibles avec la maternité haha Je ne te vois pas mère de famille non plus, nous sommes trop cool pour devenir relou je crois ^^

      Merci pour tous ces jolis compliments, quand est-ce-que tu viens à Paris bordel ??

      (Je t’aime encore plus)

  9. C’est incroyable de voir comme la femme de tout temps et à toute époque doit justifier ses choix…il y a quelques décennies en arrière les femmes privilégiant leurs carrières professionnelles étaient des mères indignes et le modèle de la maman au foyer ce qu’il y avait de plus acceptable.
    Aujourd’hui on pointe du doigt les mamans qui font le choix de rester auprès de leurs enfants.(En même temps quelle logique que cette société où l’on fait des enfants que l’on confie à une autre femme pour qu’elle s’en occupe…).
    C’est fatiguant d’avoir en permanence à justifier ses choix en tant que mère, épouse, célibataire, en tant que femme.

    – Quoi tu as autant d’enfants??
    – T’es vierge??Mais tu comptes entrer au couvent?
    – Ouaouhh, ah oui autant de mecs, ça fait beaucoup quand même…?
    – Mais pourquoi un enfant unique, tu ne trouves pas ça un peu égoïste?
    – Tu ne veux jamais d’enfant???
    – Tu comptes vraiment rester à la maison pour t’occuper de tes gosses??

    Sans parler des célibataires qui doivent justifier le pourquoi du comment, les femmes qui se consacrent à leur carrière et doivent expliquer pourquoi elles ne veulent pas avoir d’enfant…
    Aujourd’hui aucune de ces questions ne se pose pour les hommes.
    Un homme carriériste est juste un mec qui a de l’ambition.
    Un homme qui s’occupe de ses enfants est un père impliqué dans son rôle.
    Un homme célibataire est juste un mec qui profite de la vie.
    Je ne suis pas une pro-féministe car avant même d’être une femme, je me sens déjà humaine et pour moi le sexe ne définit rien de ce que nous sommes.
    Mais je n’ai plus envie en tant que femme de devoir justifier mes choix et expliquer pourquoi et quelles ont été mes motivations à prendre tel ou tel chemin.

    Je veux pouvoir me sentir libre d’être célibataire, d’aimer qui je souhaite, de me marier, de divorcer ou même de rester célibataire sans avoir à expliquer à la société le pourquoi du comment.
    Je veux être libre si c’est mon choix d’épouser quelque religion que ce soit, de couvrir mes cheveux, de me préserver ou de porter une jupe courte sans dans un sens ou dans l’autre être jugée, insultée ou méprisée, de devenir bouddhiste, de pratiquer plein d’activités, de ne pas fumer et de boire d’alcool sans qu’on me colle irrémédiablement une étiquette dans le dos.
    Je veux pouvoir ne plus être observée à la loupe tel un insecte étrange dès lors que mes choix ne se conforment pas aux attentes que m’impose mon statut de femme.
    Je veux pouvoir me libérer du modèle étriqué, conformiste et formaté que la société au fur et à mesure de son évolution souhaite m’imposer.
    Alors oui, je travaille aujourd’hui en CDD parce que je ne veux pas de CDI, Je suis célibataire sans enfants, j’aime voyager seule avec mon Lapinou.
    Je m’arrêterai peut – être un jour de travailler ou pas.
    Je serai peut – être un jour mariée, divorcée, veuve, bonne à interner…
    Pour le reste et même pour tout ça, ce sont mes choix et très clairement votre avis sur la question ne m’intéresse pas…je m’en fou complètement !!!!!!!
    Winnie l’ourson
    Citoyenne du monde, propriétaire d’un vagin (c’est comme un pénis sauf que c’est moins chiant à ranger dans la culotte…).

    • Un peu de calme Winnie L’ourson haha Le chemin est encore long, je le crains. Nous pouvons au moins être solidaires entre femmes, ce serait déjà une belle avancée je crois. Comme toi j’ai refusé le CDI pendant de nombreuses années, et j’étais en intérim, célibataire aussi, voyageuse depuis toujours. J’ai passé des années formidables et j’aime aussi le chemin que j’ai pris depuis, heureuse en couple mais certainement pas mariée (faut quand même pas déconner).

      Vive les vagins (et les pénis aussi) !

  10. je suis très calme, j’ai précisé dans mon message que je ne n’étais pas féministe et je ne le serai jamais, je trouve ça chiant de devoir se justifier sur ses choix à longueur de journée….. .t’en a pas marre de te justifier auprès des gens sur tes choix de vie ? moi je ne me justifie jamais,
    si je ne veux pas faire un truc je ne le fais pas et je ne dis pas pourquoi. Si les gens ne sont pas content je m’en fou complètement. Je vis pour moi et pas pour les autres…… c’est un long travail de comprendre ça, …. ça m’a pris du temps.

    • C’était une blague 🙂 Je ne me justifie de rien, je me contrefous de ce que peuvent penser les gens, c’est bien pour ça que j’ai écrit ce texte, pas pour moi mais pour toutes celles qui la ferment à longueur d’années.

      Je ne pouvais pas arriver et dire « Je ne veux pas d’enfant » sans expliquer vaguement pourquoi (si j’avais dû expliquer VRAIMENT pourquoi ce texte aurait fait le double de signes).

      Il faut se foutre totalement de l’opinion d’autrui tant qu’on est heureux, c’est ce que je ne cesse de dire à mes amies complexées/déprimées etc

      • enfin ce que je retiens c’est que j’apprécie tout de même ta démarche,
        j’ai bien aimé l’écriture de ton texte, c’est franc et je pense sincère.
        je ferai partie de tes nouvelles lectrices 🙂 lol

  11. Merci pour ton témoignage est ton franc parlé. C’est marrant comme nous les femmes devons toujours nous justifier de ne pas avoir d’enfant. Déjà un, chacun a ses raisons et deuxio, y’a des moments dans la vie où le timing ne coïncide pas. Et cette put… d’horloge en fond sonore depuis notre première relation sérieuse avec un mec… Mes deux sœurs ont eu chacune 3 enfants, j’ai été tata à l’âge de 8ans… Je les adore mais c’est comme ça. Je ne peux pas regretter quelque chose que je n’ai pas vécu.
    Je te rassure, je suis également «maman» d’un chien et de trois chats et oui, c’est notre famille. Le plus rigolo quand t’as un chien, c’est la réaction des gens «ha, vous avez un chien parce que vous n’avez pas d’enfant…» J’en ai marre de dire que j’ai toujours vécu avec des chiens et que si j’avais eu un enfant, le chien aurait aussi eu sa place dans notre famille…mais je ne réponds même plus et je souris.
    Le destin a voulu que pendant quelques années ans, j’ai été hyper malade entre 29 et 35 ans, hosto tous les deux mois et médicaments qui m’interdisaient de tomber enceinte… sans évoquer le peu ou pas du tout de relations physique durant cette période. J’ai eu de la chance, mon chéri a tenu le choc, il n’a pas foutu le camp et s’est occupé de moi. Et après, c’était clair, je voulais rattraper ces années de galère et en profiter avec lui. Bilan, pas d’enfants mais pas de regrets non plus, car on a toujours été heureux tous les deux et souvent, la venue d’un enfant chamboule complètement la vie d’un couple (trop d’exemples autour de nous). Je suis contente pour toi que tu aies pris ton courage d’en parler avec ton gars car l’amour que l’on partage à deux est si précieux qu’il mérite toute l’attention et si tu es bien maintenant avec lui, crois-moi tu le seras encore longtemps. Mes beaux-parents (on est pas marié mais après 23 ans de vie commune, on fait semblantJ) ont parfois fait la réflexion qu’ils aimeraient mieux garder un petit-enfant qu’un chien… mais aujourd’hui, ils sont aussi heureux de nous voir toujours ensemble et savourent leur retraite comme bon leur semble.
    J’ai été heureuse de te lire et profite de la vie, de ton mec et de tes chats… et en Suisse, on dit en allemand, «bonne glissade dans la nouvelle année !»
    A une autre fois !
    Stéphie

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