Le connard sonne toujours deux fois (au minimum)

Appelons-le X. Je serais ennuyée de révéler son vrai prénom parce que c’est un prénom que j’aime énormément, un vrai prénom de connard. X. et moi nous sommes rencontrés il y a presque dix ans, il était plus jeune que moi (huit ans de moins) et pour me faire tomber il a utilisé une technique imparable : il a fait semblant d’être mon meilleur pote. Il est vrai que nous nous entendions très bien, je le trouvais intelligent, audacieux et drôle, il avait mille idées en tête, était curieux et en plus il avait des fossettes comme Eddie Cibrian, sans doute trop pour mon petit cœur. Les fossettes, c’est LE truc qui peut me faire tomber rapidement. Mon talon d’Achille. Je n’avais jamais pensé à coucher avec X., pourtant il me plaisait mais…j’avais déjà couché avec deux de ses potes. Il était convoité, je l’étais aussi, nous pouvions, pensais-je naïvement, rester potes.

Eddie et ses légendaires fossettes

Eddie et ses légendaires fossettes

Je ne sais plus comment il a déclaré sa flamme mais je me souviens des premiers temps ensemble, on devait se cacher parce qu’il n’avait pas encore rompu avec une fille insipide avec laquelle il restait parce qu’il adorait son chien (ça ne s’invente pas). C’était un connard, j’étais une connasse, nous étions faits l’un pour l’autre. Tout était absolument parfait et j’étais déjà follement amoureuse quand il a disparu du jour au lendemain. Je pensais qu’il lui était arrivé quelque chose mais non non il était bien quelque part dans la ville loin de mon quartier de peur de me croiser.

C’est à lui que j’ai envoyé les sms les plus pathétiques de mon existence « Je t’aime. Je te hais » à 4h du mat’ une bouteille (vide) de vodka à la main. Je me la jouais grande tragédienne, je laissais aussi des messages à n’en plus finir, moins il répondait plus je m’accrochais, ce petit enfoiré avait réussi à venger tous ceux que j’avais laissés dans le même état. Je me suis vengée mais je ne vais pas rentrer dans les détails, disons qu’il a perdu tous ses accès emails et que sur facebook il est devenu gay aimant les mecs TTBM. Sa famille a dû apprécier. C’est un an plus tard, juste après avoir fait l’amour, que je lui ai révélé que le hacking c’était moi. En bon connard il a applaudi, c’est vrai que je n’étais pas peu fière !

La dernière fois qu’on s’est vus j’allais déménager, dans mon appart il ne restait qu’un lit, il n’y avait même plus de chauffage, on s’éclairait à la bougie. En montant les quatre étages il a dit « Je rêve de monter ces quatre étages depuis des mois ». Il ne m’avait évidemment pas dit qu’il voulait me revoir tous ces mois, ce soir-là il m’a contacté parce qu’il était un peu ivre et qu’il avait appris que je quittais définitivement la ville. Il s’est excusé de son comportement de connard, je l’ai insulté gentiment et la nuit fut magique (phrase sponsorisée par Catherine Lara herself).

Il y a quatre ans il m’avait contacté, on avait évoqué le bon vieux temps, il s’était encore excusé d’avoir été un connard, avait fait des compliments sur mes prouesses sexuelles, m’avait demandé s’il pouvait venir squatter chez moi l’été et…j’avais dit « oui ». Parce que c’est le seul moyen de s’en débarrasser, je le sais par expérience. Dès que j’ai dit « oui », je n’ai plus entendu parler de lui, il devait me rappeler pour les modalités, j’attends encore. Il avait eu ce qu’il voulait, il n’y avait plus aucune lutte, c’était trop facile, il pouvait se diriger vers un autre objectif.

La semaine dernière il me contacte. Je suis toujours heureuse d’entendre sa voix parce qu’il représente une partie de ma vie où je faisais vraiment n’importe quoi mais malgré tout j’en garde d’excellents souvenirs. Rapidement il s’excuse à nouveau d’avoir été un connard avec moi (encore !), il me raconte des détails de notre « relation » que moi-même j’avais oublié, c’est impressionnant tout ce dont il se souvient. Comme d’habitude, il me demande si j’ai envie de le voir et comme d’habitude je réponds « Bien sûr ! ». Et pouf ! Disparition ! Si j’avais dit « Je ne sais pas trop, tu comprends je suis en couple etc » il m’aurait appelé trois fois par jour. Il est comme ça.

Le connard est un être extrêmement prévisible et n’a aucune forme de dignité, je sais qu’il me recontactera peut-être dans deux ou trois ans. En fait c’est simple, à chaque fois qu’il termine une relation, il me recontacte, là par exemple, il devait s’installer avec une fille et l’a quittée du jour au lendemain sans explication. Si le lecteur sait compter, il notera que cette relation aura durée quatre ans. Le connard est un nuisible coriace, rien ne peut l’empêcher de frapper encore et encore. Le seul et unique moyen de défense est de lui dire « oui », ainsi il nuit moins et on gagne tous du temps. Parole de connasse !

Copenhague : entre shopping et crise de foie

J’étais très enthousiaste à l’idée de me rendre en Scandinavie pour la première fois mais je n’ai pas grand chose à dire sur Copenhague ; je n’ai pas été emballée par la ville, à force de visiter les capitales européennes, j’ai l’impression qu’elles se ressemblent toutes. Lorsque je suis arrivée il faisait un temps détestable, pluie et vent violent, j’ai été très étonnée de constater que les danois continuent malgré tout de faire du vélo….Pour ma part j’ai préféré prendre un bain moussant en regardant la pluie qui tombe sur la vitre, tellement romantique, même quand on est seule ! Les danoises sont des connasses, grandes, fines, même après trois enfants, clairement nous n’avons pas les mêmes gênes. J’en ai vu une parfaitement blonde (ce blond presque blanc me fascine), en minijupe et baskets pousser un tank dans lequel le bébé portait un bonnet avec écrit « This kid rocks ». J’ai pensé « This mum rocks too ».

J’ai beaucoup aimé Christiania et son green light district, avoir le sentiment d’être dans un genre de Disneyland sous acide, j’aurais aimé profiter de Tivoli, le parc d’attraction en plein cœur de la ville, mais j’avoue avoir été faible, j’ai passé mon séjour à faire du shopping. On est connasse ou on ne l’est pas. On m’avait prévenue : le Danemark, c’est cher. J’ai juste retenu qu’une bouteille d’eau 50 ml m’avait coûté 12 €. Au retour j’ai vaguement fait les comptes et ce n’est pas si cher que ça. Moins de 5 € pour se rendre à l’aéroport en métro, c’est moins cher qu’à Paris. Un dîner à 40 € et un déjeuner à 16 € c’est dans les prix parisiens. Et pour le shopping…ça vaut vraiment le coup, d’autant qu’il existe des marques danoises bon marché qui proposent des vêtements vraiment sympas que l’on ne trouve pas à Paris, c’était l’occasion de refaire ma garde-robe et d’avoir des vêtements originaux (j’y reviens plus loin).

J’ai adoré adoré le diamant noir, la bibliothèque royale dont le bâtiment est recouvert de granite où se trouvent les archives de Kierkegaard (rien que de l’écrire, ça me fait quelque chose), malheureusement on ne peut consulter aucun livre, tout est numérisé (douche froide même si je n’aurais de toute façon rien compris au danois…). A propos du danois, la langue, c’est fou de ne rien comprendre à ce point, j’ai pensé à mes frères, s’ils avaient été là on aurait beaucoup ri en essayant de les imiter (on est moqueurs dans la famille). Oh et à propos des danois, les specimen masculins, j’ai été charmée par deux ou trois sourires et deux ou trois grands yeux bleus, ce qui ne gâche rien. Comme disait feue ma grand-mère « Les yeux n’ont pas de barrière ».

Comme l’indique le titre de ce billet, en dehors du shopping, je n’ai fait que de manger des pâtisseries danoises, notamment un roulé à la cannelle à tomber par terre, enfin, je n’en ai pas mangé un seul mais plutôt trois par jour. Quand j’aime je ne compte pas. (Si je lisais ce billet je me dirais que la fille qui écrit ça est énorme mais je jure que je ne suis pas énorme, imaginez-moi plutôt telle une sirène mais avec des jambes).

Revenons au shopping, les marques Envii et Moss Copenhagen sont danoises et dans les prix d’un Zara je dirais (une robe à 50 €, un sweat à 35/40 €, t-shirt à 25 €). Ces deux marques proposent une mode contemporaine dans des coupes qui tombent bien, des classiques revisités pour un look effortless (vous êtes toujours sur le blog encore une connasse parisienne, pas dans Vogue, restez avec moi, merci). Je suis vraiment contente de mes achats, si je vivais dans ce pays je passerais ma vie dans ces deux boutiques, j’aurais bien pris des photos mais j’ai la flemme, allez sur leurs sites, sachant qu’ils ne livrent pas en France mais bon… J’ai aussi shoppé chez Bikbok qui n’est pas une marque danoise mais norvégienne, c’est encore moins cher mais pas toujours de qualité et souvent trop jeune (les robes en polyester avec grosses fleurs jaunes et ras-la-touffe je dis NON) mais on peut trouver des choses fort sympathiques, il faut fouiller. Pour ma part ce fut une chemise en jean très bien coupée, une jupe courte à imprimé noir et blanc, une jupe courte noire plissée et un débardeur avec bretelles en crochet (que je ne mettrais jamais mais j’aime l’idée de l’avoir dans mon dressing, le tout pour 100 € !). J’ai aussi acheté des choses chez Topshop, à Paris nous n’avons qu’un ridicule corner, je crois que c’était plus cher qu’en France mais tant pis…

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Montage of heck : Kurt Cobain ressuscité

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Montage of heck ou la résurrection de Kurt Cobain pendant deux heures et douze minutes. Un documentaire poignant et dense au format original qui restera une référence. Les adolescents du monde entier se repasseront le docu en boucle comme une drogue dure. Brett Morgen, son réalisateur, a voulu que le spectateur passe plus de deux heures dans la tête de Cobain. Si cela semble prétentieux, il n’en est rien, le pari est plus que réussi. On en redemande.

A la fin du documentaire, la salle a applaudi. J’étais émue, je n’ai même pas été foutue de suivre le mouvement, j’ai fui pour me retrouver à l’air libre et j’ai eu une terrible envie de fumer une cigarette parce que j’étais triste, très triste, mais aussi vraiment heureuse. Pendant deux heures et douze minutes Kurt Cobain était en vie, sous mes yeux, et j’avais à nouveau 16 ans. Presque une semaine plus tard je suis encore sous le choc. Si j’avais la possibilité de retourner le voir je le ferai mais il n’y a eu qu’une séance unique le lundi 4 mai à 20h dans certaines salles de cinéma de France. C’est fini.

Le docu est un foutoir composé de séquences animées à partir de dessins ou écrits de Kurt en rythme avec la musique de Nirvana, de films personnels où l’on voit Kurt en tournée ou dans l’intimité avec sa femme Courtney et sa fille Frances, de témoignages de proches face caméra, ses parents, sa sœur Kim, Krist Novoselic, bassiste de Nirvana, sa première girlfriend Wendy puis Courtney Love.

Brett Morgen a eu accès à tout ce que Kurt a produit de son vivant et il était prolifique, il est tombé sur des enregistrements sur lesquels Kurt évoque son adolescence. L’idée géniale de ce documentaire a été de faire appel à un artiste néerlandais, Hisko Hulsing pour créer des mini films d’animation alors que Kurt nous raconte sa vie. C’est puissant et encore je retiens mon enthousiasme. Le mélange de la voix de Kurt et du dessin de Hisko Hulsing est tout simplement orgasmique pour tout fan qui se respecte (les autres n’auront aucun intérêt à voir Montage of heck).

©Hisko Hulsing Studio

©Hisko Hulsing Studio

Brett Morgen s’en tient aux faits, pas de polémique dans Montage of heck, juste les faits sans fards et parfois ce n’est pas beau à voir mais au moins c’est honnête. La mère et le père de Kurt se succèdent,on comprend d’où vient le malaise de son enfance, ce joli petit garçon blond si gentil et hyperactif dont on ne sait que faire, tant que le couple tient ça va mais après le divorce on se refile le paquet de linge sale jusqu’au jour où plus personne n’en veut. Une mère avide de liberté et un père transparent, tous deux excédés par ce fils encombrant qui veut trop d’amour, trop d’attention et qui joue au petit con pour se faire remarquer. Un fils trop sensible qui aimerait se faire des amis, qui supporte très mal les moqueries et fait une première tentative de suicide à 14 ans sans que personne ne semble comprendre que c’est sérieux.

Il trouvera son salut dans la musique. Puis l’amour et enfin la possibilité de fonder sa propre famille, de réussir là où ses parents ont échoué. Même les plus grands détracteurs de Courtney Love seront obligés d’admettre que ces deux-là s’aimaient, couple un peu bancal à la Sid et Nancy certes mais couple malgré tout. Et au milieu ce beau bébé tout blond comme son papa qui rendra Kurt encore plus sensible, si c’est encore possible de l’imaginer. Ce jeune père déjà soucieux de l’avenir de sa fille qui écrit « J’ai peur de ce qu’elle deviendra lorsqu’elle sera grande ». C’est elle, Frances, qui a produit ce documentaire. Peut-être pour dire au monde entier qu’avant d’être le porte-parole sacrifié d’une génération il était son père ? Ou pour entendre sa mère dire face caméra qu’elle était une enfant désirée et non le fruit du hasard ? Je ne sais pas trop mais je peux parier que Kurt aurait été fier de sa fille.

J’aime…

[Ce billet est le deuxième que je rédige dans le cadre de L’Atelier des Jolies plumes, un atelier d’écriture entre blogueurs et blogueuses amoureux des mots. Le thème change chaque mois, pour le mois de mai c’était simplement « J’aime ».

Intéressés ? Envoyez un petit mot à latelierdesjoliesplumes@gmail.com ou @lesjoliesplumes sur Twitter]

J’aime tremper un bon morceau de pain dans une vraie huile d’olive première pression à froid qui vient d’Italie. Pas du pain blanc, non, du vrai pain de campagne bien doré avec une mie aérée juste comme il faut. Le goût prononcé de cette huile et sa douceur sont un bonheur. Si on ajoute une pincée de sel de Guérande, c’est l’extase ! Arrêtez d’acheter de la fausse huile d’olive par pitié, l’huile d’olive vient d’Italie et de nulle part ailleurs (ce sont mes origines qui parlent, pardonnez mon intolérance).

J’aime passer la journée au lit. En sortir uniquement pour grignoter quelque chose ou faire pipi. Faire des siestes et encore des siestes, écrire des trucs, lire des trucs, regarder des vidéos de chats et de pandas roux et de chauves-souris rescapées mais surtout ne rien faire à part des câlins, des bisous etc. Je peux passer deux journées ainsi sans sortir, c’est ma limite.

Dans le même registre, j’aime me faire porter pâle pour rester à la maison. Il n’y a rien de plus beau que de rester un jour de semaine au lit à regarder les feux de l’amour en mangeant des cookies à la noix de coco, s’endormir sur le dos et se faire réveiller par…ses propres ronflements. Bénies soient ces journées-là qui n’ont de sens que parce qu’elles sont de l’ordre de l’exceptionnel (je dis ça mais le mois dernier j’en ai eu six des journées comme ça, j’ai un peu abusé).

J’aime voyager seule. Établir un programme précis sans jamais le respecter, se perdre encore et encore, écouter les inconnus raconter leur vie. Entendre d’autres langues, observer le fonctionnement de ces humains à la fois proches et si différents. Et après chaque journée tout écrire dans mon petit carnet, confident de ces longs week-ends. Ces moments je les partage avec la personne la plus importante de ma vie : moi-même (si, si, je vous jure, essayez, vous verrez, par contre si vous ne vous aimez pas, vous risquez de vous emmerder…). J’aime rentrer à la maison après mes escapades, j’ai toujours mille anecdotes à raconter et les bras chargés de cadeaux, les retrouvailles sont aussi bonnes que les départs.

J’aime regarder mon amoureux dormir. C’est le plus beau du monde. Et s’il dort avec le chat, je ne réponds plus de moi, je saisis l’appareil photo telle une touriste devant un monument historique…(aucun commentaire ne sera toléré).

J’aime les relations amicales épistolaires avec de parfait(e)s inconnu(e)s. Certains écrits, même virtuels, peuvent sauver la vie. Et l’écrit a beaucoup plus de charme et de vérité, les mots ne mentent pas. J’ai toujours pensé qu’on mentait moins à l’écrit que lors d’une vraie rencontre. Dans la vraie vie il faut se confronter à un être de chair et de sang qui ne correspond souvent pas du tout à ce que l’on avait imaginé, finalement on n’a rien à se dire, aucune affinités, pire qu’un date foireux sur Meetic. Physiquement on avait imaginé une personne avenante et on se retrouve face à quelqu’un qui est habillé comme un sac, qui a une voix nasillarde ou un balayage de cheveux : l’angoisse. Vivent les amitiés virtuelles !

 

Le balayage, ce fléau

Le balayage, ce fléau

 

J’aime Paris l’été. Pourtant je déteste l’été. Mais… la ville s’offre à moi pour mon anniversaire ! Écouter Stevie Wonder à Paris l’été en marchant près de la place des Vosges, poursuivre par une pita ratatouille chez Miznon. Le bonheur. « Les gens s’étonnent toujours que vous ne quittiez pas Paris l’été, sans comprendre que c’est précisément parce qu’ils le quittent que vous y restez. » (Henry de Montherlant)

J’aime l’architecture. J’aime la noix de coco. J’aime New York, Prague, Venise, Bangkok etc etc J’aime tous les chats du monde, surtout le mien mais aussi Roo qui est la créature la plus awwwwww qui soit. J’aime Gary Shteyngart, je vénère Larry David, Larry, je t’aime fort fort fort. J’aime les maladroits et les prétentieux (pour mieux les broyer avec ma langue acérée). J’aime quand je dis « merci » et qu’on me répond « Je vous en prie » au lieu du sempiternel « de rien » atroce qu’on entend chez les gens sans éducation. J’aime mes seins et mes fesses et j’aimerais bien que toutes les femmes aiment aussi leurs seins et leurs fesses. J’aime les collants Wolford et les bijoux des années trente, les tasses russes en porcelaine et Le journal du séducteur de Kierkegaard,  j’aime les nouvelles rencontres de ces dernières semaines et les retrouvailles avec B. <3 (hiiiiiiiiiiiiiiiii *cri de personne très contente*).

(et Gwen, non seulement je t’aime mais en plus je suis fière de toi. Bravo, bravo, bravo)

Roo <3

Roo <3

Ce blog est en dépression

Ce blog est en dépression et si son auteur n’est pas encore complètement au fond du trou, elle accuse une mélancolie certaine doublée d’une envie de rien, mais vraiment rien. Elle est donc dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit, le rien n’étant pas un vrai sujet.

Statistiquement le printemps est la saison où il y a le plus de suicides, sachez-le. Pour éviter d’écrire ce genre de constats peu réjouissants, je décide de rendre mon tablier de blogueuse pour un temps indéterminé. Je suis un peu une connasse au chômage.

Hier un mec bourré me dit « Je t’aime » puis « Enfin… 50 % je t’aime et 50 % je t’aime pas », j’ai répondu « Moi c’est à 100% que je t’aime pas ». J’ai failli ajouter « connard » mais j’étais de bonne humeur, contrairement à aujourd’hui. C’est la seule anecdote un peu sympa que j’ai en stock, je suis désolée.

Ne me souhaitez pas du « courage ». Ça sonne faux. On ne se connaît pas. On ne se connaîtra jamais. Je ne veux plus voir personne. Il faut être très méchant pour souhaiter du « courage » à quelqu’un. Autant dire « Je m’en lave les mains de tes problèmes mais il faut bien que je dise quelque chose parce que socialement c’est ce qui se fait ». Socialement. Aller vivre sur une île déserte avec mon amoureux et mille chats sauvages. Là est peut-être mon salut.

D’ici là je vais m’énerver dans la vraie vie, je vais détester mes congénères dans la vraie vie, je vais critiquer et critiquer et encore critiquer tout ce que je peux de toutes mes forces, je vais lutter pour aller travailler tous les matins, je vais partir en vacances, et un jour « ça ira mieux ». Un jour.

Journal d’une fumeuse abstinente : 1 mois !

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J’ai fumé ma dernière cigarette le 3 février vers 23h. Depuis j’ai vécu des moments difficiles, surtout les deux premières semaines où j’ai été, disons-le clairement, imbuvable dans le cadre du travail (at home je suis beaucoup plus peace, sans doute les fameux ronronnements anti-stress). Je choisis de ne sortir qu’avec des personnes non-fumeuses par prudence, je bois de l’alcool mais toute seule (j’y reviendrai) et je ne regarde plus aucun film d’Arnaud Despleschin ni la série Mad men, à vrai dire dès qu’une personne fume, je change de film. Heureusement grâce à Netflix, j’ai le choix.

J’ai eu tellement de mal à aller travailler que j’ai fait semblant d’avoir je ne sais plus quoi, une gastro je crois, pour rester à la maison pendant deux jours. Sortir de chez soi est une épreuve quand on arrête de fumer parce qu’à Paris tout le monde fume et partout de surcroit. Sur le chemin du métro, devant les cafés, aux arrêts de bus, partout. Cela dit at home ce n’est pas mieux parce que mon mec fume et même si je lui ai gentiment expliqué qu’il fallait vraiment qu’il fume dans la cuisine et nulle part ailleurs, je sens l’odeur de tabac et mon cœur se serre, je suis en manque, ça me manque, j’en veux ! Mais je ne refume pas. Je suis plus forte que ça, vous me prenez pour qui ? J’aime bien les épreuves, ça doit être mon côté maso…

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Sans la cigarette dans ma vie je me sens orpheline. Je sais que cette phrase peut paraitre extrême mais c’est ce que je ressens. Le sentiment d’avoir perdue une meilleure amie. Qui me faisait du mal, certes, mais c’était quand même ma BFF. Je me tournais vers elle plusieurs fois par jour et désormais je me tourne vers…les infusions. J’ai testé tous les parfums possibles, en ce moment je carbure à l’hibiscus (et j’ai même acheté des fleurs à cuisiner mais c’est un autre sujet).

Depuis que j’ai arrêté de fumer je bois deux fois plus…d’alcool. Je me suis pris une cuite toute seule un lundi soir (d’où l’idée de la pseudo gastro les deux jours qui suivent), je ne sais pas pourquoi je choisis de me murger la tronche le lundi soir, sans doute mon petit côté rebelle de la life. Déjà quand j’avais la petite vingtaine j’avais des lendemains de cuite difficiles, autant dire que maintenant du haut de mes 36 ans et demi, c’est carrément la catastrophe, le lendemain je suis un cadavre et le surlendemain je suis en décomposition. Il me faut au moins deux jours pour ressusciter. Deux jours à me faire livrer par alloresto parce que je suis incapable de sortir du lit. Je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis douze jours et je compte non pas arrêter (faut pas déconner) mais réduire ma consommation. Je ne sais pas boire deux verres, je bois systématiquement six ou sept verres ou plus, le juste milieu ? connais pas.

Sinon, rien à voir mais je trouve cette photo de Kim Kardashian fascinante. Comment peut-on avoir des hanches aussi larges ? (y aurait-il un peu de culotte de cheval en rab ?) Je ne dis même pas que c’est moche, je suis hypnotisée par cette photo. Le haut et le bas de son corps ne semblent pas appartenir à la même personne (faites le jeu, c’est rigolo). En revanche le blond platine quand on est brune à la peau mate, c’est la pire idée du siècle (à moins de vouloir être vulgaire, bien entendu). Je m’étais amusée à changer virtuellement de couleur et de coupe de cheveux grâce à un logiciel de relooking gratuit (faites le jeu, c’est rigolo bis) et il faut se rendre à l’évidence : je resterai brune jusqu’à ma mort (même si j’ai eu les cheveux bleus et violets étant ado mais ado on se cherche…). Brunettes rule the world :)

kimk

Lost and found

Je n’avais rien à lire. Il n’y a rien de pire que de n’avoir rien à lire dans le métro. On est obligé de regarder en face de soi, le malaise est garanti. Personne ne sourit, les gens sont gris comme le ciel parisien. Et tous habillés pareils. Heureusement qu’il y a quelques touristes pour mettre un peu de couleur dans cette monotonie qui fait mal aux yeux. Face à soi on regarde cet homme qui pense qu’on est forcément intéressée. Sauf qu’on le regarde parce qu’on focalise sur l’un des boutons qu’il a sur le visage ou sur un nez particulièrement disgracieux. Il m’est arrivé de me faire draguer dans le métro, une fois j’ai même failli donner mon numéro de téléphone à un homme dont le bagout aurait pu me faire craquer rapidement (voire très rapidement). La seule raison pour laquelle je ne l’ai pas fait c’est la peur de passer pour une trainée auprès des autres usagers qui entendaient notre conversation. En même temps il faut avouer que ce type n’était pas très intelligent, c’est lui qui aurait dû me laisser le sien de numéro. Peut-être l’aurais-je appelé, qui sait ?

Toujours est-il que j’étais dans ce métro, que quelqu’un se lève pour laisser une place vacante et sur ce siège je vois une clef usb qui a dû tomber de la poche de la personne qui était assise là il y a trente secondes. Je n’ai pas regardé cette personne, je n’ai aucune idée de sa physionomie. Je semble être la seule à voir cette clef métalisée à l’abandon. Etant de nature assez curieuse, je meurs d’envie de m’en emparer et de l’emmener chez moi pour découvrir la vie d’un inconnu. Deux stations plus tard la clef est toujours là et je décide de changer de place pour mettre mon fessier sur ladite clef. C’est le moment que choisit un usager pour me lancer « Vous êtes assise sur une clef usb, Mademoiselle ». Et merde. Mais de quoi je me mêle, bordel ? Moi qui voulais la subtiliser tranquillement…Je suis forcée de répondre « Ah ? Vous avez raison ! Je vais la garder ». Le type me rétorque « Oui c’est toujours utile ! ». Pauvre fou. Je m’en tamponne le coquillard d’avoir une clef usb, ce qui m’intéresse c’est la vie de cet inconnu !

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De retour chez moi je frémis en imaginant des dossiers pleins de mystères, des secrets inavouables, un roman inachevé, des photos de famille, peu importe, je vais entrer dans l’intimité d’une vie qui n’est pas la mienne. Je vois plusieurs dossiers dont un intitulé « secret ». C‘est trop beau pour être vrai. J’ouvre, pleine d’espoir mais le dossier en question est vide. Trop secret. Même pour une clef usb. Dommage. Un autre dossier s’intitule « assurance vie ». Le dénommé M. demeurant dans le 9ème aura droit à la somme de 30,393,30 € laissés par sa grand-mère maternelle. Il y a aussi son CV. Dire que je pensais que le mien était chaotique, là c’est du grand n’importe quoi. Il commence sa carrière en tant que peintre en bâtiment puis il enchaîne sur serveur, il devient ensuite chauffeur-livreur puis vendeur dans une boutique de robes de mariées, aujourd’hui il est plongeur. Il dit maitriser l’outil informatique, à voir son CV, je peux jurer que non…Il n’y a pas de date de naissance mais il a obtenu son bac « sciences naturelles » (pardon ?) en 1989, j’en déduis qu’il a honte de son âge. Ses passions ? La lecture, la photographie, internet, le football et le vélo. On peut parier que tout cela est parfaitement faux mais il doit penser qu’être un « touche-à-tout » est un atout (allitération en « t » tout à fait). Ses qualités ? « sérieux », « contact humain » et « assiduité ».

Je décide de lui renvoyer sa clef usb à l’adresse indiquée sur son CV. J’ai presque envie d’écrire « J’aurais aimé que vous ne vidiez pas le dossier « secret »…Sans rancune ! » mais je me ravise, je bafouille un truc mignon en mode Amélie Poulain « J’ai trouvé votre clef blabla espère que blabla cordialement blabla ». La semaine dernière j’ai trouvé une carte d’identité dans la rue et j’ai fait la même chose. Depuis que je suis petite je rêve de trouver un sac de luxe rempli d’argent (c’est arrivé à la meilleure amie de ma mère, voilà pourquoi). Si c’est le cas, que ce soit bien clair, je ne rends rien du tout :D