Don’t beg anyone to be a part of your life

J’étais à Brighton, cette jolie station balnéaire qui n’a vraiment rien à voir avec Londres qui se trouve à une heure de train seulement, et j’ai compris : après cinq années à écrire sur ce blog, il est temps pour moi de fermer cette page. Toutes les bonnes choses ont une fin. Voici ce que j’ai appris en cinq années à écrire ici :

  • on ne choisit pas ses lecteurs, parfois on a des lecteurs dont on se sent proches, et d’autres dont on ne comprend même pas pourquoi ils nous lisent, il faut accepter tout le monde…. ou pas, j’ai choisi depuis le début de modérer les commentaires parce que c’était mon blog, mon chez moi, et que je ne laisse pas entrer n’importe qui chez moi !
  • à force d’écrire sur l’amitié, j’ai compris que je mettais ce concept sur un piédestal alors que l’amitié demande encore plus d’efforts que l’amour. Quand on s’embrouille avec son mec, il suffit de se réconcilier dans un lit, avec un ami, ce n’est pas possible… J’ai parlé de tant d’amis sur ce blog dont je n’ai absolument aucune nouvelle aujourd’hui, et vous savez quoi ? Ils ne me manquent même pas, je suis beaucoup plus détachée aujourd’hui qu’il y a cinq ans où j’interprétais les choses, je me rendais malade parfois, quelle perte de temps ! Je ne supplie personne d’être dans ma vie, je considère que soit tu en fais partie et tu as de la chance parce que je suis une personne bienveillante, soit tu n’en fais pas partie et bonne route à toi. Quand on a des frères comme les miens, on n’a pas besoin d’amis… Ce sont eux qui sont là tout le temps, que j’aille bien ou mal, ce sont eux qui osent me dire que je fais de la grosse merde ou que je suis sur la bonne voie, ce sont eux qui ÉCOUTENT, écouter, vraie qualité qui se perd. L’amitié c’est comme l’amour, il faut que ce soit une plus-value, si ce n’est pas le cas, croyez-moi : fuyez ! C’est dans ce superbe petit livre illustré de Sonja Bajic qui s’appelle « What my girlfriends told me » que j’ai trouvé de précieux conseils dont celui-ci : Ne supplie personne de faire partie de ta vie. (Et je fais un bisou à Sabrina qui est une amie précieuse, merci à toi d’être là depuis six ans et de m’avoir fait découvrir cette bonne vieille Thérèse ^^).

  • Quand on va mal, au lieu d’aller voir un psy qui va te coûter une blinde et raconter ce que tu lui confies à ses potes le week-end pour faire le malin, je te conseille non pas d’écrire mais de faire des vidéos de toi face caméra à chaque fois que tu te sens mal. C’est ce que j’ai fait pendant un an. Revoir ces vidéos me fait prendre conscience que j’ai beaucoup de chance d’avoir un Iphone 128Go mais surtout que j’ai fait du chemin, à force de me « parler à moi-même », à ressasser les mêmes problématiques, j’ai pu voir où il fallait progresser, j’ai appris à relativiser, et à rire de moi-même, parce que les vidéos où je pleure face caméra sont aussi drôles que Kim Kardashian en larmes haha

  • Écrire sur ce blog c’est bien mais moi ce que je veux faire, c’est finir mon manuscrit. Or, écrire ici m’a parfois permis d’écrire un super billet… que j’aurais pu exploiter pour mon manuscrit. Autant tout garder pour le manuscrit, c’est ce que je fais désormais. Écrire ici m’a permis de partager avec les lecteurs, d’avoir des retours auxquels je ne m’attendais pas sur certains articles, c’est un bon test pour la suite ! Je garde en tête la citation de Picasso : « Sans grande solitude, aucun travail sérieux n’est possible ».

Je remercie chaudement tous ceux qui sont un jour passés sur mon blog de connasse, je remercie mes derniers fidèles lecteurs et lectrices qui m’ont aidé à supporter cette année un peu en dents de scie, qui, avec leur commentaires, m’ont permis de sourire et de me sentir moins seule. Je fermerai ce blog dans les semaines qui viennent mais je conserve mon mail, pour continuer les échanges avec certain.e.s d’entre vous (encoreuneconnasseparisienne@gmail.com).

MERCI ❤

Pour finir, un coucher de soleil à Brighton. C’était bien ! (merci Nessie pour tout <3).

Et pour finir sur une note « connasse » comme on les aime, je suis tombée sur l’instagram de Kate Hudson qui est très très enceinte et j’ai eu envie de vomir.  Pourquoi je cherchais l’instagram de Kate Hudson ? parce que j’ai commandé un legging Fabletics (ils m’arnaquent depuis un an mdr) et j’ai cru que je serais bonne en blanc avec des fleurs sur le côté alors que j’aurais sans doute l’air d’une Céleste Barber haha, ça va être magnifique, heureusement que j’ai arrêté d’aller à la salle et que je fais mon pilates tranquille à la maison (les chats ne me jugent pas, eux). Bref, il n’y a décidément rien de plus moche qu’une femme enceinte, fut-ce Kate Hudson (en revanche, c’est super beau chez elle, je suis devenue accro à l’app « Design Home », je suis décoratrice d’intérieur virtuelle, ça me coûte cher mais j’ai déjà eu plein de 5, eh oui, ne soyez pas jaloux). Et par pitié, épargnez-moi les « mais c’est le miracle de la vie bla bla bla », c’est le miracle de la laideur, point barre. Un jour, je créerai le club des connasses nullipares, avec nos ventres plats et nos mollets fuselés, nous sommes faites pour diriger le monde, vous verrez ! Bisous 🙂

Bonjour, je suis Kate Hudson et je suis difforme et j'adore ça youpi vive la maternité je me sens femme bla bla bla ta gueule

Bonjour, je suis Kate Hudson et je suis difforme et j’adore ça youpi vive la maternité je me sens femme bla bla bla ta gueule

 

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Miaou miaou

De l’été qui s’achève enfin j’ai décidé de retenir les abricots et les cerises, la bière bien fraîche qu’on savoure le soir quand les températures baissent (un peu) et les couchers de soleil. C’est tout, le reste est définitivement à foutre à la poubelle et j’avoue me réjouir de voir la mine déconfite des amoureux de l’été qui ne vont pas tarder à geindre jusqu’en avril prochain. Mais allez donc vivre ailleurs ! Allez donc dans le Sud, à Marseille, tiens, c’est très bien, c’est loin, jamais je n’y mettrais les pieds, ça me semble tout à fait idéal.

Une chatte miaulait à la mort devant mes fenêtres, je suis descendue à moitié à poils dans la panique, j’ai pris l’animal dans mes bras et je suis remontée sous l’œil médusé des types au bar en train de prendre un énième apéro, l’un deux a dit « Moi aussi je veux être adopté et je suis doux comme un chat », j’ai levé les yeux au ciel  et j’ai dit «Jamais, non ». Ce « jamais » l’a choqué, je crois. Les autres ont ri ouvertement et moi je montais chez moi en roulant du cul telle la princesse connasse que je suis (insérer emoji vernis à ongles). Il y aura toujours de la place pour un chat dans mon foyer mais certainement plus pour un homme. En tout cas, pas pour un vieux quadra à moitié alcoolo qui se croit viril sur sa moto de merde.

La petite chatte est désormais chez moi comme chez elle, elle se repose de son opération, elle a été stérilisée, désormais elle pourra couler des jours heureux. J’ai bien tenté de la faire adopter mais les gens sont cons, ils veulent des chatons de deux mois parce que c’est mignon. J’avais aidé à l’adoption d’un chat par une copine que j’estimais fiable, cette charmante personne (apparemment tu me lis donc je te l’écris rien que pour toi : crève) s’en est débarrassé par la suite, sans me prévenir. Personne n’est fiable, voilà le problème. Les gens s’imaginent que les animaux sont des meubles qu’on peut jeter à la benne quand ils sont trop vieux. Ils ont de la peine pour le petit veau qui finit en steak et envisagent d’arrêter de manger des bébés animaux mais s’inquiètent du sort des éleveurs, pauvres petits éleveurs qui perdraient leur travail s’il n’y avait plus d’animaux à massacrer. L’humain est supérieur, pensent-ils. C’est pourtant l’humain qui nique l’humanité, qui nique les océans, l’air, la terre entière, avec son cerveau si évolué et si intelligent.

Sinon un inconnu total m’a envoyé un message sur instagram « Hey definition of beauty », ce con m’a fait rire pendant au moins cinq longues minutes avant que je ne le bloque, j’ai appris que des femmes se masturbent un oreiller entre les cuisses et qu’apparemment c’est super (résultat j’ai prévu d’essayer même si j’avoue être addict à ce bon vieux satisfyer qui, contrairement à beaucoup d’hommes, trouve mon clitoris en moins de deux), j’ai appris qu’une femme sur cinq ne savait pas où était son clito, justement, et ça m’a fait beaucoup de peine, ce manque de curiosité par rapport à son propre corps… si je ne me masturbais pas, sans doute deviendrais-je folle. J’espère que mes lectrices se masturbent, par pitié, dites-moi que vous vous masturbez ! (il n’y aura pas de commentaire, c’est évident, mais l’espoir fait vivre).

Message du soir : GO VEGAN ET MASTURBEZ-VOUS !!!

Bref, je dois finir ma valise, moi 🙂

Emotionally slutty

J’ai changé de numéro de téléphone. J’ai commencé la méditation. J’ai changé tous les meubles de place chez moi. J’ai fini la déco, six mois plus tard. Je rends mes comptes à un daily planner désormais, autrement dit : adieu la glande ! Je relis à nouveau, aussi. Je suis en année 9, j’ai jusqu’au 31 décembre pour finir mon manuscrit, sinon je suis partie pour un cycle de 9 années de merde, parce que je n’aurais pas bouclé ce qu’il faut boucler. Ce serait triste, n’est-ce-pas ?

Tout ça grâce au parfait Russe (je sais, ça paraît antinomique, dis comme ça) avec lequel j’ai été emotionally slutty. Le Russe… Physiquement, il était absolument mon genre, je dirais même mon idéal, si bien que j’ai été extrêmement impressionnée (je n’arrivais plus à mettre la clef dans la serrure de la porte de mon immeuble, je tremblais…). Grand blond aux cheveux wavy, pas bouclés, bouclés je déteste, wavy, ses cheveux faisaient des espèces de vagues à l’ancienne, très années folles, mais pas plaqués sur son crâne. De grands yeux bleus, un nez droit parfait à la Julian Casablancas (quoi de plus sexy qu’un beau nez droit ? De belles mains peut-être, ça aussi il avait). Une bouche miam miam et des fossettes, Mesdames et Messieurs. Les fossettes…Je. Je. Il avait fait du rugby alors forcément il était musclé mais pas trop non plus, pas rhinocéros, plus nageur comme genre de muscles. Et il a fait des études de droit et de criminologie, un jour il bossera à l’ONU. Voilà.

Quand c’était virtuel, c’était parfait, tout se passait si bien, c’était à peine croyable. A tel point qu’il avait écrit « Mais en fait tu es parfaite ? ». Le pauvre, il a vite compris que j’étais tout l’inverse haha Comment peut-on passer de « Mais en fait tu es parfaite ? » à « Je crois que je vais y aller, demain je me lève tôt… » puis au couperet « Je ne pense pas donner suite, bonne continuation à toi ». C’est simple : je lui ai versé ma vie sur la table, comme ça, sans pitié, au premier rendez-vous. Je ne lui ai rien épargné, de mes déboires sentimentaux depuis que je suis célibataire, à mes théories sur la déshumanisation des rapports amoureux à ma tirade concernant la monogamie qui est tout simplement contre-nature, tout ça une bière à 9° à la main et dans un débit de paroles impressionnant ponctué de gros mots pour appuyer mes propos (alors que je suis polie en temps normal, je le jure). Si on avait compté le temps de paroles, vous savez, comme lors des élections présidentielles, on était à 70% pour moi et 30% pour le pauvre parfait Russe d’amour (j’aurais aimé l’aimer, bordel). Je vous passe les détails histoire de m’épargner une honte certaine que je préfère ne partager qu’avec mes chats, merci. J’ai paniqué, voilà comment résumer cette histoire.

J’ai essayé de rattraper le coup, j’ai eu des idées pour qu’il revienne vers moi, alors j’ai demandé son avis à Louis qui m’a dit « Honnêtement la meuf peut-être la plus bonne du monde, si son mental me dégoûte, c’est mort ». Il me matait salement, le Russe. Mais il n’a même pas voulu me baiser quand même, je trouve ça admirable, ça prouve encore une fois qu’il était parfait. Je suis soulagée qu’il ne se soit rien passé, s’il m’avait touchée, je serais sans doute morte de joie ou d’une crise d’angoisse ou de je ne sais quoi. Dans la foulée j’ai bloqué l’anglais sur tous les réseaux qui existent. J’ai compris un truc : je ne suis pas du tout prête à vivre une relation avec un homme. La preuve : tu me mets mon homme idéal chez moi dans mon canapé et je fais n’importe quoi. J’ai peur. Non pas de vivre une relation. De perdre ma liberté. C’est ce qui se passe quand on est en couple…

 

 

This is 40

La femme de 40 ans, on l’imagine commençant méchamment à vieillir, normal me direz-vous, après avoir élevé deux enfants en moyenne, ce qui veut dire des nuits et des nuits sans dormir pendant des années, à 40 ans, les rides sur le coin de l’œil sont bien là, même lorsqu’elle ne sourit pas, notre mère de famille. Et puis elle ne rentre plus dans ses vêtements d’avant les deux marmots, elle regarde sa robe de mariée taille 36 la larme à l’œil, et puis les cheveux blancs eux aussi ont pointé le bout de leur nez…Et puis globalement elle est fatiguée.

J’ai eu 40 ans il y a quelques jours et je ne me reconnais absolument pas dans cette femme-là. Je ne sais pas par quoi commencer ? Je n’ai pas de rides mais j’ai encore de l’acné, preuve que même mon corps ne sait pas quel âge j’ai. En ce moment j’ai une espèce de bouton rouge près du nez, c’est charmant, merci. Je n’ai pas de cheveux blancs, enfin si j’en ai vu deux que j’ai arraché l’année dernière mais ils étaient blancs que au bout, pas à la racine, va comprendre… Et depuis je ne les ai plus jamais vu…C’est peut-être parce que j’ai l’air juvénile avec ma tête ronde (ça aide, parait-il, à ne pas faire son âge) mais vraiment quand je me suis regardée le matin de mes 40 ans dans le miroir, sans maquillage, avec mon t-shirt avec des chats (oui je m’habille toujours comme quand j’avais 22 ans), je me suis dit que c’était fou.

Fou qu’on ose dire aux femmes qu’à 40 ans elles sont foutues, qu’elles ne servent plus à rien, adieu la perspective d’avoir des bébés, bientôt la ménopause (putain mais je rêve de la ménopause moi bordel ! Enfin ne plus craindre de tomber en cloque, alleluiah!!!). Cette société qui pointe du doigt la femme de 40 ans qui n’est pas mariée, qui n’a pas d’enfants, la pauvre. Mais moi ce sont les femmes mariées avec des enfants dont je pense « les pauvres », à se faire chier avec leur mec qui bande une fois par mois en pensant à sa collègue pendant que sa femme se goinfre de pains au chocolat tellement elle est en manque d’attention, de câlins, de sexe, de tout ! Et avec des mômes au milieu qu’il faut amuser, cajoler, qui coûtent une blinde alors que moi avec tout ce fric je me pavane à Venice Beach en trikini en draguant le maître nageur (je dis ça mais en vrai je suis incapable de draguer qui que ce soit mais je trouverais ça badass).

Oui, je suis une cougar ! Pardon je préfère un mec de 25 ans qui a des abdos et des cheveux plutôt qu’un mec chauve et ridé de seulement 42 ans usé par un divorce douloureux et un taf prenant. Je préfère un mec fun qui me raconte son tour du monde, qui m’apprend les rudiments du krav maga, qui me sert des cocktails délicieux qu’il a appris à faire à New York quand il y travaillait, avec qui je découvre une nouvelle marque de vodka en écoutant de l’electro allemande obscure, je préfère un mec qui me dit en pleine semaine à 15h « Je suis en bas de chez toi ? Je peux monter ? », mais oui viens, soyons fous n’ayons pas d’horaire, aimons-nous parce que demain on sera peut-être morts. La maturité affective n’a rien à voir avec les années, la culture non plus. Un mec cultivé à 50 ans l’était déjà à 20. C’est l’éducation qui veut ça. L’anglais était cultivé, intelligent, il avait un corps sympa sans faire de sport et il avait 25 ans. Bon, il avait plus de rides que moi le pauvre, mais sur un homme ça fait bien, tu comprends (société de merde).

J’ai posté la photo de ma tête nue avec mon t-shirt avec des chats le matin de mon anniversaire sur Instagram, en quatre ans j’ai dû poster peut-être cinq ou six selfies seulement, c’est vraiment pas mon truc. Mais je voulais marquer le coup, on n’a pas 40 ans tous les jours ! Il y a eu beaucoup de réactions de copines qui ne savaient pas quel âge j’ai et qui croyaient que j’avais la vingtaine ou en tout cas moins de trente ans. Et une copine m’a souhaité « Joyeuse vingtaine donc ! ».

40 is the new 20:)

Sinon il y a aussi Amélie qui a eu 40 ans et qui écrit un billet beaucoup moins léger que le mien et bien plus bouleversant que je vous conseille vivement de lire !

Malin Akerman, 40 ans et toutes ses dents

Malin Akerman, 40 ans et toutes ses dents

Du courage

Il en faut du courage pour rester seul.e dans une société où tu peux, en quelques clics, te retrouver en compagnie de quelqu’un que tu ne connaissais pas deux ou trois heures avant. Il en faut du courage pour continuer à croire en soi quand la personne avec laquelle tu discutais soudain disparaît de tes contacts, sans doute parce qu’elle a trouvé quelqu’un qui couche plus vite que toi. Il en faut du courage pour refuser d’être un objet parmi tant d’autres, trois photos parmi des milliers, une ou deux phrases d’accroches qui seront mal interprétées. Il en faut du courage pour lire et relire les mêmes phrases, les « tu fais quoi dans la vie ? », les « en tout cas tu es vraiment très jolie », les « tu cherches quoi ici ? », les « franchement je te trouve très sexy », les effrayants « c’est toi que je veux », les « je suis ici pour m’amuser », les « je cherche une femme respectable » (wtf)…

Hier dans la nuit, j’ai eu du courage. J’ai envoyé un long message à l’anglais pour lui dire qu’il faut qu’on arrête de se voir, que c’est urgent. Qu’il compte beaucoup pour moi mais que vraiment on ne se fait pas de bien. L’autre jour il était à côté de moi dans mon lit et je devais faire une recherche pour je ne sais quoi sur mon téléphone et la recherche que j’avais faite avant s’est affichée, c’était « Comment quitter un homme Taureau ? », heureusement il n’a rien vu. Je n’arrive pas à le quitter. Il a un ego surdimensionné, idéalement, il faudrait que lui me quitte. Nous sommes deux personnes odieuses ensemble, il est jaloux, il se met en colère très vite et devient insultant, il est possessif, autoritaire, capricieux. Je change d’avis trois fois par jour, je fais des réflexions blessantes, j’impose ma manière de penser, je n’écoute qu’à moitié, je suis théâtrale. Quand je l’ai rencontré, je ne sais plus pourquoi il m’a montré une photo de son ex (pour me faire rager, le connaissant) et j’ai dit « On va faire le test VIH parce que ta polonaise et son physique de pute, faudrait quand même pas que tu crois qu’elle était fidèle ». Bon, je précise quand même que la fille vit en Pologne, lui en France, et qu’elle ne sort jamais avec des polonais mais toujours avec des étrangers qui viennent en vacances, avouez que c’est louche (et elle ressemble à une Kardashian…). On n’a jamais passé plus de 36 heures sans s’embrouiller. C’est souvent lui qui me cherche et moi qui tombe dans le panneau. S’ensuit deux ou trois jours où on ne communique plus puis je reviens l’air de rien avec un message mignon ou il s’excuse de m’avoir manqué de respect. C’est infernal. Pourquoi on reste ensemble te demandes-tu, cher lecteur. Parce que le sexe. Parce qu’on adore se moquer des autres à deux. Parce qu’on a de la tendresse l’un pour l’autre. Parce qu’on est un miroir et que ça nous fait prendre conscience de l’ampleur des efforts à faire pour un jour avoir la chance, peut-être, de tomber sur quelqu’un qui acceptera d’être dans une relation un peu sérieuse avec nous. On est là, comme deux âmes en peine, deux personnes affreusement seules, deux personnes « cassées » comme il dit (mauvaise traduction de « broken »), à deux au moins on n’est pas seuls…

C’est terrible d’adorer être seule, mais vraiment adorer, genre jamais je ne m’ennuie quand je suis seule, jamais. Et en même temps je rêverais de passer du temps avec un homme que j’aime et qui m’aime, alors même que je fais tout pour qu’aucun homme n’aime autre chose que mon cul. Et ça marche ! A la base, l’anglais était adorable, on se voyait tous les jours, puis un soir il a décidé qu’il dormait chez moi sans me demander, j’ai été outrée (alors que j’aurais dû m’en réjouir, je l’aimais bien!). Le lendemain matin, il m’a serré dans ses bras et m’a dit « Je crois que je vais prendre ma matinée pour rester avec toi » et je lui ai hurlé dessus « Ah mais non non non, moi je fais des trucs le matin, et puis tu ne peux pas faire ça, c’est important ton taf, non ? » (mauvaise foi). Il commençait à avoir des sentiments, je le voyais, je le sentais, j’ai tout fait foirer, je lui ai raconté des histoires que j’ai eues avec d’autres hommes que j’ai fait souffrir, j’ai tout fait pour qu’il ne s’attache pas ou plutôt pour qu’il se détache. Je ne peux pas tout raconter parce que c’est long et aussi parce que j’ai fait quelque chose dont je ne suis pas fière qui n’a fait qu’accroître sa rage, il m’en veut, parfois c’est de la haine que je vois dans ses yeux, le pire c’est qu’au fond ça me fait rire de le voir dans cet état. Je me demande si je ne suis pas psychopathe. Il est là, aussi, notre point commun : il arrive que nous nous réjouissions de faire du mal à autrui. Je sais, c’est moche.

Il va me manquer parce qu’intellectuellement aussi, on s’entendait très bien. Je le trouve intelligent, et touchant. Et même si je n’arrêtais pas de lui dire « Tu n’es vraiment pas mon genre de mec » (mais qui dit ça sérieux ? Pourquoi??), je l’aimais bien, malgré tout. Maintenant je vais me concentrer sur les raisons qui me poussent à agir comme une connasse en amour. Je reviens après une psychanalyse de dix ans, bisous.

Freak magnet

21h, je suis au téléphone avec ma mère quand l’interphone retentit. Je ne réponds pas pour une raison très simple : je n’attends personne. Je continue de bitcher sur je ne sais qui quand soudain quelqu’un frappe à ma porte. Je regarde à travers le judas et je vois une masse de cheveux hirsutes que je ne reconnais pas alors je demande à ma mère de patienter deux secondes et j’ouvre la porte. C’est une voisine avec qui j’ai discuté quelques fois, elle aime voir mes chats se prélasser sur le rebords des fenêtres pendant qu’elle fume, elle est violoniste et j’apprécie particulièrement la musique gratuite qu’elle m’offre tous les matins, comme nous sommes les seules au dernier étage, et dans des bâtiments différents, nous nous croisons peu. Une fois elle m’a dit qu’elle consultait un psy et j’avais trouvé la confidence un peu rapide. Mais qu’importe. Elle ne me dit pas « bonsoir » ni rien, elle me regarde avec un regard noir et me dit « Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas qui sont vos amis » alors je l’interrompt, je dis « Pardon ? » et elle s’enfuit, elle descend les escaliers et je lui demande « Mais de quoi parlez-vous ? » mais elle est déjà en bas…

J’ai un passif assez lourd question voisinage. Je ne vais pas faire la liste ici mais je vais prendre juste deux exemples. J’ai eu un voisin qui sonnait chez moi tous les jours pour demander du sucre, du sel, des cigarettes, « Est-ce-que tu veux parler, je me sens seul » qui a fini par faire une fixation sur moi parce qu’il était fou et moi trop gentille et ça s’est terminé au commissariat (il avait défoncé ma porte avec un maillet parce que je refusais de lui ouvrir) puis à l’asile. J’ai eu un autre voisin qui sonnait chez moi à chaque fois que j’invitais une amie et qui se proposait de nous tenir compagnie, qui lui aussi demandait du sucre, du moins au début, ensuite il a mis des mots à caractère sexuel sous ma porte puis il m’a fait des avances que j’aie poliment refusées mais de rage il a mis de la colle dans ma serrure pas une pas deux mais trois fois, jusqu’à ce qu’on change complètement le système de fermeture de la porte, système sans clef, mais ce con avait mis de la colle sur l’aimant qui servait de serrure, pour vous montrer un peu le QI du gars. J’ai déménagé.

Alors quand la voisine au physique d’ex héroïnomane dépressive avec ses cheveux à moitié crépus alors qu’elle est corse et c’est bizarre des cheveux crépus pour une corse, s’est pointée avec ses bras fils de fer et sa poitrine inexistante et son regard noir devant ma porte, oui, j’ai eu peur. Je suis descendue parler à mon voisin qui lui a ouvert la porte, c’est sécurisé, elle n’aurait pas pu rentrer sans lui mais elle lui a dit « J’ai un problème avec votre voisine du-dessus, il faut que je lui parle », lui, bonne pâte, il a pensé que c’était peut-être grave. Il a entendu la « conversation » échangée sur le pallier et n’a pas compris non plus. Pendant qu’il me parlait je me disais « Mais il a de beaux yeux bleus ce voisin, ah non, en fait ils sont verts ! Ils sont bleus ou verts ? Il est pas mal du tout ce petit voisin… » et son chat est arrivé alors je suis devenue gaga et j’ai raconté ma vie et je me suis décrédibilisé…déjà que j’étais en short t-shirt pour dormir… Bon, en même temps, avoir une histoire avec un voisin, j’ai déjà fait cette erreur, pas deux fois !

J’ai fini par sonner chez la voisine, elle est descendue « s’expliquer » dans le hall et c’était ubuesque.

Moi « Je n’ai pas compris votre intervention tout à l’heure, que se passe-t-il, vous ai-je fait du tort ? »

Elle « Pas du tout, nous ne sommes pas amies vous et moi et je ne souhaite pas vous parler »

Moi « Très bien mais puis-je savoir ce qui a provoqué une telle réflexion, vous ai-je fait du tort de quelque façon que ce soit ? »

Elle « Pas du tout, nous ne sommes pas amies vous et moi et je ne souhaite plus vous parler désormais, est-ce-que c’est clair ? »

Moi « Oui oui c’est très clair et c’est noté dans ce cas »

Je n’avais même pas fini cette dernière phrase qu’elle était déjà remontée chez elle.

Je raconte l’histoire à l’anglais (le feuilleton de l’été n’est pas fini, je prendrais le temps de vous expliquer tout ça, quand je pense que j’ai passé des années à souhaiter vivre une amourette de vacances, si j’avais su à quel point c’est prise de tête, je me serais abstenue…), il me dit «Finalement le dénominateur commun entre tous tes voisins fous, c’est toi, non ? ». C’est vrai, c’est moi. I’m a freak magnet:/

Revivre

La canicule fout enfin le camp pour mon plus grand bonheur, d’autant que c’est bientôt mon anniversaire (comme cadeau j’aimerais : pluie et ciel gris). Les stigmates de ce réchauffement climatique sont pourtant bien visibles sur mes jambes devenues tricolores, c’est du plus bel effet. Je suis blanche jusqu’au dessus du genou puis couleur miel jusqu’aux pieds qui sont eux couleur caramel brûlé. Comment veux-tu être chic dans de telles conditions ?

C’est maintenant qu’il fait moins chaud qu’on me fait remarquer que c’est logique que mon ventilateur sur pied ne fasse que si peu d’air « Je crois que tu as monté les hélices à l’envers ». J’adore ce « Je crois », c’est si subtil alors qu’au fond on sait que je ne suis décidément pas douée de mes mains, pas bricoleuse pour un sou, heureusement que je fais les meilleurs cookies au monde (mégalomanie, bonjour).

Maintenant que je peux à nouveau réfléchir avec un cerveau qui n’est pas en surchauffe à cause des 32 degrés dans mon appartement, je vais pouvoir lire des livres au lieu de m’abrutir devant Netflix. J’adore vivre au dernier étage parce que je ne supporte pas de connasse qui marche avec ses talons aiguille au-dessus de ma tête, pas non plus de connard qui écoute du rap français à fond, ni d’enfants qui font du vélo, du roller, que sais-je, les enfants ont toujours des idées démoniaques, on dirait qu’ils naissent dans l’unique but de faire le plus de bruit possible. Mais il fait toujours trop chaud quand on vit au dernier étage…. Mais monter les escaliers permet d’avoir un fessier sympa…Mais, mais, mais…

Hier, je marchais dans la rue, le sourire aux lèvres. Et là le lecteur se demande si je ne serais pas en train de mentir. Quoi ? Une parisienne qui marche EN SOURIANT ? Dafuq ? Un type m’apostrophe et me dit « C’est super de vous voir sourire, vous avez l’air épanouie, quel est votre secret ? ». Je me suis demandée si ce n’était pas une approche pour me faire entrer dans une secte ou autre… Comme je n’avais pas beaucoup de temps, je lui ai répondu que je savais pourquoi mais lui, était-il prêt à entendre ce secret ? Comme il a opiné, j’ai répondu , triomphante « Parce que je viens de faire l’amour ! ». Il était ébahi, le pauvre.

Il y a une émission que j’adore sur Netflix qui s’appelle Comedians in Cars Getting Coffee, c’est présenté par Jerry Seinfeld (je ne vais quand même pas vous le présentez, vous savez forcément qui c’est). Cette saison il reçoit Dave Chappelle (qu’on ne présente pas non plus hein) et ils parlent de Paris. Seinfeld dit « Les parisiens ne sont pas accueillants mais ça ne me dérange pas, je ferais pareil si j’avais moi aussi du pain aussi bon et de telles femmes, si je m’habillais comme ça…je mépriserais tout le monde … ils ont le droit d’être condescendants ». Voilà, j’ai des courses à faire en tirant la gueule, je vous laisse…