Le sandwich au poulet (paix à son âme)

Je sortais du bureau pour prendre ma pause déjeuner quand soudain une femme qui semblait sortir de nulle part m’implora de lui donner de quoi s’acheter « une demi-baguette ». Je n’ai jamais de monnaie, c’est un fait, mais elle me lança « Il y a un distributeur de billets, là » en dirigeant son doigt vers l’autre côté de la rue. J’ai pensé immédiatement « Non mais quel culot, elle croit quoi ? Que je vais sortir 20 € et les lui filer ? ». Elle a du sentir que je n’étais pas convaincue et ajouta « J’ai si honte mais j’ai faim » , ses yeux globuleux rivés vers le sol. J’ai dit que j’étais désolée et passais mon chemin….Puis un éclair de conscience me rattrapa « Merde, cette femme a faim et je vais sincèrement lui tourner le dos en allant au resto ? Je ne peux pas faire ça, c’est inhumain ! ». Je suis retournée sur mes pas et lui ai dit « Si vous avez faim, je peux vous acheter de quoi manger » mais elle ne semblait pas m’écouter. Elle dit, sans me regarder dans les yeux « Je vais aller à Barbès, là-bas c’est moins cher parce qu’il faut que je fasse des courses pour les enfants, il ne me reste que 5 €, mon mari m’a quittée pour une jeune femme, je n’ai que 5 € ». Je ne savais pas du tout où se situait la vérité,  j’ai à nouveau proposé de lui acheter de quoi se nourrir parce qu’elle n’avait pas l’air dans son état normal, elle semblait au fond du gouffre. J’ai répété « Si vous avez faim, je vais vous acheter de quoi manger et je reviens, d’accord ? ». Elle fit « oui » de la tête.

Pauvre gosse...

Pauvre gosse…

Dans les allées du supermarché, j’étais en pleine réflexion « Il faut que j’achète des biscuits ou des bonbons pour ses enfants, ça pourrait leur faire plaisir » puis  « Ça se trouve elle ne sera plus là à mon retour, autant acheter des choses que moi je mangerais si ça devait me rester sur les bras ? » (J’ai conscience du caractère abjectement égoïste de cette réflexion). Au rayon sandwich, j’étais à la fois dégoûtée (il n’y a rien de pire qu’un sandwich industriel) et perdue devant l’offre. Jambon-emmental ? Et si elle était musulmane ? Crevettes-mayonnaise ? Impossible si elle est juive. Un wrap légumes-chèvre ? Et si elle n’aimait pas le chèvre ? C’est fort en goût le chèvre, tout le monde n’aime pas. Et si elle était végétalienne ? Non, non, poulet, c’est bien, tout le monde aime le poulet. J’étais à la caisse, me sentant un peu coupable d’acheter un sandwich au poulet alors que c’est contre mes convictions. J’envisageai sérieusement de retirer 20 € et de lui en donner 10 à mon retour. Avec ses désormais 15 € elle pourrait faire de bonnes courses à Barbès pour ses enfants, pensais-je naïvement.

Lorsque je suis arrivée devant l’immeuble, la femme n’était plus là comme je le craignais. Je regardai alentour : personne. Je contournais la rue et me dirigeai vers le SDF du coin ; je le vois tous les jours, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, il est là, fidèle au poste avec sa barbe de mille jours et ses yeux menthe-à-l’ eau. Il me lança fièrement « Elle voulait du cash ! », sourire narquois à l’appui. Je lui offris le sandwich qu’il accepta avec un haussement d’épaule qui voulait bien dire que lui aussi il s’en foutait pas mal de mon "sandwich au poulet" bourré aux antibiotiques composé quasi exclusivement de graisse. La femme était probablement une droguée, à en juger par son regard que j’ai cru désespéré alors que c’était le regard du manque. Faire des courses à Barbès ? A part Tati et des dealers, il y a quoi à Barbès ? Peut-être avait-elle vraiment des enfants quelque part en train de crever la dalle. Peut-être n’était-elle pas patiente…Peut-être, peut-être, peut-être.

Ce que je sais, c’est qu’elle n’avait pas faim. Le cash a plus de saveur que la nourriture.

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Mots-clefs, le retour ! (Part II)

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J’ai déjà écrit un billet sur les critères de recherche, ces mots-clefs qui mènent à mon blog. Je ne peux résister à la tentation d’en écrire un autre, entre rire et consternation. C’est assez incroyable de constater que la majorité des mots-clefs concernent les actrices porno et leurs règles, et assez naïf de la part du spectateur de film de boules de penser qu’elles arrêteraient de tourner pendant ces 3 ou 4 jours. Je m’égare, voici la sélection du moment :

« Tatouage sur conace »

Je suis toujours étonnée de constater qu’il existe des gens qui ne savent pas écrire « connasse ». C’est pas compliqué, si ? Quant aux tatouages, il y aurait un long billet à écrire à ce sujet mais d’autres l’ont fait avant moi (j’aurais aimé l’écrire cet article).

« Ma collègue a des chaussures de putes »

Porter des chaussures de putes au travail est un crime (à moins d’être vraiment une pute, je veux dire, de profession). Mais toute femme se doit d’avoir au moins une paire de chaussures de pute. Pourquoi ? Pour avoir un déhanché scandaleux et se prendre pour une femme fatale.

« Elle a c règle mais on la lèche comme même »

« Comme même », ça n’existe pas, c’est interdit. On doit dire « quand même ». Pour le reste, chacun sa merde.

« Il se branle sous les aisselles de sa femme »

Incroyable mais cette pratique existe bel et bien. Il faut de tout pour faire un monde.

« Pourquoi tu es la mère teresa toi pour ne pas dire du mal des gens »

Tu t’adresses à Google, comme c’est mignon…

« Tentative de suicide aux somniferes ratee, que faire ? »

Vivre. Je sais, c’est pas toujours évident, mais si tu t’es ratée c’est peut-être pas pour rien ?

« A quelle age les stars ont eu leurs regles »

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« Salma hayek a grossi »

Ah ? En tout cas je suis prête à parier que ce n’est que jalousie pure.

« Apprendre a dire non aux petites petasses parisiennes »

Cette phrase prête à confusion. Veux-tu dire que tu aimerais être capable de dire non aux pétasses parisiennes ou voudrais-tu leur apprendre à elles à dire non ? Cela restera un mystère.

« A la soiree etudiante les filles branlent les garçons pour fabriquer le coktail »

Heu…Je dois dire que tu es plein d’imagination (soyons objectifs : tu ne peux être qu’un homme).

« Chanteuse qui ressemble à jack sparrow »

Si quelqu’un voit de qui cette personne parle, merci de mettre la réponse dans les commentaires.

« Plus tu t’en fous plus t’es heureux »

Oui, oui et encore oui. Il faut s’en foutre.

« Je suis sortie avec un parisien il est egoiste »

Je ne pense pas que seuls les Parisiens soient égoïstes, c’est pas plutôt un problème masculin ? (han la sale sexiste que je suis, bouh j’irai en Enfer).

« Johnny depp est devenu con »

Je ne sais pas s’il l’est devenu ou s’il l’a toujours été mais une chose est certaine : il est devenu moche L

« Elle ne me fait pas bander »

Eh bien quitte-la (il faut tout leur expliquer…).

« Mon chino me fait un gros cul »

Eh bien arrête de porter des chinos. De toute façon tous les pantalons font des gros culs quand on a un gros cul. Essaie le régime sinon ?

« Je fuis les pique-niques »

Je n’ai qu’une chose à dire : je t’aime.

« Ils postent n’importe quoi sur facebook »

Oui, je sais. C’est la raison pour laquelle je ne suis plus sur Facebook. Je te conseille de faire de même.

« Faire l’amour avec une eponge et un verre »

Comme alternative tu as le gant et les pâtes si tu veux. De rien.

« la pute au gros con »

Quel gros con, pour commencer ? Parce que ce n’est pas vraiment ce qui manque, sur cette planète (sur les autres non plus, on peut le parier…).

Amsterdam, encore et encore

Amsterdam est l’une des villes dont je ne me lasse pas. A chaque fois, j’ai le sentiment de la redécouvrir, je m’émerveille des devantures de maisons pleines de charme, de la douceur des canaux, de la propreté des rues, de la gentillesse des habitants. Le dernier jour je dis toujours « Je crois que j’aimerais vraiment m’installer ici ».

J’avais envie de faire découvrir Amsterdam à mon petit frère (il a 24 ans mais c’est le dernier, il sera à jamais mon « petit frère ») et il a lui aussi été envoûté par la Venise du Nord.  J’ai choisi de louer un appartement sur le canal Keizersgracht parce qu’admirer le canal au réveil, ça n’a pas de prix. Nous avons arpenté la ville dans tous les sens le sourire aux lèvres et pris des centaines de photos. Il y a les classiques : voir les prostituées en vitrine (même de jour, ça reste totalement glauque), le Museumplein et les lettres Iamsterdam, le parc Vondel, bondé en ce mois d’août ensoleillé et le marché aux fleurs sur les péniches. J’ai visité la maison d’Anne Frank et tous les musées plusieurs fois (mention spéciale au Musée Van Gogh, une vraie réussite) mais je ne connaissais pas le musée d’art moderne, le Stedelijk qui m’attirait notamment parce qu’il ressemble à une gigantesque baignoire blanche. Nous avons été déçus par le musée mais pas par le bâtiment qui est spectaculaire. Nous nous sommes un peu perdus dans le Westerpark situé dans le « far-west » amstellodamois, un espace vert démesuré où la jeunesse aime se retrouver. Il y a un théâtre, un cinéma et une scène pour les concerts, tout un tas de cafés et restaurants forts sympathiques. J’y retournerai avec plaisir.

Bien évidemment il nous fallait tester l’herbe locale. Je ne fume pas mais à chaque fois que je vais à Amsterdam je me laisse tenter. Nous nous sommes ravitaillés chez Dampkring 2 sur Haarlemmerstraat dans le quartier du Jordaan, mon quartier préféré. J’ai choisi la M4 silver light et mon frère les poétiques AK47 et G13 Amnesia (attention à ces deux dernières qui vous retournent le cerveau). Je peux vous dire qu’arpenter les rues d’Amsterdam en étant totalement high (pas stone, high) est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie. Nous avons ri comme des petits fous. A l’appart, nous sommes tombés sur une série policière québécoise qui s’appelle Fortier, j’adore les expressions québécoises, c’est imagé, il y a toujours des mots d’anglais dedans, ça me fait rire à coup sûr, encore plus sous M4…

Je voulais absolument voir le pont rouge en forme de python, le Pythonbrug qui relie les îles de Borneo et Sporenburg dans le Nord de la ville. Ce coin-là est un petit paradis sur Terre, surtout lorsqu’il fait beau (nous étions en t-shirt et il ne pleuvait pas !), les constructions sont modernes mais jamais moches (pourquoi à Paris nous n’avons pas d’aussi bons architectes ?), c’est spacieux, on voit l’horizon, il y a des chats qui se baladent partout et aucun touriste, le bonheur. Nous y sommes restés un bon moment à nous prélasser au soleil en regardant les bateaux qui passent. La ville a beaucoup plus à offrir que le Quartier Rouge.

Ce séjour fut l’occasion de faire découvrir à mon frère la cuisine vegan, lui qui y était…comment dire…peu réceptif. Il a pourtant été conquis ! Je conseille vivement le restaurant The Golden Temple qui propose une excellente cuisine vegan créative (et un cheesecake raw citron vert-avocat à se damner !). Pour une petite faim, il y a les falafels végétariens de Maoz (plusieurs enseignes dans la ville), on choisit les ingrédients à mettre dans sa pita en plus des boulettes de pois chiches, facile donc de ne pas mettre de fromage pour en faire un falafel vegan. Au hasard d’une rue j’ai eu la chance de découvrir un lieu charmant : Vegabond, à la fois épicerie et salon de thé où l’on peut déguster des salades et autres wraps goûteux ou des parts de gâteaux, des chocolats et autres energy balls (il faut vite que j’apprenne à en faire !). Je me suis offert un sac vegan pour mon anniversaire, Denise Roobol ne livre pas en France, il faut donc aller à Rotterdam ou Amsterdam (chez Cloud Nine) s’offrir l’un de ses sacs chics et minimalistes, j’ai opté pour le Classic Bag.

Encore une escapade réussie. Et un excellent moyen de passer du quality time avec mon petit frère qui est un amour. Bientôt ce sera Berlin en solo, il paraît que c’est le paradis des vegan. J’ai hâte !

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Toutes ces choses que tout le monde aime mais…moi pas

Il ne manque plus qu'une nappe moche...

Il ne manque plus qu’une nappe moche…

On me fait souvent la remarque que je n’aime rien sous prétexte que je n’ai pas les mêmes goûts que la plupart de ceux qui m’entourent. Je ne sais pas comment naissent les goûts et les couleurs mais je me sens incomprise parfois. Ce n’est pas grave du tout, j’ai l’habitude mais j’ai envie de dresser la liste de toutes ces choses que tout le monde aime mais moi pas en espérant trouver quelqu’un qui se reconnaîtra, je ne peux pas être la seule! Si ?

La plage. Je n’aime pas aller à la plage. Attention je ne nie pas la beauté d’une plage ! Certes en France à part celles de la côte Basque, l’éblouissement n’est pas au rendez-vous (les Sudistes vont encore m’adorer haha). J’ai eu la chance de voir de très belles plages mais je ne sais pas rien faire. Je m’emmerde sur la plage, je crains le soleil comme la peste, à part regarder les gens passer et critiquer intérieurement leurs maillots de bains, je ne sais pas quoi faire. Et il fait chaud, et je sue, et il y a trop de soleil alors je n’arrive pas à lire correctement. Et il y a des enfants, j’aime bien les enfants mais pas sur les plages, je suis un aimant à ballon..En revanche, j’aime bien marcher sur la plage tôt le matin (quand il n’y a pas âme qui vive) ou pour prendre un cocktail le soir en écoutant les vagues s’écraser sur le sable.

Les piques-niques. Je déteste les piques-niques. Manger sur l’herbe, vraiment je ne comprends pas l’intérêt. On ne sait pas comment s’asseoir, quand on y parvient on est évidemment mal assis, personnellement je ne porte que des jupes, je dois donc veiller à ce qu’on ne voit pas ma culotte à chaque fois que je change de position. J’ajoute qu’ il y a des tonnes d’insectes qui veulent voler le contenu de mon assiette. Or, je ne partage pas, je suis comme Joey dans Friends, on ne touche pas au contenu de mon assiette, jamais, c’est une règle. Dès le moindre rayon de soleil à Paris, mes amis (Fred, je parle de toi) adoooorent faire des piques-niques. A chaque fois je dis que je viendrais peut-être mais je n’y vais jamais. Je suis une amie en carton. Oui, oui.

Le cinéma. Je n’aime pas aller au cinéma. Il y a trop de gens, partout. Certains ne savent vraiment pas se tenir en société, entre ceux qui répondent à leur portable, ceux qui commentent le film en parlant trop fort, ceux qui mangent pendant 1h30 des pop-corn qui font du bruit. Non merci. Je préfère regarder des films chez moi. J’ai toujours beaucoup de retard dans les sorties mais je m’en fiche pas mal. Je suis chez moi, confortablement assise dans mon canapé. Merci CanalPlay. Je n’aime pas la télé non plus, l’écran sert à jouer aux jeux vidéos:)

Mon anniversaire. Je me fous éperdument de ce jour soit disant spécial. Je n’ai jamais fait de fête pour mon anniversaire, je ne sais pas, je trouve ça carrément prétentieux de faire une fête pour sa naissance. Ce jour-là (c’est demain) je pense à ma pauvre mère qui a souffert pour m’expulser (je ne faisais que 2,8 kg, ça va). Je n’ai pas envie d’aller au restaurant, je préfère me faire livrer par alloresto. En revanche j’aime bien les cadeaux:) Et je suis plutôt pourrie gâtée à ce niveau-là hihi

Faire du shopping. J’aime faire du shopping quand je suis à l’étranger mais ici à Paris, ça ne me dit rien. Si je n’aime pas le shopping en boutique, je suis addict au shopping online : j’aime bien imaginer ce que donnera l’article sur moi, la couleur en vrai, j’aime bien attendre pour recevoir ma commande, ça fait partie des joies du shopping virtuel. Ça me fait de jolies surprises parce que quand je reçois mes colis j’oublie ce que j’avais commandé. Quand il m’arrive malgré tout d’aller dans une boutique (toujours seule ou avec un spécimen masculin, jamais une femme, elles sont trop lentes) je n’essaie jamais les vêtements, je me connais, je vois tout de suite si ça ira ou non. Et quand il m’arrive de me tromper, tant pis, je préfère le donner plutôt que de retourner l’article.

Le vin. Vivre en France et ne pas aimer le vin. Un comble. On me dit que le goût du vin vient avec l’âge. Mouais. A part le champagne (le bon), vraiment je ne peux pas. Je n’aime pas l’odeur, je n’aime pas le goût, pourtant j’en ai essayé de toutes les couleurs. L’haleine de quelqu’un qui a bu du vin me donne envie de vomir. Le pire étant l’haleine fromage de chèvre-vin. Je pourrais rompre pour si peu.

Le café. Pareil que le vin. Je ne bois jamais de café, je n’aime vraiment pas le goût, il n’y a rien à faire. Pareil pour l’haleine. Pouah.

J’ai sûrement oublié des tas de choses mais je crois qu’on tient l’essentiel. J’offre un bisou virtuel à toute personne détestant au moins 4 choses de ma liste.

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On ne me passera pas la bague au doigt

pire robe de mariée ever

Je suis invitée à un mariage en octobre prochain. Si certains se plaignent de devoir faire la tournée des mariages chaque année de juin à septembre, en ce qui me concerne, c’est bien différent, j’ai dû assister à trois mariages dans ma vie. Même pas à l’église. Il semblerait que ma famille et mes amis affectionnent le célibat ou la vie dans le pêché.

Lorsque mon ami m’a annoncé son mariage sur un ton badin, je dois dire que j’ai été surprise. Je ne ne pensais pas du tout qu’en dehors de payer moins d’impôts cette institution pourrait lui faire de l’œil. Son explication m’a faite sourire. Il est avec sa future depuis des années et il est fatigué de parler de sa « copine » quand il parle d’elle. Dans la trentaine, parler de sa « copine » peut faire sourire. Ce terme ne correspond en rien à leur relation qui est, on l’aura compris, sérieuse. Il sera heureux de parler de « sa femme », beaucoup moins de devoir porter une alliance, lui qui ne porte habituellement aucun bijou (on peut parier qu’il ne la portera pas).

Il y a quelques années, je rentrais à Paris où je vivais avec mon copain (pour le coup, le terme est approprié) après une semaine de vacances. J’avais quelque chose à lui dire, quelque chose d’important. Mais lui aussi. On se serait crus dans une sitcom américaine. Je disais « Je t’en prie, commence » et lui renchérissait « Mais non, à toi l’honneur ». Je ne sais pas ce qui lui a pris mais il m’a demandé ma main alors même que j’allais lui annoncer que je n’étais définitivement pas amoureuse et que c’était fini entre nous. Nous étions ensemble depuis quelques mois à peine, je le considérais comme un « plan cul amélioré », je n’étais pas claire avec lui mais il savait que je n’étais pas amoureuse. Il disait compter sur « le temps » pour que mes sentiments se déclarent. Et ce con a crû que c’était une bonne idée de faire un crédit pour m’acheter une bague sensationnelle place Vendôme. C’était bien mal me connaître, je ne porte pas de bijoux neufs, que de l’ancien. J’ai refusé sa demande et il a perdu 30% en retournant la bague au bijoutier.

Petite fille, je n’a jamais rêvé de marier. Pour commencer je trouve les robes de mariée ridicules, on dirait des robes de poupée, c’est bouffant, ça traîne, c’est corseté, il peut y avoir des perles et je ne sais quelles autres fioritures, moi qui aime la simplicité, ça ne me fait pas du tout rêver. J’ai l’impression que toutes les mariées du monde se prennent pour Sissi l’Impératrice le temps d’une journée, entre la robe, les coiffures, le maquillage, ça ressemble plus à une journée où on se déguise qu’autre chose. Une photo de mariage ça vieillit vite, une dizaine d’années plus tard on se rend bien compte qu’on était ridicule (et si vous n’osez pas l’avouer, vos enfants se feront une joie de vous le dire). Porter du blanc à mon âge ce serait casse-gueule pour plusieurs raisons, déjà le blanc c’est salissant et j’ai un côté Gaston Lagaffe indéniable, de plus je crois qu’on peut dire que je ne suis plus vierge depuis longtemps. Cela dit aujourd’hui même en secondes noces on se marie en blanc, ce n’est plus symbole de pureté mais une tradition qui perdure pour des raisons que je ne m’explique pas. Honnêtement, ça va à qui le blanc ?

Se marier ça veut dire renoncer à son nom de naissance ; je sais bien qu’aujourd’hui on peut garder son nom mais traditionnellement on perd son nom de jeune fille pour prendre celui de son "mari". Quelle injustice ! Je ne vois pas pourquoi je prendrai le nom de mon cher et tendre. Je ne serais pas particulièrement heureuse qu’il m’appelle sa « femme » ou son « épouse », il m’appelle par mon prénom et ça me va très bien comme ça. Avant d’être la "fille de", "femme de", je suis moi avec un prénom. [C'était le quart d'heure féministe].

Cependant je comprends très bien qu’on ne puisse pas refuser une demande en mariage… Comme le dit si bien Carrie dans Sex & the city (j’assume totalement cette référence) : « L’homme que tu aimes se met à genou [...] et t’offre une bague de fiançailles, tu dis « oui », voilà ce que tu fais ! ». J’ai déjà la bague pas-de-fiançailles mais si mon mec insistait pour qu’on se marie, ce serait juste lui et moi, aucun invité, et je serai habillée en noir dans un tailleur couture avec des talons de 12. Ou dans une belle robe rouge. Surtout pas en blanc. 

Fantasme(s) vs réalité

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[ Ce texte m’a été inspiré par le visionnage d’une comédie « Situation amoureuse : c’est compliqué » avec des acteurs remarquables et des dialogues crédibles (c’est si rare). Je  conseille le film à tous malgré ses 2,7 étoiles sur 5 sur Imdb. ]

J’étais en couple mais ça ne fonctionnait pas. A cause du sexe. Etait-il obsédé ? (j’aurais bien aimé) Passait-il son temps devant des films X ? (j’aurais préféré). Etait-il gay ? (pas celui-là, non) Suis-je frigide ? (non plus). Il n’aimait pas le sexe. Ni avec moi, ni avec quiconque avant. Je ne pensais pas que ce serait possible de tomber sur un homme qui n’aime pas le sexe. Je ne pensais pas que cela pouvait exister.

Il me plaisait furieusement. Son regard avait la tendresse d’un animal sans défense,  la couleur de ses yeux était un subtil mélange de vert et de jaune, des yeux de chat. Il était doux, juste et brillant. Et il jouait de la guitare. Hormis ce léger problème de sexualité divergente, je le trouvais parfait.

Je le sentais malheureux, quant à moi j’étais frustrée. Mais je ne voulais pas le quitter sous prétexte que nous ne faisions l’amour qu’une fois par mois en missionnaire. Certes, ces fois-là il fallait encore que je simule parce que je ne ressentais rien. Mais le quitter était injuste, pensais-je. Et on m’a appris que tout peut s’arranger en communiquant (faux dans ce cas précis).

J’avais un collègue charmant et sympathique qui n’arrêtait pas de me regarder. Je me sentais exister, enfin ! La frustration de ces mois de quasi abstinence m’avait transformée en une personne qui fantasme le matin, le midi et tout le reste de la journée jusque dans mes rêves, c’était ma seule façon d’échapper à un quotidien pesant.  J’étais flattée de plaire à ce collègue parce qu’il était convoité par toute la boîte et c’est moi qu’il voulait. Probablement parce que j’étais la seule qui ne soit pas disponible, je serais incapable de le dire.

Nous allions travailler ensemble tous les matins et tous les soirs il me ramenait chez moi, c’était un vrai gentleman. Je passais mon temps à me moquer de lui et lui de moi. Parfois sa main effleurait mon épaule et c’était le nirvana. Une fois il m’a prise par la taille pour m’embrasser sur la joue, je m’en souviens encore. Malgré le caractère non-sexuel de cette étreinte, je me suis liquéfiée dans tous les sens du terme.

Pourtant nous n’avions aucun point commun en dehors de ce travail peu passionnant. Je détestais tout ce qu’il aimait (le sport, Barcelone, les soirées en boîte, le soleil, le magret de canard). Il ne lisait jamais, même pas des bandes-dessinées, il écoutait la musique à la radio, jamais en live. Je serais bien incapable de dire de quoi nous parlions, je ne me souviens que de nos rires. De cette relation digne d’une sitcom de TF1. J’étais Hélène, il était l’un des garçons. En dehors des heures de travail, nous n’avions pas de relation. Chacun restait poliment à sa place.

Les semaines passant, il est devenu de plus en plus déterminé à m’avoir. Je ne pouvais plus ignorer ses sous-entendus. Je commençais à douter : était-il un gentleman ou un player de bas-étage ? J’en étais arrivée à un point où j’avais tellement résisté à la tentation qu’il disait être amoureux. Je ne répondais rien de peur de dire une bêtise. J’avais envie de lui, j’en étais certaine, mais amoureuse ? Je n’étais plus sûre de rien. Puis j’ai arrêté de travailler et lui aussi, quasiment au même moment. Nous voulions rester en contact mais j’ai changé de numéro de téléphone et je ne l’ai plus revu.

Deux ans plus tard je le croise par hasard dans la rue. Je le trouve toujours aussi charmant et gentleman, j’aime toujours autant sa belle voix masculine. Bonne nouvelle : nous sommes tous les deux célibataires et disponibles. Nous n’attendrons pas bien longtemps pour nous retrouver et passer enfin la nuit ensemble. Mais je le regretterais aussitôt. J’avais tellement fantasmé sur ce moment, je m’étais fait tellement de films, tous plus sensationnels les uns que les autres…J’étais déçue. Ce n’était pas magique, sa peau n’était pas douce comme dans mes rêves, ses baisers n’avaient rien de sensuel, c’était trop tard. J’avais fantasmé sur lui précisément parce qu’il était arrivé au bon moment pour me permettre de m’évader. J’aurais mieux fait d’en rester là. Parce que deux ans plus tard j’avais d’autres envies, d’autres besoins, une autre vie. Passer à l’acte a complètement gâché cette histoire. Il était devenu réel.

 

Pourquoi j’ai profondément détesté vivre dans le Sud (de la France)

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[Avant que ce billet ne déchaîne les passions (il semblerait que les Sudistes ne comprennent pas qu'on puisse ne pas aimer le Sud), je précise qu'il s'agit de mon opinion (personnelle, donc) et qu'il s'agit aussi de mon blog et que rappelons-le, j'écris ce que je veux sur MON blog. Merci de votre attention.]

La Province, les Parisiens ont beau s’en moquer, il y a toujours un moment de leur vie où ils pensent à s’y installer sous prétexte que l’air y est plus respirable et les loyers moins chers. Le Sud fait rêver parce qu’il y fait chaud toute l’année (c’est faux, soit dit en passant). Je décidais un peu hâtivement d’aller vivre à Toulouse surnommée « la ville rose » ou « to lose city » en ce qui me concerne, ville qui m’avait charmée par sa douceur de vivre, son architecture et son canal du Midi. J’y suis restée bloquée cinq ans.

Le Sud, c’est petit :

En Province…il n’y a souvent que deux ou trois endroits pour sortir et tout le monde se connaît depuis…la crèche.  Et on adooore les rumeurs et autres commérages…  J’étais locataire d’un studio et mon propriétaire (qui vivait dans l’immeuble) s’est un jour plaint du  « ballet incessant d’hommes qui viennent dans la nuit » (j’étais au chômage, je vivais donc la nuit). Dommage parce que c’était toujours le même homme, en l’occurrence un ami qui préfère les garçons. En Province, facile d’avoir une réputation, moi j’étais la connasse parisienne un peu salope. Sympa.

Dans le Sud, le chômage t’attend

Il existe peu de villes de Province où il est possible de trouver un emploi. A Toulouse, on recrute dans l’aéronautique et l’aérospatiale. Dommage pour moi. Après avoir été au chômage puis être tombée bien bas en étant au RMI (ex-RSA), j’ai accepté des postes dans la vente mais j’étais tellement mauvaise que je ne suis pas restée. J’ai donc galéré pendant cinq longues années et j’ai même accepté des sondages téléphoniques et …du téléphone rose, c’est dire à quel point j’étais désespérée !

Dans le Sud, on n’est pas fan des Parisiens

A Toulouse, l’atmosphère est festive, on vient vous parler facilement, on a des tas de connaissances, surtout quand on égrène les bars (et ils sont nombreux, c’est une ville étudiante). Mais se faire des amis…c’est tout autre chose. D’autant que, c’est bien connu, en général les Provinciaux n’aiment pas beaucoup les Parisiens qui viennent s’installer chez eux. Autant le Parisien adorera le petit accent du Sud, autant le Provincial détestera tout ce qui vient du « Nord » (ça m’a toujours fait rire parce que pour moi le Nord c’est Roubaix, pas Paris mais passons…). J’ai gardé une amie Toulousaine, une seule. J’étais pourtant sociable à l’époque…

Dans le Sud, l’alcool sera ton BFF (Best Friend Forever)

Je n’ai jamais autant bu l’apéro qu’à Toulouse. Ce qu’il y a de magique avec les Toulousains c’est qu’ils prennent l’apéro tout le temps, du lundi au dimanche, peu importe si on bosse le lendemain. Je pense qu’ils doivent avoir des foies extraordinaires ou qu’ils sont des mutants, tout simplement. Si la première année j’ai souffert des lendemains de cuite, j’ai ensuite été capable de suivre le rythme. Jusqu’à ce que je me rende compte que je buvais beaucoup trop et qu’il fallait songer à arrêter. Sauf que personne ne comprend quand tu dis que tu ne bois pas ce soir. Ne pas boire est synonyme de folie. Déjà que tu n’es pas super bien entourée et que tu t’ennuies, tu prends le parti de continuer à picoler, pour oublier.

Dans le Sud, on s’ennuie

Je n’ai pas le permis de conduire. Chose inconcevable en Province ! Or, en Province, sans permis, tu es mort. Impossible d’aller « à l’océan » (haha) ou de visiter la région (c’est une très belle région).Tu es condamnée à te déplacer en métro qui, soit dit en passant, ressemble à un métro pour Playmobil® à Toulouse. Culturellement, disons que c’est assez pauvre, il y a des galeries mais beaucoup proposent des œuvres…discutables, quant aux musées, à part celui des Abattoirs qui est une vraie réussite, il n’y a pas grand-chose à voir. Alors on s’ennuie (et on reprend une rasade de Tariquet).

Conclusion : peut-être que pour apprécier le Sud, il faut y être né ? En tout cas, quand on me dit « Je ne pourrais pas vivre à Paris », c’est ce que je réponds « Je crois qu’il faut y être né ». Une chose est certaine : on apprend toujours à vivre ailleurs !

 

 
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