Kraków comme un coup de kalach dans mon cœur

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« Ah bon, tu vas en Pologne ? Mais pour quoi faire ? Quoi ? Tu veux aller à Auschwitz ? Quelle drôle d’idée… » Voilà, en substance, la réaction de mon entourage lorsque je leur annonçais mon prochain séjour à Cracovie. J’aurais pu répondre qu’il n’y a pas que Berlin, Londres et Rome mais je n’ai rien dit parce que je savais qu’aller pour la première en Europe de l’Est était une garantie de dépaysement. Et même si cela peut sembler étrange de se rendre dans un ancien camp de concentration et d’extermination, c’était un choix personnel. Un devoir.

Avant de partir, je pensais être démunie face à une langue que je ne maîtrise pas. Non seulement j’ai été fascinée par la sonorité de la langue polonaise mais j’ai adoré le fait de ne rien comprendre du tout. Les habitants de Kraków ne parlent que rarement l’anglais et quand c’est le cas, il est approximatif. Penser qu’on n’est qu’à deux heures d’avion et qu’on ne comprendra rien est finalement un vrai luxe. J’ai voulu apprendre à dire « Bonjour », « Merci » et « Je vous en prie » en polonais avec un accent parfait et je n’y suis jamais parvenu. Mais j’ai essayé ! Ensuite, j’ai été charmée par cette ville aux visages multiples, parfois on a le sentiment d’être en Italie, puis deux rues plus loin on se croirait en Union Soviétique. Le centre historique, le Stare Miasto, est à la hauteur de sa réputation (classé au patrimoine mondial de l’Unesco). La colline de Wawel et ses vieilles pierres m’ont séduites. Mais j’ai préféré Kazimierz, le quartier juif situé à une quinzaine de minutes à pied du centre-ville historique. C’est là qu’a été tourné La Liste de Schindler et c’est à ce film qu’on doit la résurrection de ce quartier. Je m’y suis sentie comme à la maison. Si, au départ, je me suis perdue (il faut préciser que je me perds même à Paris…), à la fin je savais exactement où et comment me déplacer.

J’ai été époustouflée par la beauté des polonaises, je savais qu’elles avaient la réputation d’être de belles femmes mais pas à ce point. Si vous êtes complexée par votre physique, n’allez surtout pas à Kraków. Les femmes sont simples et gracieuses, naturellement minces et grandes. Mais elles ne savent pas qu’elles ont ce pouvoir, elles restent humbles et marchent la tête haute, c’est sans doute ce qui les rend si belles. Elles sont la preuve vivante que la beauté se suffit à elle-même : pas de maquillage, pas de griffes de luxe, pas d’artifices. La beauté à l’état pur. Quant aux polonais eh bien je dois dire que j’en ai vu un bon nombre ivres morts, titubants avec difficulté dans les rues, en plein milieu de l’après-midi. Si je suis tombée amoureuse de la ville, je suis aussi tombée amoureuse de la vodka…Moi qui déteste l’alcool pur parce que c’est mauvais et violent à la fois, j’ai vite changé d’avis. C’est violent, sans aucun doute, mais c’est bon ! J’ai enchaîné shots sur shots comme si j’avais 18 ans. Comment ne pas succomber à la vodka à la framboise, à celle à la noisette qui fait l’effet de boire un Kinder Bueno, puis d’essayer aussi celle à la mûre, aux airelles et celle au miel ? Impossible. D’autant que le coût de la vie est divisé par 4 en Pologne. Cela fait une cuite mémorable à deux pour la modique somme de 23 €. Heureusement que je ne vis pas à Cracovie parce que je sais pertinemment que je deviendrais alcoolique ! Autre belle surprise : il est possible de manger végétarien et même végétalien à Cracovie. Je vous conseille vivement le restaurant Novakrova où burgers et smoothies sont délicieux, le café Mlynek non loin de là sert des plats traditionnels polonais adaptés aux végés comme le bigos, sorte de choucroute polonaise.

Je ne sais pas si c’est à cause de l’alcool, la peur ou cette envie de profiter à fond du séjour avec mon frère mais nous ne sommes pas allés à Auschwitz. C’était pourtant le premier but de ce voyage. Mais ce n’est pas un regret. Finalement, nous avons trouvé autre chose que ces larmes qui nous attendaient. Nous avons vécu un séjour joyeux, nous avons ri comme des gosses, nous avons rencontrés des anglais avec lesquels nous avons pris une méchante cuite, nous avons pris des photos de nous ivres avec un chandelier qui traînait (wtf?), nous avons rencontrés Michal et son acolyte qui nous ont parlé de leur pays, de leurs inquiétudes, de leurs désillusions. Le salaire moyen d’un polonais est de 402 € par mois. On nous parle de la crise mais nous savons plus que jamais que nous sommes extrêmement chanceux de pouvoir ne serait-ce que voyager dans un autre pays d’Europe. Nous étions beaucoup trop heureux de vivre et de se retrouver pour tout foutre en l’air.

Nous reviendrons à Kraków pour déguster d’autres pierogi, ces raviolis polonaises goûteuses, pour écouter de la musique yiddish dans un bar de Kazimierz, pour retourner au Domówka , ce bar où nous avons vu une bande de jeunes jouer au Pictionary sous nos yeux ébahis, nous reviendrons nous délecter d’une zapiekenka, sorte de demi baguette nappée de légumes et fromage après une soirée arrosée plaç Nowy. Nous reviendrons en Pologne mais nous visiterons aussi d’autres pays de l’Est parce que nous sommes tombés violemment sous le charme slave.

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11 réflexions sur “Kraków comme un coup de kalach dans mon cœur

  1. Chouettes photos, surtout celles des graffitis:)
    Je ne connais pas du tout l’Europe de l’est. A un moment ça m’intéressait surtout que j’ai étudié la question de l’histoire des juifs en Europe. J’ai été séduite par ton récit parce que bien que tu aies eu un objectif pour ce voyage, tu t’es laissée embarquer par le présent. La vie quoi.

  2. J’aime beaucoup aussi cette culture et les polonaises aussi(déjà 2 dans ma famille), merci de l’avoir mis en valeur;)
    Pas besoin d’allez là bas pour voir des gens jouer aux pictionary, le jeu de société n’est pas encore mort en France, résistons!
    W.

    • J’en suis ravie, cher Ordure 🙂 car c’est par votre blog que je suis tombée sur celui-là…
      Très touchée par ce post, je suis Polonaise de Krakow et j’aime votre description de ma ville…
      Juste étonnée que vous n’ayez pas pu communiquer, les Polonais sont connus pour leur maîtrise des langues étrangères, d’autant que personne ne peut connaître la nôtre, si difficile à apprendre.
      Il reste peu de choses de l’ancien Kazimierz, c’est devenu un endroit chic et branché

      • Oh ravie qu’une Polonaise lise ce post ! J’ai communiqué avec des Polonais mais certains commerçants ne parlaient pas bien anglais, ça n’a pas du tout gêné mon voyage, d’autant que j’ai appris quelques mots polonais (non sans fierté). C’est vrai qu’il ne reste pas grand chose de Kazimierz mais ça reste agréable quand on est touriste !

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