Prague for ever

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Prague…c’est avant tout des ponts à perte de vue mais surtout un pont, celui qu’on sera obligé de prendre en photo sous tous les angles tant il est majestueux, le pont Charles. On ne se lassera pas de le voir surgir de l’eau, même si les touristes sont légion et qu’on aimerait le garder pour soi (c’est possible en se levant très tôt et il n’y a pas meilleur spectacle !).

Prague c’est un éblouissement de tous les instants  : la colline de Petrin qu’on aura bien du mal à grimper sous 30 degrés et un soleil assassin, les espaces verts de l’île de Kampa surnommée « la petite Venise de Prague » qui n’attendent que nous, les églises de tous styles qui rappellent que des gens croient en Dieu en 2014, les joueurs de flûte/violon parce que Prague c’est aussi la ville de la musique classique, tout comme Mozart avant lui, Beethoven y élira domicile (un appartement de son immeuble est actuellement en vente pour 850,000,00 $…). Je me suis surprise à parler toute seule à voix haute en me promenant dans les rues « Putain mais merde qu’est ce que c’est beau ! ». C’est magique, Prague. On a le sentiment d’évoluer dans un conte de fée. Disneyland peut aller se rhabiller.

J’avais lu ici et là que les Tchèques étaient froids. Encore un cliché. Les Tchèques ne sont pas froids, ils sont discrets, ça n’a strictement rien à voir. Quand on fait l’effort de dire « bonjour », « aurevoir », « merci » et « s’il-vous-plaît » (la base) dans leur langue, ils seront beaucoup plus enclins à communiquer. Il ne faut pas oublier que Prague est une ville très touristique et que les touristes peuvent parfois être très cons, surtout quand ils sont en groupe.

Prague c’est également la ville des musées, j’ai choisi de visiter celui qui se trouve sur l’île de Kampa, une fondation privée dédiée à l’art moderne et contemporain. J’aurais aimé décrocher un tableau de Josef Šíma, un surréaliste rebelle, pour l’accrocher dans mon salon …Le Musée Kampa en lui-même est une œuvre d’architecture, reconstruit dans un moulin, il offre un panorama fabuleux sur le château de Prague et la Vltava.

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Le quartier le plus bondé de Prague est bien entendu le stare mesto ou quartier de la vieille ville où son horloge astronomique amuse les touristes toutes les heures avec ses automates qui s’animent, c’est peut-être cliché mais quel bonheur d’entendre la foule applaudir quand le spectacle se termine ! Il est possible d’échapper à la masse de touristes en se réfugiant dans le nove mesto, quartier désert et plein de découvertes où je me suis perdue encore et encore (est-ce-qu’il existe une seule femme sur Terre qui a le sens de l’orientation ? Allez-y, dites que je suis sexiste mais je pose sincèrement la question). C’est là qu’on trouvera « la maison dansante » appelée aussi Ginger et Fred, immeuble réalisé par Frank Gehry qui a aussi réalisé la cinémathèque de Paris. Ce qui prouve encore une fois que la modernité se marie à merveille avec les vieilles pierres. Le quartier le plus charmant restera celui de la mala strana à mes yeux, c’est là que j’avais choisi mon hôtel, à quelques pas du mur de John Lennon, symbole de paix et de liberté sur lequel les touristes écrivent tels des adolescents attardés leurs initiales précédées d’un cœur (la mièvrerie c’est universel).

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Je n’ai pas honte d’avouer que j’ai « fait ma touriste » en commençant dès mon arrivée par un tour privé en segway avec un guide tchèque qui m’a offert une prune cueillie à un arbre sur la colline de Petrin. Il précisera que certains praguois ont tendance à abuser de ces fruits gratuits, pauvre de lui, si ça avait été à Paris, il n’y aurait plus eu aucun fruit de disponible… J’ai dévalé les pentes avec mon engin motorisé sans craindre les remontées, ce fut une expérience à la fois amusante et constructive. J’ai le mal de mer mais j’ai tout de même accepté de faire un tour en barque sur la Vltava pour voir le pont Charles d’en bas. Ce fut un enchantement, non seulement de profiter du beau temps et de la vue, et quelle vue !, mais aussi de voir évoluer les cygnes et autres canards qui barbotent comme si vous n’existiez pas.  

J’ai goûté la bière tchèque pour la forme (la vodka c’est quand même meilleur), j’ai surtout découvert de merveilleux restaurants végétaliens. Eh oui, Prague contient plus de restos végé que Paris. Je conseille Lehka Hlava (Clear head en anglais) où j’ai mangé le meilleur « cheesecake » cru de mon existence. Un orgasme culinaire authentique. Il y a aussi Loveg, restaurant totalement vegan situé dans Nerudova où j’ai dégusté un carpaccio de betteraves succulent. J’ai eu le plaisir de déguster une limonade maison dans un café/restaurant de Mala Strana où passait Dancing Queen d’Abba, j’étais dans un tel moment de joie que j’ai failli me lever pour danser et chanter jusqu’à ce que je voie la serveuse le faire !

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Peut-on faire du shopping à Prague ? Tout à fait. Il y a les marionnettes bien sûr (attention aux arnaques made in China, une vraie marionnette fait main ça a un coût!). J’ai choisi de me rendre dans un centre commercial parce que ce sont étrangement des endroits que j’aime beaucoup. Le Palladium a un Topshop, ç’aurait été dommage de ne pas profiter des soldes (hum, je n’ai acheté que des articles non soldés). J’ai aussi acheté un truc pour faire briller ses ongles naturels je sais pas quoi uniquement parce que la fille était jolie et que je me suis noyée dans ses yeux bleus-verts (les tchèques n’ont rien à envier aux Polonaises). Je me fous d’avoir des ongles brillants mais bon…ça lui faisait tellement plaisir et je me suis trompée de touche sur le DAB en retirant 10 fois plus que prévu…

A l’hôtel, j’ai pu découvrir la pop tchèque et je me suis dandinée sur Ewa Farna et son Leporelo, pratique pour apprendre la prononciation de la langue puisque les paroles s’affichent dans le clip. Et puisque la cartouche de Camel ne coûte que 30 €, j’en ai ramené 4 (mais je sais que fumer tue, MAIS JE M’EN FOUS HAHAHAHA, vivre aussi ça tue).

 

Il n’y a rien de mieux que de changer d’air, de s’envoler seule pour une destination inconnue, j’ai marché 8 heures par jour, je n’ai plus de jambes mais j’ai vu tant de jolies choses, vécu tant de jolis moments, j’ai pris 300 photos qui sont des souvenirs et qui sont infimes comparées au bonheur que j’ai eu de visiter Prague la ville aux cent clochers. La prochaine fois, je reviens avec mon amoureux parce que voir un couple s’embrasser sur le pont Charles m’a un peu foutu les boules sur le moment. Venise est une ville romantique mais Prague n’a vraiment rien à lui envier. Avis aux amoureux qui auront eu le courage d’aller au bout de ce billet.

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Comment s’éclipser discrètement du bureau ?

Vos vacances ne sont pas prévues avant le mois d’août voire septembre et la fatigue accumulée tout au long de l’année commence sérieusement à se faire ressentir. Vous ne pouvez plus prendre de RTT, vous êtes condamnée à rester au bureau qui s’est transformé en no man’s land depuis le début de l’été. Comment faire pour écourter ses journées sans se faire griller par quiconque pourrait vous balancer au boss ?

Si vous avez la chance d’être maman, votre enfant est le prétexte idéal à la désertion du bureau. Car votre progéniture peut subitement avoir une maladie infantile en plein mois de juillet. Comme c’est étrange, n’est-ce-pas ? Personne n’ira vérifier si l’enfant en question est réellement malade, à vous les verres en terrasse avec les copines (qui sont en vacances, elles) pendant que la nounou s’occupe de bébé qui pleure ou fait caca pour la huitième fois de la journée. Enfin un peu de temps pour soi, elle est pas belle la vie ?

Vous êtes nullipare ? On peut prétexter un « rendez-vous à l’extérieur » imaginaire qui a lieu à 9h, ainsi on peut se pointer au bureau vers 11h le teint frais. Sans parler des conférences auxquelles on peut faire semblant de se rendre, il suffit juste d’en trouver une qui existe vraiment, d’imprimer le joli programme, de prendre un air très sérieux et de montrer son grand intérêt pour les thèmes abordés. Si par malheur on vous reproche de ne pas vous avoir vue, continuez tranquillement à mentir en prétextant que vous vous êtes éclipsée à un moment pour prendre un appel mais que vous étiez bien là ! Si cette technique ne fonctionne pas, vous pouvez faire preuve d’une mauvaise foi incroyable en rétorquant au fouille-merde « Mais moi non plus je ne t’ai pas vu ! ».

Dans le genre mauvaise foi, il y a aussi la technique la plus simple qui soit : vous ne vous rendez pas au bureau. Le lendemain vous serez à l’heure comme prévu et si quelqu’un vous demande pourquoi vous étiez absente, vous expliquerez avoir posé un jour de congé, ce qui est faux mais tout le monde peut oublier de remplir une fiche d’absence, non ? Oups, vous ne recommencerez plus mais vous jurez que vous étiez per-su-a-dée de l’avoir fait. Avec un peu de chance, le service du personnel sera lui aussi en vacances et cet incident sera vite oublié.

Vous vous souvenez quand on rêvait de déserter le collège suite à un appel concernant une hypothétique « alerte à la bombe » ? Ce n’était peut-être que dans mon collège mais à l’époque, il y avait toujours un grand frère pour nous rendre service le jour d’un contrôle où on n’avait vraiment rien révisé. Il suffit de s’inspirer de cette technique maintenant que vous êtes devenue grande. Vous demandez à un proche de vous appeler à l’heure souhaitée, vous décrochez, prenez un air grave et dites devant témoins (sinon, aucun intérêt) : « QUOI ? IL S’EST PASSE QUELQUE CHOSE DE GRAVE ? » et hop ! Vous balbutiez trois mots et prenez votre sac en vitesse, parce qu’on a besoin de vous, c’est grave bla bla. Le lendemain, vous direz « C’était beaucoup moins grave que ce qu’on pensait, ma grand-mère est tombée dans l’escalier mais elle se porte comme un charme, merci de ton inquiétude », sourire à l’appui.

Rien de tout cela ne vous inspire ? Il vous reste la longue pause-déjeuner, vous partez à midi pile et revenez l’air de rien vers 14h30/15h00. En général, l’été, on n’est pas seule à le faire, ça permet de prendre le soleil dans un parc en mangeant sur le pouce. Ce ne sont pas des vacances mais c’est mieux que rien !
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8 livres à lire sur la plage (ou sur le bitume, selon)

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C’est l’été et on a enfin le temps de lire. Voici quelques titres à emporter dans sa valise (listés sans ordre de préférence). Toi qui lis encore de vrais livres et n’a pas succombé à la « liseuse » parce que « c’est plus pratique » (soupirs), sache que je t’aime d’un amour infini. Ces huit livres sont légers ou sérieux, drôles ou dramatiques mais se lisent vite. Tout ce dont on a besoin en vacances.

1. Didier Van Cauwelaert, Les Témoins de la mariée

« Cinq jours avant son mariage, notre meilleur ami meurt dans un accident. Sa fiancée arrive de Shanghai, elle n’est au courant de rien ». Je n’en dirai pas plus de peur de dévoiler l’intrigue. C’est un petit livre (185 pages en poche) qui parle avant tout d’amitié…Comment l’amitié fait face aux années qui passent ? Le récit est haletant, c’est drôle, bien écrit, touchant, et ça pose aussi la question de l’amour, qu’est-ce-que l’amour ? Vaste question. Parfait pour la plage !

2. Anna Sam, Les tribulations d’une caissière

Récit authentique d’une caissière anglaise, Anna, 28 ans. Peut-être avez-vous vu le film ? Je ne l’ai pas vu mais j’ai apprécié la lecture de ces 180 pages pas toujours formidablement écrites mais c’est tellement drôle ! Peut-être qu’après avoir lu ces tribulations vous ne passerez plus jamais en caisse alors que vous utilisez votre téléphone portable ? (le respect, bordel!).

3. Véronique Olmi, Cet été-là

« Chaque année il en était ainsi, les mêmes gestes, les mêmes images dans le même paysage, et la joie de se retrouver, avec les rôles distribués, et l’envie commune que tout soit réussi. Cette année pourtant, rien ne se passerait comme prévu ». Très belle découverte que cet auteur et ce roman intéressant et joliment écrit qui raconte l’été de trois couples d’amis venus passer le 14 juillet en Normandie. Mensonges, compromis, secrets, tout y est pour le plus grand plaisir du lecteur.

4. Truman Capote, De sang-froid

Si vous êtes adepte de « Faites entrer l’accusé », vous ne prenez aucun risque avec ce roman : vous allez l’adorer. Roman culte de l’américain Truman Capote inspiré d’un fait divers sordide, c’est incroyablement bien écrit et fascinant, on se fait son film à a lecture de ce roman, on voit les meurtriers arriver dans le bled paumé du Kansas et ne laisser aucune chance à la famille Clutter. Avec, en prime, une vraie réflexion sur la peine de mort.

5. Siri Husvedt, Un été sans hommes

Tout est dans le titre, c’est une histoire de femmes avant tout : le parcours de Mia, poétesse qui quitte New York pour se réfugier dans le Minnesota où elle enseignera à des adolescentes le temps d’un été. Portraits de femmes de tous âges, rivalités en tous genres, questionnement sur le couple, le temps qui passe et les souvenirs d’enfance, c’est un roman riche. J’aime beaucoup Siri Husvedt qui est accessoirement l’épouse de Paul Auster, elle écrit aussi bien que lui dans un style différent, c’est subversif, c’est tendre et cruel à la fois. Et complètement féministe dans le bon sens du terme (l’auteur n’a pas envie d’éradiquer les pénis de la surface de la Terre, voyez).

6. Tonino Benacquista, Saga

"Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à la Cinecità, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit trente-deux romans d’amour, et moi, Marco, j’aurais fait n’importe quoi pour devenir scénariste. "Saga " est l’un de mes romans préférés. Je suis emballée par chaque (ou presque, je n’ai pas aimé "Malavita encore") roman écrit par cet auteur qui a une plume efficace, drôle et juste. Difficile de lâcher ce roman qui offre l’air de rien une critique acerbe du paysage télévisuel français, l’histoire est prenante et les personnages attachants (on a envie de taper sur certains mais c’est bon aussi).

7. Anne Wiazemsky, Une année studieuse

« Un jour de juin 1966, j’écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard […]. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j’aimais l’homme qui était derrière, que je l’aimais, lui. J’avais agi sans réaliser la portée de certains mots ». Histoire vraie que celle de la jeune Anne, petite-fille de François Mauriac qui vivra un amour passionné avec le cinéaste Jean-Luc Godard, beaucoup plus âgé qu’elle. Forcément ce livre me parle puisque j’ai moi aussi vécu une relation étrange avec un écrivain partie d’une lettre envoyée à son éditeur. L’écriture est belle, un peu surannée, on sent bien que cette histoire aura marqué l’auteur au fer rouge (petit clin d’œil à La Vie en Rouge^^).

8. Pascale Gautier, Les vieilles

Portraits plus délicieux les uns que les autres de « vieilles » qui se côtoient faute de mieux dans une ville où les seuls jeunes présents travaillent au crématorium…Ce roman de 215 pages aux dialogues truculents mettra du soleil dans votre journée et vous fera méditer sur la vieillesse et ses idées reçues. Plein d’humour, impertinent, Pascale Gautier et sa jolie plume ravira les lecteurs avertis et les autres.

Paris est (enfin) à moi !

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Merci les Bleus d’avoir perdu dans cette triste coupe du monde de football qui fait tant de mal aux Brésiliens. « Ouais, je comprends, c’est triste pour eux mais tu comprends la coupe du monde c’est hyper important et c’est tous les 4 ans quoi ». Ferme donc les yeux, petit ignorant, abreuve-toi de somnifère une fois tous les 4 ans, si ça peut te permettre d’oublier ton existence insipide, je t’en prie, on s’en fout du Brésil, c’est loin le Brésil et puis « on choisit pas où on naît ». Depuis que l’Allemagne a signé la fin des « réjouissances », le métro est vide, on peut s’asseoir, respirer, rentrer chez soi sans peur de tomber sur des fanatiques peinturlurés en bleu blanc rouge qui vous bousculent au nom de la grande messe du sport. Certes, les Parisiens partent aussi en vacances, les fameux juillettistes vont dans le Sud où il pleut comme vache qui pisse (gnark gnark gnark). Peu importe, Paris est à moi et il ne fait que 20 degrés, je suis joie, félicité et Bisounours de toutes les couleurs !

Plus de supporters lourdingues dans les rues (en tout cas, ils ne sont plus français et c’est déjà pas mal), plus de drapeaux qui habituellement sont de sortie lors des manifestations « Manif pour Tous », ces espèces de glands qui continuent à mettre leurs horribles stickers dans tout le 8ème, que je m’empresse de décoller et foutre à la poubelle dès que j’en aperçois un salir l’espace public et polluer l’esprit des bonnes gens. Quel dommage quand on y pense d’associer notre drapeau à tous les fachos qui en sont fiers, imaginez-vous vous promener dans la rue (hors événement sportif, donc) avec un t-shirt bleu blanc rouge sans vous faire traiter de raciste ? Impossible. Pourtant aux États-Unis on affiche son drapeau partout (il faut dire qu’il est tellement beau, en tout cas je le trouve très beau, ça doit être parce que j’aime bien les étoiles). Devant chez soi le drapeau flotte au vent, on est patriotes quant ici on critique notre pays sans cesse au point de ne plus savoir que nous sommes chanceux de vivre ici et pas ailleurs. Bien sûr il y a mieux. Mais il y a pire. On pourrait être au Brésil dans une favela insalubre sans d’autre perspective d’avenir que la prostitution ou le football justement. Le sport, ça reste peut-être le dernier ascenseur social. Le seul moyen d’accéder à un peu d’espoir, une vie meilleure. Mais à quel prix ! Oui, je sais, les sportifs sont excessivement bien payés, bla bla, tu comprends c’est dégueulasse. Étrange de constater que ceux qui tiennent ce discours sont les mêmes qui regardent la coupe du monde de football….Incohérence, quand tu nous tiens !

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Comment je suis devenue rédactrice pour So Busy Girls

Au mois de février dernier j’ai envoyé ma candidature à l’équipe des So Busy Girls, un webzine que je lis parce qu’il propose de tout : des articles sur la mode ou la beauté, des chroniques de ciné ou de livres, des coups de cœur ou coups de gueule et même une rubrique « maman » ou « geek », c’est dire à quel point toutes les femmes peuvent s’y reconnaître.

J’étais un peu anxieuse parce que si mon blog est décalé, j’ai conscience qu’avec un nom tel que « Encore une connasse Parisienne », ça pouvait être un peu trop….décalé justement. Visiblement tout le monde ne comprend pas que c’est avant tout un blog d’humour et d’humeurs qui est un exutoire, je ne suis pas qu’une connasse Parisienne, mais certains d’entre vous le savent déjà;)

Les mois passaient et je n’avais toujours pas de réponse. Je ne comprenais pas ce silence. Après tout, elles avaient tout à fait le droit de refuser ma candidature, j’aurais simplement aimé le savoir. Et puis la semaine dernière, près de 4 mois plus tard, je reçois un email de Mylène aka So Busy qui m’annonce la bonne nouvelle : « Nous sommes allés faire un tour sur ton blog et nous avons bien aimé ce que nous avons pu y lire : tes articles sont bien rédigés, agréables à lire et intéressants. Tu as indéniablement une très jolie plume, et si tu es toujours partante pour faire partie des SBG et que tu penses pouvoir nous proposer des articles qui correspondent à notre ligne éditoriale, on serait donc ravis que tu nous rejoignes dans l’équipe ! ».

Je suis vraiment contente de faire partie de cette communauté féminine pour au moins 3 raisons :

  1. J’ai une nette tendance à agir dans mon coin en solitaire, je n’ai pas de Facebook ni de Twitter, je ne fais aucune promotion pour mon blog. Or, si j’ai créé un blog au mois de septembre l’année dernière, c’est avant tout pour partager, pour me créer une communauté de lecteurs, pour découvrir l’univers d’autres blogueurs/blogueuses, pour avoir une « famille virtuelle ». Et même si je suis très heureuse de ce que j’ai aujourd’hui, « the more the merrier » ! (« Plus on est de fous, plus on rit », je préfère l’expression en anglais).
  1. Des blogueuses que j’apprécie sont elles aussi des SBG. Pour n’en citer que deux, il y a Anya ou Eclectik Girl dont j’aime beaucoup la rubrique « Vivre autrement » et Réflexions d’une working girl dont le dernier post "Introspection nocturne…" est un petit bijou.
  1. Je n’ai jamais fait partie d’une quelconque communauté, jusqu’à aujourd’hui on peut dire que je les fuyais. Cette aventure est un défi à relever : vais-je être capable de proposer des articles qui parleront à d’autres ? Seront-ils lus ou perdus dans les limbes des internets ? Vais-je réussir à ouvrir les yeux à certaines sur la cause animale qui me tient tant à cœur ? Mystère ! C’est toujours positif de sortir de sa zone de confort comme on a tendance à le dire. Challenge accepted:)
  1. (Finalement il y a un point numéro 4) Je SUIS une « so busy girl », toujours à courir à droite à gauche, que ce soit au taf ou à la maison, je ne dors que 6 heures par nuit et je trouve le moyen d’être en forme et de lire des livres, cuisiner des plats végétaliens, jouer aux jeux vidéo et passer des heures au téléphone avec mes amis (qui sont tous très loin les saligauds). Je vous rassure, je fais aussi des siestes de 3 heures tous les week-ends et je suis capable de contempler le plafond en pensant à mes futurs voyages. Il faut savoir se reposer, non ?

 

 
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Du calvaire de la première année en CDI

Je crois que tout est dans le titre, je pourrais presque m’arrêter ici. Mais ça ferait un peu court. Je crois que ce problème n’est pas que le mien, je vais donc continuer un peu. J’ai envie de me plaindre aussi. J’évite de me plaindre à la maison, il faut bien que je me plaigne quelque part…(je préfère prévenir le lecteur, c’est une vraie plainte de connasse).

La majorité de ceux qui signent un CDI à temps plein sont contents. Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne fais pas partie de cette majorité. Je ne rêvais pas d’un Contrat à Durée Indéterminée parce que le « indéterminée » me fait froid dans le dos. Comme un engagement qui ne finirait jamais. Pourquoi je l’ai signé ? Parce que j’avais envie d’un peu de stabilité, de rester assez longtemps dans une boîte pour finir ce que je commence, pour arrêter de me poser des questions aussi.

Et ma liberté, alors ? Ma liberté est celle d’avoir un pouvoir d’achat plus grand et une paie sympathique qui tombe tous les mois à la même date. Quand j’étais intérimaire, je ne travaillais pas 4 mois par an et je pouvais partir en vacances QUAND JE LE VOULAIS ! (je ne crie sur personne hein). Or, maintenant que j’ai signé mon super CDI, eh bien je ne peux partir en vraies vacances que dans…un an. Et ça, pour la voyageuse que je suis, c’est un drame. Même si j’aime ce que je fais, pour être tout à fait honnête, je le fais pour les vacances. Ça a toujours été et ce sera toujours la raison pour laquelle je me lève le matin (bouh le matin, j’aime paaaaas) pour aller travailler. Je suis un peu un enfant qui attend Noël les 364 autres jours. Quand on me demande pourquoi je suis à ce poste dans cette boîte, je réponds « Pour les vacances ». On me prend pour une originale, une petite effrontée. En face, on ne comprend pas parce qu’on travaille pour payer le crédit de la maison ou celui de la voiture (et tous les autres). Quand j’étais RMIste à Toulouse (pléonasme), on me demandait ce que je faisais dans la vie et je répondais « Rien » de manière catégorique, comme pour clore la discussion à peine entamée. J"aurais pu dire que j’écrivais un roman, c’est ce que disent les chômeurs en général (no offense). C’était intéressant de voir la réaction de mes interlocuteurs, certains pensaient que j’étais rentière parce que je n’ai pas vraiment le look de la RMIste de base (no offense bis).

Certes, je peux prendre des congés sans solde mais…dans le milieu dans lequel je travaille c’est assez mal vu de poser ses congés payés qui sont pourtant obligatoires alors je ne vous parle pas des congés sans solde, une hérésie ! Moi qui voulais aller voir les temples d’Angkor, c’est foutu. Moi qui voulais retourner à New York, c’est foutu aussi, à moins d’y aller pour 4 jours, ce qui serait de la folie financièrement. J’ai fait pire mais tout de même. Il s’agit d’essayer d’être raisonnable. Il y a quand même du positif dans tout ça : j’apprends à être patiente et je vais (re)découvrir l’Europe que je connais mal en multipliant les week-ends. Et j’écrirai des billets sur mes prochaines destinations en espérant faire voyager ceux qui ne partent pas en vacances du tout faute d’argent, ceux-la même qui doivent ricaner en lisant ma plainte de connasse privilégiée. Hum.

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Comment j’ai failli être publiée

Tout est dans la nuance. « Failli ». L’échec, penserez-vous. Ce fut pourtant une chance pour moi. Parce que si j’avais été publiée, je n’aurais eu que des emmerdes…

Lorsque j’avais 23 ans, j’ai vécu une histoire à la fois simple et extrêmement compliquée avec un écrivain connu. Cette histoire était à l’époque « l’histoire de ma vie », tant de par sa singularité que par son intensité. Il était beaucoup plus vieux que moi, beaucoup plus cynique, virulent et résigné. A côté de lui j’avais l’air d’avoir 16 ans parce que je faisais vraiment jeune dans tous les sens du terme, physiquement d’abord mais surtout parce que j’étais ingénue et un peu rebelle. Cet écrivain, malgré tout ses défauts, est de loin la personne la plus brillante que j’aie rencontrée. J’ai beaucoup appris à ses côtés. Il me fascinait parce qu’il connaissait absolument tout. Il s’intéressait à tout. Je crois qu’il ne supportait pas l’idée de ne pas être incollable sur tous les sujets. Il était jaloux de ceux qui avaient plus de connaissances que lui, de ceux qui avaient plus de succès avec les femmes, il était jaloux et ça ne me plaisait pas du tout, ce trait de caractère. Mais c’était un vrai intellectuel, un cérébral, quelqu’un qui aime réfléchir et qui sait le faire surtout. C’est avec lui que j’ai compris qu’il fallait impérativement que je puisse un jour rencontrer un homme avec qui je pourrais être physiquement sans être collés toute la journée. Nous étions parfois dans la même pièce mais chacun vaquait à ses occupations, il écrivait dans son coin pendant que moi je lisais. Être ensemble mais se foutre la paix. Le bonheur. Cette histoire s’est terminée à cause d’un chien, je ne rentrerais pas dans les détails mais la fin de cette histoire correspond à la relation elle-même : absurde, du début à la fin.

Quand j’étais avec lui, j’écrivais tout le temps sur notre relation. Pour essayer d’en garder quelque chose, pour rester ancrée dans la réalité. Il m’a fait autant de bien que de mal, à vouloir le comprendre, j’ai perdu quelques plumes. Quand ça s’est terminé j’ai relu mes notes et j’ai voulu en faire un roman que j’ai écrit en 3 mois en y passant toutes les nuits (chômage, mon amour…). Je précise que jamais je ne citais le nom de l’écrivain pour ne pas avoir d’emmerdes. Mais n’importe quel fan de l’écrivain l’aurait reconnu. Des années plus tard, j’ai envoyé ce manuscrit à 6 éditeurs parisiens. L’un d’entre eux m’a rappelée 2 mois plus tard alors que je n’osais plus y croire. Au téléphone, j’ai eu droit à des éloges et la sentence, implacable : le comité de lecture n’étant pas unanime, je ne serais pas publiée. Sauf si je consentais à ajouter des scènes de sexe. Dans la seule « scène de sexe » que j’avais écrite, l’écrivain s’endormait la tête entre les cuisses de l’héroïne pour y ronfler sans qu’elle n’ose bouger pour le déranger. Ce qui m’amusait c’était de tourner le sexe en dérision, de mettre l’accent sur la relation intellectuelle, les rapports de force entre les deux amants. Je ne sais pas écrire des scènes de sexe, c’est un art difficile, c’est souvent raté, ridicule et peu excitant. Je voulais rire et faire rire le lecteur, pas du tout l’exciter.

Malgré tout, celui qui m’appelait me proposait de me rencontrer à son bureau pour parler de tout ça. Arrivée là-bas, je suis vite soulagée, il est évident que ce type ne me drague pas puisqu’il est gay. Je le sens, je le sais, tout va bien, je peux faire confiance à mon radar. On s’est vus quelques fois, je lui donnais mes nouvelles à corriger, on parlait de nos vies, on s’envoyait aussi des mails, tout ça était fort sympathique et sans danger, pensais-je naïvement. Jusqu’à ce qu’il fasse des sous-entendus assez explicites. A l’époque je n’avais pas vraiment de pied-à-terre, je voguais entre chez mes parents et chez les amis. Un jour il me propose de passer le week-end chez lui je ne sais plus où très loin en banlieue, je me moque gentiment (ou pas, je ne sais plus) de sa proposition parce que je suis une connasse qui ne prend certainement pas le RER pour aller au bout du monde. Frustré de constater que sa proposition ne me fait aucun effet, il commence à m’accuser de l’avoir draguée dès le départ, ce qui est pur mensonge. J’avais été cordiale voire amicale, jamais plus. Puis, agacée par ses accusations et son manque de fair-play (il avait perdu, il ne me mettrait jamais dans son lit à Trou-du-cul-sur-Yvette), je finis par lui dire clairement que je ne voyais pas pourquoi j’aurais dragué un homosexuel, que cela n’aurait eu aucun intérêt. Que même s’il avait été hétéro, il était à des années lumières de ce qui pouvait me plaire chez un homme : sa petite voix sans caractère, ses mains gigantesques, ses cheveux clairsemés, son air satisfait de sa personne, son…

Pour se venger il a cru bon me casser en me disant que telle de mes nouvelles était écrite comme dans les années 30. Probablement le plus grand compliment reçu à ce jour, j’adore les années 30. Il n’a cessé de justifier son hétérosexualité dans plusieurs mails pour finir par s’essouffler devant mon silence glacial.  Parfois je repense à lui dont j’ai oublié le prénom et je me demande s’il a enfin fait son coming out. C’est tout le mal que je lui souhaite.