Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour9

Aujourd’hui, j’ai remarqué que je me sens mieux entourée d’animaux que d’êtres humains. Tu me m’enfermes dans un train, je flippe totalement. Tu me mets au milieu d’oies, de chèvres, de cochons, de moutons, je me sens dans mon élément. Probablement parce que les animaux ne parlent pas, ils communiquent autrement, il suffit de les observer pour comprendre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils veulent, la communication est simple. Plus simple en tout cas qu’avec les êtres humains soi-disant plus intelligents car dotés de la parole. C’est à mon sens ce qui les rend plus bêtes. On croit que la parole simplifie les rapports humains, il n’en est rien, la parole fausse tout.

Je n’aime toujours pas Toulouse. Certes c’est une jolie ville, la brique rose a beaucoup de charme. Mais j’ai trop de mauvais souvenirs ici et aucune envie d’en créer de nouveaux. Si je viens encore à Toulouse deux à quatre fois par an, c’est pour ma famille qui a choisie d’y vivre on ne sait trop pour quelles raisons… Pour ma famille et pour aller au Petit Refuge dans la Prairie voir mes copains les animaux sauvés de l’abattoir.

Quand le soleil se couche, on s’assoit sur un banc de fortune avec la gérante du lieu, on écoute les oiseaux chanter et on regarde les chevreaux et les moutons jouer et c’est notre bonheur. De se retrouver après des mois et des mois, de partager ce moment de silence. On se sourit et ça veut tout dire. Pas besoin de paroles.

Après-midi parfaite à prendre les poules dans mes bras et leur caresser le haut du crâne, à se faire courser par une oie qui adore le goût de mon sac à main rouge, à brosser tata Blanchette la jolie chèvre, à retomber en enfance les bottes dans la gadoue, et donner des poireaux à Bella la brebis.

Qu’on arrête de me demander si je ne m’ennuie pas après 5 mois de chômage. Je ne m’ennuie pas du tout, merci. J’adore ma vie ! (si je pouvais ne plus jamais retravailler de ma vie, je signe ! Tout de suite !)

Pendant dix jours, j’écrirai mon « journal » en commençant par la phrase « Aujourd’hui, j’ai remarqué… ». C’est un exercice d’écriture proposé par l’écrivain (non je n’aime pas le mot « écrivaine ») Emily Gould que je suis sur l’application Skillshare que je trouve formidable : ce sont des cours en ligne pour apprendre des tas de trucs dans des tas de domaines. Si vous voulez participer, vous êtes les bienvenus !

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour8

Aujourd’hui, j’ai remarqué que je ne connais personne qui comme moi déteste les trajets en train. J’aimerais tellement m’en plaindre à quelqu’un, me sentir comprise, moins seule.

Je me suis levée beaucoup trop tôt (8h00) ce matin, j’ai pris une douche, j’ai vérifié que je n’avais rien oublié et je me suis retrouvée dans le métro avec ma valise à monter puis descendre puis redescendre puis remonter des escaliers pour enfin arriver sur le quai du métro bondé parce que forcément c’est l’heure où les gens normaux vont travailler. Je ne supporte plus les gens normaux, je ne veux tellement plus leur ressembler. On a écrasé mon coude, écrasé ma valise, un homme m’a bousculée et j’ai cru m’envoler parce qu’il était massif comparé à moi, toutes ces agitations pour rejoindre la gare Montparnasse, quelle folie ! Et je ne peux pas me plaindre parce que j’ai deux jambes et deux bras, si j’étais en fauteuil roulant, si j’étais handicapée, je ne pourrais pas me rendre à la gare Montparnasse en métro. Parce que rien n’est fait pour les personnes non valides et c’est une honte. Dans ces moments-là oui j’ai honte de vivre dans cette capitale si prétentieuse qu’elle ne se soucie que d’une partie de la population. Mais là n’est pas le sujet…

J’arrive à Montparnasse donc, je cours, je cherche le quai, c’est le numéro 3 alors j’essaie de courir mais j’ai une valise cabine et deux sacs à main, je cours un peu comme une débile, j’ai peur de perdre quelque chose en chemin. J’ai voulu faire des économies, j’ai pensé « Le train c’est moins cher » alors me voilà sur le quai numéro 3, le IDTGV qui va m’emmener à Toulouse si j’arrive à le prendre parce que dans très exactement deux minutes, les portes vont se fermer. J’arrive, je montre mon billet au Monsieur, j’entre dans le train et les portes se ferment. J’ai réussi à ne pas rater ce foutu train.

Je vais passer des heures à côté d’un type pas aimable qui met son gros coude sur le seul accoudoir, celui qu’on est censé se partager. Pour la seule prise électrique c’est pareil : il décide que c’est la sienne. Je décide de changer de place à Bordeaux, je regarde un film, un vieux type n’arrête pas de me mater, j’ai envie d’être seule, d’être riche dans mon jet privé mais je suis dans un putain d’IDTGV avec des gens normaux qui veulent, comme moi, faire des économies.

Puis tout à coup, ça y est, nous sommes à Toulouse, je sors de la gare, le ciel est bleu bleu bleu et au loin le sourire de ma mère puis celui de mon frère. Ma récompense.

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour7

Aujourd’hui, j’ai remarqué cette femme qui marchait devant moi. Je regardais son pantalon moulant beige, je ne comprends pas comment on peut choisir cette couleur, le beige. Ça ne dit rien de bon, le beige, c’est une non-couleur, c’est comme pour dire « Je n’ose pas le blanc alors je porte du beige ». Ce n’est pas flatteur ni élégant, le beige. Il n’y a que Kim Kardashian qui pense que ça peut l’être.

Je regardais ses jambes marcher et tout à coup je constate avec effarement que sa peau d’orange est visible sous le pantalon moulant beige. Je reste comme fascinée par le mouvement de la graisse qui fait des va-et-vient dans cet affreux pantalon qui était déjà affreux avant d’être de couleur beige. Je me demande si elle le sait, la femme, qu’on voit sa peau d’orange sous son pantalon. Je me demande comment c’est possible d’avoir de la peau d’orange au niveau des chevilles, c’est quand même fou. Et puis après je me dis que ce qui est fou, c’est que toutes les femmes sont différentes, que c’est bien de ne pas se ressembler. Que si ça se trouve, elle a d’autres chats à fouetter que de penser à sa peau d’orange, cette femme devant moi. Que si je me regardais moins le nombril, je me trouverais tout le temps belle et pas juste « de temps en temps ». Il n’empêche que choisir un vêtement de couleur beige, vraiment, je ne comprends pas. Même un trench, même un Burberry, je dis non (ça me fait toujours penser à l’inspecteur Gadget).

Hier, je parlais de Xavier Dolan, j’ai vu « Juste la fin du monde ». Si vous ne l’avez pas vu, je n’ai qu’un conseil à donner : par pitié, ne perdez pas votre temps à voir ce film. Il est sans intérêt. Je n’ai même pas envie d’en parler tellement j’ai été déçue. C’est souvent le cas avec les pièces de théâtre adaptées en films. Faites de vrais films ou faites des pièces de théâtre mais arrêtez de tout mélanger.

Toujours hier, j’ai eu un moment de fébrilité émotionnelle (être une femme, les hormones, vous voyez quoi). Dans ces cas-là, j’ai deux ou trois vidéos pour me remonter rapidement le moral (parce que pleurer ça rend moche, c’est ma mère qui le dit et elle a quasiment toujours raison). La première vidéo c’est une compilation où l’exécrable actrice Mélanie Laurent se la raconte en interview, c’est très efficace. La deuxième c’est le chat d’une copine virtuelle qui regarde un film d’horreur, il s’appelle Togepi le chat, j’adore cette vidéo. La troisième c’est encore un chat qui est fan de l’aspirateur, c’est une vieille vidéo mais toujours aussi efficace !

Sinon pour se remonter le moral quand on est parisien, en fait c’est assez simple, il suffit de se promener et de se rappeler qu’on a la chance de vivre dans la plus belle ville au monde.

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour6

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Aujourd’hui, j’ai remarqué que je suis toujours en retard sur les films… Je ne vais jamais au cinéma parce que je préfère être tranquille chez moi, confortablement assise dans le canapé, j’ai un écran assez grand pour me croire dans ma propre salle de cinéma. J’ai vu la saga Star Wars pour la première fois de ma vie en 2016, c’est dire si j’ai du retard !

Avant de partir en vacances j’ai vu « Les amours imaginaires » de Xavier Dolan, j’ai choisi ce film pour le titre, j’en ai eu tellement des amours imaginaires ! Le film était lent, il a fallu que je lise le résumé sur Wikipedia pour me donner le courage de continuer. Finalement, j’ai bien aimé ce film pour les dialogues, les costumes et la musique. C’est suffisant pour avoir envie de continuer de découvrir un réalisateur.  C’est comme ça que je suis entrée dans l’univers de Dolan, ce québecois de 27 ans qui sort cette année son…septième film. J’ai décidé de voir tous ses films, de rattraper mon retard.

J’ai poursuivi avec « Laurence Anyways », un film qui m’a beaucoup émue sur la transsexualité et le couple, sur un amour impossible surtout. Il y a de si belles scènes, si fortes, et toujours cet accent québécois et ses expressions formidables, si dépaysantes pour nous, les « crisse » à tout va et spécialement dans ce film le fameux « ta tabernak de blonde ». Difficile de ne pas en rire (ce qui tombe bien parce que le sujet est loin d’être léger). Ça valait le coup de rester assise pendant plus de deux heures trente.

J’ai enchaîné sur « J’ai tué ma mère » qui est pour le moment le film que je préfère de ce cinéaste. Difficile de ne pas détester sa mère quand on a 17 ans. Je me suis bien reconnue dans le rôle d’ado à moitié rebelle (important le « à moitié »). Moi aussi ma mère m’exaspérait, je croyais qu’elle ne m’aimait pas, je me souviens avoir pensé que si ça se trouve j’avais dû être adoptée. Ce qu’on peut être con quand on a 17 ans. Les scènes de colère entre la mère et le fils sont mémorables, la relation amoureuse du fils avec un garçon est racontée très simplement, pour une fois pas de stigmatisation, il s’agit juste d’une histoire d’amour comme une autre comme on peut en avoir à 17 ans.

Cet accent québécois chantant m’a donné envie d’aller au Québec visiter Montréal. J’ai fait escale une fois à Montréal et je me souviens avoir été ébahie par la gentillesse des personnes dans l’aéroport. A Paris CDG on ne te traite pas si bien (et le wifi n’est pas gratuit !). La seule fois où je devais aller au Québec j’ai perdu mon passeport le jour-même, j’ai donc raté l’avion, laissant mes amies partir sans moi. Tout ça pour retrouver le passeport une fois l’avion parti… le passeport était sous ma valise. Ne me demandez pas pourquoi. On m’avait dit qu’il ferait moins 20 degrés là-bas et je crois que j’ai fait exprès de « perdre » mon passeport.

Bref, je continue ma saga Dolan avec « Juste avant la fin du monde » puis je rejoindrais les bras de mon pote Morphée (« Quoi mais Morphée c’est pas une femme ? » « Non, Morphée c’est un homme, espèce d’inculte ! »).

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour5

Aujourd’hui, j’ai remarqué la gentillesse et le sourire désarmants de la masseuse avec laquelle j’avais rendez-vous. Je suis arrivée en avance (j’avais mal noté l’horaire…), on m’a plutôt mal accueillie, je déteste attendre, j’ai attendu 45mn, puis elle est arrivée avec son large sourire et ses dents parfaitement blanches, un sourire à la Britney. Je l’ai sentie authentiquement gentille et je me suis enfin relaxée.

Je ne suis pas fan des massages, je trouve difficile de se relaxer entre les mains d’un inconnu. Je crois que le fait que ce ne soit pas sexuel m’empêche de me laisser aller. Cette idée de se faire toucher sans que ça débouche sur un orgasme me laisse perplexe, je l’avoue. J’essaie de fermer les yeux, de me détendre, d’arrêter de penser à ce que je pourrais manger en sortant de là. C’est ce que j’ai fait cet après-midi, je restais complètement bloquée sur la perspective de pouvoir déguster un sorbet au citron chez Pozzetto rue du Roi de Sicile, je ne sais pas pourquoi.

Lorsque j’étais en Thaïlande, mes amis me disaient qu’il fallait absolument que je me fasse masser les pieds, que c’était un vrai moment de détente, que je ne pouvais pas être allée si souvent en Thaïlande sans jamais avoir été massée. Je me suis laissée convaincre et j’ai détesté ça. Je regardais la masseuse faire, j’observais sa technique, impossible de me laisser aller ! Elle a fini par me hurler « Don’t look at me ! Relax ! ». Mouais.

Ça me rappelle la fois où j’avais massé mon mec de l’époque en pensant que ça se finirait de manière beaucoup moins calme et il s’était endormi comme un bébé. Je m’étais retrouvée seule sur le lit avec de l’huile qui colle sur les mains, frustrée à mort.

Finalement je ne regrette pas d’être sortie de chez moi un dimanche. Pourtant c’est le jour où je reste cloitrée parce que Paris est à la fois envahie par les parisiens mais aussi les touristes et les banlieusards. Il y avait des familles partout, des gosses qui hurlent, des mamies qui marchent lentement, quelques types en jogging qui parlent fort, un beau ciel bleu, un inhabituel 12 degrés… Mais j’ai eu le sourire toute la journée. Normal. Moi demain je ne bosse pas !

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Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour4

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Aujourd’hui, j’ai remarqué que c’était une date importante pour moi, je regrette que ce soit la fin de la journée parce que j’aurais aimé fêter ça ! Il y a 365 jours, le 18 février, j’ai éteint ma dernière Camel devant la gare Saint Pancras à Londres. J’avais déjà essayé d’arrêter six fois mais j’avais le sentiment que la septième serait la bonne. J’avais largement eu le temps de faire le tour de la question. J’étais fatiguée par cette relation toxique avec cette foutue cigarette.

Je n’ai pas le souvenir que cette fois-ci ait été si difficile. Bien sûr les premières semaines sont abominables, le manque est très présent. Mais on s’y fait. Le plus important c’est de prendre la décision d’arrêter. Allen Carr explique dans son best-seller qu’arrêter n’a rien à voir avec la volonté. Lorsqu’on décide d’arrêter, lorsqu’on est prêt, lorsqu’on n’a plus de conflit intérieur, on n’a pas à faire appel à la volonté, on arrête naturellement.

Je peux tout à fait boire de l’alcool sans avoir envie de griller une cigarette. De toute façon la prochaine étape c’est arrêter de boire aussi ! Que me restera-t-il ? Un esprit sain dans un corps sain. Du moins, c’est ce que je souhaite. Je ne peux pas passer mon existence à insulter des personnes que je ne connais pas en vomissant au milieu de leur salon (j’ai oublié ton prénom meuf mais pardon, vraiment). C’est rigolo quand on a quinze ans mais pathétique ensuite. Une amie a retrouvé nos conversations MSN de 2008 et j’ai éclaté de rire quand j’ai appris que… je voulais me faire tatouer « Shameless » sur l’épaule ou dans la nuque. Le ridicule ne tue pas ? Hum. Je suis contente de ne pas avoir poursuivie cette idée saugrenue.

Je n’ai pas vu le film de Guillaume Canet, Rock’n’Roll mais je comprends parfaitement le thème dont il parle. Il arrive un moment où on n’est plus rock parce qu’on s’assagit, ça ne veut pas dire qu’on s’emmerde pour autant. Il faut accepter qu’on ne puisse pas passer sa vie à pécho en soirée, à taper des traces avec des inconnus, à boire des cocktails aux noms chelous, à prendre des risques inconsidérés, à vivre comme si demain n’existait pas. On ne peut pas passer sa vie à se foutre de soi et de tout, on ne peut pas passer sa vie comme si on avait éternellement 23 ans. En tout cas moi, je ne peux pas et surtout je ne veux pas. Les autres font bien ce qu’ils veulent…

Pendant dix jours, j’écrirai mon « journal » en commençant par la phrase « Aujourd’hui, j’ai remarqué… ». C’est un exercice d’écriture proposé par l’écrivain (non je n’aime pas le mot « écrivaine ») Emily Gould que je suis sur l’application Skillshare que je trouve formidable : ce sont des cours en ligne pour apprendre des tas de trucs dans des tas de domaines. Si vous voulez participer, vous êtes les bienvenus !

Challenge : écrire son journal pendant dix jours #Jour3

Aujourd’hui, j’ai remarqué un décalage énorme entre l’enthousiasme dont je fais part lorsque je sais qu’on va chez Ikea…et mon exaspération quand je me retrouve prisonnière du magasin depuis cinq longues heures à la recherche du fauteuil Ekerö allée 36 place 12.

Je pensais naïvement qu’il n’y aurait pas grand monde chez Ikea un vendredi, c’était sans compter sur les gens qui prennent des RTT et décident donc de faire une « sortie en famille ». Il y avait beaucoup trop d’enfants en bas-âge en train de hurler, en même temps je les comprends, il fait environ 150 degrés, on se perd dans ce labyrinthe et si au départ l’expérience parait ludique, on finit par ne plus en pouvoir, les pieds usés par tant de va-et-vient.

Cela dit je ne comprends pas comment on peut emmener son enfant de deux ans qui visiblement marche avec beaucoup de difficultés chez Ikea. Si nous les grands on sort de là excédés, évidemment que pour eux c’est encore pire. En ce moment c’est carrément le fait de vouloir des enfants qui me dépasse et le fait de fonder une famille, la notion même de famille devrait être redéfinie. Pourquoi une famille ce serait forcément les « parents » (on note que « les parents forment une entité, il n’y a plus d’individualité) et l’enfant ou les enfants ? Mais je ne lance pas le débat, je n’ai pas le temps, mon bain est en train de couler et je compte bien me plonger dedans. Je me demande comment font ceux qui n’ont pas de baignoire, les pauvres. A chaque fois que je me glisse dans mon bain je pousse un « Ohlala mais quel bonheur ! ». Parce que ça fait partie des petits bonheurs du quotidien. Je devrais faire la liste de ces petits bonheurs parce que j’ai beau être une connasse, je sais les apprécier. La connasse apprécie les petits bonheurs de la vie, elle déteste juste les gens.

Le phénomène Ikea fait le même effet à tout le monde : tu viens pour certains meubles/objets précis et tu te retrouves avec le caddie plein de conneries, ça déborde de vases alors que tu détestes les fleurs coupées, on craque pour des nouveaux verres alors qu’on en a 150, oh un plaid, on n’a pas de plaid de cette couleur, si ? Non ? Et je me retrouve face à face avec le coussin Mattram, LE coussin chat noir et blanc que j’ai vu partout sur Instagram et j’hésite parce que j’aime les chats et j’aime bien le noir et le blanc puis je me raisonne avec l’aide de Monsieur. Non, ce n’est pas parce qu’il ne coûte que 4 € qu’on doit en acheter 12, et puis le côté graphique visuellement c’est usant et ça ne va pas du tout avec notre intérieur. Si on veut voir des chats, on n’a qu’à rester chez nous à observer les quatre qui y vivent. Malgré les presque six heures passées dans l’immense magasin, nous allons devoir y retourner parce que nous avons réussis à oublier des essentiels de notre liste (mais on a un nouveau tapis de bain beige -alors qu’on déteste tous les deux le beige…).

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