La fausse bonne idée

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Tu passes une si bonne soirée, tu bois de la vodka parce que c’est bon la vodka. Ça va, tu mets du jus dedans donc tu peux en boire plusieurs verres, non ? Tiens, c’est ton combientième verre là ? Le troisième. Ça va, trois verres, tu ne vois pas où est le problème. Sauf que tu parles, tu parles, tu parles et on te sert un quatrième verre. Et tu fumes Camel sur Camel en riant comme une possédée. Et un cinquième verre. Et tu parles encore, c’est fou tout ce que t’as à dire. Et arrive le moment où il faut que tu te lèves pour pisser parce que boire ça donne toujours envie de pisser. Sauf que tu te rends à l’évidence : tu ne marches pas droit. Mais est-ce bien grave ? Non, puisque tu rentres en taxi. Et tu continues de boire jusqu’à ce que tu te rendes compte que ton dernier verre, le millième là, tu ne pourras pas le finir. Et qu’il est temps de rentrer à la maison. Ou de t’étaler comme une merde sur le tapis de ton pote (qui n’a pas de tapis, maintenant que tu y penses…). Dans le taxi, tu t’endors comme une vulgaire merde, ce qui permet au chauffeur de te faire faire gentiment le tour de Paris. Quelle délicate attention ! La note est salée mais tu t’en fous, tu es ivre presque morte. A peine rentrée, tu racontes n’importe quoi à ton mec qui hallucine sur ton état mais décide de s’en foutre parce que c’est un mec cool, puis tu files directement vomir dans le lavabo parce que vomir dans les toilettes, ça n’a rien de distingué. Deux fois. Puis tu files te coucher…

Quelques heures plus tard, pas une vraie nuit, non, tu te réveilles. Tes jambes sont lourdes, ta tête te fait mal et tu ne te souviens que d’une partie de la soirée. Tu trouves la force de rigoler à l’idée que tu t’es baladée sur un échafaudage alors que t’as super peur du vide, normalement. Tu regardes ton téléphone portable : dedans il y a des photos de parquet et de verres, floues. Bon. Tu sens le vomi. Tu files sous la douche mais tu ne tiens pas trop droite. Tu flanches sous l’eau. Tu te jures de ne plus jamais sortir en semaine. Même si tu sais que t’es en train de te mentir à toi-même. Tu prends un Doliprane 1000 mg, c’est un minimum, et une citrate de bétaine, cocktail gagnant. Tu arrives au taf à l’heure, ce que tu considères comme un exploit. Sauf que tu as des trucs à faire sur Excel. Et que tu vois flou. A chaque fois que tu parles à un collègue, t’as l’impression qu’il sait que t’as picolé toute la nuit. Tu essaies de ne pas lui parler de trop près because ton haleine fétide malgré deux brossages de dents et plusieurs pastilles à la menthe. Tu sers à rien, ma pauvre. Tu prends des pauses clopes que tu ne fumes pas parce que t’as fumé environ 25 000 clopes la veille. Tu fais des selfies dans les toilettes. Ce qui prouve que tu n’es pas dans ton état normal. Les cernes sont là, le teint cadavérique aussi, fidèles. T’as envie de t’échapper mais il reste encore 5 heures à travailler. Le midi, tu déjeunes seule en 5 mn à la cantine et tu te réfugies dans un bureau vacant sur lequel tu t’installes un lit de fortune. Voilà une riche idée ! Ton manteau fera office d’oreiller. Ça y est, tu es enfin couchée, en plus il y a du soleil dans ce bureau plein Sud, c’est agréable. Tu mets ton réveil (au cas où) et tu fermes les yeux pour retrouver Morphée. En espérant qu’il arrive vite. Le réveil sonne, tu as dormi 40 mn. Sauf que c’est encore pire. Tu es complètement ankylosée, ta bouche est pâteuse et tu meurs de soif. Il faut remettre tes petites chaussures, te recoiffer avec les mains et retourner à ton bureau. Il reste 4 heures de travail. T’as l’impression que t’as encore 10 ans de taule à tirer. Au lieu de travailler, tu décides d’écrire un billet pour ton blog. Sur la gueule de bois en semaine, par exemple. Un sujet que tu sembles bien connaître. Un billet que tu pourras relire le jour où tu auras la mauvaise idée de sortir en semaine. Parce que c’est fini, maintenant, avec la trentaine, tu ne peux plus boire en semaine, tu m’entends ?

Tu as survécu à cette journée ! Tu rentres chez toi, tu t’installes dans le canapé avec le chat et tu t’endors comme une merde. Mais une merde heureuse. La prochaine fois, tu te rappelleras de ne pas boire avec quelqu’un qui a des putains d’origines polonaises.

gdb

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