Les pouffes de l’ascenseur

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Dans l’immeuble dans lequel je travaille (oui, maintenant que je travaille, j’ai encore plus d’anecdotes qu’avant) sévit un chirurgien plasticien et esthétique de renom (parait-il). Ce qui me permet de croiser un ballet de créatures étranges qui pourtant se ressemblent toutes. Blondes (désolée mais je n’ai encore jamais vue une seule brune), la bouche en cul de poule statique, le regard comme anesthésié, la peau tirée jusque derrière les oreilles qu’elles cachent avec un foulard ou un brushing digne de Farrah Fawcett, lèvres qui brillent, sourcils quasi inexistants, fard à joue qui ne fait qu’accentuer leurs pommettes en plastique, cils assortis aux ongles :démesurément longs et colorés, elles déambulent dans leur ensemble couture, juchées sur des Louboutin vertigineuses, le sac à 5000 boules comme un étendard. Elles sentent toutes le même parfum capiteux qui me donne la nausée lorsque je me retrouve coincée avec elles dans l’ascenseur . A chaque fois je retiens ma respiration comme si j’avais 8 ans et que je plongeais la tête dans la baignoire. Tout est faux chez elles à part les marques de luxe qu’elles portent fièrement, vrai python, vrai crocodile, vrai cuir d’agneau, de ce que vous voulez tant qu’on peut tuer la bête et en faire un produit hors-de-prix. Souvent, elles sont impolies, pas de bonjour, pas de merci quand je leur tiens la porte de l’ascenseur (je précise que je le fais uniquement pour les voir de plus près et m’en moquer par la suite, gnark gnark). Je les dérange. Elles ont honte de se rendre chez le chirurgien, parce qu’il est évident que c’est là qu’elles vont. Elles savent que je sais. Lorsque j’ai croisé la secrétaire du grand médecin, elle s’est présentée crânement, comme si c’était prestigieux de travailler pour un faiseur de physiques identiques. Moi : « Et vous avez des clientes célèbres, j’imagine ? » Elle, sur un ton solennel avec regard amusé : « Oui ». J’ai ajouté que le secret professionnel devait l’empêcher de me dire qui et elle parut enchantée, comme si c’était elle le chirurgien des stars. Un jour, peut-être, j’oserais poser deux ou trois questions à ces femmes qui passent sous le bistouri du chirurgien qui un jour, alors que je fumais une cigarette devant l’immeuble, s’est permis de me dire que c’était mauvais pour la santé. Belle ironie, n’est-ce-pas ? Sur mon paquet de cigarettes il est écrit que fumer tue mais ce chirurgien que fait-il quand une patiente (je devrais dire cliente) lui demande une douzième opération alors qu’elle aurait besoin d’un psy ? Pourquoi veulent-elles toutes se ressembler ? Pour créer une nouvelle race humaine ? La race des pouffes de luxe internationales ? Pourquoi est-ce devenu leur norme, ce physique de gogo danseuse cheap ? Les bourgeoises ne sont plus élégantes, elles ressemblent à des putes du bois de Boulogne (no offense les putes du bois). Et par-dessus tout pourquoi refuser le temps qui passe, le charme des rides naissantes, la peau imparfaite qui raconte des histoires ? Tout ça ressemble à s’y méprendre à une bataille contre la mort perdue d’avance…

Sans foi ni loi

L’autre jour j’étais sur mon lieu de travail quand quelqu’un a sonné à la porte. Je suis allée ouvrir et me suis retrouvée nez à nez avec un homme noir d’une cinquantaine d’années accompagné d’une vieille dame blanche presque mourante (elle devait faire 1 m 40 les bras levés et ses yeux étaient vitreux), tous deux affublés d’un sourire trop large pour être honnête. J’ai compris tout de suite qu’il s’agissait de témoins de Jéhovah. Effectivement, ils m’ont demandé si j’avais la foi, ce à quoi j’ai failli pouffer de rire mais par respect j’ai simplement choisi de ne pas répondre (je dois avouer que j’aurais aimé dire « Tout à fait, j’ai foi en moi »). Je leur ai gentiment proposé d’aller frapper ailleurs parce que contrairement aux apparences, ici il s’agit bien d’un endroit où l’on travaille. Ils ont lourdement insisté en parlant d’une séance dimanche pour parler de Dieu et j’ai dû être plus ferme en disant qu’ici on fait du business, on ne parle pas de religion parce que c’est personnel.

Le prosélytisme n’a donc ni foi ni loi, il faut trouver de nouveaux adhérents, coûte que coûte, même dans les entreprises de la capitale. S’ils pouvaient aller jusqu’à la machine à café pour nous parler de Jéhovah, je crois qu’ils n’hésiteraient pas une seule seconde. C’est étrange, tout de même, cette façon de procéder. Je suis végétalienne mais je ne suis pas prosélyte. Bien sûr, si on me demande pourquoi je ne mange pas d’animaux, pas d’œufs, pas de lait et pas de fromage, j’explique ma philosophie de vie, mon amour des animaux, mais jamais je ne cherche à faire de nouveaux adeptes. Parce que c’est un choix qui ne regarde que moi. Et même si je suis convaincue que tout le monde sur Terre devrait m’imiter, je peux encore cohabiter avec mon entourage qui, lui, mange de la viande. Mon propre frère pense que ne pas manger de tout est stupide, et même si je pense que c’est lui qui est fermé d’esprit sur un sujet dont il ne connaît rien, nous continuons à nous aimer. Je ne vais pas commencer à acheter des livres expliquant pourquoi le régime végétalien est très bon pour la santé à mon frère. S’il veut comprendre, il peut le faire tout seul. Ce que je veux dire, c’est que je n’ai pas besoin d’être comprise d’autrui pour me sentir bien dans mes choix personnels, dans ce que sont mes convictions. Ces méthodes de porte-à-porte me dérangent. Je n’ai pas envie qu’on vienne me parler de Dieu, que ce soit sur mon lieu de travail, chez moi ou dans la rue.

Deux jours plus tard, je sortais justement de chez moi quand je croise une vielle dame qui me dit « Je peux vous donner quelque chose ? ». Elle me tend un dépliant, je réponds merci et je trace ma route. Je vous laisse apprécier la merveille :

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J’imagine que le Printemps coïncide avec la période où les « TJ » tentent de recruter en masse..Malheureusement pour eux, je suis loin d’être la target idéale. Je vais tellement bien depuis quelques mois qu’il m’arrive d’être effrayée par le bonheur et la félicité dans lesquels je baigne. « Les souffrances cesseront-elles un jour ? » Question qui peut être intéressante mais certainement pas avec les réponses proposées : « oui », « non » ou le fabuleux « peut-être ». Bitch, please. J’en arrive toujours à la même conclusion: il faut être extrêmement vulnérable et seul pour croire à ces sornettes. Et si je pense que ce sont des sornettes, ça ne m’empêche pas d’accepter de vivre sur la même planète que ces gens dont je ne partage pas les opinions. Parce que je me moque éperdument des choix religieux de chacun. Nous sommes libres de croire en Dieu, aux reptiliens (petite dédicace ^^), aux aliens, à ce que vous voulez. Pourquoi ne pas garder ça pour soi ?

Le mystère des livres électroniques

J’ai un amour profond pour les livres, les vrais, ceux de papier. Un livre ne se touche pas, il se caresse. Un livre se respire, et tant pis si on est dans un allée de la Fnac, tant pis si cela semble ridicule, j’aime m’imprégner de l’odeur du livre avant d’évaluer la qualité du papier, avant de lire deux ou trois phrases en plein milieu, pour décider si je vais me l’approprier, s’il trouvera une place chez moi et peut-être, espérons-le très fort, dans mon cœur. Je ne sais pas si c’est une coïncidence (je ne le crois pas) mais tous les gens qui comptent dans ma vie aiment la lecture. On s’échange des livres, on en parle comme certains préfèrent parler des films qu’ils aiment. Des livres m’ont sauvé la vie. Lorsque j’allais mal, lorsque j’étais trop apathique pour sortir de chez moi, il me restait la lecture et c’est elle qui me permettait de continuer à rêver, de continuer à espérer, à croire au retour du soleil. Quand je pense à tous les livres qui sont là, à tous ces livres que je n’aurais pas le temps de lire, j’éprouve une profonde tristesse. Avant je lisais un livre jusqu’au bout, même s’il ne me plaisait pas, par respect. Aujourd’hui je me dis que je n’ai pas le temps, la vie est trop courte, je lui laisse une chance mais si je pense à ma liste de courses ou aux prochaines chaussures que je vais acheter durant ma lecture, je l’abandonne. Et j’en lis un autre.

Tous les jours, je constate que de plus en plus de gens lisent des ebooks sur leurs liseuses électroniques. Je comprends bien que la chose soit pratique : au lieu de s’encombrer de dizaines de livres, ils sont stockés dans cet appareil qui est léger et ne prend pas de place. Mais le charme des départs en vacances où les valises pèsent dix tonnes parce qu’on veut emporter des pavés, on en fait quoi ? Il est mort, ce charme-là. Parce qu’on veut du pratique à toutes les sauces. Certains de mes amis, grands lecteurs, ont succombé à la liseuse électronique. Même ma mère en a une. Qu’elle adore ! Ma mère. Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte. Avec un vrai livre, on tourne les pages, ça fait du bruit, ça fait un peu de vent même. On avance dans l’histoire, parfois avec calme, d’autres fois avec hâte. Avec la liseuse on clique. Encore et toujours. Déjà que plus personne n’écrit avec un stylo…

L’autre jour j’étais dans le métro, debout derrière une femme assise qui lisait un livre sur sa liseuse des Enfers. J’ai pris la liberté de lire au-dessus d’elle, pour voir… Et j’ai eu une révélation. Les livres électroniques plaisent parce que personne ne sait ce que vous lisez. Il n’y a pas de couverture, c’est blanc ou noir peu importe mais aucune inscription, aucun indice de la lecture en cours. On peut lire le dernier Marc Lévy sans aucun jugement, on peut lire un roman à l’eau de rose, on peut lire tout ce qu’on veut sans honte. Quand on lit Ulysse de James Joyce, on veut que ça se sache parce qu’on est fier de lire un classique qui fait plus de mille pages, on espère que quelqu’un viendra nous voir pour en parler, on espère, pour les plus romantiques, rencontrer l’amour de sa vie grâce à un chef d’œuvre de la littérature. Il y a quelques années, il m’est arrivé, à plusieurs reprises, de voir des femmes lire des livres dont elles avaient cachée la couverture. A la place, c’était du papier de couleur qui empêchait autrui de savoir de quel livre il s’agissait. Souvent, c’était un Harlequin. Ces romans à l’eau de rose où les femmes s’appellent Amber ou Lindsay et ont toujours « des cheveux auburn qui tombent en cascade sur ses épaules ». J’ai lu des Harlequin lorsque j’étais ado, je ne m’en suis jamais cachée, c’était mièvre et amusant, très old school, la femme désœuvrée qui attend son Prince Charmant qui est souvent un riche milliardaire (ça alors!). Mais ce n’est pas de la littérature. Marc Lévy non plus. Je me plais à penser que les amoureux de la littérature, les amoureux des gros pavés qui envahissent nos appartements, continueront encore et encore d’acheter des livres, des vrais. Et que ceux qui manquent de goût, de raffinement et d’intelligence, les femmes et hommes pressés, continueront de lire du mauvais best-seller et du caca parfumé sur leurs liseuses. Nous n’avons pas les mêmes valeurs.

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Un matin, ça ne sert à rien…

Tous les matins mes yeux tentent de s’ouvrir sans y parvenir avant de longues secondes. Tel un enfant qui vient de naître, j’ai envie de hurler mon incompréhension face au maudit réveil qui sonne la fin de ma brève nuit. Souvent, mon bras gauche est engourdi parce que je m’affale dessus pendant les pauvres petites heures de sommeil qui me sont accordées. Je regarde les minutes défiler avec horreur, je méprise le temps qui passe toujours trop vite, j’ai envie de creuser un tunnel au milieu du lit qui me ferait arriver dans un monde merveilleux où les matins n’existent pas. Je vois les minutes défiler et je pense « Encore deux minutes et je me lève ». Je regarde l’amoureux qui dort et qui dormira quelques heure encore, le veinard. Je l’envie avec force.

Je ne suis pas moi-même le matin ; je ne suis que le rebut de ma personne. Le matin, je ne suis pas finie, ou finie à la pisse alors. L’équation moi + le matin n’est pas belle à voir et impossible à résoudre. Le matin, j’ai des envies de meurtre, je maudis la Terre entière, j’ai envie de frapper, de cogner, de pleurer et de mourir. Je soupire en regardant mon reflet dans le miroir, cheveux hirsutes, chemise de nuit de travers, chaussons dépareillés, moue boudeuse. Je suis la lenteur incarnée, je me traîne à la recherche de vêtements en butant dans une table, une chaise ou un chat, ce qui se trouvera sur mon chemin. Ce n’est pas de ma faute : je ne vois rien, je marche à tâtons comme dans le labyrinthe de verre du Jardin d’Acclimatation. Sous la douche, je reste inerte face à l’eau qui coule, je fais tomber le gel douche, je le ramasse difficilement, on dirait une petite vieille, comme c’est mignon. Je me plains au chat de ma misérable existence « Tu vois, je suis obligée de me lever parce qu’il faut travailler pour acheter tes croquettes de luxe ». La bête me regarde l’air de dire « Pauvre conne, j’ai rien demandé moi ». Une fois prête à affronter le métro parisien, je sors de chez moi et environ une fois sur trois je suis obligée de faire demi tour parce que j’ai oublié mon téléphone portable ou les clefs du bureau. Il arrive qu’en voyant ma tenue dans le miroir de l’entrée, j’en profite pour décider de changer de tenue parce que je ne me plais pas. Et s’il y a une seule personne au monde à laquelle j’ai envie de plaire, c’est bien moi. Et c’est comme ça tous les matins, peu importe la saison. Depuis que je suis née.

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Lassée de cette situation inconfortable qui dure depuis bien trop longtemps, j’ai décidé d’agir. D’adopter la positive attitude chère à Lorie et Monsieur Raffarin. Désormais le réveil sonne et je me lève illico, au garde-à-vous. Ma tenue du jour a été soigneusement choisie la veille : je sais d’avance que je vais me plaire, pas de doute là-dessus. Je file sous la douche avec le sourire, au début un peu forcé, mais c’est en souriant qu’on finit par sourire intérieurement (proverbe anonyme. Hum). Après tout je suis en vie. Une excellente raison de sourire. Je bois un thé en fumant une cigarette en caressant le chat (je suis une femme, je peux faire plein de trucs à la fois). Je ne prends toujours pas de petit-déjeuner parce qu’à 7h30 si j’ingère quoi que ce soit mon corps n’est prêt qu’à une seule chose : le vomir. Mais je prends le temps. De regarder par la fenêtre, d’écouter les oiseaux, d’apprécier le silence, de choisir le livre que je lirai dans le métro (je parle d’un vrai livre, pas de ces horreurs électroniques hein). Je pars en ayant pris soin de faire un bisou à l’amoureux endormi et au chat avide de caresses. Je marche 3 mn et je me rends compte que j’ai oublié mon téléphone portable. Personne n’est parfait. Mais un jour je sais que j’y arriverai. Un jour, j’aimerai me lever le matin.

Kraków comme un coup de kalach dans mon cœur

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« Ah bon, tu vas en Pologne ? Mais pour quoi faire ? Quoi ? Tu veux aller à Auschwitz ? Quelle drôle d’idée… » Voilà, en substance, la réaction de mon entourage lorsque je leur annonçais mon prochain séjour à Cracovie. J’aurais pu répondre qu’il n’y a pas que Berlin, Londres et Rome mais je n’ai rien dit parce que je savais qu’aller pour la première en Europe de l’Est était une garantie de dépaysement. Et même si cela peut sembler étrange de se rendre dans un ancien camp de concentration et d’extermination, c’était un choix personnel. Un devoir.

Avant de partir, je pensais être démunie face à une langue que je ne maîtrise pas. Non seulement j’ai été fascinée par la sonorité de la langue polonaise mais j’ai adoré le fait de ne rien comprendre du tout. Les habitants de Kraków ne parlent que rarement l’anglais et quand c’est le cas, il est approximatif. Penser qu’on n’est qu’à deux heures d’avion et qu’on ne comprendra rien est finalement un vrai luxe. J’ai voulu apprendre à dire « Bonjour », « Merci » et « Je vous en prie » en polonais avec un accent parfait et je n’y suis jamais parvenu. Mais j’ai essayé ! Ensuite, j’ai été charmée par cette ville aux visages multiples, parfois on a le sentiment d’être en Italie, puis deux rues plus loin on se croirait en Union Soviétique. Le centre historique, le Stare Miasto, est à la hauteur de sa réputation (classé au patrimoine mondial de l’Unesco). La colline de Wawel et ses vieilles pierres m’ont séduites. Mais j’ai préféré Kazimierz, le quartier juif situé à une quinzaine de minutes à pied du centre-ville historique. C’est là qu’a été tourné La Liste de Schindler et c’est à ce film qu’on doit la résurrection de ce quartier. Je m’y suis sentie comme à la maison. Si, au départ, je me suis perdue (il faut préciser que je me perds même à Paris…), à la fin je savais exactement où et comment me déplacer.

J’ai été époustouflée par la beauté des polonaises, je savais qu’elles avaient la réputation d’être de belles femmes mais pas à ce point. Si vous êtes complexée par votre physique, n’allez surtout pas à Kraków. Les femmes sont simples et gracieuses, naturellement minces et grandes. Mais elles ne savent pas qu’elles ont ce pouvoir, elles restent humbles et marchent la tête haute, c’est sans doute ce qui les rend si belles. Elles sont la preuve vivante que la beauté se suffit à elle-même : pas de maquillage, pas de griffes de luxe, pas d’artifices. La beauté à l’état pur. Quant aux polonais eh bien je dois dire que j’en ai vu un bon nombre ivres morts, titubants avec difficulté dans les rues, en plein milieu de l’après-midi. Si je suis tombée amoureuse de la ville, je suis aussi tombée amoureuse de la vodka…Moi qui déteste l’alcool pur parce que c’est mauvais et violent à la fois, j’ai vite changé d’avis. C’est violent, sans aucun doute, mais c’est bon ! J’ai enchaîné shots sur shots comme si j’avais 18 ans. Comment ne pas succomber à la vodka à la framboise, à celle à la noisette qui fait l’effet de boire un Kinder Bueno, puis d’essayer aussi celle à la mûre, aux airelles et celle au miel ? Impossible. D’autant que le coût de la vie est divisé par 4 en Pologne. Cela fait une cuite mémorable à deux pour la modique somme de 23 €. Heureusement que je ne vis pas à Cracovie parce que je sais pertinemment que je deviendrais alcoolique ! Autre belle surprise : il est possible de manger végétarien et même végétalien à Cracovie. Je vous conseille vivement le restaurant Novakrova où burgers et smoothies sont délicieux, le café Mlynek non loin de là sert des plats traditionnels polonais adaptés aux végés comme le bigos, sorte de choucroute polonaise.

Je ne sais pas si c’est à cause de l’alcool, la peur ou cette envie de profiter à fond du séjour avec mon frère mais nous ne sommes pas allés à Auschwitz. C’était pourtant le premier but de ce voyage. Mais ce n’est pas un regret. Finalement, nous avons trouvé autre chose que ces larmes qui nous attendaient. Nous avons vécu un séjour joyeux, nous avons ri comme des gosses, nous avons rencontrés des anglais avec lesquels nous avons pris une méchante cuite, nous avons pris des photos de nous ivres avec un chandelier qui traînait (wtf?), nous avons rencontrés Michal et son acolyte qui nous ont parlé de leur pays, de leurs inquiétudes, de leurs désillusions. Le salaire moyen d’un polonais est de 402 € par mois. On nous parle de la crise mais nous savons plus que jamais que nous sommes extrêmement chanceux de pouvoir ne serait-ce que voyager dans un autre pays d’Europe. Nous étions beaucoup trop heureux de vivre et de se retrouver pour tout foutre en l’air.

Nous reviendrons à Kraków pour déguster d’autres pierogi, ces raviolis polonaises goûteuses, pour écouter de la musique yiddish dans un bar de Kazimierz, pour retourner au Domówka , ce bar où nous avons vu une bande de jeunes jouer au Pictionary sous nos yeux ébahis, nous reviendrons nous délecter d’une zapiekenka, sorte de demi baguette nappée de légumes et fromage après une soirée arrosée plaç Nowy. Nous reviendrons en Pologne mais nous visiterons aussi d’autres pays de l’Est parce que nous sommes tombés violemment sous le charme slave.

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Une avant-première un peu spéciale

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Lorsque ma copine Angell Summers m’a proposé de l’accompagner à l’avant-première d’un film dans lequel elle a joué, j’ai accepté sans réfléchir. Puis je me suis souvenue qu’il s’agissait d’un film pornographique. Oups. Si Angell a arrêté le porno pour se consacrer au coaching sexuel, elle doit promouvoir les derniers films dans lesquels elle a joué. Nous voilà donc boulevard de Strasbourg pour la projection en avant-première de Pulsion de la réalisatrice Ovidie. Ancienne actrice X, auteure, journaliste, réalisatrice, la jeune femme est avant-tout une féministe intelligente. Un peu anxieuse de voir un film dans lequel ma copine joue, je serais finalement gênée de visionner un film X entourée de parfaits inconnus…

Pulsion est un film pornographique doté d’une vraie histoire. Ne vous attendez pas à un enchaînement de scènes plus hard les unes que les autres. Ce film est avant tout une comédie. Comme le dira Ovidie avant la projection, très élégante toute de noir vêtue, visiblement un peu timide, c’est un hommage au film porno des années 70. Certains acteurs X ne joueront absolument aucune scène de sexe (à regret parfois je dois bien l’admettre). La réalisatrice a eu l’idée de ce film en lisant un article très sérieux sur le SEGPT ou Syndrome d’Excitation Génitale Persistante . L’histoire met en scène une jeune et jolie rousse atteinte de ce syndrome handicapant au quotidien : elle a envie de se masturber plusieurs fois par jour alors même qu’elle n’a aucun désir sexuel. Elle consulte un médecin loufoque qui lui proposera de participer à un stage d’une semaine avec d’autres malades du sexe qu’il essaiera de soigner tant bien que mal. Entre la jeune femme qui ne conçoit le sexe que lorsqu’il y a danger, celle qui est asexuelle, le couple dont l’homme n’est excité que lorsque sa femme se fait prendre par un autre, celle accro au réseaux sociaux et les autres, ce sont autant de prétextes à la comédie et à des scènes de sexe variées. Certes il y a des scènes hard comme dans tout film x mais j’ai été épatée par les scènes plus romantiques. Je tire mon chapeau bas à Ovidie qui réussit à filmer une belle scène d’amour avec Titof. Les acteurs très bien membrés peuvent être autre chose que des marteaux-piqueurs (pardonnez-moi l’expression), c’est rafraîchissant. Mention spéciale à Tony Carrera qui joue un paraphile, un genre de fétichiste multi-carte. C’est la première fois que je vois un homme se branler sous les aisselles d’une femme (comment ne pas en rire !). Le film est réussi parce qu’il alterne efficacement des scènes de comédie et de sexe. Mais aussi et surtout parce qu’il ose parler de sexualités différentes sans les juger. J’ai été impressionnée par les scènes de comédie qui sont souvent ratées dans le porno. Dans Pulsion les acteurs X savent jouer la comédie, ce qui permet au spectateur de croire à cette histoire. Ce qui fait également la réussite du film c’est le personnage du médecin loufoque dont la dernière scène est jubilatoire, si vous me lisez monsieur sachez que vous avez une fan !

Pulsion, comédie pornographique diffusée sur Canal + le 5 avril prochain, avec Emy Russo, Angell Summers, Liza Del Sierra, Julie Valmont, Carla Cat, Tiffany Doll, Titof, Tony Carrera, Phil Holiday et les autres.

Angell Summers et Phil Holiday

Angell Summers et Phil Holiday

Emy Russo

Emy Russo

Julie Valmont

Julie Valmont

Manger plus sain avec Jeudi Veggie !

Jeudi Veggie est un campagne simple : encourager à adopter une alimentation végétale une fois par semaine. Elle est réalisée par l’Association Végétarienne de France (AVF) en collaboration avec l’atelier Super Naturelle d’Ôna Maiocco.

Chaque jeudi, un atelier cuisine est organisé selon un thème précis, c’est l’occasion de rencontrer des personnes intéressées par cette démarche et de partager avec elles un moment convivial autour de la cuisine végétale et des surprises qu’elle réserve, d’apprendre des astuces que l’on pourra reproduire facilement à la maison.

En ce qui me concerne, je suis végétalienne depuis peu et j’ai participé à cet atelier pour avoir d’autres idées de cuisine . Que l’on soit végé ou non, on a tendance à préparer les mêmes repas par facilité et par habitude, j’avais envie de me renouveler ! J’étais également curieuse de rencontrer des personnes proches de mes convictions parce que quand on est végétalien il arrive qu’on se sente bien seul et incompris… J’écrirai prochainement un billet sur ce choix de passer au tout végétal mais revenons-en à l’atelier de jeudi dernier.

L’atelier Super naturelle est dirigé par Ôna (ça se prononce « Ouna », très joli prénom, n’est-ce-pas ?), jeune femme passionnée de cuisine végétale, locale et bio. Avec elle, la cuisine paraît simple, inventive et fun. Son atelier est un grand espace très agréable situé dans le 18ème. Nous étions 15 personnes à l’écouter nous parler des simili-carnés, ces produits pleins de protéines dont on ne sait pas souvent quoi faire (tofu, seitan et tempeh ). Puis nous nous sommes tous lancés dans la préparation de différents plats plus délicieux les uns que les autres. Dont une blanquette de seitan à la cajou étonnante, pour ceux à qui la viande manque, la consistance est vraiment similaire et très gustative, j’ai été bluffée. Voilà ce que ça donne : (pardon pour la qualité médiocre des photos)

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J’ai vraiment apprécié ce moment chaleureux entourée de personnes intéressantes, de l’étudiante un peu timide à la cinquantenaire boute-en-train (qui osera un "Tofu, tout flamme !", je suis fan de cette femme, vraiment !) en passant par le duo mère-fille très complice, nous sommes loin du cliché du hippie en sarouel qui vous met des photos d’animaux d’élevage en train de souffrir sous les yeux. Si la majorité des participants étaient végétariens, il y en avait qui consomment de la viande et du poisson mais soucieux de leur santé et intéressés par un autre mode d’alimentation, plus écologique, plus en accord avec la nature. Une belle expérience que j’ai hâte de renouveler…dans trois semaines l’atelier du jeudi sera consacré aux desserts veggie, en bonne gourmande que je suis, je ne peux tout simplement pas rater ça, je vais enfin apprendre à faire des muffins et autres tartes sans œufs et sans beurre !

Oh, avant de finir, il n’y avait que 2 hommes sur 15 participants à l’atelier…Alors si vous êtes un homme célibataire qui vit à Paris, inscrivez-vous à l’atelier jeudi Veggie, vous risqueriez de faire de belles rencontres, et c’est quand même moins glauque que Meetic, non ?^^

Où ? Atelier Super Naturelle 34 rue Ramey 18ème (interphone : Super Naturelle puis fond de cour droite)

Combien ? 30 € quand on s’y prend 3 semaines à l’avance sinon 35 € pour un atelier qui commence à 19h30 et termine en théorie à 22h (jeudi dernier on a beaucoup parlé, ça s’est terminé un peu plus tard)

Comment ? S’inscrire sur la page de Jeudi Veggie dans la rubrique « agenda » cliquer sur le thème qui vous intéresse (légumes, céréales, desserts etc). Et voilà ! Easy.

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