Vincent Gallo : artiste génial ou fou furieux ?

Vincent+Gallo+morri

J’adore Vincent Gallo. Certes, il est loin d’être moche mais ce n’est pas ça ; il semble à la fois fragile et un peu fou, complètement mégalomane, bref, un artiste, quoi. Acteur, réalisateur, mannequin, musicien, photographe, peintre, il est avant-tout une figure de l’underground New Yorkais. J’ai vu Buffalo 66 à l’époque où le film est sorti, même si je ne me souviens pas vraiment de l’histoire,  je sais que j’ai aimé et ça me suffit. J’ai adoré Trouble Every Day, film d’horreur français avec Béatrice Dalle où Vincent Gallo poursuit une femme de chambre et…je vous laisse voir la scène, c’est plus simple :) C’est beau, c’est arty, c’est violent et je le dis sans aucune ironie, j’ai vraiment adoré ce film que j’ai vu au cinéma comme tous les films dans lesquels il a joués ou réalisés.

J’ai vu The Brown Bunny à sa sortie (2004), film controversé parce que sa petite-copine de l’époque, la it-girl Chloë Sevigny, lui fait une vraie fellation dans l’une des scènes (scène qui ne donne pas envie je dois dire tant la pauvre actrice a l’air de souffrir…). Ce film, c’est peut-être le témoignage visuel le plus important de la carrière de Vincent Gallo, l’histoire d’un homme qui ne parvient pas à se remettre d’une rupture et cherche assez désespérément une femme pour la remplacer, sans succès. Je vénère le film Tetro de Francis Ford Coppola, je pourrais le voir et le revoir jusqu’à ma mort sans jamais me lasser, un grand film qui n’a étrangement pas si bien marché en salles, il faut dire que Vincent Gallo est omniprésent et très controversé…depuis il crache sur Coppola en disant de lui que c’était un gros porc. Ambiance.

Depuis de longues années, il semblerait que Vincent Gallo ait développé une forme de haine envers Hollywood et aime à cracher sur acteurs et réalisateurs un peu comme un ado qui par principe n’aime rien ni personne. Il refuse obstinément de répondre aux journalistes quels qu’ils soient, sans doute un tantinet parano il n’a pas d’assistante personnelle et répond lui-même aux mails qu’on lui envoie. Il a un site internet dédié à son culte où on peut acheter divers objets signés par lui-même mais le plus intéressant c’est qu’il se propose comme escort pour 50,000 $ et qu’il vend son sperme pour 1,000,000,00 $. Et ce n’est pas une blague !

En ce moment on parle beaucoup de liberté d’expression et c’est pour ça que j’avais envie de parler de lui. Sur son site, il indique que toute femme, « même les Noires, si elles peuvent payer », peuvent le louer pour la soirée. Concernant son sperme, il précise qu’il y aura un rabais de 50,000 $ pour toute personne pouvant justifier qu’elle est blonde au naturel et que ses yeux sont bleus, le même rabais est appliqué pour toute femme ayant des descendants nazis (même si le mot « nazi » n’est pas écrit, c’est ce qu’il faut comprendre). Il refuse toute femme qui a « la peau extrêmement foncée » (comprendre : Noire) mais serait motivée si une femme Juive voulait de son sperme, ainsi l’enfant aurait peut-être plus de chances de gagner un Oscar (sic). Si l’acheteuse est canon (il faudra envoyer des photos détaillées), il accepte gentiment de donner de sa personne sans passer par l’insémination artificielle ( !). Et si l’acheteuse est grosse, qu’elle passe son chemin, ça ne l’intéresse pas…Pour finir, il ajoute que son sexe mesurant 20 cm le futur bébé pourra être bien membré comme son géniteur et qu’il sera assuré d’être créatif tout comme lui.

La première fois que j’ai lu ce long texte, j’ai beaucoup ri, je vois ça comme une énième provocation de sa part, pas comme du racisme comme le pensent certain(e)s. Je ne pense pas que ce soit de l’humour ou alors il n’en a pas du tout conscience, Vincent Gallo n’a pas vraiment l’air d’un mec drôle, il serait plutôt inquiétant. Comme le dit la journaliste Jenny Bahn sur son site, « c’est le genre de mec qui pourrait poignarder ton frère alors que tu l’avais ramené chez toi pour les vacances ». Vincent Gallo est creepy.  Il dit vraiment ce qu’il pense en se foutant pas mal de ce que vont penser les autres. La fameuse liberté d’expression. Je comprends que ça puisse en choquer certain(e)s mais encore une fois, ça me fait vraiment rire ! Il faut savoir qu’il propose ses services depuis près de dix ans maintenant. C’est plutôt habile de la part d’un homme qui aime les femmes de proposer ses services aussi facilement, je me demande combien de fans il a mises dans son lit mais je ne trouve aucun témoignage sur le net.

Justement, il y a quelques années, j’ai envoyé un email à Vincent Gallo pour voir s’il me répondrait, j’étais persuadée que non. Ma question était du genre « Hey, dis, si je veux te faire une fellation, je dois payer combien ? C’est pas écrit sur ton site. Bisous ». J’avais bien décidé de rigoler sauf que notre échange d’emails (oui il m’a bien répondu) m’a refroidie, il m’avait bien évidemment prise au sérieux !!! Il m’a tout d’abord demandé d’envoyer une photo de moi, ce que j’ai fait (habillée, je précise), quand il l’a reçue il m’a fièrement annoncé que si je venais à Los Angeles ce serait gratuit pour moi (chouette ! haha), ce à quoi j’ai répondu que je détestais Los Angeles mais il m’a rassuré en disant qu’on pourrait se voir à New York si je préférais. C’est l’échange de mails le plus fucked up que j’ai échangé avec quiconque je crois. J’essayais de faire de l’humour mais il était très premier degré, c’était perturbant. Quand il a voulu que j’envoie des photos de moi plus détaillées (sic), j’ai fui en prétextant que j’étais trop fan de lui, que ça casserait le mythe, que je le respectais trop et que je préférais en rester là, il a dit « too bad » et basta. Honnêtement, si cet échange avait eu lieu à la période où j’étais moi-même assez instable dirons-nous pour être polie (j’avais menacé un charmant garçon qui ne me voulait que du bien de foutre le feu à son immeuble parce qu’il ne répondait pas à un sms. Hum.)… il est clair que j’aurais pris un putain de billet pour L.A. ! Quitte à être groupie, autant l’être à fond.

Quand je serais grand-mère, je dirais à mes petits-enfants : « Tu sais, mamie quand elle était jeune, regarde cette photo sur le buffet, eh bien elle a failli s’envoyer en l’air avec un acteur américain super arty ! ». Et l’enfant dirait « Mamiiiie, ça veut dire quoi s’envoyer en l’aiiiiir ? ».

Malaise

Je ne vais pas le faire mais je crois que je pourrais encore écrire des tonnes de billets sur Charlie Hebdo, c’était il y a quinze jours et je n’en reviens toujours pas. Est-ce-que ce monde est réel ? Je crois qu’on ne m’a pas habituée à des assassinats de dessinateurs à la kalachnikov (on dirait une blague, si seulement…), je crois que je ne me résoudrais jamais à croire que dans mon pays on puisse en arriver là, à une telle connerie, une telle absurdité. Je croyais que c’était acquis, la liberté d’expression, je croyais que la laïcité était un principe fondamental.

Je me réveille avec la gueule de bois et je vois bien qu’il faut faire quelque chose mais je me sens impuissante. Je ne vois pas ce qui pourrait nous sortir de là. Free hugs obligatoires pour tout le monde ? Forcer les gens à s’aimer au lieu de se faire la guerre ? Excusez ma naïveté.  Faut-il apprendre l’humour aux gens ? Faut-il leur expliquer que même si ça ne les fait pas rire, ce n’est pas grave ? Faut-il interdire tous les signes religieux ostentatoires ? Plus de voiles dans la rue, plus de kippas et encore moins de grosses croix en bois autour du cou ? Chacun fait ce qu’il veut mais chez soi pas dans l’espace public. Je ne sais pas mais personnellement j’avoue que ça m’ennuie de parler à quelqu’un qui affiche sa religion, quand je parle à quelqu’un, je ne veux pas savoir s’il est juif, chrétien ou musulman, ce qui m’intéresse c’est de lui parler, c’est tout. La laïcité existe-t-elle encore dans ce pays ? A-t-on été trop tolérants pour ne pas heurter les sensibilités religieuses de chacun ? A-t-on encore le droit de ne croire en rien ? A-t-on le droit, au nom de la liberté d’expression, de dire que la religion, quelle qu’elle soit, c’est de la merde ? Est-ce-que c’est normal de faire sa prière 5 fois par jour sur son lieu de travail ? Afficher une croix autour du cou, est-ce-que ça veut dire qu’on est fier d’être catholique ? Je me pose beaucoup de questions et je n’ai pas de réponses. Que des questions. Et une certaine tristesse. Je ne suis pas croyante. Cette histoire d’aller en Enfer qui fait super peur quand on est enfant, ça ne m’a pas empêchée de ne pas être sage, quant au Paradis, je dois dire que je trouve assez immature d’y croire. Pourquoi ne pas accepter qu’on va tous mourir, qu’on ne sait pas quand et qu’après il n’y a strictement rien ? Comme avant notre naissance. Pareil. On ne se souvient de rien parce qu’on n’était rien. Si je devais me réincarner, j’aimerais bien être un oiseau. Mais je ne crois pas non plus à la réincarnation.  Je crois en moi et je crois en l’amour. C’est à peu près tout.

Le malaise est palpable. Jeannette Bougrab en pleurs à la télé sur toutes les chaînes internationales, présentée comme la « femme » de Charb d’un côté, de l’autre la famille de Charb qui nie toute relation entre leur défunt fils et cette femme qui n’aurait été qu’un plan cul régulier du dessinateur, rencontrée il y a quelques mois à peine.  Malaise.  Les gens se regardent dans le métro en pensant tout bas « Est-ce-que lui là-bas pourrait être un terroriste ? ». Malaise. Les colis suspects dans toutes les stations tous les jours. Malaise. Diam’s et son voile en guise de cape de super héros sort de son mutisme pour nous parler de la beauté de l’Islam tout en faisant la promo de son livre. Malaise. Réussir à mettre la main sur le nouveau Charlie Hebdo sept jours après sa sortie parce que rupture de stock partout, même dans Paris. Malaise. Accompagner son frère à la gare Montparnasse et croiser des militaires, flics et tout ce qui s’ensuit, armes à la main, se demander si c’est rassurant ou pas. Malaise. Décider d’aller à Londres pour changer d’air, se vider la tête et son compte en banque, arriver dans la chambre d’hôtel et être accueillis par une bite en serviettes. Malaise. Et fous rires !

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(La vie continue…)

Not afraid mais un peu quand même par la connerie de certains…

notafraid

On en lit des conneries depuis le 7 janvier. A commencer par les nombreux « Je ne suis pas Charlie, je suis musulman » ou encore « Je ne suis pas Charlie, je suis chrétien ». J’en déduis que certains musulmans et certains chrétiens n’ont vraiment aucun humour. La liberté d’expression, un concept auquel ils ne semblent pas adhérer. Je suis agnostique et j’ai parfois été choquée par certaines caricatures de Charlie Hebdo mais sans ces caricatures, qui pour critiquer les religions dans ce pays ? Et à ceux qui nous expliquent que Charlie Hebdo était islamophobe, doit-on leur rappeler que dans l’une de leur célèbre caricature, le pape se fait carrément enculer (pardonnez ma vulgarité) ?

La connerie qui m’a le plus choquée c’est  « le policier n’est pas mort parce que le sang ne coule pas de son crâne ».  Comment peut-on penser une telle connerie ? On n’est pas dans une série policière américaine où le sang gicle en deux secondes, là, c’est la vraie vie. Est-ce-qu’on pense à la famille de ce policier, Ahmed Merabet ?

Le présumé terroriste qui oublie sa carte d’identité, certains sceptiques n’y croient pas et critiquent les « moutons » qui croient tout ce qu’on leur dit. Personne ne semble penser qu’en « oubliant » sa carte d’identité il revendique l’attentat ? J’ai aussi lu que personne n’était mort à la rédaction de Charlie hebdo. S’ils ne sont pas morts, où sont-ils ? (sans déconner arrêtez la drogue les gens ou achetez-vous un nouveau cerveau, je sais pas, faites quelque chose).

Bien sûr il reste des zones d’ombre et de questionnement dans les deux attentats, Charlie et l’Hyper casher mais  nous ne saurons jamais la vérité sur ces points, les présumés terroristes étant aujourd’hui tous morts comme leurs victimes. Si les médias officiels nous mentent, les médias alternatifs ne sont pas non plus des saints. Il faudrait peut-être respecter les familles des victimes et les victimes elles-mêmes en faisant preuve de pudeur.

Il y a trois jours je prenais le taxi et je suis tombée sur un chauffeur bavard, on a évidemment parlé de l’attentat à Charlie hebdo (celui de l’hyper casher n’avait pas encore eu lieu…). Le chauffeur était français d’origine kabyle et musulman pratiquant, il m’a dit « Vous savez, je les ai vues les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Elles m’ont beaucoup fait rire. Et je peux vous dire que même le prophète en aurait ri parce que le prophète était un amoureux des femmes mais il aimait aussi beaucoup les plaisanteries ! » Et il a ajouté « Dans le Coran, il est écrit que celui qui tue un homme tue l’humanité, ces types-là ne sont pas musulmans, ils sont fous ! » On a continué à parler, il m’a expliqué qu’on lui disait souvent qu’il était « bien intégré » en France alors qu’il est né ici, que c’était usant d’entendre de tels propos mais qu’il avait appris à s’en foutre. Cette conversation qui a duré plus longtemps que prévu à cause des bouchons a été un vrai plaisir, un vrai échange et ça m’a requinquée pour la journée !

Lassana Bathily. Le héros de l’attaque de l’épicerie casher. L’employé  musulman pratiquant que les policiers ont pris pour un terroriste alors qu’il venait de sauver plusieurs personnes dont un bébé en les cachant dans une chambre froide. Lorsqu’il est sorti il a aidé la police à neutraliser Amedy Coulibaly (et les policiers n’ont pas jugé bon de s’excuser de l’avoir pris pour un terroriste ni ne l’ont remercié, manque de civilité regrettable).  Quel beau symbole quand il explique aux journalistes que les juifs sont ses frères et qu’il lui a semblé normal de les aider. Ca réchauffe le cœur. Si seulement tous les religieux au monde pouvaient lui ressembler. Sourate 5, 32 « […] Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain […] ». Tout est dit.

L’espoir n’est pas mort. Des cons, il y en aura toujours mais des gens bien aussi. Il suffit d’ouvrir un peu les yeux.

Ce dimanche 11 janvier et cette belle marche républicaine resteront dans nos mémoires.  Même à ceux qui ne sont pas sortis de chez eux comme moi, qui auront préféré rester devant leur poste de télévision comme hypnotisés par cet élan de solidarité sans précédent. Plus de deux millions de personne. Mêmes les autorités ont arrêté de compter.

Il y a deux ans, j’ai eu la chance de rencontrer Luz, dessinateur pour Charlie hebdo. Lorsque je l’ai vu s’effondrer, assise devant ma télé, puis se reprendre et lever les yeux au ciel comme pour y trouver un signe de ses amis disparus, j’ai pleuré à chaudes larmes. Tout cela est malheureusement bien réel, on tue d’inoffensifs dessinateurs en France. On tue d’inoffensifs juifs qui font leurs courses. On tue des flics sans aucune pitié.

Maintenant c’est à nous de continuer le combat pour la liberté d’expression et la liberté tout court.

11janvier2015

#JeSuisCharlie

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La consternation, l’horreur puis la tristesse. La colère viendra dans quelques heures… L’attaque à la Kalachnikov par des fous religieux ce matin au sein de la rédaction de Charlie Hebdo ne laisse personne indifférent. Pour faire taire la liberté d’expression dont jouit notre pays ils ont choisi des armes qu’on voit habituellement dans les jeux vidéo, des armes qui ne laissent aucune chance à la cible. Aucun dialogue possible, juste le besoin de tuer au nom de Dieu (ou Allah ou qui on veut, ça n’a pas d’importance, les fanatiques existent dans toutes les religions). La lâcheté dans toute sa splendeur.

Les terroristes doivent être emmerdés devant leur poste de télévision, pour le moment, ce qu’on peut constater c’est l’inverse de ce qu’ils veulent. Point de chaos. Les Français se rassemblent à Paris, Toulouse, Marseille, Lille et ailleurs pour montrer leur solidarité avec les victimes et leur solidarité avec la liberté de la presse. Comment des dessinateurs irrévérencieux qui avaient pour seule arme un crayon et beaucoup d’humour ont-ils pu représenter un danger si grand qu’il faille les abattre sans autre forme de procès ? Je crois qu’on peut « remercier » ces abrutis de nous rappeler à quel point il faut que nous nous réveillions. Il est temps de se rassembler, non pas à travers des communautés, mais se rassembler autour des valeurs auxquelles nous tenons, parce qu’à travers la liberté d’expression c’est la liberté elle-même qui est menacée.

Ce soir je m’en veux de ne pas avoir acheté Charlie Hebdo plus souvent. Je soutiendrai le journal désormais parce qu’il n’est jamais trop tard pour se réveiller, pour prendre dans la gueule que rien n’est jamais acquis. Ce soir je ne peux m’empêcher de penser que sans religion, il n’y aurait pas de fous de Dieu. Que si chacun lisait et comprenait Krishnamurti plutôt que de se rendre à l’église/la mosquée/la synagogue, le monde se porterait bien mieux. Tous les croyants ne sont pas fanatiques, j’entends bien, mais tout de même, je ne parviens pas à comprendre ce besoin qu’à l’être humain de se regrouper sous une même étiquette, sans doute pour se rassurer. Je ne comprends pas le prosélytisme. Si la Foi est quelque chose de personnel, je ne m’explique pas comment on peut vouloir qu’autrui adopte la même religion, le même système de pensée. Je suis végétalienne parce que la cause animale m’est chère mais je ne cherche pas à convertir qui que ce soit à ma « religion ». On m’a appris que la diversité des opinions (religieuses ou non) font notre richesse, c’est à travers nos différences qu’on peut accéder à une meilleure compréhension de cette foutue vie sur Terre. En tant que petite blogueuse du net, ce soir je me dis que je ne m’autocensurerai plus, je dirai encore plus ce que je pense, parce que j’ai la liberté de le faire, et tant pis si je me mets encore tous les Sudistes à dos quand je dis que je n’aime pas le Sud en général et Toulouse en particulier. Ce soir plus que jamais Je Suis Charlie.

2014, 2015 (et les années qui suivront) : même combat

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J’ai failli moi aussi faire un bilan de l’année écoulée mais je vais vous épargner cette fois. 2014 fut une excellente année, en dire plus serait malvenu, voire prétentieux. Après le bilan de 2014, tout le monde y va de son petit billet sur les résolutions. Mais, soyons honnêtes, les résolutions existent uniquement pour ne pas être tenues. Quand on décide quelque chose, on peut (aussi) se taire et faire son truc dans son coin, sans prendre la terre entière à témoin.

Je pourrais me faire croire (et vous, lecteurs, avec) que je vais arrêter de fumer en 2015. Pour tout vous dire, j’avais justement décidé d’arrêter de fumer le 2 janvier (pas le 1er parce que c’est trop facile). Nous sommes le 4 janvier, il est 15h08 et je viens d’écraser une Camel. Suis-je déçue par moi-même ? Non, même pas. Oui, dépenser 200 € par mois pour des cigarettes c’est stupide. Je revendique le droit à la stupidité.

Je pourrais mieux m’organiser  dans ma vie personnelle, je pourrais ranger et nettoyer l’appartement plus souvent, je pourrais arrêter de perdre mes clefs, mon portefeuille et mon agenda, je pourrais arrêter d’acheter des trucs sur le net trois fois par semaine, je pourrais arrêter de critiquer intérieurement les gens mal habillés dans le métro, je pourrais arrêter de soupirer quand je vois quelqu’un avec un putain de livre électronique, je pourrais arriver à l’heure au travail tous les matins, je pourrais vraiment écouter ma collègue se plaindre sans penser « Mais ta gueule ! Putain ! TA GUEULE ! », je pourrais être moins exigeante avec moi-même et ceux qui m’entourent, je pourrais arrêter de tout faire brûler dans la cuisine, et faire la vaisselle juste après le repas, je pourrais sortir les vêtements de la machine tout de suite et pas 12 heures plus tard, je pourrais gronder le chat femelle qui s’amuse à faire caca sur le tapis parce qu’on ne s’occupe pas assez d’elle. Je pourrais. Si seulement j’en avais envie.

En 2015 ce sera toujours autant le bordel qu’en 2014 mais ça ne m’empêchera pas de passer une bonne année. Et je ne doute pas que cette nouvelle année m’apporte de nouvelles leçons, je suis prête à tout remettre en question, je suis prête à apprendre même quand ça fait mal. Comme le dit Cioran « Une seule chose importe : apprendre à être perdant ». Parce qu’une fois qu’on a appris, on peut réussir !

Rappelons que jusqu’au XVIème siècle, la nouvelle année commençait le 1er mars. Je crois que j’aurais préféré que ce soit toujours le cas. Ou qu’elle commence le même jour que le Printemps ! Ce serait peut-être plus facile de faire des résolutions qu’on tiendra. Parce que l’hiver est propice au cocooning, pas à l’action ! Sur ces bonnes paroles, je vais passer l’aspirateur, comme ça j’aurais l’impression d’avoir fait quelque chose aujourd’hui.

(Sinon j’ai ça dans la tête depuis que je me suis levée ^^)

Connasse et végétalienne ? OUI !

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Peut-être l’avez-vous remarqué, j’écris un peu moins sur ce blog. Au mois de novembre, en proie à des angoisses typiques de fin d’année, j’ai eu envie de tout effacer, tout quitter puis j’ai changé d’avis !  Je continuerai à écrire ici mais…j’ai créé un autre blog qui me tient particulièrement à cœur.

Sur ce blog l’idée c’était avant tout de créer un blog d’humeur second degré (sinon pourquoi m’autoproclamerai-je « connasse » ?), j’étais beaucoup plus en colère lorsque j’ai ouvert le blog en septembre 2013, j’ai profité de ce petit espace pour exprimer mon mécontentement, mes incompréhensions et parfois une certaine rage, ou encore une mièvrerie confondante…Je suis tout ça je crois. J’ai écrit quelques billets qui parlent de végétalisme, des animaux et de l’amour que j’ai pour eux, j’ai évoqué mon nouveau mode de vie mais je crois que ce type de billet n’a pas vraiment sa place sur ce blog de « connasse ».

J’ai donc créé un nouveau blog qui s’appelle Lazy veggie à Paris, un blog qui parle de végétalisme, d’alimentation (restos, recettes) mais aussi de beauté et de mode (non je n’ai pas honte de parler de ces sujets dont je me moque systématiquement haha). Il y aura aussi des billets d’humeurs liés aux animaux, tout ça sera bon enfant, pas de moralisation culpabilisante pour les non végé, bien au contraire, je vais essayer d’intéresser le plus de monde possible à mon nouveau mode de vie qui ne m’apporte que du bonheur (et voilà une phrase mièvre, je l’ai dit plus haut, je suis aussi « ça » !).

« Lazy » parce que je suis une flemmarde de haut vol, je ne sais rien faire de mes dix doigts, la cuisine n’est pas un domaine dans lequel j’excelle, en plus j’ai toujours préféré me faire servir (connasse ET princesse, qui dit mieux ?). Ce n’est pas parce qu’on est végé qu’on est négligée, qu’on aime porter des sarouels et des sabots, ce nouveau blog tend à prouver qu’on peut continuer à être une vraie femme (désolée pour celles qui portent des sarouels, mes plus plates excuses hein), qu’on peut être une parisienne (ou pas) élégante, hype  ou tout simplement « dans son temps » sans faire souffrir un quelconque animal.

Ce nouveau blog est donc ma nouvelle aventure et ma petite pierre à l’édifice parce qu’on ne peut pas décemment être vegan et ne rien faire de plus pour les animaux (c’est du moins ce que je pense).

J’espère que vous serez aussi nombreux sur ce nouveau blog qu’ici et je vous souhaite à tous un excellent réveillon, pour ma part ce sera chez moi avec un peu de miam miam et beaucoup de champagne, au chaud ! (j’aurais dû écrire un billet du genre « Pourquoi le 31 décembre m’indiffère au plus haut point »…)

Spleen en happy end

Ils me laissent à l’aéroport de Blagnac. Les quatre fantastiques. Mes parents et mes frères. Je regarde la voiture partir au loin et je n’ai même pas envie de pleurer, ce qui est étonnant venant de moi parce que je déteste les au revoir, ça me donne toujours envie de pleurer comme tous ces moments solennels. Je me retrouve seule dans le froid à fumer une cigarette que je n’ai aucune envie de fumer mais je ne peux rien faire d’autre. Mes yeux ne se voilent pas mais mon cœur est comme pincé et ça fait mal. Je préfèrerais ressentir le vide que ce pincement qui s’éternise…Je me mets à penser que s’ils avaient un accident, après tout un accident ça arrive sans prévenir, et à n’importe qui, riche, pauvre, con, intelligent, moche, beau, je perdrais toute ma famille. Je frissonne d’horreur en écrasant ma cigarette.

J’entre dans l’aéroport, comme un robot je me dirige vers la porte d’embarquement, prête à enlever mes bottines pour rassurer sur le fait qu’elles ne contiennent pas une arme cachée, prête à sortir mon Ipad et mes cosmétiques 100 ml maximum contenus dans un sachet 20×20 cm, j’ai presque envie de provoquer les larmes pour éviter d’avoir ce pincement au cœur. Si je pouvais voler j’irai à la rencontre de la voiture qui dirige ma famille vers la ville et je laisserai mon cœur sortir de ma poitrine et ce même cœur leur hurlerai « Je vous aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiime » comme si c’était un ordre.

Et là je vois un couple qui s’embrasse comme s’ils allaient mourir demain. Elle prend la tête de son amoureux entre ses mains et l’embrasse très fort sur la bouche, sur le nez, sur le front puis elle s’attarde longuement sur sa bouche. Il la tient par la taille, il ne veut pas la quitter mais lui aussi, comme moi, doit rentrer à « la capitale ». Les larmes me viennent, je les réprime mais je les sens, prêtes à mourir discrètement sur mes joues. Puis je souris. Bêtement, je suis prête à le parier. Je viens de quitter ma famille que je ne vois pas assez, c’est vrai. Que j’aime au-delà des mots, c’est tout aussi vrai. Mais je m’apprête à retrouver mon amoureux et mon chat. Bien sûr, ce serait bien avantageux si tout ce petit monde vivait à Paris. Mais ce n’est pas le cas. Alors mon cœur ressent des pincements et parfois du vide, quand d’autres fois il se noie ou étouffe. Une chose est sûre : il n’est pas sec.