Freak magnet

21h, je suis au téléphone avec ma mère quand l’interphone retentit. Je ne réponds pas pour une raison très simple : je n’attends personne. Je continue de bitcher sur je ne sais qui quand soudain quelqu’un frappe à ma porte. Je regarde à travers le judas et je vois une masse de cheveux hirsutes que je ne reconnais pas alors je demande à ma mère de patienter deux secondes et j’ouvre la porte. C’est une voisine avec qui j’ai discuté quelques fois, elle aime voir mes chats se prélasser sur le rebords des fenêtres pendant qu’elle fume, elle est violoniste et j’apprécie particulièrement la musique gratuite qu’elle m’offre tous les matins, comme nous sommes les seules au dernier étage, et dans des bâtiments différents, nous nous croisons peu. Une fois elle m’a dit qu’elle consultait un psy et j’avais trouvé la confidence un peu rapide. Mais qu’importe. Elle ne me dit pas « bonsoir » ni rien, elle me regarde avec un regard noir et me dit « Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas qui sont vos amis » alors je l’interrompt, je dis « Pardon ? » et elle s’enfuit, elle descend les escaliers et je lui demande « Mais de quoi parlez-vous ? » mais elle est déjà en bas…

J’ai un passif assez lourd question voisinage. Je ne vais pas faire la liste ici mais je vais prendre juste deux exemples. J’ai eu un voisin qui sonnait chez moi tous les jours pour demander du sucre, du sel, des cigarettes, « Est-ce-que tu veux parler, je me sens seul » qui a fini par faire une fixation sur moi parce qu’il était fou et moi trop gentille et ça s’est terminé au commissariat (il avait défoncé ma porte avec un maillet parce que je refusais de lui ouvrir) puis à l’asile. J’ai eu un autre voisin qui sonnait chez moi à chaque fois que j’invitais une amie et qui se proposait de nous tenir compagnie, qui lui aussi demandait du sucre, du moins au début, ensuite il a mis des mots à caractère sexuel sous ma porte puis il m’a fait des avances que j’aie poliment refusées mais de rage il a mis de la colle dans ma serrure pas une pas deux mais trois fois, jusqu’à ce qu’on change complètement le système de fermeture de la porte, système sans clef, mais ce con avait mis de la colle sur l’aimant qui servait de serrure, pour vous montrer un peu le QI du gars. J’ai déménagé.

Alors quand la voisine au physique d’ex héroïnomane dépressive avec ses cheveux à moitié crépus alors qu’elle est corse et c’est bizarre des cheveux crépus pour une corse, s’est pointée avec ses bras fils de fer et sa poitrine inexistante et son regard noir devant ma porte, oui, j’ai eu peur. Je suis descendue parler à mon voisin qui lui a ouvert la porte, c’est sécurisé, elle n’aurait pas pu rentrer sans lui mais elle lui a dit « J’ai un problème avec votre voisine du-dessus, il faut que je lui parle », lui, bonne pâte, il a pensé que c’était peut-être grave. Il a entendu la « conversation » échangée sur le pallier et n’a pas compris non plus. Pendant qu’il me parlait je me disais « Mais il a de beaux yeux bleus ce voisin, ah non, en fait ils sont verts ! Ils sont bleus ou verts ? Il est pas mal du tout ce petit voisin… » et son chat est arrivé alors je suis devenue gaga et j’ai raconté ma vie et je me suis décrédibilisé…déjà que j’étais en short t-shirt pour dormir… Bon, en même temps, avoir une histoire avec un voisin, j’ai déjà fait cette erreur, pas deux fois !

J’ai fini par sonner chez la voisine, elle est descendue « s’expliquer » dans le hall et c’était ubuesque.

Moi « Je n’ai pas compris votre intervention tout à l’heure, que se passe-t-il, vous ai-je fait du tort ? »

Elle « Pas du tout, nous ne sommes pas amies vous et moi et je ne souhaite pas vous parler »

Moi « Très bien mais puis-je savoir ce qui a provoqué une telle réflexion, vous ai-je fait du tort de quelque façon que ce soit ? »

Elle « Pas du tout, nous ne sommes pas amies vous et moi et je ne souhaite plus vous parler désormais, est-ce-que c’est clair ? »

Moi « Oui oui c’est très clair et c’est noté dans ce cas »

Je n’avais même pas fini cette dernière phrase qu’elle était déjà remontée chez elle.

Je raconte l’histoire à l’anglais (le feuilleton de l’été n’est pas fini, je prendrais le temps de vous expliquer tout ça, quand je pense que j’ai passé des années à souhaiter vivre une amourette de vacances, si j’avais su à quel point c’est prise de tête, je me serais abstenue…), il me dit «Finalement le dénominateur commun entre tous tes voisins fous, c’est toi, non ? ». C’est vrai, c’est moi. I’m a freak magnet:/

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Revivre

La canicule fout enfin le camp pour mon plus grand bonheur, d’autant que c’est bientôt mon anniversaire (comme cadeau j’aimerais : pluie et ciel gris). Les stigmates de ce réchauffement climatique sont pourtant bien visibles sur mes jambes devenues tricolores, c’est du plus bel effet. Je suis blanche jusqu’au dessus du genou puis couleur miel jusqu’aux pieds qui sont eux couleur caramel brûlé. Comment veux-tu être chic dans de telles conditions ?

C’est maintenant qu’il fait moins chaud qu’on me fait remarquer que c’est logique que mon ventilateur sur pied ne fasse que si peu d’air « Je crois que tu as monté les hélices à l’envers ». J’adore ce « Je crois », c’est si subtil alors qu’au fond on sait que je ne suis décidément pas douée de mes mains, pas bricoleuse pour un sou, heureusement que je fais les meilleurs cookies au monde (mégalomanie, bonjour).

Maintenant que je peux à nouveau réfléchir avec un cerveau qui n’est pas en surchauffe à cause des 32 degrés dans mon appartement, je vais pouvoir lire des livres au lieu de m’abrutir devant Netflix. J’adore vivre au dernier étage parce que je ne supporte pas de connasse qui marche avec ses talons aiguille au-dessus de ma tête, pas non plus de connard qui écoute du rap français à fond, ni d’enfants qui font du vélo, du roller, que sais-je, les enfants ont toujours des idées démoniaques, on dirait qu’ils naissent dans l’unique but de faire le plus de bruit possible. Mais il fait toujours trop chaud quand on vit au dernier étage…. Mais monter les escaliers permet d’avoir un fessier sympa…Mais, mais, mais…

Hier, je marchais dans la rue, le sourire aux lèvres. Et là le lecteur se demande si je ne serais pas en train de mentir. Quoi ? Une parisienne qui marche EN SOURIANT ? Dafuq ? Un type m’apostrophe et me dit « C’est super de vous voir sourire, vous avez l’air épanouie, quel est votre secret ? ». Je me suis demandée si ce n’était pas une approche pour me faire entrer dans une secte ou autre… Comme je n’avais pas beaucoup de temps, je lui ai répondu que je savais pourquoi mais lui, était-il prêt à entendre ce secret ? Comme il a opiné, j’ai répondu , triomphante « Parce que je viens de faire l’amour ! ». Il était ébahi, le pauvre.

Il y a une émission que j’adore sur Netflix qui s’appelle Comedians in Cars Getting Coffee, c’est présenté par Jerry Seinfeld (je ne vais quand même pas vous le présentez, vous savez forcément qui c’est). Cette saison il reçoit Dave Chappelle (qu’on ne présente pas non plus hein) et ils parlent de Paris. Seinfeld dit « Les parisiens ne sont pas accueillants mais ça ne me dérange pas, je ferais pareil si j’avais moi aussi du pain aussi bon et de telles femmes, si je m’habillais comme ça…je mépriserais tout le monde … ils ont le droit d’être condescendants ». Voilà, j’ai des courses à faire en tirant la gueule, je vous laisse…

Regarde

Mes amis savent que je suis amoureuse des couchers de soleil mais j’aime aussi les sunrises, c’est juste que pour des raisons évidentes, j’en vois moins 😉 Ce matin à 6h, Gwen a fait une vidéo magnifique du soleil qui se lève en Vendée où elle se trouve en vacances. Mais ce n’est pas cette vision qui m’a émue, c’est d’entendre ses mots, d’entendre sa voix. C’est le texte qui accompagne l’image, et mes larmes retenues prisonnières.

Je la connais depuis douze ans, et je ne sais pas par quel miracle on parvient encore à être amies parce qu’on peut difficilement faire plus différentes que nous. Gwen est encore plus incompréhensible que je ne le suis. Elle est résolument romantique (et je me fous d’elle) mais elle est aussi complètement punk (et je trouve ça fascinant). Elle adore le zouk ( beurk) mais elle écoute aussi du punk allemand obscur (avec des paroles racistes mais c’est en allemand, ça passe). Elle adore les enfants, elle adore se montrer, elle se maquille trop, elle drague ouvertement les hommes dans la rue, elle met du beurre salé partout dans tous les plats, elle est solaire, elle aime les gens, elle ne pense jamais à elle, toujours aux autres. Elle aime les Maliens, j’aime les Islandais. J’ai rarement autant ri qu’avec elle, rarement autant pleuré aussi, et je perds tous les paris qu’on fait (pas conne, j’en fais plus maintenant !). On a un gros point commun : on s’aime. Elle m’agace, je l’agace, mais on s’aime, on est comme un vieux couple qui a tout traversé et qui crèvera à deux mois d’intervalle (ok, on a aussi un autre point commun non négligeable : on est bienveillantes, c’est un peu la condition sine qua none pour être mon ami.e).

Pendant sept ans, elle a côtoyé un personnage détestable qui lui faisait du mal à la fois psychologiquement et physiquement. Ce type a essayé de nous séparer, il a aussi essayer de la tuer plusieurs fois mais il n’a rien réussi du tout, quand il m’a dit « Je t’emmerde, salope, je te défonce », je lui ai répondu « Mais t’es une grosse merde, t’as pas de couilles, je t’attends moi, connard, nique bien ta mère », bref c’est le genre de personnage qui réveille une haine que tu sais cachée au plus profond de toi. Notre amitié a failli ne pas s’en remettre, je ne comprenais pas pourquoi elle restait avec ce type qui la battait, il m’a fallu me renseigner, lire des blogueuses qui parlent de l’emprise mentale, il m’a fallu partir puis revenir plusieurs fois, accepter que je ne pouvais pas la kidnapper, comprendre que le processus prend du temps et que je devrais être là à la fin. Et j’ai été là, quand elle l’a quitté, des semaines avant, j’ai été aux premières loges, à souhaiter que son plan fonctionne, à prier pour qu’il ne la tue pas.

Alors ce matin quand j’ai vu ce beau lever de soleil et que j’ai entendu mon amie me dire « Je suis heureuse ! » avec une joie indescriptible dans la voix puis « Je suis libre ! ». Regarde comme c’est beau ce soleil qui se lève, regarde comme c’est beau la liberté, regarde comme ça n’a pas de prix. Je n’ai jamais entendu mon amie dire qu’elle est heureuse. C’est la première fois. Elle a changé de région pour fuir le fou furieux, elle était en colère de devoir changer de vie à cause de lui. Mais c’est grâce à lui qu’elle est heureuse aujourd’hui. Parfois il faut vivre des trucs vraiment durs pour comprendre que la vie est belle. Peut-on apprendre autrement que dans la douleur ? Vraie question à laquelle je ne vais certainement pas répondre ce soir.

Ce qui fait battre mon cœur, c’est l’amour pour les animaux, en ce moment je sauve limite un moineau par jour, entre ceux qui se font cartonner par des voitures et qui se retrouvent perdus et étourdis et ceux qui sont déshydratés, pour le coup, je suis utile parce que moi je regarde par terre, je suis attentive et j’agis.L’autre jour j’aperçois une corneille en souffrance et je vois cette femme qui la regarde et qui ne fait rien, comme quand il y a un accident de voiture et que les gens s’agglutinent comme des connards voyeurs. La corneille va bien, c’est tout ce qui compte. L’année dernière, Gwen a sauvé un chaton qui était enfermé sur un balcon, les propriétaires ont laissé l’animal à son triste sort, la petite bête pleurait et était à deux doigts de sauter du troisième étage… une corde et un panier plus tard et le sauvetage fut un succès. Aujourd’hui, c’est moi qui m’occupe de Niagara (elle a renversé un verre d’eau sur un ordi portable neuf et adore glander dans l’évier…).

Ce qui fait battre mon cœur, aussi, ce sont les rares amitiés qu’ils me restent. Il y en a peu, et de moins en moins. Mais ceux qui sont là… Gwen a toujours été là, toujours. Même dans les moments où j’étais mal et odieuse, même dans les moments les plus heureux de ma vie, jamais elle n’a disparu, jamais elle ne m’a enviée. Douze ans, plein d’embrouilles, mais surtout un amour inconditionnel.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur » (Churchill)

Niagara <3

Niagara ❤

Sublime & silence

La pluie, mon salut. Cette fin de soirée assez parfaite, avec Julien Doré dans mes oreilles, les petits chats qui respirent enfin, mon corps imbibé de bières et de cacahuètes en guise de dîner, les messages de Louis qui est en Croatie mais qui prend des nouvelles tous les jours, c’est sans doute la relation la plus saine que j’ai depuis longtemps et … elle est virtuelle. C’est très bien le virtuel, surtout que ça reste comme ça, je ne demande rien d’autre.

Le silence, pour un vendredi soir, est assourdissant. Cette pluie a calmé tout le monde. On s’envoie tous des messages pour se réjouir de cette baisse soudaine de températures, ça y est, ce soir on va enfin pouvoir dormir, finie cette affreuse impression d’être allongé sur un putain de matelas chauffant, pas besoin de se réveiller en pleine nuit pour prendre une énième douche glacée pour pouvoir continuer sa nuit. La félicité tient à peu de choses.

E. qui me dit «Je comprends pourquoi les Indiens implorent le Ciel de leur donner de la pluie », lui il est dans le Sud et il fait 38 degrés mais…il a vu l’éclipse de Lune, moi je vois flou… Je fume une cigarette, je me réjouis de cet apéro à rallonge avec Violette et je me dis une fois encore que je suis une sale connasse d’avoir pensé qu’elle était trop conventionnelle pour être mon amie. Je me prends pour qui ? Elle n’a rien de conventionnel, rien. J’ai encore tant de chemin à faire pour cesser de juger tout le monde, tout le temps, à commencer par ma propre personne.

Dans le genre…

Il y a un mois ou deux, j’ai découvert le podcast « Dans le genre » via Édouard Louis qui a participé à l’émission (que j’ai adorée mais je crois pouvoir dire que je n’ai pas été autant emballée par un écrivain/auteur/être humain que lui depuis très très longtemps). « Un dimanche sur deux, en une heure, Géraldine Sarratia, journaliste aux Inrocks, part à la rencontre d’une personnalité qu’elle interroge sur le rapport qu’il ou elle entretient avec son genre et son identité. Comment compose t-il ou elle avec son genre ? Se trouve-t-elle féminine, virile ? Se sent-il à l’aise avec les codes de la masculinité ? ». Il y a aussi des pauses musicales choisies par les invités, ça permet de découvrir des groupes ou de réécouter des chansons qu’on aime ou qui nous parlent. J’aime beaucoup la voix de Géraldine Sarratia, j’aime son ton bienveillant. En ce moment l’émission est en vacances mais il m’en reste tant à écouter !

Le dernier épisode était avec Ovidie que j’ai croisée lorsque je fréquentais des actrices porno (qui ont arrêté depuis). Je me suis reconnue dans son parcours. Moi aussi j’ai été un peu garçon manqué jusqu’à l’adolescence, je ne portais que des espèces de joggings en molleton informes pour une raison très précise : c’est confortable et ça s’enfile en deux secondes. Ma mère voulait tant que je porte des jeans mais je me sentais mal dedans. Aujourd’hui non plus je ne porte toujours pas de jeans, je trouve qu’il n’y a rien de moins féminin qu’un jean. Les seules femmes à qui ça va ce sont les mannequins, parce qu’elles sont très grandes et très fines alors forcément, c’est élégant, pas comme sur Christelle (j’ai oublié de parler de cet affreux prénom), 32 ans, deux enfants, 1m64 et 65 kilos (tu auras compris que Christelle est notre femme française lambda). Je suis passée de petite fille à « j’ai des seins et des fesses » en un été et j’ai détesté voir mes seins pousser (j’adorais mon boule en revanche, mes copines en avaient un plat et moi je frimais), déjà je me souviens que ça me faisait mal, et en plus je voyais le regard des hommes changer et je n’aimais pas du tout être un objet sexuel alors que je n’avais même pas pensé à la sexualité. Je me souviens d’un quai de métro aux heures de pointe, un homme habillé en costume, la trentaine, est venue me proposer de me payer pour baiser avec lui, il a dit « Votre prix sera le mien ». J’avais 17 ans. Alors qu’il m’avait chuchoté ça à l’oreille, j’ai crié bien fort « Espèce de gros porc, t’as pas honte ? », il a eu la honte de sa vie, c’était assez jouissif de voir ce connard de la Défense se faire mater par une petite meuf de 17 ans.

J’ai une idée précise de ce qu’est la féminité, en tout cas, ma vision de la féminité. Je sais qu’il existe des hommes qui trouvent qu’une femme en jean, c’est sexy. J’estime avoir la chance folle d’être une femme, finalement c’est un peu un hasard (enfin … pas tant que ça, merci papa, c’est le sperme qui définit le sexe de l’enfant) mais un heureux hasard. J’aurais détesté être un homme. Profondément détesté. Il faut toujours bander, être fort, ne pas pleurer et ne pas perdre ses cheveux ou prendre la fameuse bedaine en vieillissant, tout un programme angoissant.

J’aime être féminine, j’aime porter des robes et des jupes, j’aime montrer mes jambes parce que je les aime, mes jambes. J’aime avoir les cheveux longs parce que c’est une expression de la féminité, mais aussi parce que j’aime sentir mes cheveux mouillés le long de mon dos quand je me douche. J’aime avoir des seins, j’aime l’effet qu’un décolleté provoque chez un homme. J’aime obtenir des tas de trucs uniquement parce que je suis une femme, je suis sans pitié, si jouer l’ingénue peut me rapporter quoi que ce soit, je fonce. Pourquoi s’en priver ? C’est notre pouvoir. Et tant pis si au milieu il y a des gros nases qui tentent d’obtenir mon 06, je ne vais pas porter plainte pour harcèlement… Je me souviens d’une fois où j’étais dans un RER je devais encore avoir 16 ou 17 ans, la rame était vide et un mec qui devait avoir la vingtaine s’est assis en face de moi et m’a dit « Tu veux pas me faire une petite pipe vite fait dans les toilettes ? », j’ai éclaté de rire, on a parlé le reste du trajet, je lui ai gentiment expliqué que vraiment ce n’est pas très malin de demander ça à une inconnue, que c’était un manque de respect total et que si c’était comme ça qu’on pécho dans sa banlieue, qu’il sache qu’ailleurs, on ne fait pas comme ça du tout. A la fin de la conversation, le mec était mon pote.

A propos, petite parenthèse. S’il est très difficile de ne pas être pour l’égalité entre les hommes et les femmes (moi aussi je veux gagner 30% de plus!), il est tout aussi difficile de se déclarer « féministe » dans une société qui nous montre des féministes revanchardes (à la Marion Séclin) ou qui comme Ovidie le dit elle-même dans le podcast, considèrent que les hommes n’ont pas la parole dans ce débat. Géraldine Sarratia «  Est-ce-que vous êtes prête à discuter avec les hommes ? (de féminisme) Ovidie « Moyen » (hilare)« ça je ne m’en suis jamais trop cachée ». Fin de la parenthèse.

Tout ça pour dire que je ne suis pas « cool », jamais tu ne me verras en baskets, j’aime les sandales, les talons, les trucs « de fille », je ne joue pas sur le côté androgyne je ne sais pas quoi, non, non, moi j’aime être une femme qui ressemble à une femme avec tout le cliché qui va avec, je suis un putain de cliché vivant, j’aime cuisiner, récurer les chiottes (je sais c’est fou mais c’est vrai), même pour acheter du pain je tiens à être présentable au cas où je croiserais un vieil ex, je ne sors jamais sans sac à main, bref, ah oui et j’adore le rose. Un cliché… Heureusement que je bois de la bière ! (je file m’en ouvrir une en vous saluant bien bas).

L’été n’aura pas ma peau

C’est l’été depuis déjà un mois et je crois qu’on peut le dire : ce fut le pire mois de mon année. J’ai rarement été aussi découragée, triste, en colère, fatiguée, fragile, bla bla bla Heureusement je sens enfin le vent tourner… Façon de parler bien entendu parce qu’il fait très chaud et malheureusement pour moi, les températures ne semblent pas prêtes de baisser. Plutôt que de me plaindre pendant encore deux mois, j’ai pris le problème à bras le corps. L’été n’aura pas ma peau, je vais lui niquer sa race.

Pour commencer, j’ai acheté un ventilateur sur pied. Pas une grande idée parce que ça brasse de l’air chaud, mais le soir ça fait le taf ! Je reluque le ventilateur purificateur Pure Cool de Dyson depuis quelques jours mais la bête coûte la bagatelle de 600€ et j’aimerais bien partir un peu en vacances en septembre et je ne gagne toujours pas au Loto et je n’ai pas rencontré d’homme riche (c’est plutôt moi qui les entretenais il fut un temps alors imaginez…). J’aime tant le design des objets Dyson, et il faut avouer que ce serait du plus bel effet chez moi, non mais regardez ce petit chien comme il est mignon:)

Le mois dernier j’ai mangé jusqu’à huit glaces par jour. Au lieu de prendre du cul et de ressembler à un tonneau fin septembre, là encore j’ai trouvé la solution. J’ai investi dans un blender puissant (1500W), j’achète des fruits surgelés chez Picard, je les mélange avec des glaçons et un peu de lait d’amande ou de l’eau quand je n’ai plus rien dans mon frigo et hop ! Voilà un sorbet maison sain, sans sucres, à consommer sans modération. Ce blender a changé ma vie. Et honnêtement je ne sais pas ce que serait mon été sans Picard. S’il y a un petit-fils de Raymond Picard qui lit ce blog, qui est beau gosse et célibataire, qu’il n’hésite pas à me contacter, je voue un culte à cette entreprise. Quand je ne sais pas quoi faire, je fais un tour chez Picard, c’est à côté de chez moi, il fait frais, il y a plein de trucs à acheter, j’adore.

Je n’aime pas me promener à moitié à poils dans la rue mais au bout d’un moment tu te plies aux exigences météorologiques alors j’ai arrêté de porter des t-shirts et attention… je souffre de l’écrire mais…je porte des débardeurs. Je ne suis pas fière de moi, je suis ma propre police du style et là vraiment je me mets un 0/20. Mais les auréoles de sueur sous les aisselles c’était vraiment plus possible. J’ai acheté deux shorts un peu chic pour contrebalancer le truc mais je ne m’y fais pas à ce look estival. Heureusement j’ai des sandales sublimes et un sac à main qui rattrapent l’affaire. J’ai décidé d’acheter des robes sur le net, j’ai eu le clic frénétique, j’en ai acheté non pas une ni deux ni trois mais…neuf. Il n’y a que sur AliExpress que je trouve des robes originales d’inspiration couture. Je n’aime pas trop commander sur ce site parce que je ne sais pas dans quelles conditions les vêtements sont fabriqués mais personne n’est parfait et oui cette fois j’ai été faible…

L’autre jour dans la rue j’ai entendu trois femmes parler de leur impossibilité de montrer leurs pieds l’été. Il faisait 30 degrés, j’étais en sandales et elles trois en chaussures fermées avec des lacets, la totale. Elles disaient qu’elles avaient honte de leurs pieds et j’ai trouvé ça tellement stupide de ne pas montrer ses pieds alors que tout le monde a des pieds moches et que franchement on s’en fout il fait 12000 degrés, il faut laisser nos pieds respirer ! Puis je me suis souvenue que je n’aimais pas mes genoux. Qu’on est toutes complexées, moi c’est mes genoux, toi ce sera les bras, toi les cuisses, toi tes seins, que sais-je… Ma copine montréalaise qui est littéralement à moitié à poils en ce moment, en mini très mini jupe et limite brassière pour se promener dans la rue me disait qu’elle ne se faisait jamais emmerder chez elle, alors que l’été dernier quand elle était à Paris, évidemment des gros lourdauds lui ont fait des remarques. Heureusement c’est bientôt le mois d’août et les gros lourdauds seront en vacances sur une plage de beaufs genre Narbonne au hasard. Et Paris sera à nous !

 

Je suis sortie de chez moi

Aujourd’hui les températures étaient supportables, lorsque je suis sortie ce matin tôt pour aller chercher un colis dans un relais, j’ai même eu froid en t-shirt. Je devais être la seule fille à sourire bêtement pour cette raison. Quand je suis déprimée à cause de cet été de merde et cette chaleur de chiotte, je pense au moment où je sortirais ma grosse couette de l’armoire et je me réjouis par avance, je n’ose pas aller jusqu’à penser au moment où je mettrais une écharpe autour de mon cou, ce serait beaucoup trop dangereux, je risquerais carrément l’orgasme en pleine rue… Pour ceux qui se demanderaient ce qu’il y avait dans le colis, la réponse est : un moule à financier et un moule à donuts, maintenant que j’ai retrouvé ma taille de guêpe, on est d’accord qu’il faut niquer tout ça avec du gras ? On est d’accord.

Alors que je m’apprêtais à faire une sieste (chômage mon amour), j’ai eu des nouvelles de Bastien qui tente régulièrement de me pécho mais malheureusement il ne me plaît pas. Je ne sais même plus par quel biais on s’est rencontré, il fut un temps où j’étais inscrite sur à peu près toutes les apps de rencontres, après une longue relation, c’est un peu la frénésie, on veut tout essayer. Depuis j’ai déchanté mais je ne vais pas revenir sur le sujet. Disons simplement que j’en suis arrivée à cette conclusion rassurante : moi au moins je ne risque pas de souffrir. Alors que toi qui es en couple, tu ne le sais pas mais un jour cette belle rencontre, ces premières fois ensemble, ces éclats de rire, ne seront que des souvenirs. Et même si tu penses « Non mais « nous », c’est différent », sache que les statistiques sont contre toi. Mais je ne suis pas là pour vous casser le moral (même si objectivement je suis réaliste et que c’est important d’être réaliste. Pourquoi ? Parce que ça permet d’apprécier le moment présent au lieu de craindre l’avenir).

Revenons gentiment à Bastien. Je ne comprends pas comment on peut appeler son fils «Bastien », c’est tellement moche comme prénom. Ça fait genre « Sébastien c’est trop commun alors on va enlever une syllabe ! », c’est ridicule. Il y a des prénoms que je déteste, pour les femmes c’est Valérie (j’en ai beaucoup parlé sur le blog) mais aussi Estelle (je ne saurais l’expliquer, j’aime pas, c’est tout) et Séverine qui remporte la palme du prénom le plus tarte de la terre. J’adore mon prénom, j’aurais détesté m’appeler autrement. Si je m’étais appelée Valérie j’aurais eu une vie de merde, j’en suis absolument certaine. Si je m’étais appelée Séverine j’aurais porté plainte contre mes parents et gagné le procès. Pour les hommes je déteste Bastien mais aussi Quentin qui sonne si mal, c’est si moche, et ils s’appellent tous comme ça, c’est une épidémie bordel ! Et Rémi, qui est l’équivalent de Séverine au masculin. Je veux dire comment peut-on appeler son fils comme ça ? C’est un personnage fictif qui perd ses parents, tu veux quoi ? Mourir en appelant ton fils « Rémi » ? Et je ne parle même pas des petits malins qui pensent qu’en mettant un « y » à la fin ça fera plus classe. Non, ce n’est pas classe et jamais ça ne le sera.

Mais revenons à ce pauvre Bastien. Il m’a proposé de boire des bières et je n’ai pas dit non. Je suis sortie de chez moi ! Il faut dire que j’avais un truc à fêter : hier j’ai enfin écrit, j’ai repris mon manuscrit ! Je n’avais pas écrit depuis le 11 juin, la honte. Je suis à nouveau dans le game et je ne compte pas lâcher. Au cas où Bastien (appelons le « B » parce que je ne peux souffrir écrire ce prénom une fois de plus, merci) se ferait des films, j’ai porté mon t-shirt avec l’inscription « Never ». J’ai passé un début de soirée charmant à boire de la bière IPA et l’écouter parler de cette fille qu’il côtoie depuis trois semaines et qui lui prend déjà la tête parce qu’elle veut un homme qui a une situation stable, une grande maison, le mariage et d’autres enfants (elle a déjà une fille de 5 ans), j’ai lancé un timide « Et le sexe c’est comment avec elle ? » et il a répondu par une grimace, j’ai conclu par « Mec, casse-toi ». Mais d’après ce que j’ai compris c’est déjà fini depuis leur embrouille d’hier soir, sans doute voulait-il que je le console entre mes cuisses. Sorry not sorry.