Spleen en happy end

Ils me laissent à l’aéroport de Blagnac. Les quatre fantastiques. Mes parents et mes frères. Je regarde la voiture partir au loin et je n’ai même pas envie de pleurer, ce qui est étonnant venant de moi parce que je déteste les au revoir, ça me donne toujours envie de pleurer comme tous ces moments solennels. Je me retrouve seule dans le froid à fumer une cigarette que je n’ai aucune envie de fumer mais je ne peux rien faire d’autre. Mes yeux ne se voilent pas mais mon cœur est comme pincé et ça fait mal. Je préfèrerais ressentir le vide que ce pincement qui s’éternise…Je me mets à penser que s’ils avaient un accident, après tout un accident ça arrive sans prévenir, et à n’importe qui, riche, pauvre, con, intelligent, moche, beau, je perdrais toute ma famille. Je frissonne d’horreur en écrasant ma cigarette.

J’entre dans l’aéroport, comme un robot je me dirige vers la porte d’embarquement, prête à enlever mes bottines pour rassurer sur le fait qu’elles ne contiennent pas une arme cachée, prête à sortir mon Ipad et mes cosmétiques 100 ml maximum contenus dans un sachet 20×20 cm, j’ai presque envie de provoquer les larmes pour éviter d’avoir ce pincement au cœur. Si je pouvais voler j’irai à la rencontre de la voiture qui dirige ma famille vers la ville et je laisserai mon cœur sortir de ma poitrine et ce même cœur leur hurlerai « Je vous aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiime » comme si c’était un ordre.

Et là je vois un couple qui s’embrasse comme s’ils allaient mourir demain. Elle prend la tête de son amoureux entre ses mains et l’embrasse très fort sur la bouche, sur le nez, sur le front puis elle s’attarde longuement sur sa bouche. Il la tient par la taille, il ne veut pas la quitter mais lui aussi, comme moi, doit rentrer à « la capitale ». Les larmes me viennent, je les réprime mais je les sens, prêtes à mourir discrètement sur mes joues. Puis je souris. Bêtement, je suis prête à le parier. Je viens de quitter ma famille que je ne vois pas assez, c’est vrai. Que j’aime au-delà des mots, c’est tout aussi vrai. Mais je m’apprête à retrouver mon amoureux et mon chat. Bien sûr, ce serait bien avantageux si tout ce petit monde vivait à Paris. Mais ce n’est pas le cas. Alors mon cœur ressent des pincements et parfois du vide, quand d’autres fois il se noie ou étouffe. Une chose est sûre : il n’est pas sec.

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