Bitch. Please.

Le week-end commençait plutôt mal. Le vieux chat avait décidé de pisser dans mon sac Sonia Rykiel (évidemment il n’avait pas pu choisir un sac en toile de chez H&M, le salaud). Mon visage était parsemé non pas de un ni deux mais trois boutons absolument dégueulasses dont un double bouton blanc (pardon si vous êtes attablés, mea maxima culpa). Quand je me regardais dans le miroir je voyais le triangle équilatéral invisible formé par la trilogie de mes tonitruants pustules dignes d’une ado de 15 ans. Quand je pense qu’on a osé me faire croire que l’acné c’était fini passé l’adolescence, l’arnaque est encore plus grande qu’avec l’histoire du Père Noël. Je n’avais aucune envie de sortir et d’imposer à la ville ce visage déformé, pourtant il n’y avait plus de papier toilette et j’étais obligée de me montrer sous peine de devoir me torcher avec le vieux chat (il le méritait). Ou sinon j’aurais pu faire comme Kay, New Yorkaise vue dans la télé-réalité Extreme Cheapskates, émission mettant en scène des radins. Elle n’achète jamais de papier toilette et préfère s’essuyer le postérieur avec un peu d’eau et de savon. Quant à son linge, elle le lave en prenant une douche (?), faisant ainsi des économies risibles dont elle est fière. Ce monde ne tourne vraiment pas rond.

Me voilà dehors avec ma tête pleine de pustules, mon pyjama sous le manteau bien épais, une paire de ballerines usées, en mode grunge malgré elle, prête à relever cette dure mission dont je me serais bien passée. Mon objectif est simple : faire vite afin de me recoucher le plus rapidement possible pour me caler devant Les Enquêtes Impossibles en replay et m’endormir grâce à la voix de Pierre Bellemare me racontant d’horribles histoires de meurtres et de viols. Je marche à pas rapides devant un homme qui semble jouer avec son téléphone quand il me lance un « Vous êtes charmante, Mademoiselle ». Une rafale de lol s’abat sur moi. Moi ? Charmante ? Je ressemble à un croisement entre Ugly Betty et une clocharde roumaine et on me trouve charmante. N’importe quoi. Les hommes sont vraiment prêts à tout. J’aurais aimé lui offrir ce charmant (il l’est, lui, charmant) mouchoir.

bitchplease

 

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4 réflexions sur “Bitch. Please.

  1. Ahahahahahah. C’est parce que d’habitude tu es tellement bonnasse que tu en deviens inabordable. Là le gars il s’engouffre dans la faille avant que tu ne redeviennes Claudia Schiffer 🙂

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