De l’amitié…

Je ne sais pas où j’étais ces 18 derniers mois. Je me suis réveillée avec effroi ces dernières semaines. Comme si je m’étais véritablement endormie pendant 18 mois. Je m’étais interdit de parler de cette histoire. A chaque fois que j’évoque quelqu’un d’important pour moi sur ce blog, nous finissons par nous perdre de vue. En même temps en l’occurrence on s’est déjà perdus de vue et si ça se trouve lui et moi on ne se retrouvera plus, je ne risque rien. J’évite les miroirs parce que j’ai honte. Je ne pouvais pas le lui dire quand on s’est revus hier. « J’ai honte ». Est-ce-qu’il m’aurait cru ?

Il y a 18 mois je me suis retrouvée face à une situation vraiment désagréable : deux personnes que tu aimes beaucoup se séparent et tu dois choisir ton camp. Pour tout dire, on ne doit pas choisir son camp, c’est moi qui l’ai ressenti ainsi. Ai-je choisi le mauvais camp ? Oui, puisqu’il ne fallait pas en choisir du tout, il fallait ne pas s’en mêler et leur dire « Démerdez-vous, vous me faites chier ». J’ai choisi la fille par solidarité féminine mais pas que (pas envie de développer). Non seulement lui je l’ai littéralement abandonné mais en plus j’ai cru tout ce qu’elle disait elle. Je ne pouvais pas continuer à être amie avec un tel salaud, pensais-je naïvement. Je crois que j’ai déjà écrit ici à quel point je suis naïve mais ça ne donnera jamais l’ampleur de ma naïveté. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce qu’une fois encore, j’ai honte. Disons simplement que je n’ai pas été amicale du tout, j’ai disparu lâchement, j’ai jugé, j’ai mal-interprété, j’ai manqué d’intelligence, de discernement, j’ai été intraitable. Vraiment connasse. Avec quelqu’un qui ne m’avait jamais rien fait de mal. Quelqu’un qui au contraire m’était proche, quelqu’un qui s’était confié à moi, dont je connaissais des secrets et qui connaissait les miens, quelqu’un qui commençait à aller très mal avec cette rupture et qui n’a reçu aucun soutien de ma part.

On dit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je ne sais plus si je crois encore à cet adage. J’aimerais y croire. J’espère que ce n’est pas trop tard. Dire « Je regrette » c’est louable mais je ne sais pas si c’est utile, aurait-il fallu que je dise « Pardonne-moi » ? Je ne pense pas parce que je n’attends aucun pardon. J’ai failli dire « Tu m’as manqué » et je me suis dit que c’était trop sentimental. J’avais envie de lui toucher la main aussi hier. Si j’avais fait ça j’aurais sûrement pleuré comme une connasse. L’ironie de cette histoire c’est que j’ai disparu également auprès d’une amie il y a 18 mois et lorsque je me suis (aussi) excusée (décidément, la fille nulle en amitié you know), elle m’a dit « Je n’ai rien à te pardonner parce que je ne t’en veux pas ». Depuis nous nous parlons et c’est comme avant (cette fille est une sainte, je ne vois que ça). Le seul moyen que j’ai trouvé de lui montrer ma gratitude et mon amitié c’est d’être là, de l’écouter et de ne plus la juger (oui, elle aussi je la jugeais…).

J’ai peut-être perdu un ami pour de bon. Je ne peux m’empêcher de penser que je l’ai bien mérité. Je cherche ce que je pourrais faire de plus mais je me connais, je vais être totalement à côté de la plaque genre lui acheter un truc et le faire livrer chez lui. La fille qui essaie, au sens littéral, de racheter ton amitié. Sinon j’ai envie d’envoyer un sms qui dirait « On se retrouve à l’as du falafel ? » haha mais vraiment je suis nulle ! Et j’ai ça dans la tête, évidemment…

I’m tired of being so judgemental
Of everyone
I will not go to sleep
I will train my eyes to see
That my mind is as blind as a branch on a tree

Dis, Wonder B., on efface tout et on recommence ?

Je consulte des « voyants ». Et vous ?

Fortune-teller

La première fois j’avais sept ans et demi et je n’avais rien demandé. Je me souviens de son prénom ; elle s’appelait Lina, c’était une grosse femme qui faisait un peu peur. Elle s’est avancée vers moi et m’a dit « Toi tu auras un enfant et tu te marieras trois fois ! ». Je n’ai pas pleuré mais j’ai fui dans une autre pièce. C’était une amie chelou d’un membre non moins chelou de ma famille (je sais qu’on ne dit plus chelou en 2015 mais j’aime bien ce mot).

Déjà, à sept ans et demi , j’avais la prétention de penser que jamais je ne pourrais faire un truc aussi débile que de me marier une fois. Alors trois…impossible. Elle avait eu un mauvais flash me concernant. Je n’ai pas d’enfant non plus, ni deux, ni trois. Peut-être qu’elle parlait de mon chat ? (laule)

Déjà,  ma grand-mère allait voir Madame H. qui était guérisseuse et médium. Puis ce fut ma mère et ensuite moi. Madame H. vivait au fin fond du quinzième arrondissement (j’aurais pu dire quinzième tout court en fait) dans un tout petit appartement composé d’une seule pièce en rez-de-chaussée avec des posters encadrés de divers saints aux murs. Il y avait toujours une odeur assez proche de celle qu’il y a dans les églises chez elle. Une odeur de myrrhe. C’était une petite Bretonne qui dégageait quelque chose de rassurant et déterminé à la fois, elle avait une foi inébranlable et un caractère bien trempé.

Un jour, quelqu’un de la famille est venu la voir pour se plaindre de douleurs dans le pied, Madame H. a passé ses mains au-dessus du pied en question puis elle en est arrivée à la conclusion qu’il fallait que la personne se rende immédiatement à l’hôpital sous peine d’être amputée. A raison, le pied était en train de gangréner pour je ne sais quelle raison…

Madame H. avait des flashs mais elle tirait aussi les cartes et elle avait un don pour déceler les côtés les plus obscurs d’une personne rien qu’en regardant sa photo. La sentence était implacable : « Il vous ment, il a une maitresse depuis trois à quatre mois » ou « Vous ne resterez pas avec cet homme, ça va se terminer rapidement ». Parfois elle ne disait rien, elle faisait « non » de la tête, c’était tout et bien suffisant. Jamais elle ne se trompait. Quand elle ne voyait ou ne sentait rien, elle le disait plutôt que de raconter n’importe quoi.

Ce qui était bien avec elle, c’est que vous donniez ce que vous vouliez pour la « consultation ». Ceux qui aident sans absolument aucun intérêt en retour sont si rares. Madame H. était comme ça. Mais elle est repartie en Bretagne et depuis je ne sais pas trop ce qu’elle est devenue. Peut-être est-elle morte aujourd’hui…

Depuis j’ai consulté d’autres « voyants ». Je pense être quelqu’un d’intuitif mais il arrive que j’aie besoin qu’on me confirme ce que je « sens ». Comme tout le monde il m’arrive de ne pas avoir confiance en moi, de ne pas assez m’écouter. C’est assez magique, une consultation. Quand on vous balance un fait de votre passé dont vous n’aviez jamais parlé à quiconque, quand on vous reparle de choses que vous avez vécues mais que vous pensiez avoir oubliées. Il y a de belles rencontres comme partout ailleurs et aussi beaucoup de charlatans et de déceptions (plusieurs m’ont dit que je serai très riche, j’attends encore, à moins que je ne sois très riche sans le savoir ?). Il ne faut pas trop en attendre, la consultation permet un éclairage différent sur une période particulière, c’est aussi un moment où on ose dire ce qu’on ne dirait pas à des proches (tout le monde n’a pas de psy !), parfois c’est brutal, aussi. Quand un évènement est annoncé sans prendre de précautions, il y a de quoi mal le vivre. Cette voyante qui me dit « Vous ne resterez pas avec cet homme. Il n’est pas gentil avec vous ». Je l’aimais follement ce con, pourtant un mois plus tard je le trompais avec un autre et je changeais de vie. C’est elle qui avait raison : il ne s’occupait pas de moi mais je me contentais de cette relation minable (coucou si tu me lis) comme une idiote. J’aime bien consulter une fois tous les deux ou trois ans, c’est un moment un peu particulier où on arrive plein d’appréhension et où l’on repart la tête pleine d’espoir. Ça fait du bien au moral ! (tant qu’on ne devient pas accro).

Je ne lis pas mon horoscope, en général on trouve le moyen de me dire que je suis en pleine forme les jours où je m’endors sur ma chaise et les jours où je fais un shopping outrancier on m’annonce que je suis experte en économies. C’est n’importe quoi et ça ne me fait même pas sourire. Il m’arrive de temps à autre de tirer le yi-king sur internet, j’ai eu une passion pour le tirage du yi-king (pas sur internet, le vrai, à l’aide d’un livre) mais j’ai su me calmer, ça devenait obsédant (je dois admettre que ça tombe très souvent juste quand on en use avec parcimonie). Je continuerai à consulter des voyants et autres médiums de temps en temps parce que ça m’amuse et ça me donne de l’espoir (si un jour je suis très riche, je fais une soirée « connasse parisienne » et vous êtes tous invités !). Et tant pis si certain(e)s se moquent de moi. J’assume !

 

J’ai trouvé un horoscope chaussures, où va le monde ?

shoehoroscope

 

 

 

Tag : « Si j’étais un dictateur…. »

Je propose de créer le tag « Si j’étais un dictateur… » parce que c’est un tag qui fait du bien : on peut enfin critiquer tout ce qu’on déteste et imaginer la dictature de nos rêves !

Participe qui veut, soyons de nombreuses petites graines de dictateurs ! Provocation bienvenue, âmes sensibles s’abstenir 

Ah…si j’étais dictateur…

Les livres électroniques seraient interdits. Et les bibliothèques obligatoires. Qui n’a pas de bibliothèque avec au minimum les classiques de la littérature va en prison pour un minimum de vingt années (peine allégée dans le cas où le prisonnier prouve qu’il est un lecteur assidue dans sa cellule). N.B : Marc Lévy ne fait pas partie des classiques. Cinquante nuances de Grey non plus. Petits tricheurs.

Quiconque exprimerait une critique envers Michaël Jackson, que ce soit sa musique, sa couleur de peau ou tout autre sujet serait exécuté sur le bûcher et brûlé par moi-même avec une torche géante.

Tout citoyen français serait obligé d’être végétalien pour le bien des animaux, de la planète et des hommes. Celui qui continuerait à manger de la viande serait dépecé vivant (sur la place publique, on l’aura deviné) et sa peau servirait à fabriquer des sacs à main.

Les animaux vivraient en liberté et n’appartiendraient à personne sauf à ceux qu’ils choisissent eux-mêmes par affinité.

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Nous sommes trop nombreux dans ce pays, il serait donc interdit d’avoir plus d’un enfant par couple. Ceux qui ont déjà plus de deux enfants devraient eux-mêmes éliminer leur progéniture. Les personnes stériles recevraient la légion d’honneur pour service rendu à la nation.

La couleur beige serait interdite pour les vêtements. Parce que ce n’est pas une couleur, que c’est moche et que j’aime pas. Voilà. Idem pour la couleur « écru » (quelle horreur).

Les blogs de « maman » seraient interdits pour cause de mièvrerie caractérisée et appauvrissement de l’intelligence de la nation. Finis les billets inintéressants sur les enfants qui font des bêtises, les « princesse », « p’tit bonzomme  » et autre « grumeau ».Vos enfants ont des prénoms à ce que je sache. Epargnez-nous vos insipides digressions ou vous brûlerez sur la place publique. Pardonnez-moi mais votre enfant n’a rien d’exceptionnel, tous les enfants sont pareils. Et non, vos enfants ne sont pas magnifiques, c’est ce que vous croyez mais en fait vos enfants sont moches. Et sales. Et turbulents. C’est pour ça qu’il serait totalement interdit d’écrire un blog de « maman ». D’ailleurs « maman » c’est régressif, quand on est adulte, on dit « mère ».

Les religions seraient formellement interdites mais on aurait le droit de croire aux elfes et aux lutins de la forêt. Tout le monde devrait lire Krishnamurti et tenter de se connaître, de s’aimer et faire le bien autour de soi. Le mot « dieu » serait interdit et remplacé par « la vie ». Exemple : je crois en la vie.

La ville de Paris serait jumelée avec la ville de New York et le Concorde relancé sur le marché pour faciliter les déplacements entre les deux villes.

Julian Casablancas remplacerait Marianne comme symbole de la république, il n’est pas français mais il parle parfaitement français, c’est l’essentiel. Il serait choisi en raison d’un nez parfait et de cheveux doux.

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La chirurgie esthétique serait interdite sauf si l’on déteste objectivement son nez et qu’on souhaite celui de Julian Casablancas (seul modèle de nez autorisé à travers tout le pays).

La chanson française ne serait plus autorisée en France et ses interprètes seraient exécutés pour atteinte à l’intelligence des auditeurs. Florent Pagny, Pascal Obispo, Axelle Red, Renan Luce et toute la troupe des si bien nommés « enfoirés » seraient pendus (sur la place publique). Céline Dion, bien que non française, serait la seule à être autorisée à changer son visage (et son corps) grâce à la chirurgie esthétique parce que je suis dictateur et son physique m’effraie, surtout son menton en galoche, quant à ses cordes vocales elles seraient sectionnées et données à des animaux sauvages en guise de friandise. Seuls Benjamin Biolay et Vanessa Paradis échappent à ce massacre parce que je les aime bien.

Le mariage serait interdit parce que les divorces coûtent trop chers et appauvrissent les citoyens. De même, il est vivement conseillé d’essayer plusieurs modèles d’hommes et de femmes avant de s’engager avec quelqu’un (chiffre conseillé : 5, ceci étant le minimum syndical).

Toute personne qui appellerait son conjoint ou sa conjointe « bébé » irait en prison à vie sans remise de peine.

Les personnes qui refuseraient de progresser, qui ne seraient pas curieuses ni bienveillantes seraient envoyées sur une autre planète. Parce qu’on n’a pas que ça à foutre de s’occuper de tous les cas soces de ce pays, bordel !

Les personnes souhaitant se suicider seraient récompensées post mortem : leur famille se verrait accorder l’équivalent d’une année de salaire. Encore une fois, nous sommes trop nombreux et tout suicide serait chaleureusement accueilli.

Les prénoms Valérie et Marie seraient interdits. Valérie parce que c’est moche et Marie parce que toute référence à une religion est prohibée.

Toute personne ayant un accent du Sud se verrait interdire l’entrée à Paris pour raison évidente.

Toute personne critiquant Paris serait enfermée vivante dans un cercueil transparent installé sur la place publique et y mourrait de faim/peur/déshydratation etc etc

Le drapeau ne serait plus bleu, blanc et rouge, couleurs qui ne veulent rien dire, à la place on aurait des chatons. Parce que c’est cute et que le chat est un être foncièrement individualiste comme nous Français.

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Toute personne incapable de s’habiller correctement se verrait offrir un billet d’avion aller pour le pays de son choix. Nous sommes la France, pays de la mode, ce trop-plein de mauvais goût doit cesser.

La marque Desigual serait interdite et son créateur découpé en morceaux et donné aux crocodiles, les vêtements de sport seraient réservés aux personnes pratiquant un sport et interdites le reste du temps.

Il serait interdit à toute femme de moins de 150  cm et de plus de 180 cm de porter des talons aiguilles. Un peu de bons sens, par pitié.

Le port de tongs ou toutes autres chaussures montrant les doigts de pieds serait vigoureusement interdit. Tout doigt de pied apparent serait coupé sur le champ.

etc etc etc

Day 11 : Journal d’une fumeuse abstinente

8h32 : Je décide de me peser parce que j’ai peur de grossir depuis que je ne fume plus. Je monte sur la balance avec appréhension. Quand le poids est stable ça s’allume en orange, quand on grossit c’est rouge et quand on a perdu c’est vert. Holy shit. C’est vert. J’ai perdu 500 grammes. Je dois être la seule femme au monde qui arrête de fumer et maigrit.

8h33 : Je suis en retard, je n’ai pas le temps de me laver les cheveux. Or, ce serait bien que je le fasse parce que j’ai une visite d’appart dans l’aprem et je ne voudrais pas qu’on pense que je suis grunge en 2015.

9h15 : Je ne suis toujours pas partie, la chatte me miaule dessus mais je ne comprends pas le message. Je refile la bête à Monsieur qui dort, ce petit enfoiré. Et je songe à acheter un Meowlingual ou traducteur de miaulements, les Japonais sont des petits génies (si ça marche).

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10h17 : le connard de scan refuse de fonctionner et j’ai besoin de scanner à peu près tous les papiers que je possède pour constituer ce foutu dossier pour l’appart. Je m’énerve, je crie toute seule, j’ai très envie de fumer, j’insulte le mur, la stagiaire passe dans mon bureau et me voit dans cet état, j’ai un peu honte, je m’excuse platement et je fonce me préparer une connasse de pute de tisane à la con (pomme-cannelle).

11h08 : Je reçois un email des américains qui m’agace au plus haut point, j’envisage de répondre « fuck it » mais je me reprends et j’envoie un email à l’américaine c’est-à-dire faux-cul à mort et qui se termine par un joyeux « have a wonderful week-end ! » Il est 5 heure du mat’ là-bas, qu’est-ce-que cette grognasse fait debout ? Je déteste ces enfoirés d’américains.

11h15 : Mon collègue hurle lui aussi. Sur son ordinateur. Je l’entends pourtant on n’est pas en open space. Je vais le voir pleine de compassion (je ne sais pas ce qui me prend), il commence à se plaindre, il dit qu’il n’y arrivera jamais, que cette journée c’est de la merde, qu’en plus il a grave pris du poids et qu’il n’a plus le temps de faire du sport etc etc etc. Effectivement il commence à avoir des seins, il ferait mieux de se reprendre en main mais qu’est-ce-que j’y peux moi ?Je lui demande si je peux l’aider en quoi que ce soit mais apparemment non il voulait juste se plaindre. Petit con.

14h45 : J’annonce à mes collègues que j’ai une visite et que par conséquent je considère que je suis en week-end à partir de tout de suite. Je sens la jalousie monter en eux mais je passe la porte avant que quiconque ose faire une réflexion. Je suis dehors, libre ! Quelqu’un fume sur le chemin du métro, je pense « Pauvre homme, si faible et bientôt cancéreux ».

15h50 : La visite est terminée et je suis déçue. Cet appartement est parfait en terme de volumes mais la cuisine et la salle de bain sont minables. Je me fiche d’avoir une salle de bain parfaite mais une cuisine minable, je ne peux pas. Je cuisine, moi ! Comment je fais dans une kitchenette d’étudiants ? Pfff. Ce ne sera pas cet appart. J’en suis à quatre apparts visités, à en croire les agents immobiliers on trouve au bout de quinze, il m’en reste donc onze. Fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuck.

16h30 : Je prends le courrier et constate que j’ai enfin reçu la carte postale de Namibie envoyée par Rachel. Dessus elle me souhaite de bonnes fêtes de Noël. Et on se plaint de la poste française…

18h41 : Je m’étouffe avec un morceau d’ananas frais. J’ai failli mourir, j’appelle ma mère pour lui raconter ma mésaventure.

19h32 : Tout le monde fume à Paris. C’est incroyable. J’aurais bien bu un verre et fumé une cigarette mais non. Je suis bien plus forte que ça. Quelqu’un veut une tisane citron-gingembre ? :D

LEMONGINGER

Laisse les gondoles à Venise…

Il y a presque deux ans, j’apprenais le décès de ma tante d’une crise cardiaque. Un véritable choc parce qu’elle venait à peine d’avoir 49 ans et surtout parce que nous n’aurons jamais eu l’occasion de nous réconcilier… Depuis ce jour, j’ai annoncé à ma mère que chaque année nous irions toutes les deux quelque part en Europe pour profiter de la vie et prendre de jolies photos que nous regarderons quand nous serons toutes les deux très vieilles. En 2013, c’était Venise, en 2014 a suivi Porto et cette année, alors que nous devions aller à Vienne, j’ai craqué et réservé pour Venise, à nouveau. Je crois que Venise sera notre seule et unique destination désormais. Comment ne pas en tomber amoureux ? Je refuse de côtoyer quiconque n’aime pas Venise. Dites que je suis nazie ou fasciste puisqu’on parle d’Italie, ça ne me dérange pas 

Un week-end mère-fille chez nous ça ressemble à s’y méprendre à un week-end entre copines, ma mère avait mis ses formidables boots dorées et moi mes escarpins rouges, on ne risquait pas de se perdre. On a marché dans tous les quartiers de Venise, sans aucune idée d’où nous voulions aller, juste au gré du vent, on a regardé les touristes et les vénitiens cohabiter, on a rêvé de vivre ici la moitié de l’année comme Philippe Sollers. Première fois à Burano, charmante petite île où toutes les maisons ont une façade colorée et où les chats errants se prélassent au soleil, envie d’acheter de la dentelle mais frayeur que celle-ci vienne en fait de Chine (enfoirés de Chinois). Jolie surprise à la Giudecca, en face de Venise, si calme, si désertée à cette période de l’année, un havre de paix dans lequel nous reviendrons vite faire semblant de nous perdre. On a bu l’apéro midi et soir parce que merde c’est un peu les vacances, du spritz ou du bellini, tradition vénitienne oblige. On a trouvé les italiens agréables à regarder (mais ils parlent trop), au Guggenheim, on a voulu décrocher un Magritte pour le mettre dans notre salon (L’empire des lumières ), on a pris le soleil (enfin, surtout elle parce que moi le soleil c’est mon ennemi ), on a fraudé le vaporetto parce qu’il n’y avait pas de machines ou d’êtres humains pour acheter les tickets, on a répété plein de fois « On a de la chance d’être là ! » comme des petites filles dont les yeux brillent de tant de bonheur et de simplicité.

J’ai fait ma princesse en changeant d’hôtel sur un coup de tête (pas assez luxueux), j’ai failli claquer l’une des employées parce que j’ai arrêté de fumer, il ne faudrait quand même pas trop me chauffer (PUUUUTE) ! Nous avons beaucoup critiqué ceux qui achètent ces espèces de perches géantes qui permettent de prendre des selfies. Quelle tristesse ! On a préféré mettre le retardateur sur mon appareil photo parce que c’est toujours drôle de courir quand on n’a que 10 secondes pour trouver la pose parfaite (qui ne l’est jamais). On a mangé la pire pizza au monde chez Vinaria (et bu le meilleur Bellini). J’ai ingurgité des tonnes de croccante aux noix, aux amandes et aux noisettes, je pense que j’ai des caries maintenant  En Italie, le brin de mimosa est associé à la journée de la femme, l’hôtel nous a offert un brin chacune, délicate attention, d’autant que j’apprécie beaucoup cette odeur. Pourquoi le mimosa comme symbole de la femme ? Tout simplement parce que c’est la fleur la plus courante à cette période de l’année, rien de plus. Et à ceux qui se poseraient la question, la réponse est non je n’ai pas fumé une seule cigarette ! #dansedelajoieinside accademia   burano   chatsaburano palaisdesdoges gondolesvenise maisonsburano giudecca pontdessoupirsvenise VENISE46 venise32 venise47 vuehotel

Day 3 : Journal d’une fumeuse abstinente

8h25 : Sous la douche je chante Coming in from the cold de Bob Marley. Je la sens super bien cette journée. J’ai à peu près bien dormi en plus.

11h12 : Infusion abricot-pêche-goyave, un peu de répit dans cette journée qui s’annonce comme un marathon. Mon application Smoke Free me félicite et je souris comme une connasse fière d’elle-même.

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11h40 : Je me demande sincèrement pourquoi personne n’a pensé à fabriquer des cigarettes inoffensives délicatement parfumées à la fraise, la menthe, ou l’abri…oh wait, ça existe mais c’est électronique (comprendre : nul). Si à mes yeux fumer est sexy, et je n’ose compter le nombre de fois où j’ai succombé au charme d’un fumeur désinvolte, à croire que je choisis les hommes selon ce critère-là, et à bien y réfléchir le seul non-fumeur avec lequel j’eus tenté de constituer un couple fut un certain Pil (pour Pierre-Louis) qui était doté d’un micro-pénis. Le fumeur est viril, le non-fumeur est une petite chose fragile qui a peur de s’abîmer la santé. J’ai perdu ma phrase. Je disais donc si fumer est sexy, vapoter est une insulte. Aucune élégance dans ce gros et lourd objet pas design du tout qui use les doigts fins des jolies dames. Les vapoteurs sont une sale race, quand on a des couilles on fume ou on ne fume pas.

14h00 : Si tu me laisses le choix entre fumer une cigarette ou rentrer chez moi, je choisis la deuxième option. On progresse là, non ? Sinon j’ai déjeuné chez Noura (hourra ! ok c’était mauvais) et je bois une tisane mandarine-groseille. Et j’ai acheté un t-shirt 

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15h48 : L’un de nos bureaux me demande si je participe au call de 16h00, je mens en disant que je suis « coincée » (terme qui ne veut rien dire mais qui marche quand on veut glander sans préciser pourquoi). Je mens encore en disant que je me joins à eux dans une heure (je dirais que j’aurais oublié d’ici là). Le fait de mentir me donne envie de fumer. Je me refais une tisane.

17h25 : Le boss pensait se barrer en catimini, dommage il tombe sur moi. Bientôt on m’annoncerait un licenciement économique que je ne serais même pas surprise mais peut-être soulagée. J’ai envie de fumer, sans doute l’excitation de presque fin de journée ?

18h36 : Dans le métro je lève les yeux de mon formidable livre (Le cri des oiseaux fous de Dany Lafferière) et constate que les gens sont moches et fatigués, surtout fatigués. Pourtant c’est la fashion week. Où sont les (fascinantes) adolescentes faméliques aux jambes interminables ?

19h50 : Je lutte contre l’envie d’aller acheter des clopes au bout de la rue quand le téléphone fixe sonne. Oui, on a un téléphone fixe mais d’habitude il est débranché. C’est Mélanie, ma conseillère SFR, du moins c’est ce qu’elle prétend, en vrai elle doit s’appeler Fatima (je sais de quoi je parle j’y ai bossé chez SFR, tout le monde s’appelait Marie à l’époque) Je rappelle à « Mélanie » que nous sommes sur liste rouge et que si elle a envie de nous poser des questions sur notre satisfaction, elle peut nous envoyer un mail auquel on ne répondra sûrement pas. Je lui souhaite quand même une bonne soirée parce qu’au fond je suis une fille sympa.

20h58 : Ma pizza maison était moyennement bonne. Maintenant j’ai envie de fumer. Of corpse.

22h09 : Je lance Jersey Girl, une comédie romantique avec Ben Affleck (j’aime bien Ben Affleck il fera un Batman formidable, vos gueules les haters), traduite par Père et fille en français haha. J’ai très envie de fumer, j’adore fumer devant Netflix. Mais c’est du passé ! Maintenant je bois de la tisane #rocknroll

Day 2 : Journal d’une fumeuse abstinente

8h27 : Je prépare un jus d’orange frais, ça ne m’arrive jamais, je suis toute fière, j’ai l’impression de bien commencer la journée. Bon, en même temps j’ai presque dormi 10 heures donc ça va forcément.

10h26 : Je bois ma première infusion de la journée, ça s’appelle « Élimination & bien être » et c’est bien meilleur que l’horrible breuvage au fenouil.

11h14 : Je crois que j’ai faim mais je sais que c’est faux. J’ai juste envie de fumer parce que je suis en manque à cause de mes bêtises d’hier. BUT I’M STRONGER , BITCH !

13h17 : J’ai fini mon déjeuner et je meurs d’envie de fumer une Camel. Je crois que c’est vraiment la cigarette la plus difficile à oublier celle-là. Mon application Livestrong est merdique, au fait. J’ai téléchargé SmokeFree qui est bien plus rigolol.

15h26 : On me propose une coupe de champagne que je refuse héroïquement. Je suis bien au-dessus de ça. J’admire les pivoines et je bois de l’eau. C’est très bien, l’eau.

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16h30 : De retour au bureau je bois ma tisane élimination & bien être sans entrain. Je suis pas sûre pour le bien-être. J’ai objectivement envie de fumer mais je ne le ferai pas.

18h10 : Je veux aller chez le coiffeur mais le mien est fermé. Je décide d’aller chez Fabio Salsa parce que j’aimerais bien qu’il y ait un peu de salsa dans ma coupe, you know ? J’espère secrètement qu’on va m’offrir une fajita à mon arrivée.

Le jeune homme qui m’accueille a une jolie coupe, il est bien habillé et surtout il est gay, ce sera mon coiffeur. Sauf que dommage dans les chaînes de coiffure on ne choisit pas son coiffeur, je tombe sur une fausse blonde avec le cheveu plat, j’ai peur. (Vraie question : pourquoi les coiffeuses sont toujours des fausses blondes ?)

18h50 : J’explique à la coiffeuse que si mes cheveux sont déshydratés c’est parce que j’utilise un nouveau shampooing bio sans parabens sans SLS sans rien du tout. C’est de la merde, je vais revenir au chimique, j’arrête de fumer, on ne peut pas tout faire. Je veux mes cheveux glossy glossy d’avant !

20h00 : Je parle de la mode du « no poo » (pas de shampooing ») à la coiffeuse, elle se cache les yeux avec la main et dit « Mais les cheveux de ces femmes doivent sentir si mauvais, quelle horreur ! ». J’ai trouvé ma nouvelle BFF, je reste dormir chez Fabio Salsa.

20h20 : J’ai payé 37 € pour ma coupe, autant dire : que dalle, et je suis franchement mieux maintenant. J’oublierais presque qu’il ne faut pas penser à cette pute de clope. Tiens, et si je dînais ?

22h07 : Je relis les phrases du livre d’Allen Carr que j’avais soulignées lors de ma cinquième tentative d’arrêt. Je me sens mieux.

Le seul plaisir que procure le tabac, c’est de mettre fin à l’état de manque.

Quand vous arrêtez de fumer, vous n’avez besoin de rien pour remplacer le tabac.

Vous serez beaucoup moins stressée lorsque vous en aurez fini avec la cigarette.

Dès que la petite sonnette retentit, dites-vous que votre première réaction (« J’ai envie d’une cigarette ») n’est qu’un réflexe conditionné, un vestige du passé réveillé par une sensation d’inconfort.

Je vais y arriver, je vais y arriver, je vais y arriver.