Canicule, je t’enc….

Ah..la canicule, quel bonheur quand on vit en ville ! Prendre le métro et croiser des femmes habillées pour aller à la plage, crop top, jupe ras-la-touffe, claquettes pailletées aux pieds, autant de charmes visuels qui sévissent à chaque coin de station…Cuisses grasses et mollets flasques, on se croirait chez le boucher…Comme le dit mon mec « On voit ce qu’on n’aimerait pas voir ». Il n’a pas tort ! L’hiver on peut imaginer les corps, l’été ils nous sont servis sur un plateau accompagnés de leurs divines odeurs âcres (perso, j’utilise à nouveau un anti-transpirant parce que les auréoles quand j’en vois sur les autres ça me donne envie de vomir).

C’est l’été, tout le monde il est content, les vacances approchent, d’ici là faisons comme si nous étions sur la Côte d’Azur, enfilons nos micro-shorts, la deuxième fesse pleine de gras ressort comme un boudin disgracieux, mettons en valeur nos poitrines inexistantes grâce au push-up qui ne fait pas si illusion, montrons nos doigts de pied colorés parce que « le vernis, c’est top, tu vois ». Cet étalage de gros pieds plein de cors, ces pieds qui suent et qui, on le devine, puent, je ne peux plus souffrir leur vue ! Ces tongs de ville (rien que le nom…) qui montrent des pieds plus dégueulasses les uns que les autres, vraiment, c’est au-dessus de mes forces. Tu te souviens, Pauline, quand tu m’avais dit « J’adore mes pieds ! », je les avais regardé et j’avais hurlé « Mais non ils sont moches tes pieds Pauline, des pieds, c’est moche, très moche ! ». Je crois que je t’avais un peu vexée…

Je le répéterai jusqu’à ma mort : arrêtez de croire que vos pieds sont jolis, c’est dans votre tête, des pieds c’est affreux (mais si vous aimez vos pieds continuez donc mais cachez-les quand je suis là, je vous en conjure).

J’aurais tout de même appris quelque chose grâce cette satanée canicule : on peut aussi suer des sourcils ! Sensation plutôt très désagréable. J’aimerais tout raser à la Marilyn Manson. A propos de Marilyn Manson, j’ai eu une révélation : la chanteuse de Texas, Sharleen Spiteri, lui ressemble.

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Et les hommes en short, est-ce-qu’on peut en parler ? J’ai vu une seule fois un homme en short à qui ça allait très bien, je l’ai même trouvé sexy. Mais c’est arrivé une seule fois (ok l’homme en question avait de belles jambes, ce qui est rare chez un homme, vous noterez). Il est vrai qu’à Paris, les touristes pullulent et c’est souvent eux qui en portent, des shorts. Mais tout de même, ça fait mal aux yeux:/ Un bel homme ne porte pas de short, je suis désolée, si on me demande ce que j’en pense (et même si on ne me demande rien, obviously) voilà ma réponse.

Je me pose une question : comment font certaines femmes pour porter des jeans sous 40 degrés ? Sont-elles complexées à ce point ? Avec ma jupe-qui-m’arrive-au-genou je crève de chaud…

Bref, c’est quand la fin de la canicule ? Si ça continue comme ça je mets mon chapeau de paille et une nuisette en coton Petit Bateau pour aller au travail…Et la clim dans le métro parisien c’est pour quand exactement ? On se croirait dans un pays du tiers-monde sans déconner. Un petit effort, Madame Hidalgo ! (même si vous ne le prenez pas, vous, le métro).

Boulevard des Capucines

En ce moment je triche. Je sors du travail très tôt, je me prends pour l’employée de mairie que je ne suis pas. Me voilà dehors, le nez au vent, il n’est même pas dix-sept heures. Il fait beau, le soleil brille, je fais un tour aux Tuileries pour regarder les touristes s’extasier sur Paris, la ville de l’amour, les enfants mangent des glaces trop grosses pour eux, les beautiful people déambulent tels des mannequins dans les allées à l’ombre, les jupes sont courtes, les lunettes oversize ; à commencer par les miennes qui me bouffent la moitié du visage, pratique pour se cacher du soleil, l’été est bel et bien là et il ne va pas nous laisser tranquille, j’ai déjà bronzé bien malgré moi…

Je traverse la place du Marché Saint-Honoré, toujours aussi étonnée qu’il y ait des H.L.M. à cet endroit si prestigieux, en plein premier arrondissement, entre l’Opéra et le Louvre, à quelques mètres à peine de la célèbre place Vendôme. Je passe devant le Nomad’s ce bar à tapas qui fait des cocktails délicieux, seul spot de la place où les serveuses sont souriantes et aimables et ne se prennent pas pour des mannequins. Si j’en avais les moyens c’est ici que je vivrais, ni plus ni moins. A 12 000 € le mètre carré, disons que c’est du domaine de l’impossible, à moins d’un miracle ?

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J’arrive rue Gomboust pour le petit plaisir de la journée. J’entre chez Hugo & Victor, bien décidée à m’offrir une tablette de chocolat Aveline, du chocolat à 71% au cœur praliné, il me sera difficile de ne pas tout manger sur le trajet retour. Je déteste ces gens qui mangent dans la rue, c’est un tel manque de savoir-vivre, j’entends encore ma mère me dire « Tu ne peux pas attendre qu’on soit arrivées à la maison ? ». Non, quand il s’agit de chocolat j’ai un comportement hyperphagique, j’engloutis tout parce que c’est addictif, je ne peux pas faire autrement, je n’ai plus aucune éducation (et je ne partage évidemment pas !). Si j’étais un chat, je ronronnerais en dégustant ma tablette de chocolat et je lècherais le papier en plastique pendant des heures.

Puis j’arrive boulevard des Capucines et je la vois. Assise par terre, elle a peut-être 17 ou 18 ans, des vêtements sales, une pancarte qui explique qu’elle demande de l’aide, quelques centimes sur un chiffon devant elle. J’ai le temps de voir sa détresse qui ne me semble pas feinte, elle est réelle et je me la prends dans la gueule, le coin des lèvres encore plein de chocolat de luxe. Je cherche des pièces au fond de mon sac et je parviens à en trouver une de deux euros. J’aimerais donner plus, deux euros, ce n’est rien quand on est à la rue. Une goutte d’eau. Je m’approche d’elle et je lui donne en lui souriant. Je ne souris jamais quand je marche dans la rue, après tout je suis parisienne, pourquoi je sourirais ? Mais je lui fais mon plus grand sourire et elle m’en renvoie un timide accompagné d’un « merci ». Elle a de très grands yeux verts très tristes, les yeux verts me fascinent depuis toujours, les siens sont sublimes. Un vert foncé et de longs cils qui semblent les caresser. Je continue mon chemin, je me demande pourquoi une fille si jeune est à la rue, j’ai envie de lui payer un verre, de lui parler, je songe à sortir vingt euros au D.A.B. pour les lui donner. Vingt euros ce n’est presque rien pour moi mais ça peut lui permettre de ne pas dormir dehors ce soir, qui sait ?

Je rentre chez moi et je continue à y penser, à cette fille aux grands yeux verts qui je l’espère sortira de là. Quant à moi je ne peux pas continuer à vouloir aider tous les inconnus à la dérive que je rencontre. Quand je la croiserai à nouveau je lui donnerai un billet et un morceau de ma tablette au chocolat. Une goutte d’eau. Mais on ne peut pas sauver le monde…

C’est une belle journée

goodday

Ce n’est plus un secret pour personne, je n’aime pas du tout l’été. Pourtant, cette année je sens que ça risque de changer. Depuis hier, nous avons officiellement changé de saison mais je peux encore porter mon trench noir sans crever de chaud ! Toute la semaine il va faire un temps parisien c’est-à-dire ciel blanc, un peu de pluie, du vent et de temps en temps un rayon de soleil. Mon temps préféré. Si j’aimais la chaleur et le soleil qui tape très fort, je ne vivrais pas ici. C’est pourquoi je n’écoute plus les parisiens se plaindre du temps qu’il fait : aller vivre ailleurs, bon sang ! (je réhabilite l’expression « bon sang » sans aucune honte).

Ce matin j’avais un message vocal d’une amie qui est partie vivre en Australie, je l’ai écouté et j’ai eu les larmes aux yeux. Larmes de joie je précise. C’est si bon d’entendre la voix de quelqu’un qu’on aime depuis tant d’années, son petit accent de Rodez m’a fait sourire, pourtant je déteste l’accent du Sud, ça aussi ce n’est un secret pour personne. Je vous dis : les temps changent ! Je n’ai peut-être pas beaucoup d’amis à Paris mais ceux qui ont choisi de vivre à l’étranger valent tout l’or du monde. A propos d’amitié, je ne pensais pas possible de rencontrer une nouvelle amie, pourtant c’est exactement ce qui est en train de se passer. Je pars en vacances cet été avec quelqu’un que je connais depuis moins de trois mois. Ce qui est troublant c’est que cette relation est saine et bienveillante, sans jalousie (si rare entre femmes), chacune apporte à l’autre (ça ne va pas que dans un sens, très rare aussi, surtout que j’ai une légère tendance à faire ma mère teresa…). Cette amitié c’est exactement ce dont j’avais besoin sans le savoir. Je me sens aidée alors même que je n’ai pas demandé d’aide. J’avais oublié à quel point les débuts d’une relation (quelle qu’elle soit) étaient beaux !

Depuis que j’ai réservé toutes les vacances, je suis un peu comme une petite fille qui attend Noël au mois de novembre : survoltée. Je souris comme une idiote toutes les cinq minutes, je parle aux chats qui miaulent d’incompréhension, j’ai même acheté un chapeau de paille pour ne pas attraper de coup de soleil sur le nez, moi qui déteste les chapeaux, c’est un comble ! Et je suis à deux doigts de mettre ce maillot de bain acheté il y a deux ans dans ma valise, c’est dire !

 

trikini de pouffe

Non pas celui-ci je déconne (qui porte ça à part une actrice porno dans un film de boules, seriously ?) (ah et au Cap d’Agde aussi, j’allais oublier).

En fait c’est celui-ci, ça fait un peu cagole mais moins actrice porno. Une cagole sommeille en chaque femme (pas une actrice porno)(quoique)

trikininoir

 

Cet été je vais notamment en Espagne. C’est peut-être un secret, je ne crois pas avoir déjà évoqué ici mon aversion pour ce pays, cette langue, ces traditions culinaires (et la corrida, on n’en parle même pas sinon je vais m’énerver). Tout le monde adoooore Barcelone, moi pas. Je vais en Espagne, au retour je fais une escale à Barcelone justement, et méga surprise, je m’en réjouis ! (j’aime bien « méga surprise », ça me fait toujours penser à la lettre de Xavier Dupont de Ligonnès qui est la lettre la plus surréaliste au monde).

Cet été sera mon été ! J’ai déjà commandé le fraisier pour mon anniversaire (parce qu’il y a des choses importantes dans la vie et un anniversaire sans fraisier n’est qu’un ersatz d’anniversaire). Et ça aussi c’est nouveau : je suis contente de fêter mon anniversaire en famille alors qu’habituellement je m’en fiche éperdument.

ATTENTION CE QUI SUIT N’A ABSOLUMENT AUCUN RAPPORT AVEC LE RESTE :

Je suis sûre que Benjamin Biolay est un super coup. J’aimerais bien rencontrer quelqu’un qui a couché avec lui mais je me demande…lui est-il arrivé récemment de coucher avec autre chose que des actrices-chanteuses ? Si tu as couché avec BB n’hésite pas à laisser un commentaire, ça m’intéresse (je suis sûre que j’ai raison, j’ai un radar pour les bons coups ^^).

benjaminbiolay

P.S : J’ai lu Catharsis de Luz et c’est vraiment très très bien. Quelqu’un l’a lu ? (sait-on jamais)

Anonymat mon amour

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Quand on commence un blog se pose toujours la question de l’anonymat. Mettre une photo de soi, donner son prénom, parler de son métier, de sa vie intime, sexuelle ?, il faut choisir. Je dois dire que ce qui m’importe avant tout, c’est écrire. Je donne deux ou trois infos sur ma « vraie vie » au travers de mes écrits mais si peu. Le strict minimum. Mon blog n’est pas mon journal intime et s’il l’était je me cacherais encore plus ! (peut-on se cacher plus que je ne le fais ? Non). Je n’aimerais que très moyennement que mon boss apprenne que j’ai un blog où je m’autoproclame « connasse ». Il doit penser que je suis professionnelle et discrète, pas que je suis révoltée un jour sur deux, que j’ai envie de quitter sa boîte pour aller vivre à la campagne et que j’ai envie de buter tout le monde dans le métro (et pas que). Me cacher me permet de dire absolument tout ce que je veux. Je pense notamment à mon acolyte A. qui était sur Twitter et qui se faisait arrêter dans la rue à Toulouse par des inconnus qui lisait ses excellents tweets. Sensation de malaise (d’autant que sur Twitter on se lâche encore plus que sur un blog).

Parfois j’ai envie de montrer ma tête (surtout quand la photo est réussie), ou la nouvelle tenue que j’ai achetée et qui me va super bien (tant qu’à faire…). Il m’arrive d’avoir envie de montrer où je vis, d’inonder le blog de photos de mes adorables chats. Ou mes chaussures. Et mes sacs. Et tous mes livres. Qu’est-ce-que ça apporterait à ce que j’écris ? Rien. Alors je ne le fais pas. Je le ferais si j’avais besoin/envie de me montrer, besoin/envie de me rassurer, besoin/envie d’aller au-delà du format du blog. Lorsque j’étais sur Twitter j’ai rencontré énormément (trop) de monde. Bilan : des emmerdes et 4 ou 5 personnes qui restent dans ma vie (il y aura aussi eu du bon). Se rencontrer d’abord virtuellement donne le sentiment qu’on se connaît et qu’on va être amis pour la vie. C’est fallacieux. J’en ai déjà fait l’expérience, ça ne m’intéresse plus aujourd’hui.

Autant j’aime bien qu’un blogueur mette une photo de lui dans son texte de présentation (curiosité oblige), autant je ne pense pas que je mettrais de photo de moi. Ou alors de dos, au loin, parmi une foule  et le lecteur pourrait jouer à « Où est la connasse parisienne ? ». Je pourrais montrer un bout de ma jambe, mon dos, mon décolleté en noir et blanc avec comme par hasard un pendentif au creux de mes seins ou je ne sais quoi d’autre, ça se fait beaucoup sur WordPress, mais je suis plutôt du genre tout ou rien. Ce sera donc rien :)

C’est pareil pour les blogs que je lis. Je choisis de les lire pour la qualité de leurs écrits comme seul critère (et cela reste subjectif).  Souvent je lis sans même savoir quel est le sexe du blogueur, on ne peut pas toujours le savoir. Et parfois je me trompe ! J’aime imaginer à quoi vous ressemblez, tous, derrière vos écrans. J’aime l’idée de mystère, j’aime imaginer vos vies, celles dont vous ne parlez pas, celles que vous avez lorsque vous arrêtez d’écrire, si ça se trouve certains d’entre vous sont des serial killers, des éjaculateurs précoces ou des gros mythomanes mais…je ne le saurai jamais. Je ne saurai que ce que vous voudrez bien écrire sur votre blog. Si ça se trouve, je n’existe pas ! Bon, d’accord, j’existe mais virtuellement. L’autre soir je suis tombée sur la web-série The Guild qui raconte les histoires de joueurs en ligne compulsifs qui sont amenés à se rencontrer IRL. Habitués à jouer ensemble, lorsqu’ils se voient ils n’ont rien à se dire. Comme on peut s’en douter, ils finissent par avoir des choses à se dire sinon la web série n’existerait pas mais je trouve que le parallèle est intéressant. La plupart des blogs que je lis ressemblent à des journaux intimes. J’imagine que cela peut être gênant de rencontrer un inconnu qui connaît des détails de votre vie que même vos propres amis ne connaissent pas. Ou peut-être que c’est moi qui serais gênée.

Depuis quatre ans maintenant je corresponds avec une personne de sexe masculin dont je ne connais pas le prénom ni l’âge exact, je ne sais pas dans quelle ville il vit ni à quoi il ressemble.  Je ne cherche pas à le savoir. Lui non plus ne sait pas qui je suis, il sait que je vis à Paris mais c’est à peu près tout. Pourtant nous échangeons sur des thèmes divers et variés (la société, l’amour, les loisirs, le travail etc) et parfois intimes. Il n’y a jamais eu une quelconque forme de drague entre nous.  Nous n’avons jamais évoqué l’idée de se rencontrer et nous ne le ferons jamais je crois. Il ne lit pas ce blog, du moins je ne le crois pas. Il est peu commun, en terme de personnalité. A la fois candide, profondément geek et hyperactif,  il me pose des questions que je trouve toujours intelligentes et nos échanges me font souvent réfléchir. Il ne me juge pas. Je ne le juge pas non plus. On essaie de partager ce qu’on comprend de la vie, ce qu’on apprend. J’ai le sentiment qu’on pourrait s’écrire toute notre vie. La force de l’anonymat, sans doute.

Journal d’une fumeuse abstinente : 3 mois !

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Autant rompre le suspens tout de suite, oui, il m’est arrivé de refumer à plusieurs reprises. Techniquement, cela ne fait donc pas trois mois pleins que j’ai arrêté de fumer. Mais entre une dizaine de clopes en trois mois et les quinze à vingt que je m’enfilais tous les jours, j’estime que c’est tout de même un succès. D’autant que je sais que je ne veux pas refumer (oui je sais j’ai refumé mais je ne veux pas et c’est le plus important). J’ai acheté un paquet de Camel et par chance après la moitié d’une cigarette, dégoûtée, j’ai donné mon paquet à un inconnu (ravi, l’inconnu !). Il faut juste que je ne prenne pas l’apéro ou que je me mette au Champomy, à méditer. Parce que pour le moment l’association alcool-cigarette reste le plaisir auquel j’ai beaucoup de difficultés à renoncer.  La cigarette d’après le repas je m’en passe aisément mais boire un porn star sans cigarette, vraiment, c’est compliqué. Si vous ne connaissez pas le divin porn star c’est une base de vodka infusée à la vanille, purée de fruits de la passion, sirop de sucre vanillé et bitter vanille, servi avec un shot de Champagne, un vrai cocktail de fille !

Je dois dire que jamais je n’ai été aussi déprimée et négative que depuis que je ne fume plus quotidiennement. Je ne pensais pas être dans cet état-là. Je vois tout en noir et forcément il ne m’arrive rien de bien non plus. Tout traîne, tout est lent, c’est insupportable et ma frustration est à son comble. On dirait que la vie fait exprès de me faire croire que tout va avantageusement s’arranger et paf ! Finalement non. J’ai envie de dormir telle une princesse jusqu’à ce que tout s’arrange. Je suis fatiguée de bouger dans tous les sens pour rien. Je me suis plainte à ma mère qui m’a pulvérisée. En effet, ma mère est bénévole au Secours Catholique, elle aide les personnes en difficulté à créer un dossier pour une aide alimentaire et/ou financière. Je me suis sentie conne après avoir entendu les histoires de ces gens qui en France ne peuvent même pas se nourrir. Bon après je me demande pourquoi on fait 4 enfants quand on est au RSA (ou pourquoi on décide de faire 4 enfants tout court, en fait), certains la cherchent, la merde. Insultez-moi si cela vous amuse, il n’empêche qu’on est en droit de se poser la question !

Pour essayer de calmer mes envies de cigarettes je me suis inscrite au sport, j’y suis allée tous les jours pendant 3 semaines et depuis j’ai déserté. Résultat en courant dans les couloirs du métro (chose qui ne m’arrive jamais, comme quoi j’aurais mieux fait de m’en tenir à mes habitudes…), j’ai réussi à me bloquer le dos comme une grand-mère de 85 ans. J’écris donc avec une bouillotte dans le dos après avoir ingéré un myorelaxant qui ne fait pas grand effet. Je pourrais continuer de me plaindre des températures élevées prévues en fin de semaine, de l’entretien annuel auquel je n’ai pas envie d’assister etc etc mais je vais plutôt contempler mes magnifiques chatons que j’aime d’amour, chatons adoptés il y a deux semaines (n’achetez pas vos animaux domestiques, il y en a plein les refuges qui vous attendent !). Le mâle s’appelle Max et la femelle Charlie. Ils sont frère et sœur et si à la base nous devions juste être une famille d’accueil, aujourd’hui il est clair que nous les gardons <3

La vie est belle !

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Chère Betty…

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Chère Betty,

Je n’ai pas pensé à toi pendant des années. On ne peut pas dire que nous fûmes les meilleures amies, loin de là. Pourtant le premier jour de classe, alors que je débarquais d’un autre arrondissement, c’est toi qui m’as sourie, avec tes cheveux gaufrés comme c’était, parait-il, à la mode à l’époque. Il ne restait plus qu’une place au premier rang, j’étais arrivée en retard, et je me retrouvais à côté de cette fille au physique ingrat qui me souriait de ses dents de lapin.

J’ai repensé à toi il y a quelques semaines parce qu’une citation de la belle Sophia Loren court sur les réseaux sociaux, en substance elle dit « Rien ne rend une femme plus belle que lorsqu’elle se croit belle ». A chaque fois que je vois cette citation, je m’interroge. Ne serait-ce pas un peu trop facile de se croire belle pour le devenir ? Qu’est-ce-que la beauté ? Tu te croyais belle, Betty. Peut-être que le fait d’avoir les mêmes initiales que Brigitte Bardot te rendait sûre de toi ? Lorsque je te regardais, j’avais de la peine pour toi, pauvre petite fille dont la mère était sous cachets, mère dont le suicide était attendu, petite fille triste mais obstinée, ambitieuse, déterminée à « réussir ». Malgré les cheveux blond filasse déjà décolorés au « blond vacances », les yeux globuleux, yeux clairs sans aucune lumière, des yeux de bovin à la Loana avant l’heure, et ces cils tout droits sans aucune courbe, je n’avais jamais vu ça avant toi. Ce gros nez comme une patate posée au milieu du visage, les grosses narines toutes rondes, cette peau déjà couperosée qui ruisselait de sueur au premier rayon de soleil, cette toute petite bouche longue dont la lèvre inférieure était plus épaisse, les joues inexistantes, un visage ovale sans charme. Et un corps qui ne serait jamais jeune et tonique, déjà à 14 ans tu n’étais plus fraîche, tu ne le serais jamais. J’aurais préféré mourir que de te ressembler.

Pourtant c’est toi qui es sortie avec celui que je convoitais. Parce que tu croyais en toi encore plus qu’en ta beauté. Parce que toi tu n’étais pas timide. Parce que toi quand tu voulais quelque chose, tu l’obtenais. Comme si c’était une question de vie ou de mort, comme si tu n’avais pas le choix et peu importe les quolibets, les affronts, les moqueries des camarades de classe. Tu as obtenu absolument tout ce que tu voulais : un beau mariage avec un beau mari, des enfants réussis, une carrière de magistrate brillante où tu peux enfin exercer ton autorité, te venger de ceux qui ne voyaient rien d’autre en toi que cette laideur.

Aujourd’hui quand je lis la citation de Sophia Loren, je me dis que c’est peut-être vrai, il faut se croire belle pour être belle, parce que personne ne t’a jamais dit que tu étais belle, au contraire, tout le monde te disait que tu étais moche, et tu continuais à te foutre royalement de ce que tu entendais et tu poursuivais ton chemin comme une locomotive à grande vitesse. J’étais fascinée par ton attitude. Et je peux te le confesser maintenant : tu avais raison, j’étais jalouse de toi. Je n’aurais jamais le quart de l’assurance que tu avais, même des années après, même en étant une adulte. Je ne me trouverais sans doute jamais assez belle, quand bien même une armée me prouverait le contraire. Je serais toujours intraitable avec moi-même encore plus qu’avec autrui. Toi, tu avais compris que lorsqu’on se trouve belle, on n’a plus besoin des autres, la confiance en soi que cela apporte permet d’avancer comme tu l’as fait, sans regarder derrière, en faisant tabula rasa du passé. Et pour cela, chère Betty, sache que je t’admire.

 

[Ce billet est le troisième que je rédige dans le cadre de L’Atelier des Jolies plumes, un atelier d’écriture entre blogueurs et blogueuses amoureux des mots. Le thème change chaque mois, pour le mois de juin il fallait écrire une lettre.

Intéressés ? Envoyez un petit mot à latelierdesjoliesplumes@gmail.com ou @lesjoliesplumes sur Twitter]

Le connard sonne toujours deux fois (au minimum)

Appelons-le X. Je serais ennuyée de révéler son vrai prénom parce que c’est un prénom que j’aime énormément, un vrai prénom de connard. X. et moi nous sommes rencontrés il y a presque dix ans, il était plus jeune que moi (huit ans de moins) et pour me faire tomber il a utilisé une technique imparable : il a fait semblant d’être mon meilleur pote. Il est vrai que nous nous entendions très bien, je le trouvais intelligent, audacieux et drôle, il avait mille idées en tête, était curieux et en plus il avait des fossettes comme Eddie Cibrian, sans doute trop pour mon petit cœur. Les fossettes, c’est LE truc qui peut me faire tomber rapidement. Mon talon d’Achille. Je n’avais jamais pensé à coucher avec X., pourtant il me plaisait mais…j’avais déjà couché avec deux de ses potes. Il était convoité, je l’étais aussi, nous pouvions, pensais-je naïvement, rester potes.

Eddie et ses légendaires fossettes

Eddie et ses légendaires fossettes

Je ne sais plus comment il a déclaré sa flamme mais je me souviens des premiers temps ensemble, on devait se cacher parce qu’il n’avait pas encore rompu avec une fille insipide avec laquelle il restait parce qu’il adorait son chien (ça ne s’invente pas). C’était un connard, j’étais une connasse, nous étions faits l’un pour l’autre. Tout était absolument parfait et j’étais déjà follement amoureuse quand il a disparu du jour au lendemain. Je pensais qu’il lui était arrivé quelque chose mais non non il était bien quelque part dans la ville loin de mon quartier de peur de me croiser.

C’est à lui que j’ai envoyé les sms les plus pathétiques de mon existence « Je t’aime. Je te hais » à 4h du mat’ une bouteille (vide) de vodka à la main. Je me la jouais grande tragédienne, je laissais aussi des messages à n’en plus finir, moins il répondait plus je m’accrochais, ce petit enfoiré avait réussi à venger tous ceux que j’avais laissés dans le même état. Je me suis vengée mais je ne vais pas rentrer dans les détails, disons qu’il a perdu tous ses accès emails et que sur facebook il est devenu gay aimant les mecs TTBM. Sa famille a dû apprécier. C’est un an plus tard, juste après avoir fait l’amour, que je lui ai révélé que le hacking c’était moi. En bon connard il a applaudi, c’est vrai que je n’étais pas peu fière !

La dernière fois qu’on s’est vus j’allais déménager, dans mon appart il ne restait qu’un lit, il n’y avait même plus de chauffage, on s’éclairait à la bougie. En montant les quatre étages il a dit « Je rêve de monter ces quatre étages depuis des mois ». Il ne m’avait évidemment pas dit qu’il voulait me revoir tous ces mois, ce soir-là il m’a contacté parce qu’il était un peu ivre et qu’il avait appris que je quittais définitivement la ville. Il s’est excusé de son comportement de connard, je l’ai insulté gentiment et la nuit fut magique (phrase sponsorisée par Catherine Lara herself).

Il y a quatre ans il m’avait contacté, on avait évoqué le bon vieux temps, il s’était encore excusé d’avoir été un connard, avait fait des compliments sur mes prouesses sexuelles, m’avait demandé s’il pouvait venir squatter chez moi l’été et…j’avais dit « oui ». Parce que c’est le seul moyen de s’en débarrasser, je le sais par expérience. Dès que j’ai dit « oui », je n’ai plus entendu parler de lui, il devait me rappeler pour les modalités, j’attends encore. Il avait eu ce qu’il voulait, il n’y avait plus aucune lutte, c’était trop facile, il pouvait se diriger vers un autre objectif.

La semaine dernière il me contacte. Je suis toujours heureuse d’entendre sa voix parce qu’il représente une partie de ma vie où je faisais vraiment n’importe quoi mais malgré tout j’en garde d’excellents souvenirs. Rapidement il s’excuse à nouveau d’avoir été un connard avec moi (encore !), il me raconte des détails de notre « relation » que moi-même j’avais oublié, c’est impressionnant tout ce dont il se souvient. Comme d’habitude, il me demande si j’ai envie de le voir et comme d’habitude je réponds « Bien sûr ! ». Et pouf ! Disparition ! Si j’avais dit « Je ne sais pas trop, tu comprends je suis en couple etc » il m’aurait appelé trois fois par jour. Il est comme ça.

Le connard est un être extrêmement prévisible et n’a aucune forme de dignité, je sais qu’il me recontactera peut-être dans deux ou trois ans. En fait c’est simple, à chaque fois qu’il termine une relation, il me recontacte, là par exemple, il devait s’installer avec une fille et l’a quittée du jour au lendemain sans explication. Si le lecteur sait compter, il notera que cette relation aura durée quatre ans. Le connard est un nuisible coriace, rien ne peut l’empêcher de frapper encore et encore. Le seul et unique moyen de défense est de lui dire « oui », ainsi il nuit moins et on gagne tous du temps. Parole de connasse !