Du calvaire de la première année en CDI

Je crois que tout est dans le titre, je pourrais presque m’arrêter ici. Mais ça ferait un peu court. Je crois que ce problème n’est pas que le mien, je vais donc continuer un peu. J’ai envie de me plaindre aussi. J’évite de me plaindre à la maison, il faut bien que je me plaigne quelque part…(je préfère prévenir le lecteur, c’est une vraie plainte de connasse).

La majorité de ceux qui signent un CDI à temps plein sont contents. Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne fais pas partie de cette majorité. Je ne rêvais pas d’un Contrat à Durée Indéterminée parce que le « indéterminée » me fait froid dans le dos. Comme un engagement qui ne finirait jamais. Pourquoi je l’ai signé ? Parce que j’avais envie d’un peu de stabilité, de rester assez longtemps dans une boîte pour finir ce que je commence, pour arrêter de me poser des questions aussi.

Et ma liberté, alors ? Ma liberté est celle d’avoir un pouvoir d’achat plus grand et une paie sympathique qui tombe tous les mois à la même date. Quand j’étais intérimaire, je ne travaillais pas 4 mois par an et je pouvais partir en vacances QUAND JE LE VOULAIS ! (je ne crie sur personne hein). Or, maintenant que j’ai signé mon super CDI, eh bien je ne peux partir en vraies vacances que dans…un an. Et ça, pour la voyageuse que je suis, c’est un drame. Même si j’aime ce que je fais, pour être tout à fait honnête, je le fais pour les vacances. Ça a toujours été et ce sera toujours la raison pour laquelle je me lève le matin (bouh le matin, j’aime paaaaas) pour aller travailler. Je suis un peu un enfant qui attend Noël les 364 autres jours. Quand on me demande pourquoi je suis à ce poste dans cette boîte, je réponds « Pour les vacances ». On me prend pour une originale, une petite effrontée. En face, on ne comprend pas parce qu’on travaille pour payer le crédit de la maison ou celui de la voiture (et tous les autres). Quand j’étais RMIste à Toulouse (pléonasme), on me demandait ce que je faisais dans la vie et je répondais « Rien » de manière catégorique, comme pour clore la discussion à peine entamée. J »aurais pu dire que j’écrivais un roman, c’est ce que disent les chômeurs en général (no offense). C’était intéressant de voir la réaction de mes interlocuteurs, certains pensaient que j’étais rentière parce que je n’ai pas vraiment le look de la RMIste de base (no offense bis).

Certes, je peux prendre des congés sans solde mais…dans le milieu dans lequel je travaille c’est assez mal vu de poser ses congés payés qui sont pourtant obligatoires alors je ne vous parle pas des congés sans solde, une hérésie ! Moi qui voulais aller voir les temples d’Angkor, c’est foutu. Moi qui voulais retourner à New York, c’est foutu aussi, à moins d’y aller pour 4 jours, ce qui serait de la folie financièrement. J’ai fait pire mais tout de même. Il s’agit d’essayer d’être raisonnable. Il y a quand même du positif dans tout ça : j’apprends à être patiente et je vais (re)découvrir l’Europe que je connais mal en multipliant les week-ends. Et j’écrirai des billets sur mes prochaines destinations en espérant faire voyager ceux qui ne partent pas en vacances du tout faute d’argent, ceux-la même qui doivent ricaner en lisant ma plainte de connasse privilégiée. Hum.

caliméro

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18 réflexions sur “Du calvaire de la première année en CDI

  1. Alors, Connasse pas si connasse que ça parce que j’ai exactement la même réaction épidermique avec mon taff, qui en soi, est intellectuellement et socialement très intéressant…Dans une vie rangée…
    Pour parler chiffres, je suis aux 32h par semaine avec un salaire vraiment confortable avec treizième mois et primes,
    Si je râle de mon côté, ce ne sont pas pour des raisons matérielles, mais bien par cette liberté dont tu parles qui pour moi est inexistante du fait d’un bout de papier signé et que je trouve vachement contraignant de mon côté, comme toi en somme.
    Cette réflexion que tu poses est réellement la mienne également, et je dois dire, de manière totalement décomplexée, parce que cela n’engageant que moi et moi seul.
    Alors peut-être que je suis un connard qui s’ignore…Quoiqu’il en soi tu n’es pas la seule. Et qui sait, on se croisera peut-être dans quelques pérégrinations^^

  2. Non, bien sûr c’est très théorique, surtout pour un poste de cadre comme j’ai, je tourne plutôt autour des 40 heures et + hebdomadaire, c’est clair. Néanmoins, 40 jours de RTT (j’pense arriver à en prendre entre 25 et 30 cette année) et 28 jours de congés payées….Voilà voilà…Je e permets de râler quand même ? Oui.

    • Ah…tu me rassures, personne ne fait jamais 32 heures par semaine ! Le problème c’est que non seulement tu fais plus de 40 heures par semaine mais j’imagine que toi aussi tu es censé être disponible tout le temps grâce à ton super Blackberry qui clignote non-stop ? Résultat même en RTT on t’appelle (soupirs). J’ai l’impression d’être tout le temps la tête dans le taf, c’est pour ça que j’ai besoin de longues vacances très loin.

      • J’ai échappé au Blackberry (comme quoi j’ai le sentiment que c’est un grand classique) et me suis toujours farouchement opposé à la moindre synchronisation de boîte mail avec quoi que ce soit de perso, le clivage tient très bon depuis 2 ans et demi maintenant.
        Pour les coupures longues et lointaines, ouais c’est clairement mon truc et pense à ma quinzaine
        d’août…En tout cas…On est sur la même longueur d’onde sur cette question je pense.

      • Ah, alors je gagne mes galons de connard ? ^^
        Je ne me plains en réalité pas, je suis très conscient d’une forme actuelle de chance sur le plan strictement matériel et « m’en remercie’ souvent. Cela dit, et en étant lucide on myself, mes grains bizarres bien loin de tout ça avent s’agiter et être à lfeur de peau 😉

  3. Moi je suis au RSA et j’ai honte, honte honte. Honte parce que j’ai passé un super master pour être chef de projet et que j’ai pété les plombs (burn out tout ça crise de panique). J’ai dû arrêter de bosser pour faire une psychothérapie. j’y suis encore mais je vais mieux (mais pas encore au top si tu veux tout savoir ahha).

    Je change actuellement de voie mais j’ai 28 ans et je me sens nulle. Nulle parce que je n’ai pas de cdi comme il FAUDRAIT, je n’ai pas de crédit comme il FAUDRAIT. Mais au final, je dois m’en foutre de tout ce qu’il FAUDRAIT avoir mais j’arrive pas.

    C’était ma plainte qui n’a rien à voir avec ton article. Maintenant je passe au tien 🙂

    Bah je te soutiens et partir en vacances, ça fait un bien fou ! Chacun ses priorités moi je dis.
    Tu aimes ton boulot juste pour les vacances ou quand même un peu plus que ça ? 🙂

    • Mais enfin, tu n’es pas nulle ! Tu es unique ! On veut nous faire croire que la vie c’est un CDI, des crédits, des enfants chiants et un mari qui nous trompe mais non, la vie c’est ce qu’on en fait, c’est tout.

      Le burn-out, la dépression et compagnie sont fréquents justement parce qu’on veut nous faire croire que la vie c’est « faire comme tout le monde ». Je trouve ça formidable que tu changes de voie et je suis certaine que tu seras bien plus heureuse quand tu retravailleras dans le domaine qui te plaît. N’écoute pas les autres, c’est toi que tu dois écouter. C’est ce que tu fais en changeant de voie donc tout va bien 🙂

      Quand je dis que je travaille pour les vacances c’est parce que oui c’est ce qui me motive, m’échapper du quotidien, avoir le luxe de pouvoir le faire, être « neuve » ailleurs. Mais j’aime beaucoup mon boulot et encore plus la boîte dans laquelle je suis, j’ai vraiment le sentiment d’avoir une chance folle. Et puis je me dis que non, ce n’est pas de la chance, je mérite tout ça. Et toi aussi tu mérites que ça t’arrive et je te le souhaite sincèrement 🙂

  4. Pour avoir connu souvent la 1ère année en CDI (changement de boulot tous les 2 ou 3 ans pendant une période, le temps d’avoir la promotion et de partir à la concurrence… Oui il fut un temps où le chiffre sur la fiche de paie était important pour moi), je comprends très bien ce que tu veux dire.
    Mais bon en même temps je comprends maintenant, alors qu’à l’époque les vacances demeuraient un concept obscur et virtuel pour moi vu qu’en plus de changer de boulot, je me faisais payer mes congés que je n’avais donc pas eu le temps de prendre.
    Pourtant, j’ai quand même le souvenir des beaux voyages pendant ces années, et ça, ça reste un grand mystère 🙂
    Mais en tout cas, tout cela, c’était avant. Maintenant j’ai une vie de rêve :p

    • Dans mon cas c’est tout l’inverse, j’ai toujours préféré prendre les congés que de me les faire payer, pareil pour les RTT, je les prends systématiquement, je me fous d’avoir plus d’argent à la fin du mois, ce que je veux c’est du temps pour moi.

      Moi aussi j’ai une vie de rêve, je le pense vraiment ! Parfois j’ai juste le besoin de me rebeller contre le système dont je fais pourtant partie. Des relents d’adolescence, sans doute 🙂

  5. « Tu as la situation que tu mérites et tu mériteras toujours une meilleure situation »
    C’est ce que m’inspire ton texte, va savoir pourquoi.
    En tout cas je suis ravi de te voir plus souvent dans « lecteur:.
    🙂
    W.

  6. Le CDI? connaît pas.
    J’ai peur de la mort et du CDI. En même temps c’est un peu pareil.
    Il y a deux ans une boîte m’a proposé un CDI 35 heures par semaine. J’ai négocié 20 heures par semaine. Ils ont dit oui. Mais je devais arrêter d’écrire sur mes blogs. J’ai dit non et je ne le regrette pas parce que vivre avec eux une partie de ma vie ce n’était plus ma vie. Il y a dix ans j’ai eu un job de rêve. Quatre mois à l’étranger. Je nageais toute la journée. Mon patron ne m’avait demandé qu’une chose,que je sois bronzée. Je jouais au golf, je partais très tôt dans le désert ou je le levais vers onze heures. Et bien connasse parmi les connasses je trouvais encore des motifs pour me plaindre.

    • Je te comprends très bien puisque jusqu’à il y a quelques mois, il m’était arrivé de signé un CDI ou deux mais je me barrais en pleine période d’essai sous prétexte que je préférais partir je ne sais où en voyage.J’ai peur de l’eau donc nager toute la journée ce serait un job de cauchemar pour moi (eh oui j’aime pas l’été, la chaleur et j’aime ni la mer ni l’océan). Si j’ai accepté ce job c’est que j’ai des avantages énormes, on me fout la paix, je suis autonome et nous sommes 5 dans 300m2.

  7. ça m fait du bien de lire « j’aime pas l’été, la chaleur et j’aime ni la mer ni l’océan ».. car plus le temps passe et plus rester au bord de la mer, dans un club de vacances ou je ne sais quoi, ça m’angoisse!!! rester à rien faire ça m’angoisse… et imaginer ça avec la petite famille et le mari et se faire des copains famille pour aller en vacances ensemble, je crois que je pourrais en mourir.. ok je suis une angoissée de la vie .. la dernière fois que je suis allée à la mer, j’arrivais même plus à aller là où on a plus pied.. ça me fait flipper! (quand j’étais gamine j’étais tout le temps dans l’eau) et l’océan.. que dire à part que j’ai pas le pied marin(ça me fait dégueuler), et que me baigner dans l’océan avec 5000m de vide sous mon ventre et toutes les bêtes qui y sont, je panique direct!
    Mais à part ça tout va très très bien hein 🙂

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