« Moi, je ne suis pas comme toi…. »

Je suis en train d’essayer d’écrire ce billet avec un chat de presque 6 kilos littéralement collé à mon bras, c’est le matin et le matin c’est séance de câlins obligatoire, notre petit rituel à nous. Et vous savez ce qu’il y a de fabuleux dans le fait d’avoir un chat ? (hormis sa douceur et le fait de vivre avec un être qui s’en bat les couilles de tout sauf de la bouffe) C’est que le chat, lui, ne te juge pas. Il ne se le permettrait pas.

L’autre jour je discute avec une copine célibataire. Je ne l’ai pas vue depuis trois mois, époque où elle était tombée sur un gros mytho qui lui avait caché qu’il était en couple et avait deux enfants d’une précédente union. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai de la chance ou que je suis plus intelligente mais jamais je ne suis tombée sur ce genre de mec. Le pire que j’ai eu, c’est Nico. Et je savais que ce n’était pas une bonne idée de le côtoyer mais je m’emmerdais dans ma vie à Toulouse alors je ne lui en veux même pas : c’est les yeux fermés que je me suis plongée dans cette relation. Si tu enlèves Nico de mon palmarès amoureux, je ne suis tombée que sur des mecs bien.

La copine me dit que depuis « gros mytho », elle n’a rien eu, qu’elle fantasme sur les vêtements pour nourrisson (wtf), que franchement oui, elle aimerait bien vivre une longue relation, que ça ne lui est jamais arrivé, et quand elle me dit tout ça elle a l’air tellement triste. Je lui dis que toutes les histoires ne sont pas des histoires d’amour, qu’à rester passive, c’est certain qu’elle ne rencontrera jamais personne, et là elle me coupe en me disant « Non mais moi je ne suis pas comme toi…je crois à chacune de mes histoires, à chaque fois je me dis que c’est le bon ».

Comment peut-on être si naïve ? Est-ce-que c’est pour ça que souvent je me sens à l’écart quand deux filles parlent d’amour ? Pourquoi voir l’autre comme une potentielle relation sérieuse au lieu de simplement profiter des moments partagés ? Qui sont ces filles sur Tinder et ailleurs qui écrivent « Je ne veux que du sérieux » ? Mais comment tu peux le savoir à l’avance que ça va être sérieux ou non ? Tu es devin, toi ? Parce que moi je vois ce qui se passe et j’avise. Et d’abord ça veut dire quoi « sérieux » ? Ça veut dire que c’est pas juste sexuel ? Je suis une salope si j’ai une relation juste sexuelle, c’est ça ? Toi tu es Charlotte York et moi je suis Samantha Jones ?

Je lis beaucoup ici et là sur des blogs des récits de filles célibataires qui attendent le grand amour. C’est mignon de croire au grand amour mais en attendant, tu fais quoi ? Tu restes là avec des toiles d’araignée dans la chatte pour le simple plaisir de te dire que tu es « une fille bien » ? A titre personnel, le seul truc qui m’ennuie dans le célibat c’est justement l’absence de sexe régulier. Pourquoi « célibat » rimerait avec « ceinture de chasteté » ? Et oui j’ai dans mon répertoire deux ou trois garçons qui peuvent me dépanner en cas de galère et il n’y a rien de dégradant à avoir une relation basée sur un intérêt commun et même du respect et même ohlala du plaisir ! Quelle salope je fais de vouloir prendre du plaisir !

L’ironie de l’histoire c’est que pendant que ma copine rêve de mariage et de faire des bébés joufflus, moi j’ai eu trois mecs qui ont voulu se mettre en couple avec moi, et à chaque fois, j’ai refusé (enfin, pas tout à fait, mais j’y reviendrais sans doute bientôt!). Si j’étais un homme qui voit écrit « Attention, je ne veux que du sérieux », je crois que par esprit de contradiction pur, j’essaierais de juste baiser la fille et de ne surtout jamais la revoir, pour lui montrer à quel point son raisonnement est con… Vous avez de la chance que je ne sois pas un connard parisien…

Si tu aimes lire en anglais, je te laisse ici un article génial qui propose de redéfinir le mot « salope ».

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Tout était parfait

Le premier échange écrit, la première blague, le premier regard, le premier baiser, la première baise, tout était parfait. Quand j’ai vu ses mains, ses belles mains robustes, pas des mains de pianiste, non, des mains qui t’empoignent et te laissent prisonnière. Des mains qui t’attrapent et ne te lâchent plus. La force et la douceur à la fois. Mon anglais. Un vrai gentleman. A l’ancienne. Qui ouvre les portes, paie au restaurant, prends ton manteau et le range à sa place, il ne te laisse pas te déshabiller non plus, il s’occupe de toi. Sa belle voix, son français absolument impeccable, c’est comme s’il avait décidé de parler et d’écrire mieux que le français moyen. La France c’est le pays qu’il a choisi, il faut être à la hauteur. Et il l’est.

Comment peux-tu être si sûr de toi, si mature ? Quand tu me prends dans tes bras, je me sens en sécurité. Je déteste l’admettre mais je suis bien dans tes bras. Je suis perturbée parce que je n’ai pas prévu qu’un bulldozer anglais arrive dans ma vie, tu comprends ? Alors j’essaie. J’essaie tant bien que mal, j’arrive à faire illusion. Tes compliments, j’essaie de les entendre. Parce que je suis très forte pour ne pas les entendre, il y a comme un biiiiiiiiiiiip dans mes oreilles quand un homme me fait un compliment. Je suis agressée par les compliments, je ne sais jamais quoi répondre, je suis gênée, j’ai envie de fuir. Parfois je dis « merci », quand même. L’éducation me rattrape, c’est important de dire merci.

Tu es fâché parce que je ne veux pas aller chez toi. Tu veux plus. Tu es fâché parce que je décide qu’une relation libre c’est la règle. Et puis un soir tu me dis que ça y est, tu l’as fait. Et je ne comprends pas de quoi tu parles. Tu l’as fait ! Tu es fier de toi, ça y est, tu as couché avec une autre que moi, est-ce-que je suis contente ? Mon ego n’est pas super mega content non. Mais je sais le faire taire, alors ça va. Je suis contente si tu es content alors je demande si c’était bien et tu réponds « J’ai pensé à toi ». De mon côté, j’essaie d’appliquer ma règle de la non-monogamie mais je n’ai envie de coucher avec personne d’autre que toi, tu m’as ensorcelée. Tu me dis que je te plais mais que tu préfères les filles pulpeuses, je sens que tu dis ça pour me blesser et je me demande pourquoi tu veux me blesser. Tu me dis « Tu es à moi » et j’ai peur. Je ne suis à personne.

Et puis ma chatte (l’animal) ne t’aime pas. La bête a fait caca au milieu du lit pour protester contre ton arrivée dans ma vie. Deux sublimes étrons fumants en plein milieu d’une nouvelle parure de lit blanche. J’avais lu quelque part que Karl Lagerfeld ne jurait que par les parures de lit immaculées. Et comme souvent j’avais pensé « Karl a tellement raison, désormais ce sera blanc et rien d’autre! » (ce que j’avais oublié c’est que le Karl lui a quelqu’un qui gère sa blanchisserie alors que moi ma machine ne lave que jusqu’à 95° et que ce n’est visiblement pas assez face à autant de détermination fécale). Quand je finis par dormir chez toi, lorsque je rentre, cette fois-ci c’est du pipi que le chat a laissé. Le chat ne fait jamais ça. Ja-mais.

Je n’ai pas le temps. Il faut se voir, ranger mon appartement pour t’accueillir, je n’ai pas envie, prendre le bus pour aller chez toi, je n’ai pas envie, abandonner mes chats pour la nuit, je n’ai pas envie, te préparer un repas, acheter des préservatifs, prévoir plus de bières, je n’ai pas envie, me battre avec les filles qui gravitent autour de toi, je n’ai pas envie. Entendre tes compliments, savoir comment y répondre, je n’ai pas envie. M’épiler toutes les semaines, avoir le cheveux soyeux, te raconter des histoires qui te font rire, écouter le récit de ton enfance triste, je n’ai pas envie. Pardon, pardon, pardon, mais je n’ai pas envie. Alors je te dis que c’est plus simple pour moi d’être seule. Et tu crois faire le malin en disant que je fuis parce que je sens que je peux m’attacher. Tu ne comprends rien, je n’ai pas peur de m’attacher, je suis déjà attachée. Mais tu n’es pas bon pour moi, je le sens, je le sais et mon chat le sait et le sent aussi.

Dans nos premiers échanges tu m’avais écrit « J’obtiens toujours ce que je veux » et je n’avais pas aimé lire ça. Mais tu avais su tempérer, me dire que tu t’étais mal exprimé, que tu n’es pas capricieux, ce n’est pas ça. Quand tu as vu que je ne changerais pas d’avis, que je voulais bien que tu sortes de ma vie, tu m’as écrit «You’re full of shit » et tu m’as bloquée, pour avoir le dernier mot. Tu m’as montré ce que je craignais, que tu étais violent, que tu ne supportais pas que ce soit une femme qui décide si la relation continue ou non. Tu m’as donné raison. Tu nous as donné raison au chat et à moi.

Mon conseiller en amour ? Mon chat. Moins cher qu’un psy, plus efficace qu’un ami.

AND BY THE WAY YOU’RE THE ONE WHO’S FUCKING FULL OF SHIT, DUDE.

 

 

A propos de Qui a tué mon père

Je viens de finir Qui a tué mon père d’Édouard Louis. Je suis en pyjama, je n’ai pas encore pris de douche et j’ai un date dans deux heures mais je suis obligée d’écrire, je n’ai pas le choix. Mon seul regret c’est que ce texte soit trop court, j’aurais aimé suivre le père encore un peu. Mais si c’est pour le suivre dans son cercueil, finalement non, c’est très bien comme ça, je me contenterais de 85 pages. Aujourd’hui, grâce à l’auteur, j’ai compris pourquoi je ne votais pas. J’ai écrit un texte qui évoque les raisons pour lesquelles je ne vote pas mais j’avais oublié celle que j’ignorais jusqu’à aujourd’hui. Je ne vote pas parce que je suis privilégiée, je ne vote pas parce que ça ne changerait rien pour moi. Je n’ai pas d’allocations sociales parce que je n’y ai pas droit. Quand Macron retire 5€ d’allocations par mois à des familles, ça ne change rien pour moi. Pour moi 5€ c’est un jus bio 25cl pris en terrasse, ce n’est pas deux paquets de pâtes chez Lidl et deux sauces tomates. Je me sens un peu bête à vrai dire. Je n’ai jamais pensé que voter changeait concrètement la vie des autres que moi, je crois que j’étais tellement obnubilée par ma propre vie que je ne voyais pas celle des autres. Et je ne suis même pas bourgeoise !

Je comprends pourquoi Frédéric Beigbeder s’énerve dans le Figaro (tout est dit dans cette phrase), Édouard Louis est perçu comme celui qui ne cesse de se plaindre, de rappeler qu’il était pauvre, que son père a été broyé par un système qui les exclut, qui ne leur permet que d’être des machines à travailler sans jamais avoir de loisirs, mais…mais il faut bien des pauvres pour qu’il y ait des riches. Et Beigbeder en sait quelque chose. Parce que quitter Paris pour Guéthary sur le seul motif que « des particules fines» font mal à la gorge de son bébé de un an (rires), ce n’est clairement pas donné à tout le monde, effectuer un séjour dans une clinique de rajeunissement en Suisse pour écrire son dernier roman non plus. C’est assez cocasse que ce soit Beigbeder qui se permette d’écorcher Édouard Louis, parce que dans le genre pleureuse, dans le genre Caliméro, il n’est pas trop mal non plus le Beigbeder, gna gna gna je ne sais pas aimer, gna gna gna on ne m’a pas aimé, gna gna gna je souffre parce que mes parents ne s’occupent pas de moi, et puis la coke ça fait bobo et dans la publicité c’est tous des méchants. Les auteurs qui se plaignent ne me dérangent pas, la preuve j’avais aimé Une Histoire Française et même Windows on the world qui était fait pour que je chiale (et j’étais tombée dans le panneau, eh oui).

Je regrette que presque personne ne semble dire que Qui a tué mon père est une déclaration d’amour d’un fils pédé à son père ex homophobe ex raciste. C’est si facile de reprocher à Édouard Louis d’avoir critiqué son père dans En finir avec Eddy Bellegueule sans admettre que depuis ce livre les années ont passé et la relation père-fils a évolué. Une relation n’est pas figée, et au-delà de ce simple constat, on peut aussi critiquer un membre de sa famille et l’aimer malgré tout, je ne vois pas en quoi c’est incompatible (voir Catherine Cusset, La Haine de La Famille). Plus le bourgeois s’agace du succès d’Edouard Louis, plus j’exulte. Le pire papier c’est celui d’un connard du Point, à chaque fois que je lis un article du Point je me demande pourquoi je perds encore des minutes de mon existence à lire une telle chiasse, vraiment je ne comprends pas. Mon ancien patron adorait le Point. Il était pote avec les mecs de Rothschild. Et je continue de croire en la possibilité de lire un vrai article sur le point.fr. Je m’auto-déçois, parfois.

Ces 85 pages m’ont émue, réveillée, amusée parfois, j’ai même eu un fou rire page 78. J’ai parlé à haute voix pour moi-même à certains passages, il y a eu des « mais tellement ! », des « exactement ! », des « oui oui oui ». Je ne sais pas comment on fait une révolution mais si tu me lis Édouard, sache que je suis là. On peut faire une révolution avec des talons et du vernis rouge sur les ongles ? (c’est pour une amie)

Le prof de maths

Je voulais écrire un billet pour expliquer que je n’étais plus sûre d’être sapiosexuelle…Il s’avère que je me suis inscrite en salle de sport quasiment au même moment où je suis devenue célibataire, à force de regarder des émissions débiles sur le « revenge body », je m’étais dit que oui pourquoi pas être la plus bonne de la plus bonne de mes copines pour faire un pied-de-nez à cette connasse de rupture ? Ce que je ne savais pas c’est qu’il y a une espèce de communauté de gens qui font du sport , quand tu fais partie de cette communauté, tu ne côtoies plus de gens mous et gras, c’est fini. Autour de toi il n’y a que des six packs et dorsaux dessinés, et toute excuse est bonne pour soulever ou faire du cardio. Il y a quatre mois j’ai eu une histoirette (deux semaines) avec un mec musclé et depuis je me dis qu’il ne faut jamais dire « Fontaine…. ».

Il y a quelque chose de complètement sexy chez le mec qui fait du sport, au-delà de son corps digne d’un acteur américain qui joue un super-héros, il y a cette mentalité, le mec veut se dépasser pour gagner sur lui-même, souvent il prend lui aussi une revanche, c’est le mec complexé parce que trop maigre qui prend du muscle et la confiance avec, c’est celui qui se faisait traiter de « bouboule » quand il était petit et qui a décidé que plus jamais personne ne montrerait son corps du doigt sauf si c’est pour l’admirer. Et j »aime aussi le fait que ces mecs soient sains : souvent ils ne fument pas et ne boivent pas, et s’ils boivent c’est avec modération. Or je ne suis pas vraiment une personne modérée alors côtoyer des sportifs ne peut qu’être bénéfique. Et puis je ne sais pas (je m’adresse à mon lectorat féminin) si un homme vous a déjà portée avec un seul bras mais c’est rigolo comme expérience ! Et puis bon bah l’endurance quoi… Oh et j’ai discuté avec un mec qui voulait entrer au GIGN, genre le mec veut devenir un super-héros, littéralement, si c’est pas sexy ça !

Mais ce n’est évidemment pas là que je veux en venir… Je parle avec un mec depuis des semaines tout en sachant qu’on ne se rencontrera jamais. Nous ne sommes pas de la même région et s’il me plaît un peu physiquement, sa personnalité est trop fade à mon goût. Je ne sais pas comment dire, je trouve le mec un peu mouduc sur les bords (mou du cul oui oui tu as bien compris), c’est le genre de mec qui met « rêveur », « romantique » et «artiste» dans sa description, le genre que je vais trop réveiller et qui ne va sans doute jamais s’en remettre. J’aime bien discuter avec lui quand même parce qu’on parle beaucoup de bouffe et on s’échange des recettes, or manger est l’une de mes passions avouées. Et il me parle de ses rencards, nourrissant au passage la concierge en moi, j’adore les histoires des autres, ça me permet de vivre un peu par procuration parce que c’est le désert en ce moment (mais j’ai pas soif donc c’est parfait).

Quand il me dit qu’il est prof de maths, je comprends pourquoi ça ne colle pas entre nous. Le prof de maths c’est ce mec un peu moche et mal habillé qui essaie de te passionner pour une matière que tout le monde déteste, un pauvre prof dégoûté parce que jamais un élève ne court au tableau pour résoudre une équation, si en cours d’anglais ou d’histoire on trouve toujours des élèves passionnés pour lire des exposés devant une classe conquise, le cours de maths c’est le cours où tu écris des mots aux camarades, où tu fais des classements de qui est le mec le plus hot de la classe, le cours de maths c’est le cours que personne n’intéresse. Si on devait faire un classement du prof le moins sexy, à coup sûr c’est le prof de maths qui gagne.

Quand il a dit qu’il était prof de maths, j’ai imaginé son home sweet home et j’ai pris peur, j’ai vu des livres de mathématiciens obscurs pleins de poussière, une librairie entière de mecs morts depuis deux ou trois siècles et au milieu un ou deux livres de Marc Lévy ou Bernard Werber. J’ai eu envie de vomir. Pour être sûre de ne plus jamais l’attirer je lui ai dit que je n’étais absolument plus capable de faire une division sans calculatrice et que j’avais eu 6 au bac en maths alors que j’étais en littéraire, ce qui montre à quel point je n’ai aucun intérêt pour cette matière, ce qui montre à quel point je n’ai aucune logique. J’ai conclu par « Je ne sais peut-être pas faire une division sans calculatrice mais je sais analyser un poème de Leconte de Lisle  ou expliquer la philosophie de Kierkegaard, chacun son truc ». Il ne connaissait aucun des deux. Je n’ai pas été surprise qu’il ne connaisse pas Leconte de Lisle mais quand même qu’il n’ait absolument jamais entendu parler de Kierkegaard à 35 ans, ça m’ennuyait. C’est quand même le fondateur de l’existentialisme ! Là le mec me dit que oui mais moi je ne connais pas tel mathématicien obscur, ce à quoi je réplique que oui mais moi mon métier ce n’est pas prof de philo et pourtant la philo m’intéresse et le mec me rétorque que la philo ça ne l’intéresse pas, c’est comme la mécanique ou les photos de vacances des gens. Il compare la philosophie aux photos de vacances des gens !!! (oui ça m’a agacée). Et il y a un autre truc qui me chiffonne aussi, il écrit « stu » au lieu de «  si tu » et « pis » au lieu de « et puis » etc la liste est longue.

Conclusion : mon idéal serait donc un physique de super-héros avec de beaux abdos bien dessinés et un gros cerveau littéraire à tendance philosophe, un mélange entre Chris Pratt et Michel Onfray. Si tu existes, tu trouveras mon mail dans l’onglet « Connasse, qui es-tu ? », merci à toi (sachant que je ne veux pas être avec quelqu’un mais un homme avec autant de qualités saurait me convaincre de ne plus dormir toute seule en travers du lit)(si tu es allergique aux poils de chat, n’envoie pas de mail).

Dick pic

Cher lecteur/chère lectrice (je préfère crever que d’écrire lecteur.trice, c’est mort), ceci est un avertissement : ne lis pas ce texte si tu passes à table, en revanche tu peux le lire si tu souhaites perdre l’appétit. Merci.

Presque sept années en couple au moment de la folie des Tinder et autres apps de rencontre, alors forcément, je n’avais absolument jamais été confrontée à (foudroyée par) ce qu’on appelle la dick pic, cette photo de bite envoyée par un mâle qui par-là essaie de t’attirer dans son lit tel le paon qui fait la roue (sauf que le paon quand il fait la roue c’est beau).

Comme je ne connais pas grand chose au marché de la rencontre, je fais tout ce qu’il ne faut pas faire. Ma description fait 2000 mots, je fais des blagues pourries à la fin de chaque chapitre (oui j’écris des chapitres pour me présenter), j’annonce que je ne cherche pas de relation sérieuse, que si tu veux te marier et des gosses tu seras bien aimable de passer ton chemin et au début (ce n’est plus le cas c’est bon j’ai compris) j’avais écrit que si tu avais un micro pénis tu pouvais m’oublier. Je trouvais ça drôle et ça me permettait de faire le tri entre ceux qui ont de l’humour et les autres, et accessoirement entre ceux qui ont des couilles ou pas.

Malheureusement pour moi, ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Les mecs se sont dit que j’étais une grosse salope qui voulait se faire tringler dans la seconde et j’ai reçu dick pic sur dick pic. Aujourd’hui je crois pouvoir dire que je pourrais faire une exposition de photos de bite dans mon salon, je ferais payer 5€ l’entrée, ce serait super avant-garde et ça me permettrait peut-être de passer un week-end quelque part en Europe, qui sait ? Merci les mecs.

Le premier qui m’a envoyé une dick pic, je n’étais pas préparée. Du tout. C’était un gendarme en déplacement dans une caserne dans le Sud et il revenait dans 8 semaines dans le Nord. Je le trouvais plutôt sympa jusqu’à ce qu’il m’envoie une photo de sa bite « pour me faire patienter ». Hum… déjà je n’ai jamais attendu personne, et puis…heu… je ne t’ai jamais dit qu’on allait se rencontrer et encore moins baiser ensemble, tu m’as prise pour qui ? Je baise la crème de la crème si je veux !

En parlant de crème. La dick pic arrive. Photo en noir et blanc, bite rabougrie, tenue par une main avec des ongles pas coupés (dégueu) et une impression générale de malaise mais je n’arrive pas à savoir pourquoi. Alors j’approche ma tête de la bite (enfin de mon Iphone) et là je comprends pourquoi le mec a mis la photo en noir et blanc. Sur sa bite on voit un peu de blanc, comme s’il ne s’était pas bien lavé avant la photo, et ça devait plus se voir encore en couleurs alors Monsieur a jugé utile le noir et blanc.

Je vous parle de ce mec parce qu’il vient de m’envoyer « Plus que trois semaines avant notre rencontre ! ». On ne se parle plus depuis la dick pic et il croit encore qu’on va se rencontrer. Si ce n’est pas mignon… J’apprends aussi à ghoster, bientôt je serais experte ès célibat…

La plainte du jeudi soir

Cette période est extrêmement difficile à vivre pour moi. Il fait chaud, il fait beau, il y a du soleil. De temps à autre, il y a de la pluie ou un orage et je me dis « Chic ! Ça va enfin se rafraîchir » et puis non. Je me réveille en sueur tous les matins, je regarde la météo, je vois qu’il va encore faire 26 degrés et je passe plusieurs heures à essayer de dédramatiser, à me dire qu’il faut que j’accepte cette situation, que c’est comme ça, qu’en octobre enfin je serai heureuse et que d’ici là eh bien il faut prendre son mal en patience.

Mais c’est vraiment vraiment difficile parce que ne pas aimer la chaleur et le beau temps est très mal considéré, tu es forcément rabat-joie, personne n’est jamais d’accord avec toi (mais genre vraiment jamais à part mon ex), tu te sens un peu seule au monde. Et au risque de me répéter, ce n’est pas que je déteste la chaleur ou le soleil, c’est juste que puisque je suis en ville et que l’océan n’est pas à deux pas de chez moi, je ne vois pas l’intérêt. Alors oui peut-être que je devrais déménager pour aller vivre à Lacanau, peut-être. Mais j’en suis à deux déménagements en six mois alors on va se calmer.

Par exemple je suis présentement en train de subir la soirée étudiante d’un voisin parce qu’il fait chaud donc logiquement ses fenêtres sont ouvertes. L’hiver ce genre de connerie n’arrive pas. Jamais. Dès qu’il y a du beau temps je subis mes voisins. Le reste de l’année j’ai le sentiment de vivre seule et j’adore ça comme sensation, il n’y a rien de mieux. Je dois probablement avoir les seuls voisins de France qui écoutent encore Tragédie par ailleurs. Ça chante « Est-ce-que tu m’entends hé ho » en chœur, ça me donne des envies de leur verser de l’acide sur la gueule à ces petits cons. Ça ferait moins le malin avec un œil en moins hein bande de connards ?

Ce qu’il me faudrait en ce moment c’est une amie avec laquelle bitcher sur les connards qui aiment la chaleur, la plage et qui mettent des bermudas (petit rappel : le bermuda c’est non), j’aimerais tellement avoir quelqu’un avec qui me plaindre de cette horrible saison, j’aimerais tellement me sentir comprise bordel de chiotte. Mais non, ici j’ai deux copines, une qui met des débardeurs bleu chelou (petit rappel : le débardeur c’est un grand non) et qui adore l’été, l’autre qui adore tout, elle est tellement positive que parfois j’ai envie de lui claquer la gueule pour voir si elle tendrait l’autre joue. Et j’ai un pote aussi. Mais il fait de la muscu alors forcément il adore l’été parce qu’il peut montrer ses gros muscles virils. Dans le doute je lui demande s’il aime l’été par sms parce que je n’en sais rien en fait. Je reviens.

Verdict« Oui j’aime bien l’été et la chaleur, pourquoi X) ».

Je suis seule au monde. Seuls les chats me comprennent. Et encore, eux aussi aime le soleil, quand il y a un rayon ils se mettent pile dessus.

Je suis seule au monde.

Snif.

Message de mon pote « Roh c’est cool le beau temps smiley qui envoie un cœur avec sa bouche »

Mangez vos morts adorateurs du soleil, je vous conchie.

Mister Freeze

J’ai ouvert les yeux beaucoup trop tôt ce matin… En regardant mon téléphone j’ai vu que j’avais un message d’un mec que je n’ai pas encore rencontré parce que j’hésite un peu et en le lisant j’ai compris pourquoi.

« Comment ça va sexy girl ? »

Grâce à lui j’ai éclaté de rire de bon matin, ça promettait une belle journée. Sexy girl haha sans déconner. Pas de chance, il tombe sur la seule fille que ça n’intéresse pas ce genre de compliment. Moi je bande si tu me dis que je suis intéressante, intelligente, perspicace, futée, marrante. Sexy je m’en fous, c’est facile d’être sexy, tout le monde peut le faire. Alors que le reste…

Je suis à deux doigts d’ajouter une catégorie à ce blog pour vous raconter les dates absolument catastrophiques que j’ai depuis que je suis célibataire mais je ne voudrais pas copier le blog de Young Matka. En même temps, d’après ce que j’ai compris, elle s’est maquée alors en quelque sorte puisqu’elle est à la retraite, il faut bien que quelqu’un prenne le relais ? Je vais méditer sur la question et vous revenir incessamment sous peu.

Il y a deux semaines je crois, je me décide à rencontrer un mec avec qui je parle depuis une bonne semaine. Je le trouve sympa, un peu brut de décoffrage, plutôt pas mal physiquement et surtout il a de l’humour. Et il me propose de se rencontrer chez des potes à lui qui font une soirée bières à la cool et j’aime bien le concept, ça fait pas vraiment date officielle. Quand j’arrive là-bas, je m’entends bien avec ses potes, je me sens à l’aise même s’ils n’y connaissent rien en bières (de la Heineken ? Sérieusement ? Comme dit mon caviste « Ils mettent du sirop de houblon dedans, ce n’est pas de la bière »).

Si ce date n’aura rien donné de concluant (le mec m’a embrassée, j’ai reculé parce que bah non j’avais pas envie et j’ai (encore) dit que je n’arrivais pas à oublier mon ex et que j’étais désolée (toujours la même excuse), il m’a quand même proposé de « juste » coucher ensemble pour se dépanner et j’ai dit que j’avais déjà un Satisfyer (vibromasseur clitoridien) et Hulk (mon gode vert), merci bien. Mais ce date n’aura pas servi à rien parce que l’un de ses potes dont j’ai oublié le prénom m’a fait découvrir le sketch sur la sodomie d’une certaine Blanche Gardin et qu’hier j’ai vu qu’elle avait reçu le Molière de l’humour dans un discours hilarant lui aussi. Si vous voulez rire, tapez « Blanche Gardin » dans Google et regardez tous les sketchs, c’est vraiment à crever de rire, cette fille est géniale, enfin une femme qui ose parle de cul comme on en parle dans la vie entre copines, je ne me remets pas de la phrase « Si c’était bon ça se saurait, y’aurait des Mister freeze saveur bite ». J’avais complètement oublié que ça existait les Mister Freeze alors merci Blanche, grâce à toi mon congélo en est rempli maintenant 🙂 (toi aussi tu préfères le goût framboise ? Je t’aime).