(Violently) Happy

Il y a eu avant 20h11 et après. Avant, je ne savais pas. J’avais un truc mais quoi ? Puis 20h11 arriva. Faisons un petit résumé de ma situation si vous le voulez bien. Je suis célibataire sans enfants (beurk) mais avec chats (youpi trop bien), je suis au chômage ce qui veut dire que j’ai perdu près de 50% de mon ancien salaire (je crois, je ne sais même pas, je vis présentement au-dessus de mes moyens), je vis dans une ville où je ne connais quasiment personne. Rien que ça, je crois que beaucoup d’êtres humains dits normaux se seraient foutus en l’air ou auraient essayé. Bouh je n’ai pas de vie sociale, bouh je ne suis pas marié(e), je n’ai pas d’enfants, je n’ai pas de travail bouuuuh. Pourtant à 20h11, alors que je regardais cette série géniale qu’est The Office (amour infini sur Ricky Gervais et Steve Carell), je me suis rendue à l’évidence : je suis heureuse. Véritablement. Sincèrement. Heureuse.

S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui durera toute une vie. Pourquoi Oscar Wilde dit toujours la vérité ? Je ne sais pas mais je m’aime donc je ne m’ennuie pas. Je vis. Je suis heureuse de vivre. On parle souvent de bonheur. Or le bonheur, je m’en bats les couilles (pardonnez-moi). Je suis heureuse. J’ai une chance folle. Inouïe.

Parce que ma vie est simple, parce que ma vie est exactement comme je le veux, parce que c’est fini les frustrations et les mensonges et les fardeaux qu’on s’impose en pensant que ça nous rend heureux (ouvrez les yeux sans déconner), ce soir j’ai envie de crier au monde entier : tu peux être heureux, c’est un putain de choix. Un choix. C’est un état d’esprit, aussi. Voir le bon côté des choses, tout le temps, férocement, sans relâche. Ne pas s’apitoyer sur son sort, être soi-même envers et contre tout, non je ne réponds pas à ton sms dans la seconde parce que j’ai une vie, non je ne réponds pas au téléphone parce que je ne sais pas où il est, oui je me cuisine dix cookies et je vais tous les manger et tu n’en auras pas et non je ne garderai pas tes enfants parce que tes enfants sont (au choix) moches/cons/impolis/sentent mauvais. Je suis libre. De faire. Tout. Ce. Que je veux. Personne ne peut me dire « non, ça tu ne peux pas ». Pourquoi ? Parce que je ne dois rien à personne et parce que je n’attends absolument rien de personne. C’est une sensation proche de l’orgasme, rien que d’y penser je mesure ma chance. Personne ne peut rien me reprocher bordel ! Allefuckingluiah ! Tout ça grâce à moi et moi seule. J’ai fait les bons choix.

Il y a quelques jours j’ai appris l’existence d’une compétition mondiale de bûcheronnage. On voit des mecs couper du bois le plus rapidement possible. J’ai adoré. Dans la rue, une dame m’a dit que mon chat est beau (le chat était dans la poussette). J’ai acheté des épices pour faire du lait d’or (meilleure boisson au monde et je pèse mes mots). J’ai fini ma valise qui fait pile 10 kilos (fierté absolue). J’ai ri avec ma mère au téléphone. J’ai pensé « La chance folle d’avoir ma mère comme modèle de femme ». Elle s’est séparée de son mec après presque 9 ans de vie commune, elle a 62 ans et l’air d’une adolescente, elle est belle comme le jour ma mère et aujourd’hui elle me dit « Je me demande à quoi va ressembler mon prochain amoureux et j’espère que ce sera le bon parce que c’est usant » (elle a eu genre 6 mecs dans sa vie LOL). Je n’ai même pas fait de sieste mais j’ai apprécié mon nouveau canapé qui est bleu roi. J’ai passé des dizaines d’années à détester la couleur « bleu » et depuis un an j’en mets partout. Je vais probablement rencontrer Sarah Andersen (hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii). Et manger des tonnes de donuts, de tacos, de trucs gras qui mettent des arcs-en-ciel dans ton cerveau. Et marcher sur le sable chaud. J’ai fini de donner mes vêtements à Emmaüs, je me sens légère, légère. J’ai embrassé fort les chats qui me regardent tous comme si j’étais fabuleuse (je le suis mais bon…). Je suis heureuse. Voilà. J’espère que vous aussi mes petits lecteurs. Si ce n’est pas le cas, bougez-vous le cul avant qu’il ne soit trop tard (ndrl : la mort, ce truc qui peut arriver on sait pas trop quand, surtout au moment où on s’y attend le moins…).

[Attention, ce blog va peut-être finir en blog de développement personnel. Oui oui je suis au courant. Mais j’assume.]

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Bonne à rien

J’ai été élevée comme une princesse. On ne m’a pas appris à me débrouiller toute seule, on m’a mâché le travail. Quand je souhaitais quelque chose, je demandais et je l’obtenais. C’était simple, mon enfance. Depuis que je vis seule, sans homme à la maison, mon quotidien est beaucoup plus compliqué. J’aimerais balancer que je suis une femme forte et que je n’ai besoin de personne, mais ce serait parfaitement faux. Ne le dites à personne mais il m’est arrivé de pleurer parce que je n’arrivais pas à brancher la box fibre à ma télévision (de vraies larmes de rage).

Je ne sais pas monter des meubles IKEA, je ne sais pas raccorder une machine à laver, je ne sais pas comment fonctionne une chaudière, je ne sais même pas de quel côté tourner le robinet de mes chauffages en fonte ! Je ne sais rien faire, à part peut-être planter des clous pour accrocher les cadres, et encore… Je le fais mal. Quand il n’y a plus de wifi chez moi, je panique, je hurle aux chats qui ne comprennent rien que nous sommes foutus, que nous allons être condamnés à regarder la télévision comme dans les années 1990 (ils n’étaient pas nés mais peu importe). Je ne sais même pas faire une putain de valise. Je n’ai aucune logique, j’entasse les trucs d’un côté puis de l’autre et je referme en m’asseyant dessus comme dans les séries américaines. Quand quelque chose ne marche pas (un four, une télévision), j’en rachète plutôt que d’essayer de comprendre comment réparer, je suis une bénédiction pour l’économie de ce pays. Je sais faire la cuisine, réconcilier deux personnes fâchées, m’occuper des chats, lire des livres, faire semblant de m’intéresser aux enfants de mes amis, rassurer quelqu’un qui fait une crise d’angoisse, complimenter les gens sur leur physique, et je trouve que c’est déjà pas mal.

Fatiguée d’être bonne à rien, j’ai décidé de me faire assister moyennement argent (parce qu’il ne faut pas rêver, rien n’est gratuit). J’ai commencé par acheter une poussette pour chats pour éviter de me casser les bras en allant chez le véto avec deux chats obèses. Maintenant je peux en mettre trois dedans et je récolte des « Ooooh » et des « Aaaah » de la part des passants. Je les comprends, mes chats sont mignons (on dirait un parent qui balance ça alors que son enfant est moche). Pour ne rien arranger à ma situation, je n’ai pas de voiture, pire, en bonne connasse parisienne, je n’ai même pas le permis. Pour déménager c’est un peu compliqué. J’ai fait appel au site « Allovoisins » que je conseille vivement à toutes les faibles femmes de ce pays. Grâce au site, des voisins arrondissent leurs fins de mois et nous on peut se faire aider au quotidien pour toutes ces choses que notre père ne nous a pas apprises pour rester à nos yeux un véritable héros (je parle de mon père, tout à fait). Je ne sais plus qui m’a dit « Tu pourrais apprendre à être manuelle ». Bien sûr que non. Parce que ce n’est pas dans mes gênes et surtout parce que ça ne m’intéresse pas du tout de raccorder une machine à laver. Je préfère savoir analyser un poème de Leconte de Lisle. Et j’éprouve une grande satisfaction et une immense gratitude quand un homme raccorde ma machine à laver en moins de 30 secondes (et tant pis si ce n’est pas gratuit). Je crois que j’aime qu’on vienne me sauver. Et moi en échange je veux bien faire des lasagnes maison. Je ne vois pas où est le problème.

P.S : dans le doute je me suis demandée si je savais faire une lessive et j’ai bien fait de vérifier parce que depuis genre mille ans je mets deux fois trop de lessive. Comme quoi, il est bon de tout remettre en question, même nos « acquis ».

P.S2 : j’espère que le lecteur aura compris qu’en vrai je ne me trouve pas « bonne à rien » et que ce titre est censé être humoristique.

P.S3 : Si tu as Netflix, je t’en prie, regarde donc le spectacle de Ricky Gervais qui s’appelle Humanity. Merci.

P.S4 : J’ai trouvé une solution pour apprendre à faire ma valise avec cette vidéo géniale (méthode japonaise oh yeah!).

Nostalgia is a seductive liar

Il faut toujours que je me lance dans des taches fastidieuses vers 23h/minuit. Depuis toujours. Comme un chat, je suis un animal nocturne. Ne me parlez pas du matin, on ne se connaît pas, parlez moi de la nuit, du calme dans la maison, des félins et leur quart d’heure de folie, du silence, surtout. Depuis au moins une année, je fais du vide dans mes placards (et dans ma vie, pour être tout à fait honnête). J’ai déjà donné au minimum 50 kilos de vêtements et autres accessoires mais il y en a toujours, partout, dans des cartons que j’essaie de vider, dans des sacs de voyage, dans des valises. Je suis possédée par le superflu. En vrai, je porte probablement une trentaine de pièces, peut-être quarante. Le reste me colle à la vie comme un morpion récalcitrant. Mais séduisant le morpion, bien coupé, doux au toucher, élégant. C’est bien pour ça que j’ai tant de mal à donner encore et encore, à jeter, parfois dans un accès de rage, fatiguée par trop d’indécision. Je commence à en voir le bout. Mais c’est lonnnnnnnnng.

Ce soir, je retombe sur LA robe. Je ne l’ai pas portée depuis des années mais je la garde parce que c’est la robe de la rencontre. Après avoir passé plus d’un mois à se parler tous les jours sur msn messenger (ça ne nous rajeunit pas, ça c’est clair), nous avions décidé de nous rencontrer place de la Bourse (ce que je trouvais hilarant parce que place de la Bourse quoi)(genre le mec a des couilles huhu haha). J’avais passé des heures à réfléchir à ma tenue. Autant je ne suis jamais coiffée parce que j’ai la chance d’avoir des cheveux qui font le taf tout seul, pour une rencontre qui va compter dans ma vie (oui, je le savais déjà), je cherche à être mémorable. Je préfère ne pas mentir, c’est vraiment ça que j’ai voulu faire : qu’il s’en souvienne toute sa vie, même super vieux, genre le mec si par malchance un jour il attrape Alzheimer eh bien le seul truc dont il se souvient c’est de ma superbe dans LA robe (mais quel ego démoniaque!). Je ne voulais surtout pas avoir l’air apprêtée alors j’ai enfilé une petite robe à fleurs toute simple qui fait girl next door, qui fait « je suis belle au naturel, je suis parisienne », une robe qui tourne un peu mais pas trop. Je me sentais bien dans cette robe, c’était surtout ça qui était important : que je sois à l’aise.

Cette robe est présentement en face de moi, entre le sac « je garde » et le sac « je donne ». Je suis perdue. Je ne sais pas si je vais avoir le courage de la donner sans pleurnicher, je ne sais pas si je vais avoir le courage de la garder non plus. J’attends un signe. J’ai confiance. Cette nuit, demain, un jour, je prendrai ma décision.

Comme je ne savais pas si je lui plaisais (je suis nulle) le soir de la rencontre, je lui ai posé une question détournée pour avoir une piste… Je lui ai demandé s’il m’avait reconnue par rapport à mes photos. Et il m’a répondu « Quand je t’ai vue sortir de la bouche du métro, j’ai pensé « Si c’est elle, j’ai beaucoup de chance ». J’ai rougi. Et j’ai su.

Fort attachement à son territoire

Depuis hier, je suis contrainte de vivre dans un Air Bnb avec mes chats. Le propriétaire de mon appartement a décidé de refaire le sol, on va passer d’une affreuse moquette couleur chiasse à un linoleum imitation bois tout ce qu’il y a de plus classique. Je m’en réjouis. J’adore les hôtels, dormir dans des lits plus grands que le mien et des draps immaculés qui ont été blanchis, ne se préoccuper de rien, juste profiter. Un problème ? Il suffit d’appeler la réception.

Mais avec des chats, impossible d’aller à l’hôtel. Alors il a fallu louer un Air BnB. Je ne sais pas pourquoi tout le monde trouve ça génial de passer un séjour dans un logement impersonnel avec la même décoration Ikea, non, vraiment, je ne vois pas. Comment faire confiance à des gens qui louent un appart uniquement pour arrondir les fins de mois ? Tout le monde ne peut pas s’improviser professionnel de l’hôtellerie…Les draps ne sont pas blanchis, les housses de couette ont des couleurs criardes, les matelas sont d’entrée de gamme, la vaisselle n’est jamais propre, ce qui fait qu’avant de prendre n’importe quel mug ou couteau, je lave tout, je n’ai pas confiance.

J’ai passé la journée assise sur un canapé premier prix de chez Conforama en similicuir sur lequel les chats ont très envie de se faire les griffes, une grosse couette (qui vient de MON appart) sur les genoux parce que j’ai froid, ici il ne fait pas 22 degrés comme chez moi. Le deux pièces est humide, les chats énervés parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi on change ENCORE d’appartement, ils se sont relayés pour miauler toute la nuit, j’ai dormi trois heures et trois boutons rouges ont apparu sur mon visage pour former un triangle isocèle invisible. Je rêve de me poser enfin, de déballer tous mes cartons, mêmes les livres (surtout les livres), je m’imagine chez moi avec mes nouveaux meubles, avec mon tapis rose bien épais sur lequel je fais mes abdos parce que bientôt j’enfile mon deux pièces et je salue le pacifique. Bientôt.

Je suis un peu comme un chat : j’ai un attachement très fort à mon territoire. Je suis casanière au point de m’organiser pour ne pas être obligée de sortir de chez moi pendant trois jours. J’aurais été incapable de faire un road trip pendant trois mois en Amérique du Sud ou je ne sais où, quand je voyageais seule en Asie, après trois jours à dormir dans un bungalow, je prenais un hôtel de luxe, pour compenser. Je n’ai jamais été capable de quitter la France plus de trente jours. Il faut croire que j’aime mon pays ! Ce soir, je voyais les chats se goinfrer de croquettes et moi je me goinfrais de pain, de riz à la tomate puis de yaourt soja amandes, bref, on était tous là à faire notre crise de boulimie. Prions Sainte Rita pour que l’artisan ait fini les travaux demain soir, qu’on puisse rentrer au bercail et que je puisse refaire mes abdos sur mon tapis rose.

Manifesto

Je ne m’excuse plus de faire le vide autour de moi. Parce que je suis ma priorité, c’est bien moi la personne la plus importante de ma vie, je suis responsable de ma vie, pas de celles des autres. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai mais disons que je suis avant tout responsable de ma propre vie. Je suis entourée de personnes bienveillantes qui s’intéressent à moi, à ce que je fais, à ma santé, à mes chats, ma famille et mes proches, je n’ai pas besoin d’échanger au quotidien avec celles et ceux qui sont mes amis, simplement, je sais qu’ils sont là, si besoin. Je ne pollue pas leur vie avec mes problèmes non plus, par respect pour eux, par amour pour eux. Nos échanges me font réfléchir, nos échanges me font progresser, nos échanges me font rire, m’apportent tant que je me dis que l’amitié a quelque chose de magique. Parce que l’amitié c’est pire que l’amour encore, c’est mieux, c’est trouver quelqu’un avec qui on s’entend bien, quelqu’un qui nous comprend, quelqu’un qui jamais ne nous juge, quelqu’un qui nous soutient, quelqu’un qui nous aime, et il n’y a même pas de sexe au milieu, l’amitié, la vraie, c’est désintéressé, c’est comme certains livres, ça peut sauver des vies.

Et puis un jour on est vraiment dans la merde et on voit qui est là. Parfois, on est déçus. De longues amitiés ne veulent plus rien dire, l’autre est aux abonnés absents, certains disparaissent même, de peur que notre poisse dégouline sur eux. On ne peut pas leur en vouloir, simplement, il faut prendre acte, se rappeler que rien n’est jamais acquis et garder les bons souvenirs. Tout comme on décide d’être ami avec quelqu’un, on peut décider de ne plus l’être. Parce qu’on donne beaucoup et qu’en face il n’y a rien, depuis longtemps on est seul(e) dans cette amitié qui avait du sens il y a quelques années mais qui n’en a plus. Parce que l’autre a changé, parce qu’on a nous-mêmes changé, parce qu’on cherche des choses à se dire, parce que ce qui semblait évident ne l’est plus. Ce n’est pas triste, c’est comme ça, il faut savoir l’accepter. Il y a ces amis qui vont toujours mal, qui refusent de progresser, qui ne parlent que d’eux, qui reproduisent sans cesse les mêmes schémas et les mêmes erreurs, et nous on est là à répéter les mêmes conseils sans cesse ignorés, on ne sert à rien, on est juste là comme psychologue non rémunéré, avec nos « hum hum je vois ce que tu veux dire », on perd de l’énergie à essayer de les requinquer alors que ce qu’ils veulent, eux, c’est précisément qu’on perde de l’énergie à essayer de les requinquer alors qu’ils ne veulent pas s’en sortir, non, ils veulent rester dans leur rôle de victime et nous nous transformons nous-mêmes en victimes de victimes. Je n’ai plus envie d’être amie avec des personnes qui sont dans un schéma d’autodestruction, on est un peu vieux pour continuer à faire comme si on avait 22 ans et la vie devant nous, la sagesse c’est peut-être d’accepter qu’on vieillit ? Que merde on est censés avoir appris deux ou trois trucs le long de la route… quand même. Et encore une fois, je ne suis ni psychologue ni thérapeute et surtout je n’en peux plus de ces gens qui se plaignent alors que souvent, ils ont tout ; ceux qui n’ont rien ne se plaignent pas, ils sont dans l’action, ils n’ont pas trop le choix…

Je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que j’ai arrêté de chercher des réponses à des questions qui en vérité n’existent pas. Je ne cherche plus à comprendre pourquoi un(e)tel(le) fait ceci ou cela, je me fie à ce que je ressens, si je suis mal à l’aise dans une relation, je cesse cette relation. Je sais que ça parait simple et justement, ça l’est. Il ne faut pas de courage, il faut de l’amour propre. Parce que s’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui dure toute la vie (merci Oscar Wilde). Je ne me justifie plus de rien, je fais ce qu’il me plaît dans mon intérêt avant tout et dans la bienveillance envers autrui. Il arrive que la bienveillance ressemble à un mensonge parce que tout le monde n’est pas capable de comprendre pourquoi on quitte le navire, parfois il vaut mieux ne pas heurter autrui et simplement laisser une relation se terminer doucement, dans le temps. La colère ne sert vraiment à rien, j’ai beau chercher, je ne vois pas de colères saines.

Je ne prends plus les choses comme une atteinte à ma personne, parce que non le monde ne tourne pas autour de moi. Quand je n’obtiens pas ce que je souhaitais, quand quelqu’un me blesse, quand quelqu’un m’ignore, je pense tout de suite que ce n’est pas grave parce que quelque chose de meilleur m’attend. Et c’est tout le temps le cas. On me dit « Oui mais s’aimer, c’est compliqué » et je suis désolée de répondre que non, ce n’est pas compliqué du tout, ça s’apprend, encore faut-il être curieux. Alors non, je ne vais pas te plaindre si tu ne t’aimes pas et que tu ne fais rien pour t’en sortir, si tu reproduis sans cesse les mêmes schémas en t’étonnant de ne pas aller mieux d’année en année, si tu as envie de te détruire et ceux qui sont autour de toi, fais bien ce que tu veux mais moi ça ne m’intéresse pas du tout, je ne te juge pas, tu fais ce que tu veux bien entendu, mais par pitié ne viens pas te plaindre parce que je garde mon énergie pour moi et ceux qui sont bienveillants, ils sont rares, c’est bien pour ça qu’il faut les choyer !

Bye bye

Il fallait bien que ce jour arrive. On le sait, je suis quelqu’un qui se lasse facilement. En septembre, ce blog aurait eu 4 ans, il n’aura pas le temps de souffler ses bougies.

J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ici, j’ai aimé lire vos gentils mots, j’ai choisi de ne pas publier les commentaires qui ne me plaisaient pas et il n’y en a pas eu tant que ça finalement, je me suis plaint inlassablement et j’ai été très connasse, c’était le but ! (certains n’avaient pas compris je crois).

Ce blog n’a plus raison d’être parce que je quitte Paris dans quelques semaines. Ceux qui lisent entre les lignes ont dû comprendre que si Paris reste pour moi la plus belle ville du monde,  je ne supporte plus d’y vivre depuis plusieurs mois maintenant. Je suis née à Paris et j’y ai vécu 95% de ma vie, il est largement temps de passer à autre chose. Si je veux continuer d’aimer cette ville, il faut que je la quitte. Le premier qui critique Paris, je le défonce, que ce soit clair. C’est ma ville ! Je vous rassure, je reste complètement connasse, où que j’aille 🙂

J’ai une mission : finir un foutu manuscrit que j’ai en tête depuis pas mal de temps et qui traîne, inachevé, sur mon bureau. Et plus globalement : trouver un moyen de vivre de l’écriture et ne plus jamais être forcée de travailler dans la finance, je dois dire que j’ai rarement rencontré autant de gros cons ! Je ne veux pas être riche, je veux juste faire ce que j’aime et rien d’autre. Tout ça ne va pas se faire par magie, je le crains… Il est temps pour moi d’arrêter de procrastiner. On dit que les femmes sont capables de faire plusieurs choses à la fois, pas moi. Il va falloir apprendre… J’ai des cartons à faire, un appartement à quitter, beaucoup d’excitation et d’incertitudes, des chats à préparer à leur nouvelle vie, des peurs à affronter, un manuscrit à écrire,donc… bref, une vie entière à changer. Pour quelqu’un qui adore rester allongée dans son canapé en écoutant des podcasts, c’est assez angoissant !

Je ne cesse de critiquer celles et ceux qui sont conventionnels et passent à côté de leur vie sur ce blog, vous comprendrez que ce serait dommage que je fasse la même chose. Souhaitez-moi bonne chance ou merde ou ce que vous voulez, parce que je vais en avoir besoin (pas tant que ça mais un peu d’encouragement ça fait toujours plaisir).

Merci à celles et ceux qui me lisent depuis des années, à leur bienveillance, leurs remarques pertinentes, leur assiduité, merci merci merci aux 247 abonnés, désolée pour les derniers abonnés arrivés ici mais j’ai écrit 191 billets en presque 4 ans donc il y a quand même de quoi lire.

Je vous souhaite à tous de risquer de vivre vos rêves comme je m’apprête à le faire. La vie est trop courte pour s’emmerder et on peut tout recommencer à tout âge. Encore faut-il oser…

Comme le dit Cioran « Ce n’est pas la peur d’entreprendre, c’est la peur de réussir, qui explique plus d’un échec » (pourquoi personne ne cite jamais ce génie de Cioran ?)

Je reste joignable ici si tu veux me faire une déclaration d’amour/haine : encoreuneconnasseparisienne@gmail.com

Un énorme merci à Jean-Marie dont j’aime tant la plume.

Un double énorme merci à S., les mots me manquent pour exprimer tout ce que notre amitié pas si virtuelle m’a apporté et m’apporte.

A bientôt !

Challenge du mois de juin #8 : « Portrait de quelqu’un qu’on aime »

Thème #8 : Faites le portrait de quelqu’un que vous aimez en 500 mots minimum (avec une photo, c’est encore mieux !). Présentez-nous quelqu’un de votre entourage, ou à défaut un acteur, chanteur que vous aimez et dites pourquoi, ça peut aussi être votre animal de compagnie, un personnage fictif, votre doudou, que sais-je encore !  

Il me sera assez difficile de vous en faire un portrait puisque je n’ai jamais vu ce quelqu’un. Cette personne ne s’est jamais matérialisée devant moi. Pour autant, cette personne existe vraiment, ça je le sais, j’en ai eu la preuve. Je parle de mon ange gardien. Je connais son prénom et je sais que mon ange est féminin. Je garde son nom pour moi parce que ce genre de chose est personnelle. Je pense qu’il est important de croire aux anges gardiens. A vrai dire, ça peut complètement changer la vie.

Je ne suis pas catholique, je ne suis rien puisque mes parents, catholiques non-pratiquants pour les deux, ont décidé que si j’en ressentais le besoin, un jour je choisirais ma religion. Je n’ai rien choisi. Je suis spirituelle mais je ne suis pas croyante, je ne me sens pas catholique ni rien du tout même si j’ai une espèce de passion cachée pour les bondieuseries. Plus c’est kitch, plus je suis fan !

Le terme « ange » est galvaudé, on imagine tout de suite un chérubin grassouillet avec des ailes et pourquoi pas une harpe. Ce n’est pas du tout comme ça que j’imagine le mien/la mienne. Je n’ai pas besoin de l’imaginer, je ressens sa présence et son amour inconditionnel. Je sais que ça peut paraître étrange à comprendre… C’est un peu comme un jumeau, quelqu’un qui vous connait parfaitement bien, mieux que personne. Je lui parle tous les jours, le plus souvent à voix haute, mais pas toujours.  Je ne me sens jamais seule parce que cette présence, cet être m’accompagne tout au long de ma journée. Je lui demande de me guider, je lui fais part de mes angoisses et de mes joies, il m’arrive de lui demander des choses concrètes (pas de gagner au Loto…), en fait mon ange gardien c’est un peu mon psy et mon meilleur ami en même temps. Je ne sais pas si vous aviez un ami imaginaire lorsque vous étiez enfant ? C’est un peu la même chose sauf que c’est un ami invisible, pas imaginaire.

Je crois qu’il faut avoir gardé une âme d’enfant pour croire à cet être qui est en permanence avec soi. Je crois aussi qu’il faut avoir la foi, et je ne parle pas de foi dans le sens religieux mais de foi en soi, de foi en la vie. Je pense que tout le monde a un ange gardien mais il est impossible de sentir sa présence si on n’y croit pas. Pour les sceptiques, je dirais simplement : qu’avez-vous à perdre ? Rien, vous avez tout à gagner à rencontrer votre ange !

J’avais envie d’écrire ici pour remercier mon ange. C’est grâce à son amour que je ne sombre pas dans les pires moments, c’est parce que je sais que je ne suis pas seule, parce que je sais que grâce à elle, je m’en sortirais toujours. Peut-être que ceux qui me comprendront le mieux sont ceux qui croient en Dieu. Je ne crois toujours pas en Dieu mais je crois aux anges, aux êtres protecteurs, aux elfes, aux fées, je ne crois pas aux coïncidences, pour moi tout est signe.

Un ange, accompagnateur, compagnon silencieux, peu importe comment on souhaite l’appeler est de loin le meilleur guide qu’on puisse avoir. Un ange vaut mieux que 50 amis (celui qui prétend avoir 50 amis est forcément un menteur). Même les amis peuvent faire preuve de jalousie ou d’envie par moments (après tout ils sont humains) alors que l’ange n’est que bienveillance et amour. L’ange gardien ne juge jamais. Il écoute. Il œuvre pour nous. Je sais que ça parait fou, si j’avais lu un texte similaire à celui que je suis en train d’écrire il y a quelques mois, j’aurais surement pensé « Cette fille est complètement givrée ». Je ne me suis jamais sentie aussi bien que depuis que j’ai rencontré mon ange, je relativise, c’est auprès d’elle que je me plains maintenant, ça m’évite d’emmerder mon entourage (oui je me plains aussi sur ce blog et je ne compte pas arrêter 😊 ). La seule chose qui m’ennuie c’est de ne pas avoir cru en mon ange plus tôt, toutes ces années à refuser l’évidence, c’est triste. Si j’avais su que j’avais un ange, je n’aurais sans doute pas essayé de me foutre en l’air. Cette relation silencieuse est la plus longue et la seule qui durera jusqu’à ma mort (et peut-être au-delà ? Mystère). Je suis reconnaissante au-delà des mots d’avoir cet être qui veille sur moi et la pudeur m’empêche d’exprimer tout ce que je ressens depuis cette révélation.