Demain, j’arrête de fumer !

Ce titre n’est pas une blague, demain, lundi 2 mars, j’arrête vraiment de fumer. Enfin, j’essaie. Parce que ce sera quand même ma sixième tentative. Hum. Les deux premières fois, je ne m’en souviens pas. La troisième j’ai tenu près de deux mois, je me vengeais sur l’alcool et j’avais pris 5 kilos (quand je me gave de nourriture, je ne fais pas semblant), j’ai repris bêtement suite à une embrouille ridicule avec mon père. La quatrième fois on a décidé d’arrêter en même temps avec un ami, pour se soutenir. On a repris ensemble au bout du 12ème jour comme des cons, un verre de vodka à la main. La cinquième fois j’ai tenu 16 mois. Je ne pensais jamais refumer. Impossible. Pourtant un décès dans la famille m’a fait racheter un paquet de Camel dans la foulée. J’ai aussi pris près de 12 kilos, je me sentais moche et obèse et le coup de grâce m’a été porté par une collègue qui m’a dit « Mais non, moi je te trouve normale ». Quelle horreur ! Normale ! Mais je ne veux pas être normale, je veux être mince, comme avant. Bitch. Même en reprenant la cigarette j’ai mis des mois et des mois à reperdre ces kilos, une torture (il m’a fallu faire du sport, c’est dire !).

Demain, j’arrête de fumer. Je sais que je ne serais jamais une non-fumeuse.  Je fume depuis que j’ai 17 ans et demi. Au mieux, je serais une fumeuse abstinente. J’ai commencé à fumer à cause d’un garçon au lycée. Il s’appelait Thomas, il était beau, il avait des yeux verts en amande et l’air de se foutre de tout. Il était calme, gentil et très convoité. Je le voulais. Mes chances étaient faibles, la concurrence trop forte. C’est ce qu’on essayait de me faire croire. Je voyais bien qu’il me regardait furtivement dans la cour, je savais qu’il me fallait juste trouver un prétexte pour lui parler (il était timide, ça se voyait). J’ai acheté des cigarettes et un jour j’ai eu besoin  d’un briquet parce que j’avais perdu le mien. Le pote de Thomas était à deux pas de moi, il m’en a prêté un et comme par magie le fameux Thomas nous a rejoints. A partir de ce moment-là on a traîné ensemble tous les trois, j’étais devenu leur pote,  puis un jour alors que je désespérais presque, Thomas m’a invité chez lui, on a mis quelque chose comme douze heures avant de s’embrasser. J’étais devenue fumeuse. Et j’avais un mec.

Je dépense entre 140 et 170 € tous les mois pour mes Camel (je ne fume jamais autre chose). Je préférerais mettre cet argent dans quelque chose qui me fait plaisir et qui ne me tue pas à petit feu. Je sais que je vais me sentir triste, parfois carrément déprimée, je sais aussi qu’il va me falloir lutter pour ne pas manger le paquet d’Oreo en entier mais j’aimerais que cette sixième fois soit la bonne. Et si ce n’est pas la bonne, chaque fois que j’arrête me rapproche de la fois où je ne recommencerais pas. Je préfère partir avec une attitude positive. J’ai une application qui est censée m’aider et qui s’appelle Livestrong, on verra ce que ça donne. Dans mon bar il ne reste que des alcools que je n’aime pas (n’est-ce-pas Maryne ? On a tout bu le week-end dernier huhu). Tout va bien. Pourquoi je n’arrête pas aujourd’hui ? Parce qu’il me reste 10 cigarettes et que je compte bien toutes les fumer, comme ça, demain, je n’ai pas de paquet qui traîne (c’est mon dernier).

Voilà, je suis prête à être en meilleure santé, prête à retrouver une peau saine, des cheveux qui sentent bons, prendre 10 kilos, être de mauvaise humeur, faire des économies et faire partie du club de ceux qui disent adieu à cette pute de clope.

Oh, j’allais oublier. Comme je ne perds jamais une occasion de me plaindre, j’ai décidé d’écrire ici même mon journal d’une fumeuse abstinente, peut-être pas tous les jours mais régulièrement. Peut-être que ça donnera à quelqu’un l’envie de me suivre dans mon combat (le mot semble fort mais je vous jure que c’est un combat, il n’y a pas d’autre mot, je sais de quoi je parle).

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Éloge du lit

Mon très cher lit,

Chaque matin, sortir de ton cocon douillet et chaud m’est insupportable, je revis le traumatisme de ma naissance ! J’aimerais rester avec toi, fidèle protecteur et compagnon, le plus longtemps possible… Les réveils ont beau sonner toutes les dix minutes, tu ne fais rien pour m’aider à sortir et affronter le froid de l’appartement, tu m’entoures de douceur et d’amour, comment voudrais-tu que je me lève ? Comme j’aimerais n’avoir aucune obligations et passer toutes les matinées de ma vie en ton sein, comme j’aimerais oser dire la vérité lorsque j’arrive en retard (presque) tous les matins au travail « Mon lit m’a retenue, je n’ai rien pu faire ».

Lorsque je suis fatiguée et que l’appel de la sieste se fait pressant, c’est vers toi que je me dirige, faisant un affront au canapé qui, je le sais, est jaloux de notre relation si privilégiée. Je m’allonge sur toi, doux lit, et c’est presque instantanément que je m’endors tout à fait, bercée par les ronronnements du petit chat. Si je le pouvais, je ferais ma sieste tous les jours avec toi. Si seulement je le pouvais…

Notre relation ne se résume pas à la sieste ou au sommeil en bonne et due forme. C’est aussi grâce à toi que je me sens protégée quand je suis triste ; avec la couette moelleuse, vous formez un excellent duo pour éponger mes larmes et me redonner le sourire. Je ne peux pleurer ailleurs que sur toi. Toi, tu ne me juges pas, ton silence est mon meilleur allié. C’est aussi sur toi et avec l’aide de deux oreillers, l’un ferme, l’autre moelleux, que je lis le plus de romans. Je lis aussi tous les jours dans le métro mais c’est toi que je préfère pour m’embarquer dans les histoires racontées par les autres.

Je suis finalement très traditionnelle et je peux te le dire comme une confidence, tu es le lieu que je préfère pour faire l’amour. Les cabrioles dans les ascenseurs n’ont aucun charme face au réconfort que tu représentes, sur toi on fera des cabrioles mais on pourra ensuite s’endormir main dans la main comme les amoureux que nous sommes. Tu noteras qu’il n’y a que moi et Monsieur qui avons le droit de t’utiliser, nous ne te prêtons pas, sous aucun prétexte ! Un lit, c’est personnel. Tu es notre propriété ! Nous n’aimerions pas affronter ton courroux si par malheur nous osions te prêter, restons bons amis, laisse-nous donc prendre du plaisir en toute quiétude, mon doux lit chéri.

Je me moque pas mal des biens matériels mais j’aurais beaucoup de chagrin à renoncer à toi. Lorsque tu seras devenu trop vieux, je serais incapable de te mettre vulgairement à la rue. Je te garderai quelque part, au cas où.  Et tout comme toi, je suis outrée par celles et ceux qui préfèrent les futons, les hérétiques ! Rien ne vaut le bonheur de posséder un lit. Rien au monde.

Chaque jour, je remercie le fait d’avoir un compagnon de ton espèce dans ma vie, ce n’est pas donné à tout le monde…

A ce soir,

Avec toute mon affection,

Ta connasse

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Vincent Gallo : artiste génial ou fou furieux ?

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J’adore Vincent Gallo. Certes, il est loin d’être moche mais ce n’est pas ça ; il semble à la fois fragile et un peu fou, complètement mégalomane, bref, un artiste, quoi. Acteur, réalisateur, mannequin, musicien, photographe, peintre, il est avant-tout une figure de l’underground New Yorkais. J’ai vu Buffalo 66 à l’époque où le film est sorti, même si je ne me souviens pas vraiment de l’histoire,  je sais que j’ai aimé et ça me suffit. J’ai adoré Trouble Every Day, film d’horreur français avec Béatrice Dalle où Vincent Gallo poursuit une femme de chambre et…je vous laisse voir la scène, c’est plus simple :) C’est beau, c’est arty, c’est violent et je le dis sans aucune ironie, j’ai vraiment adoré ce film que j’ai vu au cinéma comme tous les films dans lesquels il a joués ou réalisés.

J’ai vu The Brown Bunny à sa sortie (2004), film controversé parce que sa petite-copine de l’époque, la it-girl Chloë Sevigny, lui fait une vraie fellation dans l’une des scènes (scène qui ne donne pas envie je dois dire tant la pauvre actrice a l’air de souffrir…). Ce film, c’est peut-être le témoignage visuel le plus important de la carrière de Vincent Gallo, l’histoire d’un homme qui ne parvient pas à se remettre d’une rupture et cherche assez désespérément une femme pour la remplacer, sans succès. Je vénère le film Tetro de Francis Ford Coppola, je pourrais le voir et le revoir jusqu’à ma mort sans jamais me lasser, un grand film qui n’a étrangement pas si bien marché en salles, il faut dire que Vincent Gallo est omniprésent et très controversé…depuis il crache sur Coppola en disant de lui que c’était un gros porc. Ambiance.

Depuis de longues années, il semblerait que Vincent Gallo ait développé une forme de haine envers Hollywood et aime à cracher sur acteurs et réalisateurs un peu comme un ado qui par principe n’aime rien ni personne. Il refuse obstinément de répondre aux journalistes quels qu’ils soient, sans doute un tantinet parano il n’a pas d’assistante personnelle et répond lui-même aux mails qu’on lui envoie. Il a un site internet dédié à son culte où on peut acheter divers objets signés par lui-même mais le plus intéressant c’est qu’il se propose comme escort pour 50,000 $ et qu’il vend son sperme pour 1,000,000,00 $. Et ce n’est pas une blague !

En ce moment on parle beaucoup de liberté d’expression et c’est pour ça que j’avais envie de parler de lui. Sur son site, il indique que toute femme, « même les Noires, si elles peuvent payer », peuvent le louer pour la soirée. Concernant son sperme, il précise qu’il y aura un rabais de 50,000 $ pour toute personne pouvant justifier qu’elle est blonde au naturel et que ses yeux sont bleus, le même rabais est appliqué pour toute femme ayant des descendants nazis (même si le mot « nazi » n’est pas écrit, c’est ce qu’il faut comprendre). Il refuse toute femme qui a « la peau extrêmement foncée » (comprendre : Noire) mais serait motivée si une femme Juive voulait de son sperme, ainsi l’enfant aurait peut-être plus de chances de gagner un Oscar (sic). Si l’acheteuse est canon (il faudra envoyer des photos détaillées), il accepte gentiment de donner de sa personne sans passer par l’insémination artificielle ( !). Et si l’acheteuse est grosse, qu’elle passe son chemin, ça ne l’intéresse pas…Pour finir, il ajoute que son sexe mesurant 20 cm le futur bébé pourra être bien membré comme son géniteur et qu’il sera assuré d’être créatif tout comme lui.

La première fois que j’ai lu ce long texte, j’ai beaucoup ri, je vois ça comme une énième provocation de sa part, pas comme du racisme comme le pensent certain(e)s. Je ne pense pas que ce soit de l’humour ou alors il n’en a pas du tout conscience, Vincent Gallo n’a pas vraiment l’air d’un mec drôle, il serait plutôt inquiétant. Comme le dit la journaliste Jenny Bahn sur son site, « c’est le genre de mec qui pourrait poignarder ton frère alors que tu l’avais ramené chez toi pour les vacances ». Vincent Gallo est creepy.  Il dit vraiment ce qu’il pense en se foutant pas mal de ce que vont penser les autres. La fameuse liberté d’expression. Je comprends que ça puisse en choquer certain(e)s mais encore une fois, ça me fait vraiment rire ! Il faut savoir qu’il propose ses services depuis près de dix ans maintenant. C’est plutôt habile de la part d’un homme qui aime les femmes de proposer ses services aussi facilement, je me demande combien de fans il a mises dans son lit mais je ne trouve aucun témoignage sur le net.

Justement, il y a quelques années, j’ai envoyé un email à Vincent Gallo pour voir s’il me répondrait, j’étais persuadée que non. Ma question était du genre « Hey, dis, si je veux te faire une fellation, je dois payer combien ? C’est pas écrit sur ton site. Bisous ». J’avais bien décidé de rigoler sauf que notre échange d’emails (oui il m’a bien répondu) m’a refroidie, il m’avait bien évidemment prise au sérieux !!! Il m’a tout d’abord demandé d’envoyer une photo de moi, ce que j’ai fait (habillée, je précise), quand il l’a reçue il m’a fièrement annoncé que si je venais à Los Angeles ce serait gratuit pour moi (chouette ! haha), ce à quoi j’ai répondu que je détestais Los Angeles mais il m’a rassuré en disant qu’on pourrait se voir à New York si je préférais. C’est l’échange de mails le plus fucked up que j’ai échangé avec quiconque je crois. J’essayais de faire de l’humour mais il était très premier degré, c’était perturbant. Quand il a voulu que j’envoie des photos de moi plus détaillées (sic), j’ai fui en prétextant que j’étais trop fan de lui, que ça casserait le mythe, que je le respectais trop et que je préférais en rester là, il a dit « too bad » et basta. Honnêtement, si cet échange avait eu lieu à la période où j’étais moi-même assez instable dirons-nous pour être polie (j’avais menacé un charmant garçon qui ne me voulait que du bien de foutre le feu à son immeuble parce qu’il ne répondait pas à un sms. Hum.)… il est clair que j’aurais pris un putain de billet pour L.A. ! Quitte à être groupie, autant l’être à fond.

Quand je serais grand-mère, je dirais à mes petits-enfants : « Tu sais, mamie quand elle était jeune, regarde cette photo sur le buffet, eh bien elle a failli s’envoyer en l’air avec un acteur américain super arty ! ». Et l’enfant dirait « Mamiiiie, ça veut dire quoi s’envoyer en l’aiiiiir ? ».

Malaise

Je ne vais pas le faire mais je crois que je pourrais encore écrire des tonnes de billets sur Charlie Hebdo, c’était il y a quinze jours et je n’en reviens toujours pas. Est-ce-que ce monde est réel ? Je crois qu’on ne m’a pas habituée à des assassinats de dessinateurs à la kalachnikov (on dirait une blague, si seulement…), je crois que je ne me résoudrais jamais à croire que dans mon pays on puisse en arriver là, à une telle connerie, une telle absurdité. Je croyais que c’était acquis, la liberté d’expression, je croyais que la laïcité était un principe fondamental.

Je me réveille avec la gueule de bois et je vois bien qu’il faut faire quelque chose mais je me sens impuissante. Je ne vois pas ce qui pourrait nous sortir de là. Free hugs obligatoires pour tout le monde ? Forcer les gens à s’aimer au lieu de se faire la guerre ? Excusez ma naïveté.  Faut-il apprendre l’humour aux gens ? Faut-il leur expliquer que même si ça ne les fait pas rire, ce n’est pas grave ? Faut-il interdire tous les signes religieux ostentatoires ? Plus de voiles dans la rue, plus de kippas et encore moins de grosses croix en bois autour du cou ? Chacun fait ce qu’il veut mais chez soi pas dans l’espace public. Je ne sais pas mais personnellement j’avoue que ça m’ennuie de parler à quelqu’un qui affiche sa religion, quand je parle à quelqu’un, je ne veux pas savoir s’il est juif, chrétien ou musulman, ce qui m’intéresse c’est de lui parler, c’est tout. La laïcité existe-t-elle encore dans ce pays ? A-t-on été trop tolérants pour ne pas heurter les sensibilités religieuses de chacun ? A-t-on encore le droit de ne croire en rien ? A-t-on le droit, au nom de la liberté d’expression, de dire que la religion, quelle qu’elle soit, c’est de la merde ? Est-ce-que c’est normal de faire sa prière 5 fois par jour sur son lieu de travail ? Afficher une croix autour du cou, est-ce-que ça veut dire qu’on est fier d’être catholique ? Je me pose beaucoup de questions et je n’ai pas de réponses. Que des questions. Et une certaine tristesse. Je ne suis pas croyante. Cette histoire d’aller en Enfer qui fait super peur quand on est enfant, ça ne m’a pas empêchée de ne pas être sage, quant au Paradis, je dois dire que je trouve assez immature d’y croire. Pourquoi ne pas accepter qu’on va tous mourir, qu’on ne sait pas quand et qu’après il n’y a strictement rien ? Comme avant notre naissance. Pareil. On ne se souvient de rien parce qu’on n’était rien. Si je devais me réincarner, j’aimerais bien être un oiseau. Mais je ne crois pas non plus à la réincarnation.  Je crois en moi et je crois en l’amour. C’est à peu près tout.

Le malaise est palpable. Jeannette Bougrab en pleurs à la télé sur toutes les chaînes internationales, présentée comme la « femme » de Charb d’un côté, de l’autre la famille de Charb qui nie toute relation entre leur défunt fils et cette femme qui n’aurait été qu’un plan cul régulier du dessinateur, rencontrée il y a quelques mois à peine.  Malaise.  Les gens se regardent dans le métro en pensant tout bas « Est-ce-que lui là-bas pourrait être un terroriste ? ». Malaise. Les colis suspects dans toutes les stations tous les jours. Malaise. Diam’s et son voile en guise de cape de super héros sort de son mutisme pour nous parler de la beauté de l’Islam tout en faisant la promo de son livre. Malaise. Réussir à mettre la main sur le nouveau Charlie Hebdo sept jours après sa sortie parce que rupture de stock partout, même dans Paris. Malaise. Accompagner son frère à la gare Montparnasse et croiser des militaires, flics et tout ce qui s’ensuit, armes à la main, se demander si c’est rassurant ou pas. Malaise. Décider d’aller à Londres pour changer d’air, se vider la tête et son compte en banque, arriver dans la chambre d’hôtel et être accueillis par une bite en serviettes. Malaise. Et fous rires !

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(La vie continue…)

Not afraid mais un peu quand même par la connerie de certains…

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On en lit des conneries depuis le 7 janvier. A commencer par les nombreux « Je ne suis pas Charlie, je suis musulman » ou encore « Je ne suis pas Charlie, je suis chrétien ». J’en déduis que certains musulmans et certains chrétiens n’ont vraiment aucun humour. La liberté d’expression, un concept auquel ils ne semblent pas adhérer. Je suis agnostique et j’ai parfois été choquée par certaines caricatures de Charlie Hebdo mais sans ces caricatures, qui pour critiquer les religions dans ce pays ? Et à ceux qui nous expliquent que Charlie Hebdo était islamophobe, doit-on leur rappeler que dans l’une de leur célèbre caricature, le pape se fait carrément enculer (pardonnez ma vulgarité) ?

La connerie qui m’a le plus choquée c’est  « le policier n’est pas mort parce que le sang ne coule pas de son crâne ».  Comment peut-on penser une telle connerie ? On n’est pas dans une série policière américaine où le sang gicle en deux secondes, là, c’est la vraie vie. Est-ce-qu’on pense à la famille de ce policier, Ahmed Merabet ?

Le présumé terroriste qui oublie sa carte d’identité, certains sceptiques n’y croient pas et critiquent les « moutons » qui croient tout ce qu’on leur dit. Personne ne semble penser qu’en « oubliant » sa carte d’identité il revendique l’attentat ? J’ai aussi lu que personne n’était mort à la rédaction de Charlie hebdo. S’ils ne sont pas morts, où sont-ils ? (sans déconner arrêtez la drogue les gens ou achetez-vous un nouveau cerveau, je sais pas, faites quelque chose).

Bien sûr il reste des zones d’ombre et de questionnement dans les deux attentats, Charlie et l’Hyper casher mais  nous ne saurons jamais la vérité sur ces points, les présumés terroristes étant aujourd’hui tous morts comme leurs victimes. Si les médias officiels nous mentent, les médias alternatifs ne sont pas non plus des saints. Il faudrait peut-être respecter les familles des victimes et les victimes elles-mêmes en faisant preuve de pudeur.

Il y a trois jours je prenais le taxi et je suis tombée sur un chauffeur bavard, on a évidemment parlé de l’attentat à Charlie hebdo (celui de l’hyper casher n’avait pas encore eu lieu…). Le chauffeur était français d’origine kabyle et musulman pratiquant, il m’a dit « Vous savez, je les ai vues les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Elles m’ont beaucoup fait rire. Et je peux vous dire que même le prophète en aurait ri parce que le prophète était un amoureux des femmes mais il aimait aussi beaucoup les plaisanteries ! » Et il a ajouté « Dans le Coran, il est écrit que celui qui tue un homme tue l’humanité, ces types-là ne sont pas musulmans, ils sont fous ! » On a continué à parler, il m’a expliqué qu’on lui disait souvent qu’il était « bien intégré » en France alors qu’il est né ici, que c’était usant d’entendre de tels propos mais qu’il avait appris à s’en foutre. Cette conversation qui a duré plus longtemps que prévu à cause des bouchons a été un vrai plaisir, un vrai échange et ça m’a requinquée pour la journée !

Lassana Bathily. Le héros de l’attaque de l’épicerie casher. L’employé  musulman pratiquant que les policiers ont pris pour un terroriste alors qu’il venait de sauver plusieurs personnes dont un bébé en les cachant dans une chambre froide. Lorsqu’il est sorti il a aidé la police à neutraliser Amedy Coulibaly (et les policiers n’ont pas jugé bon de s’excuser de l’avoir pris pour un terroriste ni ne l’ont remercié, manque de civilité regrettable).  Quel beau symbole quand il explique aux journalistes que les juifs sont ses frères et qu’il lui a semblé normal de les aider. Ca réchauffe le cœur. Si seulement tous les religieux au monde pouvaient lui ressembler. Sourate 5, 32 « […] Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain […] ». Tout est dit.

L’espoir n’est pas mort. Des cons, il y en aura toujours mais des gens bien aussi. Il suffit d’ouvrir un peu les yeux.

Ce dimanche 11 janvier et cette belle marche républicaine resteront dans nos mémoires.  Même à ceux qui ne sont pas sortis de chez eux comme moi, qui auront préféré rester devant leur poste de télévision comme hypnotisés par cet élan de solidarité sans précédent. Plus de deux millions de personne. Mêmes les autorités ont arrêté de compter.

Il y a deux ans, j’ai eu la chance de rencontrer Luz, dessinateur pour Charlie hebdo. Lorsque je l’ai vu s’effondrer, assise devant ma télé, puis se reprendre et lever les yeux au ciel comme pour y trouver un signe de ses amis disparus, j’ai pleuré à chaudes larmes. Tout cela est malheureusement bien réel, on tue d’inoffensifs dessinateurs en France. On tue d’inoffensifs juifs qui font leurs courses. On tue des flics sans aucune pitié.

Maintenant c’est à nous de continuer le combat pour la liberté d’expression et la liberté tout court.

11janvier2015

#JeSuisCharlie

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La consternation, l’horreur puis la tristesse. La colère viendra dans quelques heures… L’attaque à la Kalachnikov par des fous religieux ce matin au sein de la rédaction de Charlie Hebdo ne laisse personne indifférent. Pour faire taire la liberté d’expression dont jouit notre pays ils ont choisi des armes qu’on voit habituellement dans les jeux vidéo, des armes qui ne laissent aucune chance à la cible. Aucun dialogue possible, juste le besoin de tuer au nom de Dieu (ou Allah ou qui on veut, ça n’a pas d’importance, les fanatiques existent dans toutes les religions). La lâcheté dans toute sa splendeur.

Les terroristes doivent être emmerdés devant leur poste de télévision, pour le moment, ce qu’on peut constater c’est l’inverse de ce qu’ils veulent. Point de chaos. Les Français se rassemblent à Paris, Toulouse, Marseille, Lille et ailleurs pour montrer leur solidarité avec les victimes et leur solidarité avec la liberté de la presse. Comment des dessinateurs irrévérencieux qui avaient pour seule arme un crayon et beaucoup d’humour ont-ils pu représenter un danger si grand qu’il faille les abattre sans autre forme de procès ? Je crois qu’on peut « remercier » ces abrutis de nous rappeler à quel point il faut que nous nous réveillions. Il est temps de se rassembler, non pas à travers des communautés, mais se rassembler autour des valeurs auxquelles nous tenons, parce qu’à travers la liberté d’expression c’est la liberté elle-même qui est menacée.

Ce soir je m’en veux de ne pas avoir acheté Charlie Hebdo plus souvent. Je soutiendrai le journal désormais parce qu’il n’est jamais trop tard pour se réveiller, pour prendre dans la gueule que rien n’est jamais acquis. Ce soir je ne peux m’empêcher de penser que sans religion, il n’y aurait pas de fous de Dieu. Que si chacun lisait et comprenait Krishnamurti plutôt que de se rendre à l’église/la mosquée/la synagogue, le monde se porterait bien mieux. Tous les croyants ne sont pas fanatiques, j’entends bien, mais tout de même, je ne parviens pas à comprendre ce besoin qu’à l’être humain de se regrouper sous une même étiquette, sans doute pour se rassurer. Je ne comprends pas le prosélytisme. Si la Foi est quelque chose de personnel, je ne m’explique pas comment on peut vouloir qu’autrui adopte la même religion, le même système de pensée. Je suis végétalienne parce que la cause animale m’est chère mais je ne cherche pas à convertir qui que ce soit à ma « religion ». On m’a appris que la diversité des opinions (religieuses ou non) font notre richesse, c’est à travers nos différences qu’on peut accéder à une meilleure compréhension de cette foutue vie sur Terre. En tant que petite blogueuse du net, ce soir je me dis que je ne m’autocensurerai plus, je dirai encore plus ce que je pense, parce que j’ai la liberté de le faire, et tant pis si je me mets encore tous les Sudistes à dos quand je dis que je n’aime pas le Sud en général et Toulouse en particulier. Ce soir plus que jamais Je Suis Charlie.

2014, 2015 (et les années qui suivront) : même combat

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J’ai failli moi aussi faire un bilan de l’année écoulée mais je vais vous épargner cette fois. 2014 fut une excellente année, en dire plus serait malvenu, voire prétentieux. Après le bilan de 2014, tout le monde y va de son petit billet sur les résolutions. Mais, soyons honnêtes, les résolutions existent uniquement pour ne pas être tenues. Quand on décide quelque chose, on peut (aussi) se taire et faire son truc dans son coin, sans prendre la terre entière à témoin.

Je pourrais me faire croire (et vous, lecteurs, avec) que je vais arrêter de fumer en 2015. Pour tout vous dire, j’avais justement décidé d’arrêter de fumer le 2 janvier (pas le 1er parce que c’est trop facile). Nous sommes le 4 janvier, il est 15h08 et je viens d’écraser une Camel. Suis-je déçue par moi-même ? Non, même pas. Oui, dépenser 200 € par mois pour des cigarettes c’est stupide. Je revendique le droit à la stupidité.

Je pourrais mieux m’organiser  dans ma vie personnelle, je pourrais ranger et nettoyer l’appartement plus souvent, je pourrais arrêter de perdre mes clefs, mon portefeuille et mon agenda, je pourrais arrêter d’acheter des trucs sur le net trois fois par semaine, je pourrais arrêter de critiquer intérieurement les gens mal habillés dans le métro, je pourrais arrêter de soupirer quand je vois quelqu’un avec un putain de livre électronique, je pourrais arriver à l’heure au travail tous les matins, je pourrais vraiment écouter ma collègue se plaindre sans penser « Mais ta gueule ! Putain ! TA GUEULE ! », je pourrais être moins exigeante avec moi-même et ceux qui m’entourent, je pourrais arrêter de tout faire brûler dans la cuisine, et faire la vaisselle juste après le repas, je pourrais sortir les vêtements de la machine tout de suite et pas 12 heures plus tard, je pourrais gronder le chat femelle qui s’amuse à faire caca sur le tapis parce qu’on ne s’occupe pas assez d’elle. Je pourrais. Si seulement j’en avais envie.

En 2015 ce sera toujours autant le bordel qu’en 2014 mais ça ne m’empêchera pas de passer une bonne année. Et je ne doute pas que cette nouvelle année m’apporte de nouvelles leçons, je suis prête à tout remettre en question, je suis prête à apprendre même quand ça fait mal. Comme le dit Cioran « Une seule chose importe : apprendre à être perdant ». Parce qu’une fois qu’on a appris, on peut réussir !

Rappelons que jusqu’au XVIème siècle, la nouvelle année commençait le 1er mars. Je crois que j’aurais préféré que ce soit toujours le cas. Ou qu’elle commence le même jour que le Printemps ! Ce serait peut-être plus facile de faire des résolutions qu’on tiendra. Parce que l’hiver est propice au cocooning, pas à l’action ! Sur ces bonnes paroles, je vais passer l’aspirateur, comme ça j’aurais l’impression d’avoir fait quelque chose aujourd’hui.

(Sinon j’ai ça dans la tête depuis que je me suis levée ^^)