Bonjour, c’est moi, je refume

Je n’ai pas refumé de cigarettes blondes tout de suite, l’opération a pris du temps. Au début je fumais une cigarette roulée avec un verre d’alcool de manière sporadique. Aucun rituel, juste du plaisir volé à mon abstinence. Ensuite j’ai fumé uniquement le week-end. Puis j’ai décidé de racheter des cigarettes industrielles parce que vraiment je ne sais pas rouler les cigarettes, enfin disons que je pourrais le faire mais j’aime quand ça va vite, je n’ai pas la patience requise pour faire une belle cigarette fumable. Quand mon mec est parti en vacances, je me suis retrouvée avec quatre chats à la maison, une non-envie furieuse d’aller bosser (qui s’est fait griller à travailler de la maison ? oups) et j’ai refumé de plus belle en buvant de la bière tous les soirs au lieu de dîner (on a la classe ou on ne l’a pas).

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J’ai testé plusieurs marques de cigarettes (on s’amuse comme on peut), le but fut de ne surtout pas racheter des Camel parce que je suis complètement accro à cette marque, je ne sais pas exactement ce qu’ils foutent dedans, avant il y avait écrit « tabac turc et américain » sur les paquets, mes poumons en redemandent ! Telle une ado, j’ai donc fumé des cigarettes au menthol (wink wink) puis je me suis dit « Et si je fumais des cigarettes longues ? C’est si chic ». J’ai tenu assez longtemps à ne fumer qu’en sortant du travail puis un jour j’ai craqué, j’ai pris mon paquet de Chesterfield Red et je l’ai mis dans mon sac à main. J’ai refumé au bureau le midi, puis une cigarette détente l’après-midi aussi. Maintenant je refume le matin à jeun. Tout ce que je voulais éviter.

 
Aujourd’hui je n’ai pas envie de bosser non plus, il est 14h46 et j’écris pour le blog, laissant une montagne de papiers s’accumuler sur mon bureau (je tente : me faire virer avant la fin de l’année, souhaitez-moi bonne chance !) Tout à l’heure je décide de fumer sur mon balcon, l’opération finie collègue-qui-se-croit-bonne-depuis-qu’elle-a-perdu-20-kilos vient me voir et me dit « Mais…tu refumes ? » (Perspicace !). Puis elle m’annonce qu’elle est déçue (même ma mère n’oserait jamais dire qu’elle est déçue). Je ne réponds rien, je préfère souvent ne rien répondre, ainsi l’agresseur se retire (pas dans ce cas, dommage). Elle s’approche de mon bureau tel un vautour et me dit « Tu as des problèmes en ce moment ?, ça ne va pas ?, pourquoi tu reprends maintenant ? ». Alors déjà ça fait deux mois, c’est pas récent-récent et d’autre part je sens bien que ça te réjouirait de savoir que j’ai des problèmes mais mon seul problème c’est toi. Ma vie est fabuleuse, je suis fabuleuse et tu ne seras jamais autre chose que la collègue qui se croit bonne depuis qu’elle a perdu 20 kilos. Ce n’est pas parce qu’on ose mettre une robe moulante léopard qu’on est une femme fatale. Non, Madame. Quand on a une démarche de camionneur, on ne peut pas –logiquement- ressembler à une femme fatale. Quand on va au sport mais qu’on persiste à avoir la fesse molle, je dis que c’est triste. Quand on demande à chaque personne de la boîte « Ça va cette robe, je suis jolie dedans ? », le malaise est garanti. Le jour où j’ai dit « Je ne trouve pas que ce soit spécialement flatteur sur toi non » tel un meilleur ami pédé, Madame l’a mal pris. Alors que tous les jours elle fait une remarque sur mes tenues, tous les jours, et je n’exagère pas. « Tu as mis du rose, c’est marrant, moi j’aime pas « (care), « En fait le bleu c’est joli sur une brune, je devrais y penser pour moi » (care), « J’ai les mêmes chaussures que toi, en fait on a les mêmes goûts » (jamais, non), « Je rentre dans du 36 depuis ce matin tu te rends compte, tu fais quelle taille, toi ? »(hahaha), « Ce kimono je ne suis pas sûre d’aimer sur toi » (sur toi ce serait pire encore). La stagiaire me dit qu’en fait collègue-qui-se-croit-etc est fan de moi, elle m’aime vraiment bien et aimerait être mon amie. Hahahahahahaha. La pauvre n’arrive pas au petit orteil de chacune de mes amies. Même s’il ne restait qu’elle et moi sur cette foutue Terre, je préfèrerais me suicider avec des lianes  plutôt que de devoir écouter son charabia de femme-qui-n’a-pas-confiance-en-elle. S’il ne restait qu’elle et moi je la regarderais se faire bouffer par les animaux sauvages (moi ils ne me mangeraient pas parce qu’ils savent que je suis vegan, si, si). Oui je suis une connasse, oui elle est seule dans la vie bla bla c’est pas sa faute la confiance bla bla et si je faisais preuve de plus d’empathie bla bla. NON.

 
(Bref, je refume)
(Billet sponsorisé par la très mauvaise humeur du lundi)

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Michaël

L’été de mes treize ans je suis tombée amoureuse pour la première fois de ma vie. Si aujourd’hui je ressens le besoin d’en parler c’est pour que quelque part subsiste une trace de cette histoire ailleurs que dans ma tête. C’était aussi la première fois que j’allais aux États-Unis, chez des amis de mes parents à Los Angeles, Californie. Un monde à part où il est très facile de rencontrer quelqu’un dans le « business », à savoir Hollywood. C’est impressionnant quand on est adolescente, ce monde-là où tout est grand, les rues, les gens, les hamburgers, les seins refaits, les chevelures faussement blondes platine, les tatouages sur les bras musclés des hommes à Venice Beach, ce monde où on vous sert du « sweetie » et du « honey » à toutes les sauces, où les Hollywood chewing gums n’existent pas, véritable choc pour moi à l’époque, déjà le marketing se foutait de notre gueule.

Et Michaël qui arrive, du haut de ses douze ans (j’ai commencé très tôt à aimer les hommes plus jeunes, oui oui), sur son cheval blanc, enfin…le pick up super stylé de son père qui est…acteur. Le père, déjà, à treize ans, je sais qu’il est canon, il suffit de voir la tête de ma mère quand il lui dit bonjour. Difficile de passer à côté de cette vraie beauté « à l’américaine », mâchoire carrée, visage masculin, regard bleu délavé, mec à la fois timide et vraiment sûr de lui, ça ne fait aucun doute. Michaël c’est simple : c’est son père mais en version mini. Ils se ressemblent trait pour trait. D’ailleurs, ironie, Michaël est en fait Michaël Junior…

Michael a cet air super cool, on est dans les années 90 alors évidemment il porte une chemise de bûcheron avec un baggy et les fameuses Naï-kee (Nike) aux pieds. On va passer deux jours ensemble à se baigner dans la piscine, faire des petites courses au drugstore sur Hollywood Boulevard, où je découvre les Reese’s au beurre de cacahuète, j’en ai tellement ingurgité depuis que je suis devenue allergique à ces machins, on communique parce qu’heureusement je parle déjà bien anglais, c’est facile même si j’ai peur de dire que j’ai envie de passer ma vie avec lui. Parce que c’est le cas : j’ai envie de passer le reste de ma vie avec lui. Il est (déjà) tout ce que j’aime chez un homme : il me plaît physiquement, il est drôle, il a une belle voix, un rire formidable, il est attentionné, curieux, flemmard, il a de très jolies mains, il est passionné (par la musique), discret mais sûr de lui. Quand il me prend la main dans la rue j’ai envie de mourir. Quand il me dit que je suis beautiful je fonds. J’ai peur. Parce que dans deux jours il retourne chez sa mère hors de Californie et je ne le reverrai plus jamais. Quand il me demande si j’ai un boyfriend je fais une blague parce que je ne veux pas lui dire que je n’ai jamais embrassé quiconque à part ma cousine (parce qu’il faut bien s’entraîner sur quelqu’un…). Quand il essaie de m’embrasser je m’écarte parce que si je lui donne ma bouche je lui donne tout le reste je le sais je le sens. Deux jours merveilleux, purs et innocents et pas un seul baiser à cause de (déjà) ma timidité (et connerie) légendaire(s). Un regret qui me poursuit encore…(parce qu’il valait mieux perdre ma virginité à treize ans avec quelqu’un que j’aimais plutôt qu’avec un random guy plus âgé et nul de surcroît à Val Thorens à 16 ans et demi).

Deux ans plus tard je retourne chez nos amis de L.A et je rate Michaël à cinq minutes près. Cinq petites minutes. Entre temps nos amis reviennent vivre à Paris. Je ne reverrai jamais Michaël. Il me reste une photo où nous sommes côte à côte sur un canapé, heureux de vivre, heureux de se connaître, les mains très proches l’une de l’autre, comme si elles étaient irrémédiablement attirées l’une vers l’autre. C’est tout. Nous faisons un putain de beau couple qui n’en aura jamais été un…

Douze ans plus tard je rencontre quelqu’un qui s’appelle Arnaud. Je reste deux ans et demi avec lui. Notre relation ne marche pas, je ne le sens pas amoureux de moi, je fais tout ce que je peux pour que ça marche mais c’est un échec cuisant. Je ne comprends pas pourquoi je m’acharne à vouloir rester avec lui…Nous finissons enfin par nous séparer mais il me manque, je regrette son absence, je regrette de ne pas avoir fait plus, je me sens coupable, je ne vais pas bien. Puis je consulte une psy et cette psy ne comprend pas non plus pourquoi je veux à tout prix que ça fonctionne avec ce Arnaud qui préfère sa guitare à moi. Et elle me dit « Mais pourquoi vous l’aimez, ce Arnaud ? Il ressemble à quoi ? ». Et là, ma réponse, contre toute attente : « Il ressemble à Michaël ».

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Goujat

En ce moment au travail nous avons une super stagiaire qui a du caractère, pas le genre à accepter de faire des photocopies. Comme tous les stagiaires du monde elle travaille énormément et gagne peu. Si ses parents ne l’aidaient pas, elle ne pourrait pas vivre à Paris…

Période estivale oblige, nous sommes peu au bureau, certains sont en vacances, d’autres en business trip, déjà qu’à la base nous sommes peu nombreux, il arrive qu’on se retrouve à deux et comme nous ne sommes pas en open space, il y a de quoi se sentir seul (mais on ne va certainement pas s’en plaindre, c’est un luxe). Des employés d’autres bureaux à l’international viennent nous rendre visite parce qu’ils aiment bien le bureau de Paris, c’est grand et les Champs-Élysées ça les fait rêver (je me demande bien pourquoi mais passons).

De l’un des bureaux à l’international nous subissons un certain A. qui est tout ce que je déteste chez un homme : il se croit irrésistible (alors qu’il pue la transpi ce qui est en soi anti-tout), il est persuadé d’être brillant alors qu’il est lent, stressé au moindre événement un peu important et peu fiable lorsqu’il a des délais à respecter, il parle lentement et s’embrouille dans ses phrases ou raisonnements ce qui le rend incompréhensible la plupart du temps, on doit le faire reformuler sous peine de faire un erreur alors que l’erreur c’est lui. L’autre jour alors qu’il faisait une grimace digne d’un plus grand acteur je lui demande (la mort dans l’âme) ce qui ne va pas et le bougre me répond « J’ai une infection urinaire ». Je suis partie sans dire un mot, choquée d’apprendre bien trop d’informations sur sa vie privée. Pour faire court, il n’a pas d’éducation.

Effectivement, l’anecdote qui va suivre prouve ce que je pense de lui depuis le début. La stagiaire se retrouve seule au bureau avec le fameux A. Il lui propose d’aller boire un verre dans le bar de l’hôtel à côté du bureau. Elle accepte uniquement parce qu’elle n’en peut plus de bosser sur le même truc chiant depuis deux jours, elle se dit qu’au pire s’il tente de la draguer, elle lui dira poliment d’aller se faire foutre.

Ils discutent de boulot, de ce qu’elle va faire après, il lui explique qu’il vit à Montmartre pour l’impressionner (alors que je sais qu’il vit à Chateau-Rouge huhu), la conversation est semble-t-il plutôt bon enfant jusqu’à ce que l’addition arrive. Trente cinq euros. Il lui annonce qu’il l’invite ce à quoi elle répond qu’il n’est pas obligé, que c’est aimable de sa part et là A. lui rétorque « Si je ne suis pas obligé ok c’est toi qui m’invite ». Perdue par tant de goujaterie la stagiaire s’est retrouvée à payer les consos du A. dont c’était l’idée d’aller boire un verre à la base. A. a quarante ans, il gagne plus de 4000 euros par mois, mais il a laissé la petite stagiaire de vingt-cinq ans au SMIC payer la note. Elle s’est retrouvée acculée, elle n’a rien pu dire ni faire, elle a invité ce goujat. Le monde ne tourne vraiment pas rond.

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Naples et Capri, entre déception et ravissement

Il y a tant à dire sur ce séjour en Italie du Sud, dans une région que je ne connaissais pas, la Campanie. Mon choix s’est porté sur Naples que l’on présente comme la ville sale où la camorra est omniprésente et Capri l’île qui se trouve en face à 45 mn d’hydroglisseur, associée, elle, à la jet-set qui vient y dépenser ses millions…Choc des cultures.

Dès l’arrivée à l’aéroport, j’ai voulu prendre un taxi pour aller plus vite mais ce fut une erreur : la circulation à Naples est dingue et les conducteurs font vraiment n’importe quoi, c’est la jungle ! Le chauffeur, un type avec une vraie tête de con, s’est avéré nerveux, antipathique et même raciste puisqu’il détestait les français, ça commençait plutôt mal et ça ne s’est pas arrangé, il nous a littéralement arnaqués, malgré mes protestations, il n’a cessé d’essayer de m’embrouiller pour justifier son arnaque, une vraie tête de con doublé d’un fils de pute (en parlant de sa mère, il avait un tatouage censé exprimer tout l’amour qu’il a pour cette femme qui ne lui a sans doute pas appris la notion de respect). Dans les embouteillages nous avons vu un homme sortir de sa voiture, se réfugier derrière un arbre puis chier devant tout le monde. La grande classe. Bonne ambiance…

Naples est une ville pleine de charme malgré la saleté, il est agréable de s’y promener, on passe de petites rues typiques qui ne mènent jamais où l’on pense à des grandes artères plus récentes, la nourriture est à la fois très bonne et vraiment bon marché, j’ai mangé une excellente pizza marinara pour la modique somme de 4 euros et je pense que je me souviendrai de ce goût encore longtemps…J’ai particulièrement aimé la piazza Bellini conseillée par une certaine ordure, qu’il est agréable d’observer les napolitains boire des verres entre amis et parler fort avec les mains ! Quand on sort du centre-ville, c’est tout de suite moins fun…J’avais très envie d’aller dans un parc parce qu’il faisait extrêmement chaud mais le chemin vers le fameux parc Capodimonte fut épique, j’avais mal évalué les distances et nous nous sommes perdus dans un quartier qui craint vraiment, nous avons tout de même vu un homme se faire un fix puis vomir puis lire son journal comme si tout était parfaitement normal. Puis j’ai failli marcher dans des seringues sur lesquelles le sang avait séché en montant des escaliers, plutôt choquant.

Nous avons vu beaucoup de crânes à Naples, ceux qui se trouvent à l’entrée de l’église Santa Maria Delle Anime Del Purgatorio mais aussi ceux du cimetière de Fontanelle qui se comptent par milliers. Expérience assez flippante même pour les plus vaillants, le cimetière est souterrain…Lorsqu’on arrive en bas ce sont des milliers et des milliers de crânes mis les uns sur les autres et le spectacle bien que macabre est à mon sens très esthétique. Certains crânes sont fendus, d’autres ont un gros trou sur le dessus, il y a aussi des tibias par milliers et autres os que l’on tente de reconnaître, largement de quoi faire marcher son imagination. Je ne crois pas que la pratique existe toujours mais ces crânes proviennent de personnes qui n’ont pas été enterrées décemment et les napolitains très pieux venaient en adopter un, lui donner un nom, le choyer, le nettoyer, lui parler de ses problèmes, il existait un véritable lien affectif entre ces napolitains désespérés à cause de la misère et ces crânes anonymes qui pouvaient parait-il exaucer les prières de leurs propriétaires…Expérience moins touristique que de voir le Duomo mais nettement plus intéressante ! Quant au métro de Naples, il est très propre et chaque station est différente, le résultat est très réussi, c’est beau, c’est coloré, si seulement il pouvait en être de même à Paris…

J’aimerais dire que je retournerai à Naples mais j’ai été tellement déçue par le comportement des napolitains que j’ai trouvés antipathiques au possible, jamais un sourire, j’ai eu le sentiment de les faire chier d’être là alors que rappelons-le je contribue à faire marcher l’économie de la ville en tant que touriste. Pourtant j’ai à chaque fois fait l’effort de parler italien (enfin…un genre d’italien sans aucun verbe haha), globalement c’est un échec au niveau humain d’autant qu’ils ont tous essayés de ne pas me rendre la bonne monnaie quand je passais à la caisse, moralité : j’aurais dû apporter un pot de vaseline, j’aurais eu moins mal ! Certes je n’ai peut-être pas eu de chance, je ne suis pas tombée sur les bons napolitains…Je sais qu’à Paris on peut tomber sur les mauvais parisiens, se faire voler son appareil photo à Montmartre et repartir extrêmement déçu…Disons que j’attendais tant de ce séjour à Naples que je ne pouvais qu’être déçue. Et avoir dégusté la meilleure pizza de ma vie n’y changera rien.

Heureusement il y a eu Capri ! J’ai chanté « Capri c’est fini » à peu près toutes les trente minutes, un vrai hommage à Hervé Villard, s’il savait ! J’ai appris le premier couplet exprès pour les vacances parce que je suis perfectionniste. Capri c’est magnifique et les autochtones sont habitués au tourisme, ils sont très avenants. Prendre le télésiège pour se retrouver au sommet du Monte Solaro, entourés par la mer, c’était si beau que si un jour je décide de me suicider, je sais que c’est là que je le ferais ( je pense qu’il faut avoir un lieu où l’on sait que l’on pourrait se suicider au cas où, j’avais le Grand Canyon sur ma liste, j’ajoute le Monte Solaro). Voir un voilier au loin seul sur la mer, le bleu du ciel se confondre avec celui de la mer, cette tâche blanche qui s’éloigne, ce fut un moment poétique d’exception. Dans le genre poétique j’ai fait une insolation (on ne se promène pas sans chapeau quand il fait 36 degrés à l’ombre), si vous avez vu une petite brune vomir de la bile à la terrasse d’un café au port de Capri…c’était moi ! (enchantée!). Je n’ai pas vomi une fois ni deux fois mais cinq fois. De vrais geysers sont sortis de mon pauvre petit corps, je n’ai rien compris… Malheureusement je n’ai pas pu visiter la grotte bleue mais j’envisage de retourner à Capri, ce n’est peut-être pas fini huhu. A Capri aussi nous aurions dû acheter de la vaseline parce que 3 € de cover charge au restaurant alors qu’on n’a pas touché à la corbeille de pain, ça fait chier un peu. Ce n’est pas une question d’argent mais de principe, la moindre des choses ce serait de prévenir le client de cette charge à la con. Les pâtes étaient excellentes, on peut au moins compter là-dessus, bien al dente comme je les aime, un vrai bonheur !

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Après la pluie, le beau temps ! Plus de trois mois de recherche, plus de trois mois à visiter des appartements qui ne me plaisent pas (pourquoi de la moquette dans les chambres ? Sommes nous dans les années 1980 ?), trois mois à se demander pourquoi l’appartement que j’ai dans la tête n’existe pas et puis enfin la libération.

Certes ce n’est pas encore parfait, il n’y pas d’eau chaude parce que comme une écervelée que je peux être parfois je ne me suis pas inquiétée de prendre un contrat chez EDF-GDF, à croire que je pensais que ça se faisait tout seul (c’est presque ça pour être honnête…). Fort heureusement il fait très chaud et je me lave à l’eau glacée (ma mère jure que c’est bon pour la circulation bla bla), quant à mes cheveux je vais chez le coiffeur les laver, pourquoi s’emmerder franchement ? En parlant du coiffeur, il est de la Rochelle et il adooore Paris, encore une preuve qu’on peut venir d’ailleurs en France et adorer la capitale, j’ai presque failli l’embrasser de joie. La cuisine n’est pas équipée, résultat c’est alloresto tous les soirs. Le canapé a été commandé mais…il arrive fin septembre (« Vous comprenez ils sont faits à la commande en Italie » Heu…j’espérais bien qu’à ce prix ils ne soient pas made in China !).C’est un peu ambiance squat avec trois chats qui jouent à chat toute la journée, j’ai l’impression d’avoir 18 ans et de prendre mon premier appart, je crois que ça m’amuse tout ça ! Le plus important finalement c’est d’avoir un bon sommier et un bon matelas, pour l’instant le seul investissement que j’ai fait c’est du beau linge de maison, à la base je voulais en acheter à La Redoute parce que c’est les soldes et que ma mère (encore elle) m’a appris que La Redoute c’est très bien (aujourd’hui elle dit que ça a baissé en qualité et elle a certainement raison) mais mon bien-aimé a des goûts de luxe, à croire qu’il est encore plus connasse que moi haha Nos nuits vont être luxueuses, comment s’en plaindre ? Ma mère (décidément) m’a gentiment rappelé qu’en Afrique on dort à même le sol sur des nattes (ma mère est toujours là pour rappeler qu’on ne doit pas se plaindre). Si je devais dormir par terre je le ferais mais oui c’est vrai quand on a un bon lit c’est une chance et je ne l’oublie pas.

Dans mon nouvel immeuble les gens se présentent et souhaitent la bienvenue aux nouveaux arrivants, quand je pense qu’on dit qu’à Paris personne ne se parle ! Je connais déjà une voisine qui m’a indiqué les bonnes adresses du quartier. Je suis cernée par un BioCBon, un Biocoop et un Naturalia, autant dire que ce quartier était fait pour moi, comment survivre quand on est vegan sans plusieurs magasins bio ? Pour le moment il n’y a qu’un petit hic : un voisin essaie de jouer du Vivaldi à la flûte traversière, il est si mauvais que je ris dans ma barbe inexistante, le pauvre. Bientôt ils découvriront que certains vendredis soirs je bois un peu trop d’alcool puis que je me mets à chanter Britney Spears et Mariah Carey très fort (mais moi je chante juste donc j’estime que ça passe héhé). Bientôt ma famille va venir en force et nous serons six à l’appart, plus quatre chats parce que nous en gardons un en août, l’auberge espagnole ! Dix êtres vivants dans un appartement sans meubles ou presque, c’est ça la vraie vie. Être ensemble.

Canicule, je t’enc….

Ah..la canicule, quel bonheur quand on vit en ville ! Prendre le métro et croiser des femmes habillées pour aller à la plage, crop top, jupe ras-la-touffe, claquettes pailletées aux pieds, autant de charmes visuels qui sévissent à chaque coin de station…Cuisses grasses et mollets flasques, on se croirait chez le boucher…Comme le dit mon mec « On voit ce qu’on n’aimerait pas voir ». Il n’a pas tort ! L’hiver on peut imaginer les corps, l’été ils nous sont servis sur un plateau accompagnés de leurs divines odeurs âcres (perso, j’utilise à nouveau un anti-transpirant parce que les auréoles quand j’en vois sur les autres ça me donne envie de vomir).

C’est l’été, tout le monde il est content, les vacances approchent, d’ici là faisons comme si nous étions sur la Côte d’Azur, enfilons nos micro-shorts, la deuxième fesse pleine de gras ressort comme un boudin disgracieux, mettons en valeur nos poitrines inexistantes grâce au push-up qui ne fait pas si illusion, montrons nos doigts de pied colorés parce que « le vernis, c’est top, tu vois ». Cet étalage de gros pieds plein de cors, ces pieds qui suent et qui, on le devine, puent, je ne peux plus souffrir leur vue ! Ces tongs de ville (rien que le nom…) qui montrent des pieds plus dégueulasses les uns que les autres, vraiment, c’est au-dessus de mes forces. Tu te souviens, Pauline, quand tu m’avais dit « J’adore mes pieds ! », je les avais regardé et j’avais hurlé « Mais non ils sont moches tes pieds Pauline, des pieds, c’est moche, très moche ! ». Je crois que je t’avais un peu vexée…

Je le répéterai jusqu’à ma mort : arrêtez de croire que vos pieds sont jolis, c’est dans votre tête, des pieds c’est affreux (mais si vous aimez vos pieds continuez donc mais cachez-les quand je suis là, je vous en conjure).

J’aurais tout de même appris quelque chose grâce cette satanée canicule : on peut aussi suer des sourcils ! Sensation plutôt très désagréable. J’aimerais tout raser à la Marilyn Manson. A propos de Marilyn Manson, j’ai eu une révélation : la chanteuse de Texas, Sharleen Spiteri, lui ressemble.

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Et les hommes en short, est-ce-qu’on peut en parler ? J’ai vu une seule fois un homme en short à qui ça allait très bien, je l’ai même trouvé sexy. Mais c’est arrivé une seule fois (ok l’homme en question avait de belles jambes, ce qui est rare chez un homme, vous noterez). Il est vrai qu’à Paris, les touristes pullulent et c’est souvent eux qui en portent, des shorts. Mais tout de même, ça fait mal aux yeux:/ Un bel homme ne porte pas de short, je suis désolée, si on me demande ce que j’en pense (et même si on ne me demande rien, obviously) voilà ma réponse.

Je me pose une question : comment font certaines femmes pour porter des jeans sous 40 degrés ? Sont-elles complexées à ce point ? Avec ma jupe-qui-m’arrive-au-genou je crève de chaud…

Bref, c’est quand la fin de la canicule ? Si ça continue comme ça je mets mon chapeau de paille et une nuisette en coton Petit Bateau pour aller au travail…Et la clim dans le métro parisien c’est pour quand exactement ? On se croirait dans un pays du tiers-monde sans déconner. Un petit effort, Madame Hidalgo ! (même si vous ne le prenez pas, vous, le métro).

Boulevard des Capucines

En ce moment je triche. Je sors du travail très tôt, je me prends pour l’employée de mairie que je ne suis pas. Me voilà dehors, le nez au vent, il n’est même pas dix-sept heures. Il fait beau, le soleil brille, je fais un tour aux Tuileries pour regarder les touristes s’extasier sur Paris, la ville de l’amour, les enfants mangent des glaces trop grosses pour eux, les beautiful people déambulent tels des mannequins dans les allées à l’ombre, les jupes sont courtes, les lunettes oversize ; à commencer par les miennes qui me bouffent la moitié du visage, pratique pour se cacher du soleil, l’été est bel et bien là et il ne va pas nous laisser tranquille, j’ai déjà bronzé bien malgré moi…

Je traverse la place du Marché Saint-Honoré, toujours aussi étonnée qu’il y ait des H.L.M. à cet endroit si prestigieux, en plein premier arrondissement, entre l’Opéra et le Louvre, à quelques mètres à peine de la célèbre place Vendôme. Je passe devant le Nomad’s ce bar à tapas qui fait des cocktails délicieux, seul spot de la place où les serveuses sont souriantes et aimables et ne se prennent pas pour des mannequins. Si j’en avais les moyens c’est ici que je vivrais, ni plus ni moins. A 12 000 € le mètre carré, disons que c’est du domaine de l’impossible, à moins d’un miracle ?

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J’arrive rue Gomboust pour le petit plaisir de la journée. J’entre chez Hugo & Victor, bien décidée à m’offrir une tablette de chocolat Aveline, du chocolat à 71% au cœur praliné, il me sera difficile de ne pas tout manger sur le trajet retour. Je déteste ces gens qui mangent dans la rue, c’est un tel manque de savoir-vivre, j’entends encore ma mère me dire « Tu ne peux pas attendre qu’on soit arrivées à la maison ? ». Non, quand il s’agit de chocolat j’ai un comportement hyperphagique, j’engloutis tout parce que c’est addictif, je ne peux pas faire autrement, je n’ai plus aucune éducation (et je ne partage évidemment pas !). Si j’étais un chat, je ronronnerais en dégustant ma tablette de chocolat et je lècherais le papier en plastique pendant des heures.

Puis j’arrive boulevard des Capucines et je la vois. Assise par terre, elle a peut-être 17 ou 18 ans, des vêtements sales, une pancarte qui explique qu’elle demande de l’aide, quelques centimes sur un chiffon devant elle. J’ai le temps de voir sa détresse qui ne me semble pas feinte, elle est réelle et je me la prends dans la gueule, le coin des lèvres encore plein de chocolat de luxe. Je cherche des pièces au fond de mon sac et je parviens à en trouver une de deux euros. J’aimerais donner plus, deux euros, ce n’est rien quand on est à la rue. Une goutte d’eau. Je m’approche d’elle et je lui donne en lui souriant. Je ne souris jamais quand je marche dans la rue, après tout je suis parisienne, pourquoi je sourirais ? Mais je lui fais mon plus grand sourire et elle m’en renvoie un timide accompagné d’un « merci ». Elle a de très grands yeux verts très tristes, les yeux verts me fascinent depuis toujours, les siens sont sublimes. Un vert foncé et de longs cils qui semblent les caresser. Je continue mon chemin, je me demande pourquoi une fille si jeune est à la rue, j’ai envie de lui payer un verre, de lui parler, je songe à sortir vingt euros au D.A.B. pour les lui donner. Vingt euros ce n’est presque rien pour moi mais ça peut lui permettre de ne pas dormir dehors ce soir, qui sait ?

Je rentre chez moi et je continue à y penser, à cette fille aux grands yeux verts qui je l’espère sortira de là. Quant à moi je ne peux pas continuer à vouloir aider tous les inconnus à la dérive que je rencontre. Quand je la croiserai à nouveau je lui donnerai un billet et un morceau de ma tablette au chocolat. Une goutte d’eau. Mais on ne peut pas sauver le monde…