Éloge du lit

Mon très cher lit,

Chaque matin, sortir de ton cocon douillet et chaud m’est insupportable, je revis le traumatisme de ma naissance ! J’aimerais rester avec toi, fidèle protecteur et compagnon, le plus longtemps possible… Les réveils ont beau sonner toutes les dix minutes, tu ne fais rien pour m’aider à sortir et affronter le froid de l’appartement, tu m’entoures de douceur et d’amour, comment voudrais-tu que je me lève ? Comme j’aimerais n’avoir aucune obligations et passer toutes les matinées de ma vie en ton sein, comme j’aimerais oser dire la vérité lorsque j’arrive en retard (presque) tous les matins au travail « Mon lit m’a retenue, je n’ai rien pu faire ».

Lorsque je suis fatiguée et que l’appel de la sieste se fait pressant, c’est vers toi que je me dirige, faisant un affront au canapé qui, je le sais, est jaloux de notre relation si privilégiée. Je m’allonge sur toi, doux lit, et c’est presque instantanément que je m’endors tout à fait, bercée par les ronronnements du petit chat. Si je le pouvais, je ferais ma sieste tous les jours avec toi. Si seulement je le pouvais…

Notre relation ne se résume pas à la sieste ou au sommeil en bonne et due forme. C’est aussi grâce à toi que je me sens protégée quand je suis triste ; avec la couette moelleuse, vous formez un excellent duo pour éponger mes larmes et me redonner le sourire. Je ne peux pleurer ailleurs que sur toi. Toi, tu ne me juges pas, ton silence est mon meilleur allié. C’est aussi sur toi et avec l’aide de deux oreillers, l’un ferme, l’autre moelleux, que je lis le plus de romans. Je lis aussi tous les jours dans le métro mais c’est toi que je préfère pour m’embarquer dans les histoires racontées par les autres.

Je suis finalement très traditionnelle et je peux te le dire comme une confidence, tu es le lieu que je préfère pour faire l’amour. Les cabrioles dans les ascenseurs n’ont aucun charme face au réconfort que tu représentes, sur toi on fera des cabrioles mais on pourra ensuite s’endormir main dans la main comme les amoureux que nous sommes. Tu noteras qu’il n’y a que moi et Monsieur qui avons le droit de t’utiliser, nous ne te prêtons pas, sous aucun prétexte ! Un lit, c’est personnel. Tu es notre propriété ! Nous n’aimerions pas affronter ton courroux si par malheur nous osions te prêter, restons bons amis, laisse-nous donc prendre du plaisir en toute quiétude, mon doux lit chéri.

Je me moque pas mal des biens matériels mais j’aurais beaucoup de chagrin à renoncer à toi. Lorsque tu seras devenu trop vieux, je serais incapable de te mettre vulgairement à la rue. Je te garderai quelque part, au cas où.  Et tout comme toi, je suis outrée par celles et ceux qui préfèrent les futons, les hérétiques ! Rien ne vaut le bonheur de posséder un lit. Rien au monde.

Chaque jour, je remercie le fait d’avoir un compagnon de ton espèce dans ma vie, ce n’est pas donné à tout le monde…

A ce soir,

Avec toute mon affection,

Ta connasse

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6 réflexions sur “Éloge du lit

  1. Trop bien cet article! vraiment. Bon je vais te faire envie. Je fais TOUJOURS la grâce matinée (sauf en ce moment) lorsque j’ai hérité de ma grand-mère ce que j’ai acheté en premier c’est de la bonne literie. J’ai rédigé pas mal d’articles dans mon lit. Tiens ça me fait penser que j’ai rédigé un article sur la question. Au printemps en début de détox j’ai changé de matelas, c’était ma récompense. Mon lit est à baldaquin. Ce n’est plus un lit c’est un temple.

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