New York avec toi <3

Lorsqu’il y a quelques mois, ma copine Maryne m’a dit « Je viens avec toi à New York en septembre ! », je n’ai pu qu’acquiescer. Nous avons vécu ensemble son dépucelage New Yorkais et je rentre à la fois enchantée et dégoûtée de devoir reprendre l’affreux chemin du métro et tous ces gens qui ne mettent pas de déo sous 32 degrés (bande de dégueulasses)(j’en peux plus de cet été de merde aussi, j’attends l’automne avec encore plus d’impatience que les années précédentes mais je reviendrai là-dessus bientôt).

Nous avons fait les touristes à mort, à base de selfies dans la rue comme des pouffes de quinze ans, à base de « je fais genre je marche dans la rue et tu me prends en photo quand un taxi jaune passe, ok ? », on a pris le bateau pour voir la statue de la Liberté en vrai, on a bu des cocktails en rooftop et on a donné un pourboire quatre fois trop élevé au serveur qui était ravi, on a vu des couchers de soleil de rêve, on a regardé en l’air beaucoup, on a rêvé devant le Flatiron, eh oui, nous partageons un grand amour pour ce vieux building.

Nous avons été charmé par la gentillesse des New Yorkais, nous avons eu le sentiment d’être dans un quotidien cool, sans stress, pas comme à Paris où on a peur de tout, où les gens sont désagréables et se regardent avec méfiance/mépris, où les gens se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. On n’a pas subi de harcèlement de rue, on n’a pas eu peur de s’habiller court parce qu’on sait que tout le monde s’en fout là-bas et ça fait du bien de se sentir enfin libres ! On a eu chaud parce qu’il faisait chaud puis on a eu froid parce qu’on se retrouvait dans des métros surclimatisés, je me suis fait une entorse à la main je ne sais pas comment, Maryne a eu les pieds couverts d’ampoules mais malgré ça elle a continué à arpenter l’asphalte telle une vraie New Yorkaise que rien n’arrête jamais.

On a vu des chefs d’œuvre au Moma, on a caressé beaucoup de chiens dans la rue, on a parlé à des inconnus, on a ri aux éclats, on a dit « On a de la chance » parce que c’est vrai même si on n’a pas gagné à la loterie, on a la chance de se connaître et de partager ça ensemble. On a vu le stoop de Carrie Bradshaw et la maison de Rachel, Monica, Chandler, Ross, Joey et Phoebe comme de vraies touristes, je vous dis ! On a vu des dinosaures au musée et c’était trop cool mais on a aussi vu des lynx et des léopards et des loutres et tout un tas d’animaux malheureusement pas vraiment vivants:/

On a flâné sur la High Line, on a essayé de faire une sieste dans Central Park mais une femme étrange est venue me demander du fric (pourquoi moi ?) pour un papier qui parlait de paix dans le monde bla bla Elle ne cessait de répéter « peace, peace » puis « donation, donation » en me touchant, heureusement j’ai chaussé mes lunettes du mépris et elle est partie plumer d’autres touristes🙂

Surtout on a mangé mangé et encore mangé, des burgers, des donuts, des cupcakes, des sandwichs, encore des donuts et des sushis et des chips au sel de l’Himalaya et même des chips aux petits-pois (non mais quel bonheur ce truc-là !), et des barres chocolatées et des salades gigantesques de chez Whole Foods et des chewings gums à la cannelle et bla et bla et bla on a grossi quoi oups (on n’a jamais été aussi heureuses de grossir, objectivement)(sinon désolées les parisiennes mais les new yorkaises sont dix fois plus bonnes)

Je ne sais pas si je partirais à nouveau en vacances entre amis, je sais que si Maryne veut encore de moi pour une prochaine destination, je suis là ! Merci Maryne pour ces vacances de rêve, si j’avais pu dessiner une amie parfaite, je n’aurais pas pu faire mieux que toi. Certes on rentre épuisées, grosses et cernées mais who cares ?🙂

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La robe rouge

Je me promenais dans le quartier, un peu plus loin qu’à mon habitude, en pensant à cette phrase lu dans le dernier Annie Ernaux « Il n’y a de bonheur réel que celui dont on se rend compte quand on en jouit » (Alexandre Dumas, fils). Complètement absorbée dans ma réflexion, je suis entrée dans la boutique machinalement et je l’ai vue : la robe rouge.

La veille, j’avais regardé un film de Woody Allen qui s’appelle « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu ». C’est un Woody Allen moyen comme tous les Woody Allen depuis Manhattan (le chef d’œuvre absolu). Dans ce film il y a un personnage féminin joué par Freida Pinto cette très jolie actrice indienne et elle porte toujours du rouge. En regardant le film, je me suis dit que je devrais moi aussi porter du rouge, une belle robe rouge. Mais c’est si difficile de trouver autre chose que du rouge vermillon qui n’est pas le rouge que j’aime. J’aime le rouge profond, foncé, presque bordeaux.

Et je me suis souvenue de ce que m’avait dit quelqu’un que j’avais rencontré pendant ma période toulousaine « Les femmes, quand elles s’habillent en rouge, c’est qu’elles ont le feu au cul ». J’avais trouvé cette remarque sexiste au possible. Par la suite, à chaque fois que j’ai enfilé un vêtement de couleur rouge, je me suis demandée si ma libido était à son max et bien souvent ce n’était pas le cas, j’avais juste très envie de porter du rouge parce que la rouge me va bien et que j’ai confiance en moi ; il faut de la confiance en soi pour porter cette couleur voyante.

Le « Mémoire de fille » d’Annie Ernaux me perturbe. Je me revois à 15 ans chez nos amis américains pour l’été, nous sommes à Chico en Californie. Il fait très chaud, je m’habille très court et très serré, j’ai 15 ans, je découvre que les hommes peuvent apprécier ma silhouette et j’en joue sans trop savoir ce que je fais. Comme dans le roman, moi aussi j’ai très envie de vivre une vraie histoire d’amour et moi aussi j’ai envie de faire l’amour. Je rencontre David, il a 27 ans, autant dire « un vieux ». Il écoute du rock comme moi, il a des cheveux longs blonds et des yeux verts, on aime se parler mais on ne peut pas se rapprocher, ma cousine de deux ans ma cadette nous colle aux basques. Je me souviens précisément de cette frustration, de cette envie d’embrasser David, de faire l’amour avec lui, d’oublier le reste du monde. Mais nous sommes aux Etats-Unis, David sait que je suis mineure et qu’il est potentiellement bon pour aller en taule si quoi que ce soit se passe entre nous. Je vais passer mes vacances à espérer le revoir mais je ne le reverrais pas.

C’est vrai que je jouais un peu la candide et la provocatrice à la fois, à 15 ans. C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance qu’il ne m’arrive rien de grave parce que mon comportement pouvait laisser supposer des choses que je n’aurais pas pu maîtriser. C’est vrai aussi qu’il n’y a qu’à ce moment de l’adolescence qu’on est capable de se faire tous ces films incroyables sur les hommes qui nous plaisent, on est capable de penser à un homme pendant des heures et des heures, comme si le monde s’était arrêté, on est dans l’attente « qu’il se passe enfin quelque chose ». Parce qu’on comprend bien que « l’amour » c’est « le truc à vivre » avant de mourir. Parfois je me demande ce qu’il reste en moi de cette adolescente ; la rébellion, c’est certain, le cynisme aussi, mais je crois que je repense à mon passé amoureux en me disant qu’heureusement, je n’en suis plus là. Malgré les trois derniers mois merdiques que je viens de vivre et les mauvaises nouvelles qui pleuvent, j’ai tout à fait conscience de vivre une période heureuse de mon existence. Parce qu’à deux, nous sommes plus forts, sans aucun doute. Nous faisons front. Je vis la vraie grande histoire d’amour dont je rêvais lorsque j’étais adolescente. En plus j’ai une robe rouge maintenant !

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J’aime pas l’Euro

Je n’aime pas le football. Pourtant, mon grand-père était footballeur. Ce n’est pas comme si je n’avais pas été imprégnée de cette culture. Ma mère est une grande supportrice du PSG ainsi que toute ma famille, on a Paris dans le sang (moi aussi mais la ville, pas le club). Je n’ai pas connu mon grand-père, peut-être que si cela avait été le cas, je serais moi aussi affublée d’un maillot tricolore avec le maquillage suintant sur les joues et la perruque synthétique made in China qui va avec.

Quand j’ai entendu parler de l’ « Euro2016 », la seule chose qui m’intéressait c’était de savoir quand commençaient les festivités mais surtout quand elles finissaient. C’est bientôt, dans deux jours. Mais voilà, la France est en finale. Et ça, ça n’arrange pas mes affaires. Déjà, hier, mes voisins du dessus, trois étudiants en coloc habituellement calmes, ont décidé de chanter la Marseillaise (faux), subitement en joie d’être français, un peu comme en Novembre dernier lorsqu’ils ont sorti un drapeau tricolore devant leur fenêtre (drapeau disparu depuis, on est « fier d’être français » quand c’est à la mode puis on oublie).

Je suis sortie avec un fan de foot en plein Mondial, j’en garde un souvenir difficile : une vie sexuelle misérable en cas de défaite de la France, baise rapide en missionnaire, jouissance triste, soirées passées seules puisque Monsieur allait au bar regarder les matchs sur grand écran pour être « dans l’ambiance ». A la base, cet ex n’était déjà pas une lumière alors autant dire qu’avec le Mondial son cerveau était carrément parti en vacances à l’étranger. Je restais là à l’observer en me demandant quand il allait redevenir lui-même. Nous avions quand même trouvé quelque chose à faire ensemble à cette époque : les paris en ligne. J’avais réussi à intellectualiser le foot dans un but bassement lucratif. Et je gagnais de l’argent contrairement à lui qui jouait « avec son cœur » (on en entend des conneries…).

Hier, donc, j’étais pour l’Allemagne. Juste pour faire chier parce qu’en vrai je m’en fous. Je n’ai pas regardé le match mais tous les voisins, pas que ceux du dessus, hurlaient à chaque but ou occasion de marquer. Quand la France a gagné, ça s’est mis à hurler aux fenêtres des « Vive la France ! » (alors qu’il est de bon ton de dire que « La France n’est plus un pays d’avenir », que « Moi si ça continue je me casse, marre de payer trop d’impôts » ou le délicieux « Y’a trop d’étrangers ici, c’est plus comme avant »). On oublie toutes les rancœurs, on est « fiers d’être Français ». Fabuleuse hypocrisie. Heureusement, une voisine a hurlé « Vive le Portugal ! ». On a de l’humour dans mon immeuble.

Et ce matin, je tombe sur ce tweet de Joann Sfar :

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Et je lis les commentaires en-dessous et je tombe des nues. Les insultes pleuvent. Dans ce pays, si on n’aime pas le foot, on est forcément snob, « bourge », rabat-joie, conservateur et j’en passe.  Il faut être un bon mouton bien docile avec son maillot bleu sur le dos et ses confettis prêts à être lancés sur la foule, il faut être prêt à se réjouir de la liesse générale, il faut subitement être fièr(e) de son pays. J’aime mon pays mais cela n’a rien à voir avec le foot !

Est-ce-que les amoureux du football se demandent comment vivent les autres, ceux qui n’aiment pas ce sport, pendant ce long mois d’Euro ? Joann Sfar dit simplement ce qu’il pense, il ajoute que « je n’ai rien contre le match je gère juste mal les cris qui suivent » et il se prend dans la gueule « si tu n’aimes pas les scènes de liesse, ta vie doit être d’une tristesse »(un rappeur aurait pu en faire un single). Moi non plus je n’aime pas le bruit (pourquoi je n’ai pas d’enfant à votre avis ?), les scènes de liesse me font peur ; je me souviens d’une fête de la musique où, emportée par la foule, je me suis retrouvée dans un autre arrondissement, j’ai perdu mon sac à main et ma dignité puisque nombreuses mains masculines en avaient profité pour me peloter les fesses. Je n’aime pas le bruit et je n’aime pas la foule et je me fous éperdument du foot. Pourtant ma vie n’est pas triste. On peut avoir d’autres passions qu’un sport dans la vie. Si, si, je le jure.

Cher Joann, sache que tu n’es pas le seul à ne plus en pouvoir de ces débordements sonores provoqués par la foule amoureuse du football, sache que nous sommes nombreux à préférer les livres au foot, sache que nous sommes nombreux à souhaiter secrètement que le Portugal gagne cet Euro 2016 pour éviter les voitures brûlées et les pétards allumés comme s’il s’agissait simplement de confettis.  Peut-être devrions-nous envisager de passer cette finale au fin fond de la Creuse, les vaches sont de bien meilleure compagnie que les effrayants supporters français. A méditer…

P.S : à bien y réfléchir, si le Portugal gagne, ce n’est pas terrible non plus, il y a quoi ? Près d’un demi million de portugais en région parisienne ? Je ne connais pas les chiffres, je demande.

Oslo, petit paradis

Quand on m’invite quelque part, en général, j’y vais. Alors quand l’hiver dernier, deux Norvégiens fraîchement rencontrés m’ont dit « Viens nous rendre visite à Oslo ! » eh bien…j’ai pris des billets et j’y suis allée début juin (parce qu’avant il fait très froid). Résultat, alors qu’il pleuvait à Paris, je me suis promenée la cuisse à l’air sous 30 degrés à la découverte de la capitale de la Norvège.

Je suis amoureuse d’Oslo. Voilà. C’est une ville qui n’est pas oppressante, c’est une ville où le vert est à portée de main. C’est une ville qui ne ressemble pas aux autres et c’est une ville en devenir, on s’y promène à pied parce que ce n’est pas si grand. Ce qui frappe, c’est cette douceur de vivre. Les familles (nombreuses) se promènent au parc Frogner alors que nous sommes en pleine semaine et qu’il est 14h. La Norvège fait partie des pays les plus riches au monde et elle arrive en tête du classement des 20 pays où la vie est plus belle. En Norvège le salaire moyen mensuel atteint plus de 7000€, quant à l’assurance chômage, elle redistribue 87% de votre dernier salaire. Cette insouciance se ressent. Mes amis Norvégiens travaillent lorsqu’ils en ont envie, ils n’ont pas de qualification mais trouvent toujours quoi faire, et voyagent tout au long de l’année. Petits chanceux !

L’architecture, ensuite. Cet Opéra qui, depuis près de huit ans maintenant, semble glisser sur l’eau, c’est « de toute beauté » comme dirait mon père. C’est surprenant de retrouver de la poésie dans un bâtiment aussi lourd, aussi imposant. C’est peut-être sa prétendue simplicité qui le rend si élégant, avec l’eau pour le sublimer. On peut se promener sur le toit du bâtiment, avec une vue à couper le souffle sur le fjord d’Oslo. On sent la volonté des architectes de faire de ce building un lieu de rencontres, au-delà de sa fonction d’Opéra. Le musée d’art contemporain Astrup Fearnley, à deux pas du port Aker Brygge, a été inauguré il y a presque 4 ans et designé par Renzo Piano (l’architecte qui a réalisé Beaubourg à Paris). C’est un bâtiment aérien, lumineux, quand on se trouve à l’intérieur on peut observer les passants deux étages plus bas, on peut, entre deux toiles, voir l’eau qui scintille au soleil. Une vraie réussite. La ville d’Oslo s’est lancée dans un renouveau architectural qui n’a pas fini de nous étonner, d’autres bâtiments sont attendus, notamment la Bibliothèque Deichman, prévue en 2018 (j’ai hâte !).

Il suffit de prendre un bateau pour une quinzaine de minutes pour se retrouver sur une île où les Osloïtes (je répète : les Osloïtes) se précipitent lorsque les beaux jours arrivent. J’ai nommé Hovedøya. C’est une toute petite île avec de jolies plages et lorsque j’y suis allée, aucun touriste ! Nous avons refait le monde en observant les animaux courir sur le sable (parce que nous avons le point commun de ne pas regarder les humains mais les animaux). Sans chapeau, j’ai pris un méchant coup de soleil sur le nez. Si on m’avait dit que je bronzerais en Norvège !

Avant d’aller à Oslo, j’ai lu tout Ibsen, dramaturge norvégien internationalement renommé très en avance sur son époque, féministe avant l’heure et un peu un gros con dans la vie (comme tous les écrivains ? Vraie question). Lorsque j’ai su qu’il était possible de visiter son musée et sa dernière demeure, je n’étais pas loin des larmes de joie. C’est ainsi que je me suis retrouvée avec un couple d’allemands à écouter les anecdotes les plus farfelues de la vie d’Ibsen, dans ses anciens appartements de plus de 300m2 en plein cœur de la ville, en face du Palais Royal et son grand parc. Ibsen avait, dans son bureau, un portrait géant de son ennemi juré, l’écrivain suédois Strindberg, pour lui rappeler qu’il devait se surpasser. Quel ego !

Oslo  offre un un grand choix de musées, on en compte plus de 50 ! Si vous vous foutez éperdument d’Ibsen, je vous conseille le Norsk Folkemuseum ou le Musée des Arts et Traditions populaires Norvégien.  C’est le musée à visiter absolument si l’on fait un tour à Oslo, mes amis Norvégiens ont eu raison d’insister ! Situé sur la péninsule de Bygdøy, il présente 150 maisons qui constituent l’habitat traditionnel des différentes régions de la Norvège, c’est un musée en plein air, ce qui rend sa visite très agréable lorsque le temps est clément.

J’ai sûrement oublié de parler de beaucoup de lieux mais c’est simple j’ai tout aimé à Oslo. C’est une ville formidable avec des habitants formidables qui vous foutent la paix, je sais que je vais y retourner avant la fin de l’année. D’autant qu’un vol aller-retour coûte moins de 150€ quand on sait s’y prendre sur Norwegian qui a été élue meilleure compagnie low-cost au monde (je confirme : Easy Jet peut se rhabiller !).

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J’avais dit que j’arrêtais mais j’ai menti

Il y a un an j’ai rencontré une fille à un atelier de cuisine. C’était la première fois que je rencontrais une fille qui comme moi ne mange pas d’animaux et partage mon mode de vie vegan. Pour une fois, elle ne ressemblait pas à une espèce de hippie qui met du bicarbonate sous ses aisselles. Je n’ai rien contre les hippies ni le bicarbonate, c’est juste que jusque-là je me demandais si je n’étais pas la seule femme qui aime les animaux mais qui prend aussi soin de ses cheveux et qui aime les belles chaussures (sans cuir).

Nous sommes allées boire un verre la semaine d’après. Elle n’a parlé que de ses problèmes avec son mec, une espèce de pervers narcissique qui en gros lui disait qu’il était mieux qu’elle et qu’ils n’avaient rien à faire ensemble. Mais elle restait là à souffrir et à persister à lui faire de somptueux cadeaux pour son anniversaire. Et moi, comme d’habitude, j’ai fait ma mère Teresa, j’ai écouté, j’ai donné des conseils. Elle disait avoir consulté un psy pendant deux ans mais ça ne l’avait pas aidée. On a très peu parlé de moi. Il faut dire que contrairement à elle, je revenais de vacances je ne sais plus où, j’avais un mec qui me rend heureuse, je ne faisais pas mes comptes, bref, je me sentais un peu coupable d’être bien dans ma vie alors je n’ai pas cherché non plus à parler de moi. Je voulais l’aider (je soupire à écrire ces mots, sachez-le).

La fois d’après je l’ai invitée à dîner à la maison, elle m’a parlé de son père qui frappait sa mère lorsqu’elle était petite puis qui s’était tiré avec l’une de ses nombreuses maîtresses. Ce père qui a dit lorsqu’elle est née « Elle est moche, je n’en veux pas ». Effectivement, apprends à avoir confiance en toi après un épisode aussi triste (en même temps est-ce-que sa mère était obligée de lui rapporter cette anecdote ? Je ne juge pas, je pose la question). En deux mois je connaissais toute sa vie. Même qu’elle n’aimait pas la sodomie mais « le faisait quand même » parce que ça « faisait plaisir aux mecs ».

Les mois ont défilé, je voyais bien que nous étions différentes, elle n’aimait que le vin rouge et la musique commerciale qui passe à la radio, avait couché avec quatre mecs dans sa vie, rêvait d’avoir des enfants, adorait faire du sport, ne voyait que le bien en chaque être humain et n’aimait que les bébés animaux. Je ne la jugeais pas, je l’appréciais. Comme je suis une grosse flemmarde qui déteste sortir,  elle venait prendre des apéros à la maison, me racontait ses plans cul sur adopte et on rigolait. Elle se plaignait de son célibat et me disait détester le dimanche depuis qu’elle était sans le pervers narcissique et je lui répondais « Tu as conscience que c’est toi la personne la plus importante de ta vie  ? C’est quand que tu te décides à t’aimer, à arrêter de te cacher derrière ta frange ringarde et ton œil charbonneux qui tasse ton regard ? ». Je commençais à devenir mauvaise parce que je n’allais pas très bien mais elle ne me demandait pas comment j’allais. On ne parlait que d’elle, pas de moi. Moi je vais forcément bien parce que je suis en couple. C’est ce qu’elle pensait. Comme si ma vie se résumait à mon couple. Quelle offense !

Puis un jour elle m’envoie des messages d’un week-end à  Strasbourg où elle me lance « Je suis au musée avec des amis, je déteste les musées, ça me touche pas les tableaux. Tu aimes les musées, toi ? ». J’ai été élevée au musée, ma mère m’a donné le goût de la peinture et mon père de l’art en général. Comment cette nouvelle amie pouvait-elle penser que je n’aime pas les musées alors que je passe ma putain de vie au musée ?

*

Il y a quelques semaines j’ai rencontré une autre fille. Coup de foudre amical. En plus elle est anglophone alors on parle anglais ensemble et j’adore ça. Mais évidemment elle est en train de se séparer du père de ses enfants, consulte un psychiatre hors-de-prix alors qu’elle n’a pas de fric, est artiste sans le sou, aime un peu trop l’alcool. Et j’ai failli lui proposer de vivre quelques temps à la maison parce que j’ai une pièce de libre. Et que mon mec est comme moi : il aime aider les gens en galère. Mais non. Je ne la connais pas. L’amitié se gagne. Je crois que cette fois-ci, c’est bon, j’ai compris !

Au secours, je suis invitée à un EVJF !

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Ah….les enterrements de vie de jeune fille ! Oui, parce que les gens continuent de croire au mariage malgré les statistiques effarantes (deux mariages sur trois finissent en divorce à Paris…). Simplement appelés « EVJF » pour les intimes, c’est encore une tradition à la con censée faire profiter la future mariée des derniers plaisirs qui lui seront interdits avant son engagement à vie avec Monsieur. Je pensais que cette tradition remontait au Moyen-Age et j’avais tout faux, cela existe depuis les années 70…pour les femmes. En gros, ça existait au 18ème siècle mais uniquement pour ces messieurs qui avaient le droit de se bourrer la gueule et de se taper une pute. C’est au moment de la « révolution sexuelle » qu’on a décidé que ce serait cool que la future épouse puisse elle aussi éventuellement baiser le strip-teaser avant de s’engager sur la voie de la fidélité. C’est beau l’égalité des sexes (ou de la connerie ?).

Aujourd’hui les EVJF restent ces longs week-end passés uniquement « entre vagins » à célébrer la future mariée, à faire tout un tas d’activités à un rythme soutenu, à parler de bébés, de robe blanche et gros caillou. En revanche, plus de strip-teaser ou de déguisements ridicules, l’EVJF devient un moment privilégié où l’on prend soin de soi, on va au spa, on assiste à un cours de cuisine toutes ensembles, on apprend à se maquiller dans la joie et la bonne humeur en buvant des smoothies detox. Vous comprendrez donc pourquoi je n’ai aucune envie de répondre à cette invitation.

La perspective de passer un week-end entier avec des filles que je ne connais pas me donne la nausée. On dit « les amis de mes amis sont mes amis » mais c’est assez faux, surtout lorsqu’il s’agit de filles qui sont en général en rivalité. Les activités proposées me donnent la gerbe, l’une parle de faire un cours de danse latine (déjà la danse, franchement non, mais « latine », autant m’achever tout de suite), une autre propose un restaurant de hipsters en rooftop avec un menu unique à 50€ (sauf que je suis végétalienne, autant m’insérer le billet au fond de l’anus, ça irait plus vite). Elles sont toutes d’accord pour aller se détendre au spa mais je ne vois pas comment je peux me détendre avec huit filles qui gloussent, non, vraiment, je ne vois pas.

D’autant que toutes ces formidables activités « entre girls » vont accessoirement me coûter un bras, déjà parce que je vais devoir payer ma part mais aussi parce que la tradition veut que la mariée ne dépense pas un kopeck, ce sont ses amies qui régalent. S’il s’agissait de faire du saut à l’élastique ou un parcours acrobranches puis d’aller se murger la gueule par la suite dans un bar, je serais ravie de dépenser mais la future mariée ne boit pas d’alcool, j’imagine que ses amies non plus. A chaque fois que je reçois leurs emails, je tressaute, je fais une grimace et je me dis « Il faut que je dise/fasse quelque chose » mais je reste là, impuissante. L’un des emails a quand même été signé par un joyeux « Bon ouikène les girls ! ».

C’est décidé, je n’irai pas. D’autant que, blague dans la blague, je n’irai de toute façon pas au mariage qui a lieu en Normandie (on ne conduit pas et aucun train ne mène au bled dans lequel les festivités auront lieu)…le jour de l’anniversaire de mon mec (qui a d’autres projets que de se déguiser en pingouin ce jour-là et on le comprend)(et non, je n’irai pas à un mariage sans mon mec, quand on souffre, on le fait à deux !). Non, vraiment, il faut que je prenne mon courage à deux mains pour expliquer que les EVJF et moi ne sommes pas compatibles ! Si elle est mon amie, elle devrait déjà le savoir, non ?

Dernier jour

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On ne peut pas dire que l’année a bien commencé, on ne peut pas dire non plus qu’elle se finit en beauté. C’est toujours d’une tristesse le mois de décembre…Et la Saint-Sylvestre, n’en parlons pas, cette quasi obligation de fêter on ne sait trop quoi, de boire du champagne en dansant sur les tubes de l’année. Je vais faire l’effort de sortir ce soir, mais uniquement parce que cette année j’ai failli perdre deux de mes meilleurs amis, ce soir on fête leur résurrection en quelque sorte. Ce soir, ils peuvent dire haut et fort « Fuck la mort ».

Il y aura eu de belles choses cette année, des émotions en mode roller coaster, de jolis voyages, revoir New York ma ville chérie, retrouver Wonder B. même si c’est loin d’être comme avant, écouter Pantera avec Nessie et chanter Mariah Carey avec Maryne, sécher les larmes de Caroline à cause d’un énième connard, pas mal de fous rires aussi ! Tous les messages et coup de fils avec ceux qui sont à Playa del Carmen, à Sydney, à San Francisco, au fin fond du Mississipi ou de la Chine, parce que l’amitié, la vraie, ça peut tout à fait se vivre à distance. L’appartement de mes rêves trouvé dans un quartier que j’aime où j’ai déjà mes repères, la baignoire qui marche très (trop ?) souvent parce que j’ai un coussin pour bien caler ma tête maintenant, rien que d’y penser, quel bonheur ! Toutes ces recettes apprises qui prouvent à mon entourage qu’on peut être végétalienne et gourmande, et en pleine forme avec ça (meilleurs analyses sanguines de toute ma vie, aucune carence !).

Cette année j’ai lu Jane Eyre pour la première fois (mais pas la dernière). Je mets le roman de Charlotte Brontë direct dans mon top 5. J’ai découvert le tartare d’algues et je ne me nourris quasiment plus que de ça. J’ai passé des heures et des heures devant Netflix seule ou accompagnée. J’ai adopté deux adorables chatons qui rendent ma vie encore plus belle. J’ai décidé de ne pas avoir d’enfant et je ne pensais pas qu’une telle décision pourrait me rendre encore plus heureuse. Comme l’année d’avant, j’ai regardé celui qui partage ma vie tous les jours avec les yeux de l’amour. Je ne sais pas quel crétin a décrété que l’amour dure trois ans. Probablement quelqu’un qui n’y connait rien. J’ai fait du bénévolat dans un endroit paradisiaque en Galice où j’ai rencontré des animaux victimes de l’élevage industriel, ces cochons, vaches et chèvres nés pour mourir dans nos assiettes, ces rescapés heureux de vivre enfin en liberté. Ce sont eux ma plus belle rencontre de l’année. Plus que jamais je suis convaincue que l’humain se trompe en mangeant des animaux.

J’ai beaucoup pleuré, cette année. De rage, surtout. J’ai perdu du temps, ma mère a raison, ça ne sert strictement à rien de pleurer. J’ai consulté trois voyants, je précise que je n’ai pas gagné au Loto au mois de novembre comme annoncé. Sinon vous auriez eu droit à des photos de moi en Thaïlande sous le soleil de Koh quelque chose. Je ne suis pas tombée enceinte entre mars et juillet non plus (heureusement !). Mais j’ai eu une augmentation, ça oui. J’ai beaucoup dépensé mais sans doute moins que l’année dernière, j’avance, j’avance…

Cette année, j’ai pleuré pour Charb et les autres, j’ai pleuré pour mon 11ème à moi, j’ai été en colère contre ceux qui veulent qu’on arrête de vivre en liberté, j’ai essayé de comprendre et j’ai abandonné parce que je ne peux pas me mettre dans la tête de ces gens-là. J’ai pleuré la mort d’un Monsieur que j’aurais aimé connaître mieux, un Monsieur mort en paix, sans violence, juste le cœur qui s’arrête. La mort, c’est dur pour ceux qui restent…

L’année qui s’annonce sera rigoureuse, je l’espère. J’ai encore tant à apprendre ! Je ne serai pas très présente ici. J’ai voulu arrêter d’écrire sur ce blog et puis non. Je reviendrai quand j’aurai le temps et l’envie. Si ça se trouve le blog s’appellera « encore une parisienne » tout court. Au revoir, la connasse ? Nous verrons bien…

Alors merci à toi, toi et aussi toi et tous les autres, ceux que je connais virtuellement et les anonymes qui lisent mais ne laissent pas de commentaire. Merci à Romain qui m’a réconcilié avec l’idée de rencontrer quelqu’un qui vient du net, merci à S. qui ne voit plus la vie en rouge mais peut-être bien en bleu. Merci à ceux qui ont disparu de ma vie et ceux que je n’ai pas laissé entrer : grâce à vous je ne perdrai plus de temps avec des cons. Je vous souhaite à tous (même les cons) le meilleur pour la nouvelle année qui arrive dans quelques heures…

Soyez heureux ! (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez, on est d’accord)