L’homme préhistorique

Aujourd’hui j’ai repris le travail après deux semaines d’arrêt maladie sur lesquelles je n’ai pas envie de m’épancher (je me plains déjà bien assez). L’avantage d’être malade c’est qu’on reste chez soi dans son cocon tout doux tout plein d’amour de licornes et de Bisounours. Chez moi c’est calme, j’aime bien mes voisins qui sont gentils et mon mec et mon chat font de mon quotidien un havre de paix.  Dehors, c’est violent.  A commencer par le métro. J’ai vu une femme se faire écraser le pied sous les roues d’une valise qu’un homme traînait beaucoup trop rapidement. Quand elle a hurlé (parce qu’elle a eu mal), il ne s’est pas retourné, non, il a continué  son chemin comme s’il était seul au monde. Elle l’a invectivé d’un « Et pardon ? Non ? » et le type s’est excusé avec zéro sincérité et un petit sourire en coin pour mieux poursuivre son chemin. Un putain de petit sourire en coin mais pour qui se prend-t-il ? Et cet homme, encore un muni d’une valise, qui rate son métro et se met à hurler « Putain mais merde fait chier ! » avec rage sur le quai, est-ce-qu’il se rend bien compte qu’il passe pour le con qu’il est probablement ? Deux petites minutes. Il ne pouvait pas attendre que le prochain métro passe dans deux petites minutes. J’ai arrêté de courir dans le métro depuis longtemps…Je suis en retard tous les matins. Je préfère ça que de m’énerver sans raison. Créer du stress qui n’a pas lieu d’être.

L’autre jour j’ai vu une femme couper les ongles de son fils en pleine rue puis un homme se moucher au-dessus d’une poubelle sans mouchoir, oui, juste avec ses doigts. Ce matin j’étais assise à côté d’une femme qui se maquillait dans le métro en toute tranquillité comme si c’était normal de faire quelque chose d’aussi intime devant des inconnus. D’abord le fond de teint, puis le fard à joues et l’ombre à paupière, le mascara et enfin la poudre. Elle a fini son rituel en se coiffant les cheveux. Bientôt les femmes se mettront des tampons en pleine rame ? Parfois je me le demande. Combien d’histoires d’hommes qui se branlent dans le métro et essuient leur foutre répugnant sur les vêtements des femmes ? Ça ne m’est pas arrivé mais je peux jurer que si ça devait m’arriver je lui ferais bouffer le vêtement et son foutre avec. Je pourrais lui cracher dessus en guise de cerise sur le gâteau mais je n’ai jamais assez de salive pour cracher. Dommage.

Cet après-midi il y a eu pire encore. Pire dans le sens où je ne savais même pas que ça existait. Je descends fumer une cigarette et lorsque je remonte avec l’ascenseur,  je constate avec effroi que quelqu’un s’est délesté d’une superbe crotte de nez triomphante sur le miroir. Bien collante, bien sale, bien moche,  bien grosse, une vraie crotte de nez 100% pollution made in Paris. Un intrus dans cet ascenseur si chic et si parfaitement récuré toutes les deux heures par le gardien qui a dû hurler de colère en voyant cette déjection nasale (je n’ose même pas évoquer l’incident avec lui). Je crois que je ne prendrai plus jamais l’ascenseur, je suis traumatisée à vie. Je me suis lavée les mains sept fois depuis, je commence à développer un T.O.C.  Il existe sur cette Terre des hommes qui sont si pressés de se débarrasser d’une crotte de nez qu’ils la collent là où ils le peuvent. Ces mêmes hommes qui si ça se trouve me serreront la main par la suite. Ces mêmes hommes qui doigteront leur femme en rentrant le soir à la maison. Ces hommes préhistoriques. Je ne sais pas si je vais m’en remettre.

P.S : pour les relous qui m’accuseraient d’être méchante avec les hommes, sachez que je sais que c’est un homme puisque seul un homme est entré dans l’immeuble le temps de ma pause cigarette. Et la crotte de nez n’était pas là quand je suis descendue.

lescrados

Teenage angst

teen angst

Je préfèrerais mourir que de revivre la période de l’adolescence. Pourtant je crois qu’on peut dire que je m’en suis sortie sans trop de dommages collatéraux. Mes parents ont été bien souvent hilares face à mes changements d’humeurs (« Personne ne me comprend dans cette maison de toute façon »), mon style vestimentaire versatile et mes tentatives de maquillage ratées (« Avec ton rouge à lèvres noir tu veux nous signifier que tu nies ta féminité ? » dixit mon père).

Je me souviens avec horreur de ce corps qui change sans prévenir, ces seins qui poussent tout à coup pour devenir impossibles à cacher, le regard des hommes qui change sur notre passage, le désir qu’on lit en l’autre et qui nous dégoûte. Les premières règles en rentrant du ski dans la voiture, être obligée de mettre du papier toilette dans sa culotte parce qu’on n’a rien d’autre.  Je ne voulais pas être bonne quand j’étais ado, je voulais être transparente, qu’on me foute la paix. Qu’on me laisse rêvasser et écrire ma souffrance dans mon journal comme le jeune Werther. Sauf que mon journal intime, il y avait Hello Kitty dessus et un cadenas qui ne servait à rien mais qui faisait joli.

Embrasser un garçon ? J’avais lu dans Sciences & Vie junior qu’on échangeait des milliers de microbes lors d’un baiser. Il aura fallu que j’attende jusqu’à 15 ans passés pour me faire embrasser par Alexandre W. le plus beau et le plus populaire du lycée qui me larguera comme une merde 3 jours plus tard parce que je refusais de coucher. Je n’ai même pas été triste, je m’en foutais, comme du reste. J’ai voulu coucher avec un garçon avant d’avoir 17 ans parce que j’avais lu que Madonna avait couché avec un garçon à 15 ans. J’adorais Madonna, la fille partie de rien qui conquiert le monde, je ne pouvais pas me permettre d’être plus en retard. J’ai choisi un random guy en vacances au ski qui a été très heureux d’apprendre qu’une jeune femme lui proposait son corps et ça a été nul. Quand ma mère m’a demandé mon sentiment face à ma première fois je me souviens avoir dit « Le même effet que lire Le Figaro » (on est de gauche chez moi).  Mon corps était en avance sur mon  désir d’être une femme, sur mon désir d’embrasser un garçon et de faire l’amour. Mais je voulais faire comme tout le monde pour ne pas me sentir encore plus en décalage.

Je ne comprenais rien de ce qui m’arrivait et je réfléchissais beaucoup trop, j’étais coincée entre spleen et révolte. Je voulais mourir mais je ne savais pas trop pourquoi et surtout je refusais de le faire moi-même. J’aurais voulu avoir un accident de ski ou me faire écraser par un bus. Il ne m’arrivait rien, mes parents m’aimaient, on partait en vacances, tout allait bien en surface.

Je passais mes journées à faire semblant d’aimer fumer de l’herbe comme les autres, je ne foutais rien en cours, ça ne m’intéressait pas, je voulais être n’ importe où mais surtout pas au lycée qui m’empêchait d’exister. Je me suis faite virer de tous les lycées de Paris et j’ai dû passer mon bac au CNED en candidat libre (je l’ai eu, prouvant à mes parents que je n’avais pas besoin d’aller au lycée). J’ai claqué beaucoup de portes, surtout celle de ma chambre, j’ai tapissé mes murs de photos de mannequins (les Claudia, Cindy, Naomi) tout en me nourrissant de pain perdu que je préparais avec amour. Je mangeais des pop corn micro-ondables Paul Newman en regardant Fort Boyard, en rentrant des cours je me faisais des biscottes beurre-chocolat en poudre ou pains au lait Nutella. Ma spécialité de l’époque c’était de mettre des chips dans une assiette, de les couvrir de fromage râpé et de mettre tout ça au micro-ondes. Je n’ai jamais mangé aussi gras que lorsque j’étais ado, c’est un miracle que je ne sois pas devenue obèse. A part lire, manger, fumer des Camel (eh oui, déjà…), écouter Nirvana et regarder par la fenêtre d’un air triste, je ne sais pas ce que je faisais, franchement. En plus Kurt Cobain a eu l’indélicatesse de mourir, ce con.

Je portais des baggies avec des hauts moulants et courts ;  affublée de mon sac Viahero, j’allais en rave party mais je ne me droguais pas, j’avais bien trop peur des conséquences. Je me souviendrais toujours d’une scène dans un coin de la forêt de Fontainebleau où un garçon de mon âge (17 ou 18 ans) ne parvenait ni à parler ni à faire ses lacets, il était resté « ché-per » comme on disait à l’époque. Et cette histoire aussi d’une fille qui avait été internée parce qu’elle voyait des chauves-souris en permanence. Une légende urbaine, semble-t-il.

Je ne faisais partie d’aucun groupe, on m’aimait bien parce que j’avais un look pas possible que j’assumais totalement. J’avais deux amies que je voyais tout le temps et avec lesquelles on faisait des dîners quand nos parents étaient absents. On ne pensait vraiment qu’à manger. On avait lu quelque part que le manque de sommeil était une drogue naturelle alors on avait tenté de ne pas dormir pendant plus de deux jours. On a juste finies épuisées, rien de plus. Je tenais déjà mal l’alcool, j’étais la fille à qui on relève les cheveux au-dessus de la cuvette des toilettes. Qu’est-ce-qu’on s’emmerdait quand on était ados. Putain. Quel bonheur d’être adulte.

Tag : Ma vie en gifs

La blogueuse Cœur d’encre 595 m’a taguée et même si les tags ce n’est pas vraiment mon truc, l’exercice fut amusant puisqu’il s’agit de répondre à des situations données par un gif.

Sauf que…je ne savais pas comment publier un gif (je suis une noob, jusqu’à maintenant personne ne le savait, je sais faire illusion). J’ai appris en deux ou trois clics et voici mes réponses aux situations données par la blogueuse.


Quand mon ordinateur plante et que je n’ai pas sauvegardé

Plus que deux jours pour trouver LE cadeau d’anniversaire pour mon mec (en vrai c’est impossible parce que je m’y prends 3 mois à l’avance)

Quand on m’annonce que le boulot est fermé pour une semaine

Quand je me cogne le petit orteil sur un meuble

Fin des vacances

Je tague à mon tour les blogueuses suivantes :

Agoaye

La garçonnette

Eclectik girl

Auroraborealis

Petit rappel des règles du jeu :

- Citer le blog qui vous a tagué

- Trouver 5 gifs en association avec les situations données

- Choisir à votre tour 5 mots ou situations

- Tagguer les blogueurs/blogueuses que cela pourrait amuser

Voici les situations pour lesquelles vous devrez trouver des gifs :

1. Vous trouvez la paire de chaussures de vos rêves mais il n’y a plus votre taille

2. On vous annonce que vous avez gagné 1 milliard de dollars (si, si, c’est possible)

3. L’amour de votre vie vous annonce qu’il part définitivement vivre…sur une autre planète

4. Vous marchez sur vos talons de 12 cm quand soudain vous tombez devant une foule hilare

5. Votre ex vous rappelle pour vous proposer…un plan à trois avec sa nouvelle copine

Un peu de légèreté pour la rentrée…à votre tour :)

 

 

Où trouver un manteau vegan pour cet hiver ?

Quand je suis devenue vegan, je n’ai pas compris où était le problème avec la laine.  Je pensais : en quoi tondre les moutons peut-il leur faire du mal ? Parfois je me demande comment je peux encore être naïve à ce point. Devenir vegan c’est aller de consternation en consternation quant aux sévices et tortures subies par les animaux, j’aurais dû me méfier…

J’ai appris qu’il existait une pratique barbare et cruelle appelée « mulesing » qui consiste à couper l’arrière-train et la queue du mouton (sans anesthésie bien sûr). Je ne vais pas rentrer dans les détails de peur d’effrayer les lecteurs, d’autant qu’Antigone XXI a écrit un papier détaillé au sujet de la laine que j’encourage tout amoureux des animaux, vegan ou non, à lire. S’informer, tout le monde peut le faire, vegan ou non. Libre à chacun d’ouvrir les yeux ou de continuer à les fermer. Mais au moins, on ne peut plus dire qu’on ne sait pas.

Depuis que je sais, je me félicite de refuser de participer à ce massacre injuste et je trouve d’autres moyens d’avoir chaud cet hiver. J’ai mis tous mes manteaux en laine dans un container « Le relais » d’Emmaüs au bout de ma rue sans aucun regret. Puis j’ai passé de longues heures à chercher un manteau vegan sur le net et j’ai trouvé mon bonheur ! Que l’on choisisse des matières qui imitent la laine ou d’autres qui imitent la fourrure (eh oui, je n’ai pas honte de dire que j’aime la fourrure synthétique !), on peut largement trouver son bonheur sans sacrifier son style. Je ne parlerai pas des marques dites « éthiques » parce que je n’aime pas du tout ce qu’elles proposent, je suis désolée mais c’est affreux, je refuse de me rendre au travail affublée d’un poncho multicolore en faux poils de yaks. Non seulement il faut que je sois crédible mais il faut aussi que je me plaise ! Voici une sélection qui vous permettra, je l’espère, de trouver aussi votre bonheur.

 

Zara

 

zara

Caban double boutonnage rouge 89.95 € du XS au XL

65% polyester, 1 % viscose, 4% élasthanne

Livraison gratuite

Un peu de couleur !

http://www.zara.com/fr/fr/femme/manteaux/manteaux/caban-double-boutonnage-c499001p2125062.html

 

Newlook

 

newlook

Manteau vert à carreaux avec col en fausse fourrure 85.99 €

100% coton du 34 au 46

Je n’ai pas réussi à savoir si la fausse fourrure est amovible ou non mais j’aime l’imprimé carreaux et le vert.

http://www.newlook.com/fr/shop/womens/jackets-and-coats/green-check-faux-fur-collar-coat-_320854539?isRecent=true

 

Boohoo

 

boohoo

 

Elle Manteau Surdimensionné drapé 68 € (-20% avec le code 20NOUVELLESAISON et livraison gratuite !)

80% polyester, 20% viscose, doublure 100% polyester du 36 au 42

J’aime beaucoup les manteaux flashy parce que je m’habille souvent en noir, ça rehausse le teint et c’est chic !

http://fr.boohoo.com/azz27465

 

Topshop

 

topshop

Topshop  Manteau slim avec poches 76 €

88% polyester, 10% viscose, 2% élasthanne du 32 au 44

Un classique revisité, un peu austère mais indispensable dans une garde-robe digne de ce nom (ce n’est que mon avis, je ne suis pas blogueuse mode, ne vous énervez pas, merci).

http://fr.topshop.com/fr/tsfr/produit/v%C3%AAtements-415222/vestes-et-manteaux-2390908/manteau-slim-avec-poches-3142717?bi=1&ps=200

 

Unrealfur

 

unrealfur

A gauche : De fur coat 349 $ en mod-acrylic, doublure jersey du S au L gris anthracite ou rose poudré

A droite : Manteau wanderlust en mod-acrylic, doublure en polyester 299$ du S au L (plusieurs couleurs, ici lie-de-vin)

Pour les frileuses amatrices de belle fourrure synthétique, le but c’est d’être chic, pas de ressembler à une pute du Bois (je précise que je n’ai rien contre les putes, je parle de look…)

http://www.unrealfur.com.au

 

3Suisses

 

 

3suisses

Manteau esprit masculin 99 € (existe en rouge)

62% polyester, 33% viscose, 5%élasthanne, doublure 100% polyester

http://www.3suisses.fr/femme/vetements-mode/manteaux/manteau-esprit-masculin-R20038789?fac=env2&Nao=48&typObj=1&R=20038789002034000

 

 

 H&M

hetm

Manteau style motard 59.99 € du 34 au 46

52 % polyester, 48% viscose, doublure 100 % polyester

Pas cher et élégant tout en étant un peu rock and roll, il est parfait !

http://www2.hm.com/fr_fr/productpage.0244140001.html

 

Miss Selfridge

Miss Selfridge

Manteau croisé volanté 76 € du 32 au 44 (existe en noir)

88 % polyester, 10 % viscose, 2 % élasthanne

On ne parle que de Topshop mais on oublie Miss Selfridge…

http://www.missselfridge.fr/fr/msfr/produit/v%C3%AAtements-854443/manteaux-vestes-854464/manteau-crois%C3%A9-volant%C3%A9-3215098?bi=41&ps=40

Et si tu cherches des vêtements, chaussures et sacs à main vegan, va voir mon guide, je l’ai actualisé aujourd’hui !

Grosses, minces, petites ou grandes (non, je ne parle pas de sexe)

mybodyisnoneof

Je lis ici et là des billets « body positive » qui proposent aux femmes d’aimer leur corps, de s’accepter comme elles sont, même avec des kilos en trop, surtout avec des kilos en trop ! Des billets écrits pour plaire à la masse,  qui prônent la tolérance, l’ouverture d’esprit et la confiance en soi. J’ai remarqué que ces billets sont toujours rédigés par des blogueuses qui ne peuvent s’empêcher de dire « Bon, moi j’ai de la chance hein, je suis peu sportive mais je n’ai pas de cellulite et je fais 1.70 m pour 52 kilos, je mange mais je ne grossis pas ! ». J’exagère à peine. Pourquoi ce besoin de préciser que toi tu es mince mais sympa, c’est pour ça que tu te fends d’un article pro-grosse ? Pour rappeler que toi tu es bonne (si possible photo à l’appui, nous sommes sur les Internets, on veut son quart d’heure de gloire). Je suis certaine que ces blogueuses sont les premières à dire à leur collègue « Mais nooooooooooon t’es pas grosse » alors que la collègue le sait qu’elle est grosse et bien souvent elle s’en fout, elle fait avec, c’est comme ça, c’est sa morphologie, elle sait parfaitement bien qu’elle ne rentrera jamais dans du 36, ni du 38 d’ailleurs. Il faut aimer nos copines grosses mais attention il ne faudrait surtout pas qu’on croie qu’on écrit un billet sur le sujet parce qu’on l’est. Belle hypocrisie.

On a tendance à croire que tout le monde est mince à la base et qu’on devient gros en se gavant de junk food. C’est loin d’être la réalité. Il y a des tas de femmes dans ce pays et ailleurs qui n’ont jamais été minces et qui ne le seront jamais. Et on les emmerde avec leur poids un peu comme si on t’emmerdait toi parce que tu as les yeux noisette et que la mode c’était d’avoir les yeux bleus. Certes, tu pourras toujours porter des lentilles mais ce ne sera jamais la même chose. Ça me rappelle ma copine Émilie qui a toujours été bien charpentée avec des hanches larges. Elle avait fait un régime drastique et perdu beaucoup de poids et ne se plaisait toujours pas. Elle me disait « C’est bizarre, quand je suis assise et que je ferme les jambes, il y a un trou alors qu’avant ce n’était pas le cas ». Elle n’a jamais été aussi déprimée qu’à cette époque,  elle se sentait démunie face à ce nouveau corps qui aurait dû la rendre heureuse. Elle a repris du poids puis elle a eu un enfant et c’est à partir de ce moment-là qu’elle a accepté son corps et que son poids s’est stabilisé.

Je suis née petite, je n’atteindrai jamais le mètre soixante et pourtant j’ai mangé de la soupe maison préparée par maman toute mon enfance. C’est un fait, je suis comme ça, je m’accepte telle que je suis, à vrai dire je n’ai pas vraiment le choix, avec la vieillesse je vais encore perdre des centimètres… « Tout ce qui est petit est mignon », paraît-il ! Je n’ai jamais souhaité être plus grande parce que je sais que ce n’est pas possible. Bien souvent, je suis à plat, je ne porte des escarpins que lorsque je veux « jouer à la femme ». Je ne perds pas mon temps à fantasmer sur des choses qui me sont inaccessibles, j’aurai toujours l’air d’une femme-enfant, pas d’une femme-fatale. Récemment un ami m’a dit à propos d’un date qu’il avait eu la veille « Je l’ai rencontrée en vrai et j’ai été déçu, en fait elle est petite, ça se voit pas sur les photos ». Sympa. En gros la femme idéale est très grande (plus d’1,75 cm) et très maigre (moins de 50 kilos). En France, il y a combien de femmes qui font plus d’1,75 cm et moins de 50 kilos ? Rappelons que la femme moyenne mesure 1.63 m pour 63 kg (INSEE).

« C’est dommage qu’elle soit grosse, elle a un si joli visage ». C’est une phrase qu’on entend souvent, moi même j’avoue l’avoir déjà prononcée. C’est terrifiant de prononcer une telle phrase. On est tellement conditionnés par les critères de beauté actuels qu’on ne se rend pas compte qu’on peut être blessant, discriminatoire et insultant envers ceux qui nous entourent et qu’on juge sans même les connaître. On ne se définit pas par son poids, sa taille, son origine ethnique ou encore la couleur de ses yeux. On ne choisit pas d’être gros, mince, petit ou grand. 

On reproche à l’industrie de la mode de ne faire travailler que des grandes filles très jeunes et très maigres alors que le problème ne vient pas de là. Quelle femme voudrait acheter un vêtement porté par une femme de plus de 40 ans qui ferait 1,50 m et afficherait un bon 46 ? Personne. La mode est un business comme un autre, le but c’est de vendre, et pour vendre il faut faire fantasmer la cliente qui pensera faire partie de "l’élite" en déboursant 5000 boules pour une robe.  Aujourd’hui, on sait que toutes les photos de mode sont retouchées, que les mannequins sont des ovnis et que nous ne leur ressemblerons jamais. Ces jeunes filles très minces et très grandes correspondent aux critères de beauté actuels qui sont inaccessibles mais qui plaisent aux femmes ! Ce sont elles qui achètent les vêtements vendus sur ces filles au physique qu’on ne voit jamais dans la rue (hors périodes de fashion week, bien sûr).

Plutôt que de hurler que c’est de la faute aux médias, à l’industrie de la mode, à ce que vous voulez, peut-être faudrait-il regarder ce que nous nous disons, ce que nous nous véhiculons comme schémas, comme idées. Nous sommes tous responsables, avec nos petites phrases assassines, du mal-être des femmes qui ne s’aiment pas et qui refusent de s’accepter. Si aujourd’hui les petites filles parlent de régime en primaire c’est parce qu’elles ont entendues leur mère ou leur tante parler de poids, pas parce qu’elles lisent les magasines féminins…Essayez de ne pas critiquer quoi que ce soit ni qui que ce soit pendant ne serait-ce qu’une journée, vous verrez, c’est bien plus difficile que ce qu’on peut croire. J’essaie toujours d’y parvenir, sans succès pour le moment (mais je m’entraîne !).

candice-swanepoel

365 jours

happybday

J’ai créé ce blog il y a un an. J’avais besoin de m’exprimer sans être politiquement correcte, de dire tout ce qui me passait par la tête, le bon comme le mauvais. Je voulais jouer sur ce que je suis, cette image de connasse qui dit ce qu’elle pense, qui n’est pas toujours diplomate, un peu snob, un peu agaçante. Je suis vraiment comme ça mais je ne suis pas que ça (heureusement).

Je ne pensais pas qu’on me lirait. Et pourtant… 67 billets, près de 27 000 vues dans plus de 100 pays différents, jolie surprise. Il y a peu, j’ai eu les yeux plus gros que le ventre en souhaitant faire partie d’une communauté de blogueuses. Ce n’était pas une bonne idée, décidément, les communautés, ce n’est pas pour moi, je préfère me la jouer lonesome cowgirl. Si je devais faire partie d’une nouvelle communauté, je la créerais, ça me ressemble bien plus. Et tant qu’à faire, il y aurait des blogueurs aussi, rester entre filles-femmes, c’est déprimant.

Écrire pour les autres ça veut dire ne pas tout contrôler et j’ai beaucoup de mal avec cette idée-là. Devoir se justifier face aux kikoolol et autres haters, très peu pour moi. C’est mon blog, mon espace personnel et à vrai dire j’écris ce que je veux. Je suis toujours cette adolescente qui claque la porte de sa chambre sur laquelle se trouve un écriteau rouge qui stipule « Défense d’entrer ». C’est mon exutoire ce blog, celui qui me permet de ne pas tuer des gens dans le métro, de ne pas emmerder mon entourage avec tout ce qu’il y a dans ma tête, c’est mon équilibre. En un an j’ai refusé de publier deux ou trois commentaires, pas plus. Je ne vois pas l’intérêt de publier « oué bah tes une conace sa c sur tu porte bien ton non » ou « Vous ne comprenez rien et dites n’importe quoi, c’est triste pour vous, connasse". Argumentation zéro. Sur un site « grand public », c’est pire. Les commentaires affligeants sont majoritaires,  sans aucune réflexion, ils semblent poussés par le seul besoin de tapoter sur son clavier parce qu’on s’estime assez intelligent pour partager sa "pensée". Plus on est lu, plus on attire n’importe qui. Non merci.

Grâce à ce blog, j’ai fait de belles rencontres virtuelles ;  je ne vais pas tous les citer, ils se reconnaîtront (il suffit de regarder ma blogroll). On se lit les uns les autres, on est bienveillants, pas toujours d’accord mais on a des points communs, je crois : une certaine sensibilité, un besoin de solitude, la quête de son identité dont on a conscience qu’elle est en éternelle évolution et surtout l’envie de partager. Parfois j’ai envie de les rencontrer et puis non… j’aurais trop de peine si je les rencontrais et qu’ils étaient autre chose que ce que je lis. Ce n’est pas d’eux dont je me méfie, c’est de moi, je connais cette propension à vouloir faire de quelqu’un que je connais depuis 5 mn un ami pour la vie. J’en ai assez fait les frais. Le jour où je serais capable de les rencontrer sans y mettre trop d’affect, je le ferai, mais j’ai encore un long chemin à parcourir. En lisant leurs blogs, j’ai ri, j’ai espéré pour eux, j’ai eu de la peine, j’ai voulu les prendre dans mes bras, leur dire que ça ira, que rien n’est grave, finalement. Je les remercie de tout cœur d’être là, derrière leurs écrans.

On ne vient pas de me remettre un Oscar mais je tiens aussi à remercier une personne qui m’est chère et qui me lit religieusement toutes les semaines du Mississippi (à chaque fois j’entends le générique de Tom Sawyer, c’est terrible). A la base, si j’ai créé mon premier blog en 2011, c’est parce que tu quittais le pays. Merci à toi Delphine, mon amie depuis 16 ans, ensemble nous faisons mentir l’adage qui dit « Loin des yeux, loin du cœur ».

Le sandwich au poulet (paix à son âme)

Je sortais du bureau pour prendre ma pause déjeuner quand soudain une femme qui semblait sortir de nulle part m’implora de lui donner de quoi s’acheter « une demi-baguette ». Je n’ai jamais de monnaie, c’est un fait, mais elle me lança « Il y a un distributeur de billets, là » en dirigeant son doigt vers l’autre côté de la rue. J’ai pensé immédiatement « Non mais quel culot, elle croit quoi ? Que je vais sortir 20 € et les lui filer ? ». Elle a du sentir que je n’étais pas convaincue et ajouta « J’ai si honte mais j’ai faim » , ses yeux globuleux rivés vers le sol. J’ai dit que j’étais désolée et passais mon chemin….Puis un éclair de conscience me rattrapa « Merde, cette femme a faim et je vais sincèrement lui tourner le dos en allant au resto ? Je ne peux pas faire ça, c’est inhumain ! ». Je suis retournée sur mes pas et lui ai dit « Si vous avez faim, je peux vous acheter de quoi manger » mais elle ne semblait pas m’écouter. Elle dit, sans me regarder dans les yeux « Je vais aller à Barbès, là-bas c’est moins cher parce qu’il faut que je fasse des courses pour les enfants, il ne me reste que 5 €, mon mari m’a quittée pour une jeune femme, je n’ai que 5 € ». Je ne savais pas du tout où se situait la vérité,  j’ai à nouveau proposé de lui acheter de quoi se nourrir parce qu’elle n’avait pas l’air dans son état normal, elle semblait au fond du gouffre. J’ai répété « Si vous avez faim, je vais vous acheter de quoi manger et je reviens, d’accord ? ». Elle fit « oui » de la tête.

Pauvre gosse...

Pauvre gosse…

Dans les allées du supermarché, j’étais en pleine réflexion « Il faut que j’achète des biscuits ou des bonbons pour ses enfants, ça pourrait leur faire plaisir » puis  « Ça se trouve elle ne sera plus là à mon retour, autant acheter des choses que moi je mangerais si ça devait me rester sur les bras ? » (J’ai conscience du caractère abjectement égoïste de cette réflexion). Au rayon sandwich, j’étais à la fois dégoûtée (il n’y a rien de pire qu’un sandwich industriel) et perdue devant l’offre. Jambon-emmental ? Et si elle était musulmane ? Crevettes-mayonnaise ? Impossible si elle est juive. Un wrap légumes-chèvre ? Et si elle n’aimait pas le chèvre ? C’est fort en goût le chèvre, tout le monde n’aime pas. Et si elle était végétalienne ? Non, non, poulet, c’est bien, tout le monde aime le poulet. J’étais à la caisse, me sentant un peu coupable d’acheter un sandwich au poulet alors que c’est contre mes convictions. J’envisageai sérieusement de retirer 20 € et de lui en donner 10 à mon retour. Avec ses désormais 15 € elle pourrait faire de bonnes courses à Barbès pour ses enfants, pensais-je naïvement.

Lorsque je suis arrivée devant l’immeuble, la femme n’était plus là comme je le craignais. Je regardai alentour : personne. Je contournais la rue et me dirigeai vers le SDF du coin ; je le vois tous les jours, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, il est là, fidèle au poste avec sa barbe de mille jours et ses yeux menthe-à-l’ eau. Il me lança fièrement « Elle voulait du cash ! », sourire narquois à l’appui. Je lui offris le sandwich qu’il accepta avec un haussement d’épaule qui voulait bien dire que lui aussi il s’en foutait pas mal de mon "sandwich au poulet" bourré aux antibiotiques composé quasi exclusivement de graisse. La femme était probablement une droguée, à en juger par son regard que j’ai cru désespéré alors que c’était le regard du manque. Faire des courses à Barbès ? A part Tati et des dealers, il y a quoi à Barbès ? Peut-être avait-elle vraiment des enfants quelque part en train de crever la dalle. Peut-être n’était-elle pas patiente…Peut-être, peut-être, peut-être.

Ce que je sais, c’est qu’elle n’avait pas faim. Le cash a plus de saveur que la nourriture.

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