Typologie de la connasse

Crédit photo lacarotte.be

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Si ce titre vous rappelle quelque chose, c’est peut-être parce que vous avez lu une « Typologie de la connasse » en 2011, à l’époque où Philippe Coussin-Grudzinski avait un blog sur les Inrocks (il a malheureusement effacé tout son contenu). Son post m’avait fait rire mais je trouvais qu’il manquait pas mal de types de connasses.

Comme ce blog s’appelle « Encore une connasse parisienne », je pense qu’il est légitime que j’apporte ma pierre à l’édifice. S’il est impossible de décrire tous les types de connasses, je me concentrerais sur ceux que je connais le mieux, pour en faire un portrait fidèle.

La connasse militante

La connasse militante rêve d’un monde sans injustice, sans guerres et sans violences. Pour elle, il n’y a pas de nuance possible, le monde est manichéen, il y a les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Souvent issue d’une famille avec un père absent ou volage ou mort et une mère castratrice ou à l’inverse, sans aucun caractère, elle est en colère depuis l’enfance. Résolument féministe, la connasse militante est l’amie des opprimés, homosexuels, transgenres, putes, femmes violées, agressées, femmes battues, insultées, critiquées à cause de leur poids (la liste est infinie). Elle est l’amie des animaux et est devenue végétarienne par solidarité, même si le soir en cachette elle s’empiffre de charcuterie bio (comme c’est bio, elle se sent un peu moins coupable). Elle n’a que très peu d’amis parce qu’elle ne supporte pas qu’on puisse être en désaccord avec elle, sa personnalité virulente lui cause beaucoup d’inimitiés mais elle préfère qu’on parle d’elle, même en mal, plutôt que pas du tout. Officiellement solidaire des autres femmes, elle n’hésitera pas à vous piquer votre mec ou se moquer de vous toute une soirée parce que vous êtes plus bonne qu’elle. Elle a toujours rêvé d’être un leader alors qu’à l’école elle se faisait taper dessus ou railler à cause de son physique ingrat ; devenue grande, elle se venge enfin en organisant des manifs avec ses plus proches BFF, et finalement, même si elles ne sont que 6 à hurler des slogans peu originaux, elles y croient plus que tout. La connasse militante aime faire du bruit, parler fort, se faire remarquer, c’est grâce aux causes qu’elle défend qu’elle existe enfin. Alors qu’elle pourrait être bénévole pour la permanence téléphonique de SOS Viols ou SOS Homophobie, elle préfère organiser des actions fumeuses et croire que derrière tout homme se cache un violeur potentiel.Toujours sur tous les fronts, elle vit l’illusion qu’elle est quelqu’un, qu’elle est utile alors que ce n’est qu’une egocentrique qui n’a aucune conviction. Il n’est pas rare de voir la connasse militante finir avec un mec raciste qui la frappe ou épouser un taulard en taule.

La connasse jeune maman

La connasse jeune maman a trouvé un sens à sa triste vie le jour où elle a expulsé un nourrisson de sa vulve sans péridurale (« comme ça, c’est plus naturel, tu vois »). Depuis, elle ne pense qu’à ça, ne parle que de ça et ne vit que ça. Son bébé a un prénom mais elle a tendance à l’oublier parce qu’elle l’appelle « mon bébé », « mon chéri » « mon trésor » toute la journée. La connasse jeune maman ne sort plus parce qu’elle doit donner le sein toutes les 3 heures et refuse de donner le biberon à son enfant parce que « le lait industriel c’est hyper mauvais tu vois ». Et quand tu lui rappelles qu’elle avait tendance à fumer en cachette et que ça non plus c’est pas terrible pour le lait qui sort de ses nichons, elle fait mine de ne pas comprendre. Armée d’un thermomètre en permanence pour veiller à ce que l’enfant dorme dans une chambre à 18 degrés comme tous les guides le disent, elle prend peur dès que l’enfant fait un bruit bizarre ou dès que l’enfant pleure, ce qui la fait elle aussi pleurer parce qu’elle est « trop sensible avec les hormones, tout ça ». Pour son enfant, elle veut ce qui se fait de meilleur alors elle a investi dans une poussette de star (800 € pièce) et un sac à langer Gérard Darel (390 €) mais elle ne sort pas trop avec l’enfant parce que « tu vois, dehors, y’a des microbes, tout ça, et je préfère rester avec ma puce à la maison ». Depuis qu’elle est « maman », la connasse jeune maman a oublié qu’elle prenait de la coke dans les chiottes et se tapait 3 mecs par semaine il n’y a pas si longtemps, elle agit avec l’enfant exactement comme agissait sa mère avec elle alors qu’elle la déteste, sa mère. En bref, la connasse jeune maman est devenue chiante. Il faudra attendre son deuxième enfant et le divorce qui s’ensuit pour la retrouver telle qu’elle était avant, une simple connasse.

La connasse fouille-merde

La connasse fouille-merde se rencontre souvent sur les réseaux sociaux où elle se prend un peu pour un star. Elle a 1500 abonnés sur twitter parce qu’elle poste des photos d’elle à son avantage où elle apparaît parfois dénudée, pour s’assurer un réseau de fans virtuels. Dans la vraie vie, en revanche, elle est seule et déteste son taf. Parfois, elle vit même encore chez ses parents alors qu’elle a 25 ans passés. Elle se trouve très belle alors qu’elle est souvent d’une banalité effarante, son seul atout est soit des gros seins soit de longues jambes. Elle rêve d’être riche et célèbre alors qu’elle gagne un peu plus du SMIC. Pour compenser, il lui arrive de coucher avec des animateurs télé ou des DJ dont elle est fan. Véritable socialite, elle connaît beaucoup de gens mais personne ne sait vraiment ce qu’elle fait, d’où elle vient ni où elle vit. Manipulatrice dans l’âme, elle vogue de groupes de potes en groupes de potes et, sous des dehors amicaux, créera des embrouilles dont elle se sortira toujours indemne parce qu’elle a l’air tellement gentille. Et comme elle ne brille pas par son intelligence, personne ne se méfie. Ceux qui la défendent sont les mêmes qu’elle critique à longueur de journée et même si elle était démasquée, elle nierait parce qu’elle prend soin de ne laisser aucune trace écrite qui pourrait l’incriminer, elle fait des captures d’écran de toutes ses conversations pour se protéger, elle est dans le contrôle permanent. Diviser pour mieux régner est sa devise, elle n’hésitera pas à briser la vie de quelqu’un en répandant de fausses rumeurs sans jamais dire qu’elle en est à l’origine. Petite, elle rêve de faire la Star Ac’ mais elle n’entrera pas au château et se tournera vers une carrière de secrétaire médicale (mais elle dit qu’elle a une « boîte dans l’événementiel »). Frustrée de ne pas être quelqu’un d’important, la connasse fouille-merde peut parfois péter un câble et se retrouver dans les pages de faits divers des journaux (et finir en connasse cas soce, voir plus bas).

La connasse parisienne

La connasse parisienne ne comprend pas qu’on puisse vivre ailleurs qu’à Paris. Elle déteste la province, la campagne, les déjeuners sur l’herbe, marcher les pieds dans l’eau sur la plage et tout ce qui a un rapport avec la nature (petite, elle tuait les abeilles). Elle ne supporte pas les usurpateurs qui prétendent être parisiens alors qu’ils sont nés à Machin-sur-Marne et retournent tous les week-ends en province voir leur amis d’enfance parce que c’est là qu’ils ont été élevés. Passionnée par la mode, elle possède des tonnes de vêtements et accessoires dont certains ont encore leur étiquette dans son dressing. Elle pourrait donner ce qu’elle ne porte pas à Emmaüs mais la solidarité, c’est vraiment pas son truc et c’est trop compliqué. Elle préfère organiser des après-midi « Cupcakes et vide-dressing » avec ses BFF et leurs amies pour ensuite se payer un week-end à Londres avec l’argent récolté. Elle déteste le sport mais prend régulièrement des abonnements à la zumba ou l’aquabike parce que c’est ce que toutes ses copines font. Avec son meilleur ami homosexuel, elle se moque des grosses, de celles qui ont les cheveux fourchus, de celles qui ont les jambes courtes, des enfants de ses amis qui sont moches, tout en dégustant un millefeuille chez Jacques Génin, rue de Turenne. Exigeante, elle se trouve obèse alors qu’elle pèse 50 kilos toute mouillée, elle répète à qui veut l’entendre que si elle faisait du 38 elle se suiciderait sans se rendre compte qu’elle le dit à sa copine D., qui elle, fait du 44. La connasse parisienne est une petite privilégiée qui n’a jamais eu de problèmes alors elle s’en créé en sortant avec des connards qui n’en veulent qu’à son cul ou en côtoyant d’autres types de connasses (surtout les fouille-merde). Petite, elle rêve d’être écrivain mais elle finira souvent blogueuse mode sponsorisée par papa-maman (pire scénario) ou attachée de presse pour une marque de serviette hygiénique ou journaliste beauté pour Grazia (meilleur scénario). Elle finit souvent avec des enfants moches et devient une connasse jeune maman.

La connasse cas soce (ou cas social pour ceux qui s’expriment correctement)

La connasse cas soce s’attache aussi vite qu’elle se détache. Elle a une réelle affection pour certaines personnes mais elle ne dure jamais. Hier, tu étais sa BFF, aujourd’hui, tu n’es plus qu’une sombre merde à ses yeux. Elle a eu une enfance digne d’un Faites entrer l’accusé, des histoires d’amours très compliquées avec des hommes et des femmes («Tu comprends moi j’aime, peu importe le sexe ») et c’est vrai, tu la trouves attendrissante (et elle te fait un peu pitié si tu osais te l’avouer). Elle fait des gaffes en révélant des secrets que tu lui avais fait promettre de ne pas répéter mais tu ne lui en veux pas, la pauvre, elle n’a pas réfléchi, elle pensait bien faire. Elle fait l’unanimité auprès de ton entourage parce que c’est une séductrice qui cache très bien la vacuité de son existence derrière un humour désopilant. Quand elle couche avec ton ex, celui dont tu étais très amoureuse, tu lui pardonnes encore, parce que finalement c’était un con. Et l’amitié, c’est ce qu’il y a de plus important, elle le dit toujours en te donnant des surnoms ridicules que tu affectionnes parce que c’est elle. Et votre amitié est si spéciale. Elle n’a jamais de cigarettes, elle ne paie pas ses verres dans les bars, elle porte tes fringues parce que « toi t’as des trucs super, ça te dérange pas , oh t’es un amouuuur ! », elle a toujours besoin qu’on l’aide, que ce soit pour aller la chercher à la gare/aéroport, pour lui prêter de l’argent pour payer son loyer parce qu’en ce moment « on sent vraiment que c’est la crise, je te jure que je cherche pourtant, heureusement que t’es là ». Elle sait très bien s’entourer de papas et mamans de substitution qui se feront abuser émotionnellement et financièrement par la connasse cas soce. Petite, elle rêve d’avoir une vraie famille qui l’aime, devenue grande, elle s’arrangera pour détruire une famille et en faire la sienne. Pour finir par fuir parce qu’elle est nomade dans l’âme.

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16 réflexions sur “Typologie de la connasse

  1. Bonsoir,
    Il y a t-il des femmes qui n’entrent pas dans ces catégories?
    Bon…
    Tu es une réelle encyclopédie pour moi, mais dis moi… quelles sont tes sources de plaisir et de bonheur (si je puis dire) lorsque tu es une connasse parisienne?

    Un connard.
    W.

      • Oh nooon. Surtout pas. Nan je suis sérieux. Autant ces catégories sont purement et exclusivement féminines (pour les moins misogynes), autant ton blog perdrait tout son sens.

  2. J’ai découvert ton blog en passant par celui d’Elosya, je ne suis pas déçue, je me marre bien :D. Je me sens bizarre quand même parce que je me retrouve dans presque toutes les connasses que tu viens de citer :s

  3. Je viens de lire quelques articles de ton blog. Désopilant. Concernant les connasses je ne sais pas comment me définir… Ce qui est sûr c’est que j’en suis une aussi, connasse et fière de l’être !
    Bravo pour ta fraicheur.

  4. Des connasses jeunes mamans on en croise plein au boulot. Parce qu’elles viennent toujours, après chaque ponte, montrer leur « trésor » aux autres collègues (surtout celles de la gent féminine, ceux de la gent masculine n’en ayant pour ainsi dire, rien à foutre et priant surtout pour que le trésor en question ne se réveille pas), histoire d’être la star du moment, entourée de ses fan-girls (d’ailleurs souvent des ex-connasses jeunes mamans). Le tout se réunissant autour de la poussette à caqueter avec des sourires jusqu’aux oreilles, jusqu’à ce que bien sûr le « chéri », lassé de ce brouhaha, additionné des appels téléphonique incessants de ceux qui bossent encore (ou du moins qui font semblant) finisse par le faire savoir… et parvienne à déconcentrer l’autre moitié de l’open-space (oui on amène forcément un bébé en open-space, sinon c’est pas drôle) laquelle ne manquera pas de faire mine d’avoir rien vu, tout en ruminant derrière l’écran ce fameux qualificatif qui honore tant la si bien nommée connasse jeune maman :).

    • Je n’ai jamais compris ce délire d’emmener son enfant sur son lieu de travail, si j’avais un enfant je ne ferais évidemment pas une telle erreur. Déjà quelle idée de mélanger vie privée/vie professionnelle et surtout comment être prise au sérieux après ? Autant s’autoproclamer directement « maman et uniquement maman » auprès de son taf…

      Le drame de ces femmes qui viennent avec leur bébé au taf c’est que parfois le bébé est super moche et tu te dois de dire « Oh mais comme il est mignon ! » alors que même la génitrice sait qu’objectivement l’enfant est affreux.

      • Et le pire c’est qu’on a l’impression que le bébé fait office d’accessoire pour permettre à la mère de se faire remarquer, genre comme un bijou. Le gamin-objet dans toute sa splendeur. Et franchement emmener un nourrisson dans un endroit bruyant, alors qu’il est censé avoir ses heures de sommeil,ce n’est pas franchement malin…

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