Naples et Capri, entre déception et ravissement

Il y a tant à dire sur ce séjour en Italie du Sud, dans une région que je ne connaissais pas, la Campanie. Mon choix s’est porté sur Naples que l’on présente comme la ville sale où la camorra est omniprésente et Capri l’île qui se trouve en face à 45 mn d’hydroglisseur, associée, elle, à la jet-set qui vient y dépenser ses millions…Choc des cultures.

Dès l’arrivée à l’aéroport, j’ai voulu prendre un taxi pour aller plus vite mais ce fut une erreur : la circulation à Naples est dingue et les conducteurs font vraiment n’importe quoi, c’est la jungle ! Le chauffeur, un type avec une vraie tête de con, s’est avéré nerveux, antipathique et même raciste puisqu’il détestait les français, ça commençait plutôt mal et ça ne s’est pas arrangé, il nous a littéralement arnaqués, malgré mes protestations, il n’a cessé d’essayer de m’embrouiller pour justifier son arnaque, une vraie tête de con doublé d’un fils de pute (en parlant de sa mère, il avait un tatouage censé exprimer tout l’amour qu’il a pour cette femme qui ne lui a sans doute pas appris la notion de respect). Dans les embouteillages nous avons vu un homme sortir de sa voiture, se réfugier derrière un arbre puis chier devant tout le monde. La grande classe. Bonne ambiance…

Naples est une ville pleine de charme malgré la saleté, il est agréable de s’y promener, on passe de petites rues typiques qui ne mènent jamais où l’on pense à des grandes artères plus récentes, la nourriture est à la fois très bonne et vraiment bon marché, j’ai mangé une excellente pizza marinara pour la modique somme de 4 euros et je pense que je me souviendrai de ce goût encore longtemps…J’ai particulièrement aimé la piazza Bellini conseillée par une certaine ordure, qu’il est agréable d’observer les napolitains boire des verres entre amis et parler fort avec les mains ! Quand on sort du centre-ville, c’est tout de suite moins fun…J’avais très envie d’aller dans un parc parce qu’il faisait extrêmement chaud mais le chemin vers le fameux parc Capodimonte fut épique, j’avais mal évalué les distances et nous nous sommes perdus dans un quartier qui craint vraiment, nous avons tout de même vu un homme se faire un fix puis vomir puis lire son journal comme si tout était parfaitement normal. Puis j’ai failli marcher dans des seringues sur lesquelles le sang avait séché en montant des escaliers, plutôt choquant.

Nous avons vu beaucoup de crânes à Naples, ceux qui se trouvent à l’entrée de l’église Santa Maria Delle Anime Del Purgatorio mais aussi ceux du cimetière de Fontanelle qui se comptent par milliers. Expérience assez flippante même pour les plus vaillants, le cimetière est souterrain…Lorsqu’on arrive en bas ce sont des milliers et des milliers de crânes mis les uns sur les autres et le spectacle bien que macabre est à mon sens très esthétique. Certains crânes sont fendus, d’autres ont un gros trou sur le dessus, il y a aussi des tibias par milliers et autres os que l’on tente de reconnaître, largement de quoi faire marcher son imagination. Je ne crois pas que la pratique existe toujours mais ces crânes proviennent de personnes qui n’ont pas été enterrées décemment et les napolitains très pieux venaient en adopter un, lui donner un nom, le choyer, le nettoyer, lui parler de ses problèmes, il existait un véritable lien affectif entre ces napolitains désespérés à cause de la misère et ces crânes anonymes qui pouvaient parait-il exaucer les prières de leurs propriétaires…Expérience moins touristique que de voir le Duomo mais nettement plus intéressante ! Quant au métro de Naples, il est très propre et chaque station est différente, le résultat est très réussi, c’est beau, c’est coloré, si seulement il pouvait en être de même à Paris…

J’aimerais dire que je retournerai à Naples mais j’ai été tellement déçue par le comportement des napolitains que j’ai trouvés antipathiques au possible, jamais un sourire, j’ai eu le sentiment de les faire chier d’être là alors que rappelons-le je contribue à faire marcher l’économie de la ville en tant que touriste. Pourtant j’ai à chaque fois fait l’effort de parler italien (enfin…un genre d’italien sans aucun verbe haha), globalement c’est un échec au niveau humain d’autant qu’ils ont tous essayés de ne pas me rendre la bonne monnaie quand je passais à la caisse, moralité : j’aurais dû apporter un pot de vaseline, j’aurais eu moins mal ! Certes je n’ai peut-être pas eu de chance, je ne suis pas tombée sur les bons napolitains…Je sais qu’à Paris on peut tomber sur les mauvais parisiens, se faire voler son appareil photo à Montmartre et repartir extrêmement déçu…Disons que j’attendais tant de ce séjour à Naples que je ne pouvais qu’être déçue. Et avoir dégusté la meilleure pizza de ma vie n’y changera rien.

Heureusement il y a eu Capri ! J’ai chanté « Capri c’est fini » à peu près toutes les trente minutes, un vrai hommage à Hervé Villard, s’il savait ! J’ai appris le premier couplet exprès pour les vacances parce que je suis perfectionniste. Capri c’est magnifique et les autochtones sont habitués au tourisme, ils sont très avenants. Prendre le télésiège pour se retrouver au sommet du Monte Solaro, entourés par la mer, c’était si beau que si un jour je décide de me suicider, je sais que c’est là que je le ferais ( je pense qu’il faut avoir un lieu où l’on sait que l’on pourrait se suicider au cas où, j’avais le Grand Canyon sur ma liste, j’ajoute le Monte Solaro). Voir un voilier au loin seul sur la mer, le bleu du ciel se confondre avec celui de la mer, cette tâche blanche qui s’éloigne, ce fut un moment poétique d’exception. Dans le genre poétique j’ai fait une insolation (on ne se promène pas sans chapeau quand il fait 36 degrés à l’ombre), si vous avez vu une petite brune vomir de la bile à la terrasse d’un café au port de Capri…c’était moi ! (enchantée!). Je n’ai pas vomi une fois ni deux fois mais cinq fois. De vrais geysers sont sortis de mon pauvre petit corps, je n’ai rien compris… Malheureusement je n’ai pas pu visiter la grotte bleue mais j’envisage de retourner à Capri, ce n’est peut-être pas fini huhu. A Capri aussi nous aurions dû acheter de la vaseline parce que 3 € de cover charge au restaurant alors qu’on n’a pas touché à la corbeille de pain, ça fait chier un peu. Ce n’est pas une question d’argent mais de principe, la moindre des choses ce serait de prévenir le client de cette charge à la con. Les pâtes étaient excellentes, on peut au moins compter là-dessus, bien al dente comme je les aime, un vrai bonheur !

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7 réflexions sur “Naples et Capri, entre déception et ravissement

  1. Pingback: Le Caca Urbain | Les Cent Ciels

  2. Oh S, je suis si déçu pour toi ! Naples c’est tellement, mais c’est vrai qu’il faut bien parler italien sinon les gens essaient de t’avoir à tout bout de champs ! Je comprends que ce soit chiant. Par contre, je vois que tu as adoré Capri et je t’avais surtout conseille de faire la cote amalfitaine! prochaine fois, Naples, une journée, pour la pizza et le reste du temps vers la cote qui est beaucoup plus charmante.

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