Trois jours à Porto

J’aime beaucoup partir en week-end en Octobre,  c’est le moment idéal pour aller dans le Sud de l’Europe enfin respirable sans ses touristes (enfin, presque !) et les températures sont encore douces, propices aux flâneries dans les rues.

Porto est bordée par le fleuve Douro qui lui donne un charme auquel nul ne peut succomber, le quartier de Ribeira, très touristique, est aussi le plus agréable avec ses petites ruelles et ses maisons colorées. Porto c’est évidemment les azulejos, cette tradition portugaise de peindre les carreaux de faïence en bleu. Pour les amoureux d’architecture dont je suis, Porto est une destination de choix. Il y a le pont Dom Luis, réalisé par un disciple de Gustave Eiffel. On aime ou on n’aime pas. On l’aura deviné, j’adore ! Attention si vous avez le vertige, le pont culmine à 45 m de hauteur, il faut avoir le cœur bien accroché. Mais quelle vue ! Ensuite il y a la casa da musica, une salle de spectacle conçue par Rem Koolhaas. Certains trouvent ce cube bizarre minimaliste très laid et d’autres adorent sa modernité, son imposante froideur faite de béton et de verre. Quoi qu’il en soit, en termes d’acoustique, c’est ce qui se fait de mieux.  Porto est troublante, au détour d’une rue on tombe sur des maisons et immeubles en ruine, on aurait presque envie d’écouter un peu de fado pour pleurer, il y a autant de charme que de désolation. Les chats errants se promènent aux alentours des marchés qui vendent la célèbre morue, j’aurais bien ramené chez moi le petit noir au yeux verts…  Au Portugal, on travaille pour le même taux horaire la journée ou la nuit, la semaine ou le dimanche, quand j’ai appris cette information, je me suis dit (encore une fois) que j’avais une chance folle !

J’ai aimé la gentillesse des autochtones qui bien souvent parlent le français, leur artisanat est riche, il est facile de rapporter des petits souvenirs peu onéreux. Au hasard d’une rue j’ai trouvé une petite boutique qui propose des broches, colliers et autres bagues faits avec des boutons récupérés çà et là, tellement original et créatif ! Une femme m’a vendu des foulards qu’elle confectionne elle-même, elle trouve du tissu, en assemble deux selon ses goûts (et elle en a !), un petit coup de machine et hop ! Ou comment avoir une pièce unique sans se ruiner. J’ai été accueillie avec le sourire partout où j’allais, c’est vraiment reposant quand on sort d’une semaine à se faire écraser contre les portes du métro…A propos de métro, celui de Porto est immaculé, peu fréquenté et il sent l’ammoniac, un choc ! Je conseille le marché Porto Belo qui se trouve sur la praça Carlos Alberto, on y trouve de tout : des vinyles, des bijoux fantaisie, des jouets, des vêtements neufs ou vintage, des merdouilles, bref, un petit marché aux puces bien sympa ouvert tous les samedis de 12h à 19h. Pour le shopping plus mainstream, il faut savoir qu’il est moins cher d’acheter la marque Zara au Portugal, en moyenne c’est 30% de moins, ce qui n’est pas négligeable quand on craque sur un beau manteau vegan ^^

Si Porto est réputée pour ses vin et sa gastronomie riche en viandes et sauces qui semblent lourdes, ses viennoiseries et autres gâteaux riche en œufs (70 cts la part, qui dit mieux ?) il est possible d’y manger végétarien et même vegan ! Chez Cultura Dos Sabores, on a droit à un buffet végétarien/vegan à volonté pour 8.99 € (et 11.99 € le dimanche), c’est coloré, c’est bon, leur guacamole maison est une tuerie et je ne vous parle pas du gâteau au chocolat dont j’aimerais avoir la recette. Les desserts ne sont pas compris dans la formule mais ils coutent une misère. J’ai eu un coup de cœur pour le restaurant Em Carne Viva,  si seulement ils pouvaient en ouvrir un à Paris…. C’est du vegan gastronomique, j’ai eu la chance de déguster du seitan grillé au vin de Porto avec une purée de châtaignes, c’était excellent et le lieu est à la fois beau, chic et romantique. L’addition est élevée pour Porto mais tout à fait acceptable pour une parisienne. Je vous aurais volontiers parlé de la vie nocturne mais après de longues journées à arpenter les rues qui bien souvent grimpent haut, j’étais au lit à 22h30. La vieillesse, sans doute.

S’il y a peu à voir en dehors du centre-ville, Porto reste une destination idéale pour un week-end, à la fois économique et dépaysante. Je n’y retournerai peut-être pas mais je me laisserais bien tentée par Faro la prochaine fois.

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Je suis sapiosexuelle et je vais très bien, merci.

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On peut être hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, ces termes sont bien connus, asexuel, ça l’est déjà moins et pourtant cela existe  n’en déplaise à certains (aucune attirance pour aucun sexe). Sapiosexuel, de quoi s’agit-il ? Difficile de trouver une définition dans un dictionnaire français, pourtant ce néologisme existe bel et bien. On le voit beaucoup sur les réseaux sociaux depuis quatre ou cinq ans.

Le sapiosexuel est celui qui est sexuellement attiré par ceux qu’il considère comme intelligents. Par extension, on peut dire que le sapiosexuel est excité par celui qui est plus intelligent que lui. Libre à chacun de définir ce qu’est une personne intelligente. En ce qui me concerne, c’est assez simple. C’est quelqu’un qui m’apprend des choses que je ne connais  pas (peu importe le domaine). C’est quelqu’un qui s’exprime bien, avec une belle voix sensuelle (ça aide), quelqu’un de pertinent, qui a le sens de la répartie, quelqu’un qu’on écoute dès qu’il prend la parole (je précise « il » parce que je préfère les hommes). C’est quelqu’un qui partage son savoir sans aucune prétention, qui le fait de manière naturelle et désintéressée (non, je ne décris pas un saint, ces hommes-là existent, je le jure !). Evidemment si en plus l’homme en question est physiquement attirant, on ne va pas se plaindre hein. Mais je préfèrerais toujours un homme considéré comme moche mais intelligent qu’un bel homme complètement con.

L’intelligence, c’est aussi (surtout) la modestie. Je mords mon stylo devant un homme véritablement modeste. Comme une petite pucelle en culotte de coton. Il n’y a rien de plus sexy à mes yeux qu’un homme qui pense sincèrement qu’il ne connaît pas grand-chose alors qu’il a une culture extraordinaire (au sens littéral). Je suis attirée par un homme qui va m’expliquer en trois phrases très simples des concepts compliqués. Un homme intelligent c’est un homme qui pense de manière concise, qui sait résumer sans dénaturer ses propos ou sa pensée. Il n’y a rien de plus charismatique qu’un homme intelligent !  Les muscles ne valent rien à côté d’un gros cerveau. Je précise que cela n’a rien à voir avec le pouvoir social ou financier, on peut être un avocat fortuné très stupide (il y en a plein). Lorsque j’étais au CP, je me souviens très bien de Pascal qui louchait, avait des lunettes double foyer et en plus il bégayait. Le nerd dans toute sa splendeur. Pourtant j’étais amoureuse de lui parce qu’il était intelligent et modeste. Je suis plus facilement attirée par l’homme discret qui parle peu mais quand il ouvre la bouche tout le monde (moi la première) est subjugué par la pertinence, l’intelligence de ses propos ou de son humour. Je n’aurais pas pu me mettre en couple avec un homme que je ne trouve pas brillant. J’ai besoin d’admirer, or, ce que je trouve admirable c’est l’intelligence modeste, discrète, l’élégance des mots, qu’ils soient écrits ou verbalisés. Le dandy saura conquérir mon âme de midinette quand le sportif aux muscles saillants me laissera de marbre.

Un écrivain (un bon, pas Marc Lévy et les autres –pardon Marc mais ta prose c’est de la diarrhée) est excitant, très excitant, même. Les acteurs ne me font aucun effet. Les musiciens beaucoup plus. Mais les écrivains…ils savent comment parler à mon petit cœur et m’émoustiller les saligauds. Leurs mots ont un potentiel érotique indéniable. Les écrivains ont rarement un physique d’Apollon, ils se vengent avec les mots pour séduire les femmes [ N.B : Je pense à Nicolas Fargues, l’écrivain sexy par excellence, mais sa beauté m’empêche de me concentrer sur ses mots, résultat je ne suis pas excitée] Parfois je lis un livre et je suis touchée par une très belle phrase, j’ai envie d’embrasser son auteur sur la bouche pour le remercier. Et de lui caresser les cheveux. Et de lui dire je t’aime. Si l’écrivain est New Yorkais et parle de New York, c’est un facteur doublement excitant. Je suis amoureuse de  Gary Shteyngart qui mieux que n’importe quel auteur sait ouvrir mon âme et faire durcir mes tétons en même temps. Je pense à cette phrase de son excellent roman Super Sad True Love Story : « Every returning New Yorker asks the question : Is this still my city ? I have a ready answer, cloaked in obstinate despair : It is. And if it’s not, I will love it all the way more. I will love it to the point where it becomes mine again”. C’est magique, les mots. Bon, je vous laisse, je vais aller me toucher…

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L’écureuil rose et les autres

Je sens une chose se planter sur mon nez. Puis la chose me mordille les cheveux avec délectation. J’ouvre les yeux à grand peine pour voir un écureuil rose dont les yeux sont couleur diamant, je touche son pelage magnifique, sa douceur semble irréelle. D’où vient-il ? Il doit sentir que je me pose des questions  et se met à me répondre « Salut, moi c’est Noisette ! Je sais c’est un peu nul comme nom pour un écureuil mais tel est mon nom ! Je suis ici pour te réveiller en douceur tous les matins désormais. Sur ordre de ton cerveau ».

  • Mon cerveau ?
  • Oui, ton cerveau envoie des directives et je les suis, enfin, nous les suivons. Je ne suis pas tout seul. Dennis, l’éléphant bicolore, mais j’imagine que tu es au courant, ne va pas tarder à arriver, c’est lui qui t’emmènera à ton travail.
  • Un éléphant bicolore ?
  • Oui, c’est ce que tu voulais, non ?
  • Je ne sais pas…pourquoi pas oui ! Comment se fait-il que tu sois si doux, Noisette ? dis-je en le caressant lentement.
  • Je suis né comme ça. Toi tu es une connasse, moi je suis doux.
  • Tu sais bien que je ne suis pas vraiment une connasse…pas avec les animaux en tout cas !
  • Je ne suis pas un animal, je suis un écureuil. Un peu de respect. Tu aimerais que je dise que tu es juste une humaine ?

Un panda roux s’avance dans ma chambre accompagné d’un macaque à crête. Ils sont hilares. Leurs rires résonnent et je ne peux m’empêcher de sourire, encore allongée dans mon lit, Noisette assis sur le haut de crâne pour un massage relaxant. Le panda roux et le macaque se présentent comme étant Charly et Lulu. J’éclate de rire sans aucun respect et les deux amis froncent les sourcils, entre colère et incompréhension. Comme pour m’excuser je dis « Ce n’est pas contre vous, c’est juste que dans les années 90…On s’en fout, je suis enchantée de vous connaître ! »  dis-je en me levant, Noisette comme vissé sur mon crâne. Puis Charly (le panda roux) se met à m’expliquer qu’ils sont là pour me faire la toilette. Ils feront couler mon bain puis me laveront avec des éponges Konjac. Une girafe nommée Anna se chargera de choisir ma tenue du jour, c’est la reine de la mode dans le règne animal. Les zèbres c’est son idée, avant ils étaient simplement noir ou blanc, elle a créé cet imprimé  qui fait fureur depuis combien de siècles maintenant ?  Je me frotte les yeux sous le regard de Noisette, Charly et Lulu qui ne semble pas vouloir m’adresser la parole. Sans doute un macaque timide. Tout cela est bien réel.

Alors que Lulu enlève ma chemise de nuit, il se permet un « Nice ass ». Moqueuse, je réponds « Well…nice crest ! » puis Charly me dit « Excuse-le il ne parle pas français et…comment dire…il aime bien les femmes. Je veux dire c’est un macaque qui est marié et tout mais il trouve que les femmes humaines sont jolies et ne peut s’empêcher de les flatter…Si ses remarques t’ennuient on peut demander à Denver de le remplacer. » Alors que je me plonge dans mon bain avec l’aide de Lulu qui semble fasciné par la couleur de mes tétons, je demande si par hasard Denver ne serait pas un dinosaure, ce à quoi Charly me répond que c’est un ourson. Charly et Lulu me frottent le corps avec beaucoup de minutie pendant que Noisette me lave les cheveux. Je ferme les yeux, enchantée par tant de douceur. Soudain une girafe à lunettes hurle « Tous dehors ! Je m’occupe de la sécher et de l’habiller, allez oust ! ». L’écureuil, le macaque et le panda roux fuient  et je me retrouve moi-même apeurée par tant de détermination. Il n’est que 7h30, beaucoup trop tôt pour que quiconque hurle dans mon oreille.

  • Je suis Anna, j’imagine que tu me connais, qui ne me connaît pas ? dit-elle non sans fierté en me séchant énergiquement avec une serviette de plage.
  • Heu…oui, vous allez trouver ma tenue du jour, c’est bien ça ? Ça m’arrange parce que c’est un calvaire tous les matins, je ne sais jamais quoi mettre et…
  • Tu n’as que des vieilleries dans ce dressing, fais du shopping de temps en temps ! Je t’ai trouvée la tenue parfaite pour aujourd’hui. Es-tu prête à être la star du bureau ?
  • Je ne veux pas trop être la star du bureau en fait…
  • Tout le monde veut être une star, ne dis pas de bêtises, petite sotte.

Trente minutes plus tard, voici la tenue que je porte, je suis enchantée de mon nouveau look ! Je tourne sur moi-même pour montrer la tenue sous tous les angles à mes nouveaux amis.

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Noisette se lance dans un flot de compliments en sautillant sur mon crâne pendant qu’Anna essaie de déloger l’animal qui « risque de ruiner ma coiffure », Charly me fait un baise-main pendant que Lulu applaudit ma tenue so chic. Puis quelqu’un sonne à l’interphone, c’est Dennis, éléphant gris et violet  à la voix aigüe qui annonce solennellement  « Je suis Dennis, il vaut mieux qu’on parte maintenant si tu ne veux pas être en retard, le boulevard Haussmann est bouché ce matin…je t’attends en bas, je serais bien monté mais je doute que tes voisins apprécient ». Nous descendons en hâte, Dennis se tient sur le macadam comme s’il était dans son élément, c’est fou comme le gris et le violet se marient à la perfection, il faut que j’y pense pour mes prochaines tenues. Charly et Lulu me font la courte échelle et je monte sur le dos de Dennis qui sent le citron, je le complimente sur son odeur et l’éléphant rougit. Noisette porte mon sac à main qui est trois fois plus grand que lui, je me sens comme Blanche-Neige sans les sept nains. Je remercie Anna qui m’embrasse, elle doit filer, elle a un shooting à superviser à New York, elle ne veut pas rater le tapis volant express. Ce que je peux tout à fait comprendre. Nous voilà tous sur le dos de Dennis qui chantonne « Ce petit chemin qui sent la noisette, ce petit chemin n’a ni queue ni tête » quand un bruit strident et répétitif se fait entendre, de plus en plus oppressant jusqu’à envahir mon crâne. Les animaux ne semblent pas l’entendre, je ne comprends pas ce qui se passe, je commence à me débattre puis…

J’ouvre les yeux. C’est le noir le plus total. J’éteins le connard de réveil en le balançant à travers la pièce. Il sonne depuis vingt longues minutes. Je suis en retard pour aller au travail. Où sont Noisette, Charly et Lulu, Anna et Dennis ? Ils existent ailleurs. Dans mon imagination. Chienne de vie.

Ce billet est le premier que je rédige dans le cadre de L’Atelier des Jolies plumes, un atelier d’écriture entre blogueurs et blogueuses amoureux des mots. Le thème change chaque mois, pour octobre c’était « Ailleurs ».

Intéressés ? Envoyez un petit mot à latelierdesjoliesplumes@gmail.com ou @lesjoliesplumes sur Twitter

Selfie d'un charmant macaque à crête <3

Selfie d’un charmant macaque à crête <3

 

 

 

J’aimerais avoir les yeux vairons

Toujours la même dans le miroir, même pas drôle. Cette petite brune qui soupire en se voyant. Non pas que je n’aime pas me voir, je m’aime bien, ce n’est pas le problème. Mais j’ai la même tronche depuis que je suis née et ça commence à faire long. Je vous entends ricaner « Oui bah c’est mieux que de s’être pris une voiture et d’être défigurée, de quoi tu te plains encore ? ».

Je me plains de ne pas pouvoir changer de visage de temps en temps pour voir ce que ça ferait. D’être blonde avec une peau de blonde, des tâches de rousseurs avec des cheveux bouclés et indomptables. Etre rousse ce serait comment ? De beaux cheveux roux foncé ultra lisses comme dans les pubs pour shampoings, ce serait super classe. Avoir les yeux verts ou mieux, les yeux vairons. Je suis fascinée par les yeux vairons depuis que je sais que cette particularité existe. Je suis sûre que ceux qui ont les yeux vairons rêveraient d’avoir les deux yeux de la même couleur, pauvres fous ! Vous ne connaissez pas votre chance ! Vous êtes uniques !

La jolie Kate Bosworth et ses jolis yeux vairons

La jolie Kate Bosworth et ses jolis yeux vairons

Nous sommes en 2014, où est le progrès ? On devrait pouvoir changer de visage en touchant un quelconque écran magique et hop ! À nous le changement ! Si on avait le droit de choisir alors j’aurais les yeux vairons puis le lendemain j’aurais les yeux violets comme Liz Taylor. Ou gris. Les yeux gris, c’est si poétique. On ne pourrait pas me reprocher ma mélancolie passagère. De tout petits yeux gris tout ronds. Ou bridés.  Non, mieux ! Un œil gris et un œil violet ! (je frôle l’orgasme rien qu’en écrivant ce produit de mon imagination).

J’aimerais avoir les yeux rouges à chaque fois que quelqu’un m’agace. Comme un warning. Et une grosse bouche avec des lèvres ourlées pour voir ce que ça fait quand je mange (je crois que je n’aimerais pas mais ce serait juste pour essayer). Des dents de lapin. Des lèvres rose foncé comme les alcooliques (mais sans l’alcool). Un grand front et une frange carrée (parce que sur les petits fronts comme le mien la frange c’est un peu nul). Et je pourrais enfin changer de nez ! Je choisirais d’avoir le nez de Julian Casablancas, c’est le plus beau nez du monde et il me semble tout à fait adapté à une femme également (un Tumblr a été consacré à son nez parfait, si ce n’est pas la consécration…). J’essaierais aussi le nez en trompette juste quelques heures, pour sentir le vent dans mes narines relevées. Ce serait rigolo (peut-être). Est-ce-qu’on respire correctement avec un nez pointu et des narines lilliputiennes ? Je garde mes pommettes hautes. Avoir un visage long, ce serait comment ? Un menton proéminent ? Les sourcils quasi inexistants, ne pas être obligée de s’épiler, ce serait pas mal, même pour une seule journée. Pour voir. Je ne saurai jamais. Et on nous parle de progrès. Pfff. Et voilà, je soupire encore.

Le merveilleux monde des blogs

Plus je lis des blogs, plus je me demande où je me situe là-dedans, dans la blogosphère (on ne peut vraiment pas inventer un autre mot ?). Je suis un blog « humeurs ». Par flemme. Je pourrais vous faire des résumés de mes lectures mais je n’ai pas le temps. Je pourrais vous parler de musique mais j’ai essayé, je n’y arrive pas pour une raison qui m’échappe. Je pourrais vous raconter mes sorties dans Paris mais je n’ai plus de vie sociale (ou si peu- je précise que c’est un choix). Je pourrais évoquer mes folles années de célibat mais j’aurais un peu honte. Et quoi d’autre ? Je n’écris pas tout ce que je pense, sinon j’écrirais toutes les 3 minutes (tout à l’heure dans le métro je pensais « En fait le seul privilège d’être vieux c’est qu’on vous laisse une place assise », si j’étais motivée, j’en ferais un billet dans le genre « 10 avantages à devenir un vieux con »). Je n’écris pas tout ce que je pense parce que souvent ça n’a aucun intérêt sauf celui de me faire sourire sur le moment, j’évite de vous imposer mes jérémiades et mes questionnements qui ne trouveront jamais de réponse parce que c’est comme ça, il n’y a pas de réponse à toute question ! J’écris ce que je peux, selon mes fameuses humeurs…

Je ne serai jamais cette blogueuse qui appelle son mec « mon zhom », « le sauvage » ou « mari chéri » (mari chéri, sans déconner…) et ses enfants « poupette » et « princesse », qui parle de « révélation » quand elle a eu son premier pipou-doudou-choubidou (vraie question : est-ce-que toutes les femmes deviennent complètement débiles quand elles deviennent mères ?) (l’autre jour ma copine Rachel me dit que lorsqu’elle était enceinte elle était « l’écrin d’un bijou », ne le prends pas mal si tu me lis mais que c’est drôle !). Non parce que si c’est pour devenir encore plus débile que je ne le suis déjà, autant me faire ligaturer les trompes direct. Petit conseil : tu te sens un peu déprimée ? Fais une recherche « blog de maman » dans Google, tu es partie pour une fière tranche de lol et la certitude d’avoir une vie formidable. Non, vraiment. Just do it.

Je n’ai aucune compétence pour vous expliquer comment « twister » une petite robe noire avec une veste bariolée inspiration coloniale, j’aime les blogs mode mais les ¾ du temps je me trouve mieux habillée que nos apprenties fashionistas. Je crois que quand j’ai des bons plans, je les garde pour moi, je n’ai aucune envie de rencontrer quelqu’un qui a le même vêtement que moi dans la rue…(surtout si elle le porte mieux que moi, la garce !).Lorsqu’on me prend en photo je suis toujours hyper gênée, comme si on pouvait tout voir de moi, alors je fais ce sourire, toujours le même, ça n’aurait aucun intérêt. Je ne pourrais pas être blogueuse mode. Hier j’ai acheté une jupe-culotte (ça revient à la mode, c’est une excellente nouvelle) grâce au blog de Charly&Mandy, sans elles je n’aurais jamais su qu’on pouvait en trouver à prix sacrifié (merci les filles).

Je mets la photo uniquement parce que je sais qu'il ne reste plus que du 42

Je mets la photo uniquement parce que je sais qu’il ne reste plus que du 42

Je ne suis pas un blog DIY, à vrai dire, je ne sais rien faire de mes dix doigts. Tout ce qui demande une certaine patience, je ne peux pas. Le sentiment d’accomplissement après 86 heures à avoir fait du crochet ou ce que vous voulez dans le même genre, non. Je n’ai pas ce chromosome-là. C’est bien dommage parce que j’adorerais pouvoir me la raconter grave en disant « J’ai fait ça rapidement ce week-end, ah bon tu trouves ça joli ? ». Je ne ferai jamais de plaid tout chaud pour cet hiver, ni une écharpe, ni rien. En revanche, j’aime bien qu’on fasse pour moi donc si tu as des talents dans ce domaine, envoie-moi un mail, je te donne du taf !

Je ne sais pas où je me situe mais je suis contente d’être là :)

Je ne ferai jamais de dessous-de-plat en crochet comme ma copine Marie du blog Paiennes :(

Je ne ferai jamais de dessous-de-plat en crochet comme ma copine Marie du blog Paiennes :(

 

L’homme préhistorique

Aujourd’hui j’ai repris le travail après deux semaines d’arrêt maladie sur lesquelles je n’ai pas envie de m’épancher (je me plains déjà bien assez). L’avantage d’être malade c’est qu’on reste chez soi dans son cocon tout doux tout plein d’amour de licornes et de Bisounours. Chez moi c’est calme, j’aime bien mes voisins qui sont gentils et mon mec et mon chat font de mon quotidien un havre de paix.  Dehors, c’est violent.  A commencer par le métro. J’ai vu une femme se faire écraser le pied sous les roues d’une valise qu’un homme traînait beaucoup trop rapidement. Quand elle a hurlé (parce qu’elle a eu mal), il ne s’est pas retourné, non, il a continué  son chemin comme s’il était seul au monde. Elle l’a invectivé d’un « Et pardon ? Non ? » et le type s’est excusé avec zéro sincérité et un petit sourire en coin pour mieux poursuivre son chemin. Un putain de petit sourire en coin mais pour qui se prend-t-il ? Et cet homme, encore un muni d’une valise, qui rate son métro et se met à hurler « Putain mais merde fait chier ! » avec rage sur le quai, est-ce-qu’il se rend bien compte qu’il passe pour le con qu’il est probablement ? Deux petites minutes. Il ne pouvait pas attendre que le prochain métro passe dans deux petites minutes. J’ai arrêté de courir dans le métro depuis longtemps…Je suis en retard tous les matins. Je préfère ça que de m’énerver sans raison. Créer du stress qui n’a pas lieu d’être.

L’autre jour j’ai vu une femme couper les ongles de son fils en pleine rue puis un homme se moucher au-dessus d’une poubelle sans mouchoir, oui, juste avec ses doigts. Ce matin j’étais assise à côté d’une femme qui se maquillait dans le métro en toute tranquillité comme si c’était normal de faire quelque chose d’aussi intime devant des inconnus. D’abord le fond de teint, puis le fard à joues et l’ombre à paupière, le mascara et enfin la poudre. Elle a fini son rituel en se coiffant les cheveux. Bientôt les femmes se mettront des tampons en pleine rame ? Parfois je me le demande. Combien d’histoires d’hommes qui se branlent dans le métro et essuient leur foutre répugnant sur les vêtements des femmes ? Ça ne m’est pas arrivé mais je peux jurer que si ça devait m’arriver je lui ferais bouffer le vêtement et son foutre avec. Je pourrais lui cracher dessus en guise de cerise sur le gâteau mais je n’ai jamais assez de salive pour cracher. Dommage.

Cet après-midi il y a eu pire encore. Pire dans le sens où je ne savais même pas que ça existait. Je descends fumer une cigarette et lorsque je remonte avec l’ascenseur,  je constate avec effroi que quelqu’un s’est délesté d’une superbe crotte de nez triomphante sur le miroir. Bien collante, bien sale, bien moche,  bien grosse, une vraie crotte de nez 100% pollution made in Paris. Un intrus dans cet ascenseur si chic et si parfaitement récuré toutes les deux heures par le gardien qui a dû hurler de colère en voyant cette déjection nasale (je n’ose même pas évoquer l’incident avec lui). Je crois que je ne prendrai plus jamais l’ascenseur, je suis traumatisée à vie. Je me suis lavée les mains sept fois depuis, je commence à développer un T.O.C.  Il existe sur cette Terre des hommes qui sont si pressés de se débarrasser d’une crotte de nez qu’ils la collent là où ils le peuvent. Ces mêmes hommes qui si ça se trouve me serreront la main par la suite. Ces mêmes hommes qui doigteront leur femme en rentrant le soir à la maison. Ces hommes préhistoriques. Je ne sais pas si je vais m’en remettre.

P.S : pour les relous qui m’accuseraient d’être méchante avec les hommes, sachez que je sais que c’est un homme puisque seul un homme est entré dans l’immeuble le temps de ma pause cigarette. Et la crotte de nez n’était pas là quand je suis descendue.

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Teenage angst

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Je préfèrerais mourir que de revivre la période de l’adolescence. Pourtant je crois qu’on peut dire que je m’en suis sortie sans trop de dommages collatéraux. Mes parents ont été bien souvent hilares face à mes changements d’humeurs (« Personne ne me comprend dans cette maison de toute façon »), mon style vestimentaire versatile et mes tentatives de maquillage ratées (« Avec ton rouge à lèvres noir tu veux nous signifier que tu nies ta féminité ? » dixit mon père).

Je me souviens avec horreur de ce corps qui change sans prévenir, ces seins qui poussent tout à coup pour devenir impossibles à cacher, le regard des hommes qui change sur notre passage, le désir qu’on lit en l’autre et qui nous dégoûte. Les premières règles en rentrant du ski dans la voiture, être obligée de mettre du papier toilette dans sa culotte parce qu’on n’a rien d’autre.  Je ne voulais pas être bonne quand j’étais ado, je voulais être transparente, qu’on me foute la paix. Qu’on me laisse rêvasser et écrire ma souffrance dans mon journal comme le jeune Werther. Sauf que mon journal intime, il y avait Hello Kitty dessus et un cadenas qui ne servait à rien mais qui faisait joli.

Embrasser un garçon ? J’avais lu dans Sciences & Vie junior qu’on échangeait des milliers de microbes lors d’un baiser. Il aura fallu que j’attende jusqu’à 15 ans passés pour me faire embrasser par Alexandre W. le plus beau et le plus populaire du lycée qui me larguera comme une merde 3 jours plus tard parce que je refusais de coucher. Je n’ai même pas été triste, je m’en foutais, comme du reste. J’ai voulu coucher avec un garçon avant d’avoir 17 ans parce que j’avais lu que Madonna avait couché avec un garçon à 15 ans. J’adorais Madonna, la fille partie de rien qui conquiert le monde, je ne pouvais pas me permettre d’être plus en retard. J’ai choisi un random guy en vacances au ski qui a été très heureux d’apprendre qu’une jeune femme lui proposait son corps et ça a été nul. Quand ma mère m’a demandé mon sentiment face à ma première fois je me souviens avoir dit « Le même effet que lire Le Figaro » (on est de gauche chez moi).  Mon corps était en avance sur mon  désir d’être une femme, sur mon désir d’embrasser un garçon et de faire l’amour. Mais je voulais faire comme tout le monde pour ne pas me sentir encore plus en décalage.

Je ne comprenais rien de ce qui m’arrivait et je réfléchissais beaucoup trop, j’étais coincée entre spleen et révolte. Je voulais mourir mais je ne savais pas trop pourquoi et surtout je refusais de le faire moi-même. J’aurais voulu avoir un accident de ski ou me faire écraser par un bus. Il ne m’arrivait rien, mes parents m’aimaient, on partait en vacances, tout allait bien en surface.

Je passais mes journées à faire semblant d’aimer fumer de l’herbe comme les autres, je ne foutais rien en cours, ça ne m’intéressait pas, je voulais être n’ importe où mais surtout pas au lycée qui m’empêchait d’exister. Je me suis faite virer de tous les lycées de Paris et j’ai dû passer mon bac au CNED en candidat libre (je l’ai eu, prouvant à mes parents que je n’avais pas besoin d’aller au lycée). J’ai claqué beaucoup de portes, surtout celle de ma chambre, j’ai tapissé mes murs de photos de mannequins (les Claudia, Cindy, Naomi) tout en me nourrissant de pain perdu que je préparais avec amour. Je mangeais des pop corn micro-ondables Paul Newman en regardant Fort Boyard, en rentrant des cours je me faisais des biscottes beurre-chocolat en poudre ou pains au lait Nutella. Ma spécialité de l’époque c’était de mettre des chips dans une assiette, de les couvrir de fromage râpé et de mettre tout ça au micro-ondes. Je n’ai jamais mangé aussi gras que lorsque j’étais ado, c’est un miracle que je ne sois pas devenue obèse. A part lire, manger, fumer des Camel (eh oui, déjà…), écouter Nirvana et regarder par la fenêtre d’un air triste, je ne sais pas ce que je faisais, franchement. En plus Kurt Cobain a eu l’indélicatesse de mourir, ce con.

Je portais des baggies avec des hauts moulants et courts ;  affublée de mon sac Viahero, j’allais en rave party mais je ne me droguais pas, j’avais bien trop peur des conséquences. Je me souviendrais toujours d’une scène dans un coin de la forêt de Fontainebleau où un garçon de mon âge (17 ou 18 ans) ne parvenait ni à parler ni à faire ses lacets, il était resté « ché-per » comme on disait à l’époque. Et cette histoire aussi d’une fille qui avait été internée parce qu’elle voyait des chauves-souris en permanence. Une légende urbaine, semble-t-il.

Je ne faisais partie d’aucun groupe, on m’aimait bien parce que j’avais un look pas possible que j’assumais totalement. J’avais deux amies que je voyais tout le temps et avec lesquelles on faisait des dîners quand nos parents étaient absents. On ne pensait vraiment qu’à manger. On avait lu quelque part que le manque de sommeil était une drogue naturelle alors on avait tenté de ne pas dormir pendant plus de deux jours. On a juste finies épuisées, rien de plus. Je tenais déjà mal l’alcool, j’étais la fille à qui on relève les cheveux au-dessus de la cuvette des toilettes. Qu’est-ce-qu’on s’emmerdait quand on était ados. Putain. Quel bonheur d’être adulte.