Bonjour, c’est moi, je refume

Je n’ai pas refumé de cigarettes blondes tout de suite, l’opération a pris du temps. Au début je fumais une cigarette roulée avec un verre d’alcool de manière sporadique. Aucun rituel, juste du plaisir volé à mon abstinence. Ensuite j’ai fumé uniquement le week-end. Puis j’ai décidé de racheter des cigarettes industrielles parce que vraiment je ne sais pas rouler les cigarettes, enfin disons que je pourrais le faire mais j’aime quand ça va vite, je n’ai pas la patience requise pour faire une belle cigarette fumable. Quand mon mec est parti en vacances, je me suis retrouvée avec quatre chats à la maison, une non-envie furieuse d’aller bosser (qui s’est fait griller à travailler de la maison ? oups) et j’ai refumé de plus belle en buvant de la bière tous les soirs au lieu de dîner (on a la classe ou on ne l’a pas).

leffe_royale_cascade_ipa_pack_1glass_2

J’ai testé plusieurs marques de cigarettes (on s’amuse comme on peut), le but fut de ne surtout pas racheter des Camel parce que je suis complètement accro à cette marque, je ne sais pas exactement ce qu’ils foutent dedans, avant il y avait écrit « tabac turc et américain » sur les paquets, mes poumons en redemandent ! Telle une ado, j’ai donc fumé des cigarettes au menthol (wink wink) puis je me suis dit « Et si je fumais des cigarettes longues ? C’est si chic ». J’ai tenu assez longtemps à ne fumer qu’en sortant du travail puis un jour j’ai craqué, j’ai pris mon paquet de Chesterfield Red et je l’ai mis dans mon sac à main. J’ai refumé au bureau le midi, puis une cigarette détente l’après-midi aussi. Maintenant je refume le matin à jeun. Tout ce que je voulais éviter.

 
Aujourd’hui je n’ai pas envie de bosser non plus, il est 14h46 et j’écris pour le blog, laissant une montagne de papiers s’accumuler sur mon bureau (je tente : me faire virer avant la fin de l’année, souhaitez-moi bonne chance !) Tout à l’heure je décide de fumer sur mon balcon, l’opération finie collègue-qui-se-croit-bonne-depuis-qu’elle-a-perdu-20-kilos vient me voir et me dit « Mais…tu refumes ? » (Perspicace !). Puis elle m’annonce qu’elle est déçue (même ma mère n’oserait jamais dire qu’elle est déçue). Je ne réponds rien, je préfère souvent ne rien répondre, ainsi l’agresseur se retire (pas dans ce cas, dommage). Elle s’approche de mon bureau tel un vautour et me dit « Tu as des problèmes en ce moment ?, ça ne va pas ?, pourquoi tu reprends maintenant ? ». Alors déjà ça fait deux mois, c’est pas récent-récent et d’autre part je sens bien que ça te réjouirait de savoir que j’ai des problèmes mais mon seul problème c’est toi. Ma vie est fabuleuse, je suis fabuleuse et tu ne seras jamais autre chose que la collègue qui se croit bonne depuis qu’elle a perdu 20 kilos. Ce n’est pas parce qu’on ose mettre une robe moulante léopard qu’on est une femme fatale. Non, Madame. Quand on a une démarche de camionneur, on ne peut pas –logiquement- ressembler à une femme fatale. Quand on va au sport mais qu’on persiste à avoir la fesse molle, je dis que c’est triste. Quand on demande à chaque personne de la boîte « Ça va cette robe, je suis jolie dedans ? », le malaise est garanti. Le jour où j’ai dit « Je ne trouve pas que ce soit spécialement flatteur sur toi non » tel un meilleur ami pédé, Madame l’a mal pris. Alors que tous les jours elle fait une remarque sur mes tenues, tous les jours, et je n’exagère pas. « Tu as mis du rose, c’est marrant, moi j’aime pas « (care), « En fait le bleu c’est joli sur une brune, je devrais y penser pour moi » (care), « J’ai les mêmes chaussures que toi, en fait on a les mêmes goûts » (jamais, non), « Je rentre dans du 36 depuis ce matin tu te rends compte, tu fais quelle taille, toi ? »(hahaha), « Ce kimono je ne suis pas sûre d’aimer sur toi » (sur toi ce serait pire encore). La stagiaire me dit qu’en fait collègue-qui-se-croit-etc est fan de moi, elle m’aime vraiment bien et aimerait être mon amie. Hahahahahahaha. La pauvre n’arrive pas au petit orteil de chacune de mes amies. Même s’il ne restait qu’elle et moi sur cette foutue Terre, je préfèrerais me suicider avec des lianes  plutôt que de devoir écouter son charabia de femme-qui-n’a-pas-confiance-en-elle. S’il ne restait qu’elle et moi je la regarderais se faire bouffer par les animaux sauvages (moi ils ne me mangeraient pas parce qu’ils savent que je suis vegan, si, si). Oui je suis une connasse, oui elle est seule dans la vie bla bla c’est pas sa faute la confiance bla bla et si je faisais preuve de plus d’empathie bla bla. NON.

 
(Bref, je refume)
(Billet sponsorisé par la très mauvaise humeur du lundi)

pirate-ectoplasme

Publicités

11 réflexions sur “Bonjour, c’est moi, je refume

  1. 15 ans que j’ai arrêté et arrêté d’arrêter aussi et pourtant quand je vois Bogart en griller une dans Casablanca, genre avec le petit nuage qui s’envole nonchalant je tuerais le buraliste d’en face pour qu’il m’ouvre sa tôle! 🙂 Et profites en pour te lâcher : deux mauvaises actions pour le prix d’une c’est le luxe du politiquement incorrect par les temps qui courent!

  2. J’ai envie de pleurer!!! Si j’étais fumeuse, je me vois dans le même état. Que penserais-tu de scéances d’acupuncture? J’en ai eu pendant ma grossesse et ça m’a bien détendue, mais moins j’étais stressée, plus j’avais de contractions, alors, j’ai arrêté o_O

  3. Je suis déçu…
    (p.s : ce qui me fait tenir c’est le prix des clopes. Merde, si j’avais foutu tout le fric que j’ai dépensé en clopes pour des livres (bon, non, j’en ai déjà trop – j’ai acheté cet été « super sad true love story » de machin truc que j’ai pas encore lu ) heu bref si j’avais dépensé tout mon fric en trucs dont je n’aurais pas su quoi f…aire, et ben maintenant ben je serais pas plus heureux, mais j’aurais plein de trucs en plus…
    Voilà.
    Mais je suis déçu…

    • Je trouve fascinant tout ces lecteurs déçus. C’est moi qui devrait être déçue il me semble ! (et je ne le suis pas, par ailleurs).

      Je peux me payer des clopes et des livres et pleins d’autres trucs mais effectivement je ne pense pas que ce soit ça qui rende heureux…

      J’espère que tu aimeras Super Sad Love Story 🙂

  4. Après l’épisode de ta collègue, un peu de solidarité féminine s’impose. Moi aussi, je refume. Et la séance d’hypnose n’a rien arrangé à mon affaire. On s’en grille une, pour la peine ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s